La téléorthophonie : est-ce vraiment efficace ?

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La téléorthophonie étant encore en émergence, il n’est pas rare que je discute avec des parents ou des professionnels qui sont réticents devant cette approche, et ce, pour diverses raisons.  

Pourtant, quand on fouille un peu sur Internet et dans les bases de données scientifiques, on trouve déjà plusieurs écrits scientifiques qui font état de l’efficacité de ce mode d’intervention. Pour ma part, je ne crois pas vous apprendre quoi que ce soit en vous disant que je suis adepte de la téléorthophonie et que je l’utilise de plus en plus dans ma pratique.

Évidemment, il importe de considérer tous les côtés de la médaille dans l’utilisation de cette approche. Voilà pourquoi j’ai décidé de faire le point pour vous sur cette méthode qui suscite encore bien des questionnements.

Petit rappel de ce qu’est la téléorthophonie

Si vous avez déjà lu mes articles précédents, vous savez un peu en quoi consiste la téléorthophonie et pourquoi je trouve cette méthode avantageuse sur plusieurs plans.

Sinon, en gros, la téléorthophonie est le terme faisant référence à un service offert via les technologies et la télécommunication. Cela permet notamment au professionnel d’offrir un service ciblé et spécifique en direct, et ce, malgré la distance géographique qui peut le séparer de son client.

Les avantages que j’y vois en tant qu’orthophoniste

Les jeunes d’aujourd’hui sont littéralement nés avec des appareils technologiques entre les mains. Pour eux, ça n’a rien de nouveau et d’intimidant au contraire! Combien de fois d’ailleurs ai-je vu un jeune de 10 ans expliquer à son parent comment fonctionne un logiciel X ou encore un jeune de 4 ans naviguer lui-même sur Internet avant même de savoir lire et écrire. Bref, pour ces jeunes, la technologie et la téléorthophonie n’ont rien de révolutionnaire par rapport à un suivi dit « classique ». Pour certains d’entre eux, le principe d’intervention à distance est même moins anxiogène, car ils sont plus à l’aise derrière un écran.

À cet effet, il n’est pas rare que je vois la motivation et l’engagement des jeunes croitre lorsqu’ils utilisent l’ordinateur, ce qui est positif pour leurs apprentissages. Je trouve également que la téléorthophonie leur confère une certaine autonomie, car ce sont eux qui sont devant l’ordinateur et qui gèrent parfois ce qui se passe sur l’écran.

D’ailleurs, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la téléorthophonie peut s’adapter à une grande diversité de problématiques langagières et de clientèles. Il n’en reste pas moins que dans certains cas, l’intervention en personne sera mieux. Pour ma part, à moins d’avoir un jeune qui est limité physiquement et ne peut utiliser l’ordinateur de façon autonome ou encore un jeune qui présente une capacité d’attention très limitée, je pourrais utiliser la téléorthophonie avec la majorité de mes clients*.

Plusieurs études ont été réalisées auprès de clientèles variées (principalement aux États-Unis) telles que les troubles du spectre de l’autisme, les difficultés de lecture et d’écriture ou même les difficultés sur le plan de la prononciation. De manière générale, la téléorthophonie a été démontrée aussi efficace qu’une thérapie dite « classique ». Il faut tout de même noter que cela ressort dans la mesure où l’orthophoniste est bien entraîné à ce type d’intervention et dispose des bons outils pour intervenir tout en considérant l’engagement et la motivation du client.

Aux États-Unis, ils sont d’ailleurs en avance sur nous avec ces services et les études en sont même rendues à explorer l’efficacité de la téléorthophonie dans les écoles publiques situées en milieu rural, soit là où les jeunes ont accès à peu de services professionnels. Parce que quand on s’y arrête, n’est-ce pas un droit fondamental pour un jeune en difficulté d’avoir accès aux ressources dont il a besoin pour optimiser ses chances de réussite scolaire… (mais ça serait un autre débat). 

Bon, vous vous direz peut-être que je suis un peu biaisée et que je prêche pour ma paroisse en vous présentant les avantages de la téléorthophonie, mais j’ai fait plusieurs recherches avant de vous les mentionner et j’ai pu constater, à travers mes lectures, que ces avantages ne sont pas que dans ma tête.

Reste que, comme n’importe quoi, ce n’est pas parfait…

La téléorthophonie, bien qu’elle présente plusieurs avantages à mon sens, n’est pas parfaite et il serait irresponsable de ne pas considérer les limites de cette pratique dans nos interventions.  

Cette formule, selon moi, est peu adéquate pour des suivis en sous-groupes. On n’a pas un aussi bon contrôle quant à la gestion de la rencontre qu’en personne. Il pourrait être difficile de maintenir la discipline de l’autre côté de l’écran.

Même si j’ai mentionné que la téléorthophonie peut être employée avec une foule de problématiques langagières et différents types de clientèle, il n’en reste pas moins que dans certains cas, l’effort d’adaptation à fournir soit trop coûteux en termes de temps et d’argent pour les résultats que ça rapporte. Je pense notamment à l’intervention à distance auprès de la clientèle d’âge préscolaire, ce qui demande plus d’adaptation des pratiques.  

L’autre élément que je trouve important à considérer comme une limite, concerne le manque de formation et de balises pour ce type de service. Comme celui-ci est en émergence, on retrouve beaucoup de variabilité dans la façon dont les services sont offerts, ce qui peut affecter l’efficacité de la thérapie. Il sera donc important de poursuivre les études et recherches ainsi que le développement de la pratique pour trouver ou élaborer les logiciels les plus adaptés à cette pratique.

Dans le même ordre d’idées, comme cette pratique est relativement récente, en tant qu’orthophoniste, on n’a à peu près aucune formation dans notre cursus sur ce type d’intervention. Cela demande donc, quand on veut se lancer en téléorthophonie, de faire beaucoup de recherches et d’exploration sur le web pour trouver des ressources à utiliser à distance, mais également pour adapter les ressources dont on dispose déjà et qui sont faites pour être utilisées en personne. Ce ne sont pas tous les professionnels qui sont prêts à investir le temps et l’argent nécessaires à ces démarches, et ce, pour diverses raisons.

Considérations à prendre pour compenser les limites

Bien que ce modèle d’intervention soit reconnu et approuvé par l’OOAQ (Ordre des Orthophonistes et Audiologistes du Québec), par l’ASHA (American Speech and Hearing Association) et par le OAC (Orthophonie et Audiologie Canada), il importe de pratiquer la téléorthophonie en gardant en tête certaines considérations.

La confidentialité ainsi que les formulaires d’entente de service et de consentement éclairés sont tout aussi importants à respecter. Autrement dit, on applique les mêmes principes éthiques et déontologiques en téléorthophonie que dans le cas d’une rencontre en personne. Seulement, on le fait différemment.

La confidentialité est un aspect non négligeable. En plus de vous assurer que le logiciel que vous utilisez est sécurisé, il est important, en tant que professionnel, d’avoir  accès à une pièce fermée et isolée lors de vos interventions. De la même façon, je m’assure toujours que mes clients peuvent eux aussi avoir accès à un espace calme et isolé lors de nos rencontres. Oubliez donc les rencontres faites en direct d’un café ou d’un espace de coworking. D’autant plus que vous ne serez pas pleinement disponible pour votre client s’il y a trop de stimuli autour de vous.

Comme pour une rencontre d’orthophonie en personne, le client doit remplir et signer des formulaires de consentement éclairé. Toutefois, il faut qu’ils aient au préalable été adaptés pour la pratique à distance. Le client doit, dans le formulaire, avoir été mis au fait des risques et des conditions associés au recours à la téléorthophonie, car ceux-ci diffèrent de ceux en personne.

Finalement, on n’explique jamais trop en quoi consiste la téléorthophonie, en quoi elle est différente d’un service en personne et quelles sont les considérations à prendre pour un suivi à distance efficace.

 

 

En conclusion, comme n’importe quoi, la téléorthophonie présente des avantages et des limites. Toutefois, en tant que membre de l’OOAQ, on doit avoir une pratique basée sur les évidences scientifiques. Cela signifie que l’on doit tenir compte à la fois de nos expériences et compétences en tant que professionnel et des données scientifiques récentes, ce qui implique de se garder à jour, pour offrir une intervention dite efficace en étant la mieux adaptée qu’il soit. C’est le cas pour la téléorthophonie. Avant de considérer cette option dans nos interventions, il importe de se pencher sur la question en tenant compte des avantages et limites de cette pratique ainsi que des particularités du client.

 

 

*Il est à noter que je travaille avec la clientèle d’âge scolaire de 9 ans et plus. En préscolaire, cela pourrait être plus difficile, mais n’est pas forcément impossible. Il suffit d’adapter les pratiquer et l’environnement de l’autre côté de l’écran en conséquence.

 

 

Comment les cartes mentales peuvent aider à mieux organiser sa pensée

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Dans la vie, j’ai toujours été une personne très séquentielle et linéaire. Je me rappelle, durant mes études, quand je révisais ma matière, je me faisais des listes. C’était pour moi la meilleure façon de retenir l’information. Voilà pourquoi j’ai toujours eu plus de facilité à apprendre en lisant des livres, car l’information y est présentée de la façon dont je la retiens. 

Toutefois, depuis que je suis orthophoniste, j’ai constaté que, pour la plupart de mes clients, c’est tout l’inverse. Leur cerveau ne fonctionne pas du tout comme le mien et pour eux, il n’y a rien de plus difficile à comprendre que de l’information présentée à l’écrit sous forme de liste.

C’est pour cette raison que, depuis quelque temps, je me suis intéressée aux cartes mentales (aussi appelées cartes conceptuelles) pour les intégrer dans ma pratique comme un super outil afin d’aider mes jeunes clients à mieux comprendre ce qu’ils apprennent et à mieux organiser leur pensée pour ensuite la mettre sur papier.  

J’ai donc pensé vous rédiger un billet de blogue dans lequel je vous explique davantage en quoi consistent les cartes mentales et comment on peut les utiliser.

C’est quoi au juste une carte mentale ?

Une carte mentale est en fait une façon de représenter graphiquement des concepts en les organisant autour d’un thème (ou d’une idée) central. Elle permet de préciser les relations entre les différents éléments qui découlent du thème central et de les hiérarchiser.

Si vous faites des recherches sur Internet, vous verrez qu’une carte mentale est aussi appelée carte conceptuelle, schéma de concepts ou réseau sémantique. Bien que les termes varient d’une plateforme à l’autre, le principe de base demeure le même.

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Pourquoi utiliser une carte mentale ?

Il y a autant de façons d’utiliser une carte mentale qu’il y a d’individus et de façons d’organiser l’information. P.ex. vous pourriez utiliser une carte mentale pour organiser la répartition des tâches ménagères dans la maison. Bref, on peut facilement leur trouver une utilité dans tous les contextes.

Toutefois, la plupart du temps, quand je présente à mes jeunes clients la carte mentale, c’est pour l’utiliser dans des contextes précis :

Illustrer des liens entre les connaissances qu’ils acquièrent sur une matière à l’étude et des connaissances antérieures (donc qu’ils ont déjà) afin que l’information fasse plus de sens et soit plus facilement comprise et retenue. C’est d’ailleurs le principe même des inférences (souvent difficiles chez les jeunes ayant des difficultés langagières) qui consistent à faire des liens entre l’information lue/entendue et les connaissances qu’on possède déjà pour arriver à la bonne réponse.

Organiser les informations à l’étude : je ne vous apprends rien en vous disant que, lorsqu’on étudie, le premier réflexe qu’on a est de relire les notes du cours ou encore les chapitres à l’étude dans le manuel scolaire. Toutefois, cette information est souvent répétée différemment d’un endroit à l’autre et présentée de façon linéaire. Pour les jeunes présentant des difficultés de langage, cela représente un double défi, car ils doivent regrouper les informations qui vont ensemble et apprendre en suivant une structure linéaire qui ne leur convient pas forcément. La compréhension et l’intégration de la matière est donc difficile. En utilisant la carte conceptuelle, on reprend toutes ces informations et on essaie de les organiser d’une façon qui fait du sens tout en ajoutant un aspect visuel qui est souvent très important pour compenser les difficultés langagières.

Planifier/organiser la structure d’un texte/travail à produire : souvent, à l’école, lorsqu’on doit faire un travail ou rédiger un texte, on doit suivre un plan bien précis. Ce plan est généralement présenté sous forme linéaire. Autrement dit, on doit inscrire les idées une à la suite de l’autre. C’est souvent très difficile pour un jeune ayant des difficultés langagières d’élaborer son discours sous cette forme. D’ailleurs, LA phrase que j’entends le plus souvent quand on suit ce genre de plan est « Mais je ne sais pas quoi écrire/dire… ». Quand on procède avec une carte mentale, on peut commencer où on veut et on ajoute ce qu’il manque par la suite. Ainsi, c’est souvent plus facile pour les jeunes d’amorcer leur texte, car on sort de la structure pour partir de leur raisonnement.

Valider la compréhension d’un jeune par rapport à un sujet : quand je laisse mes jeunes clients faire eux-mêmes leur carte mentale, ça m’ouvre la porte sur tout un pan de leur raisonnement. Je peux « voir » comment ils ont compris et intégré une information et les différents liens qu’ils font. Ainsi, si cela est erroné, je peux rapidement, et visuellement, les corriger et en discuter avec eux.

Les différents types de cartes mentales

Comme je l’ai dit plus haut, une carte mentale peut être illustrée de différentes façons. Toutefois, il existe aussi différents médiums pour la faire. On peut toujours la faire avec les bons vieux papier et crayons ou encore sur un mur ou une affiche avec des post-it. Sinon, il existe plusieurs logiciels payants et gratuits sur Internet. Il suffit de déterminer avec quel médium on est le plus à l’aise. Le but est de se simplifier la vie et non de la compliquer. 

Chaque médium comporte ses avantages et ses inconvénients. Par exemple, avec une carte dessinée à la main, vous pouvez laisser libre cours à votre créativité et inventer des symboles que vous comprenez. C’est souvent aussi plus facile de voir le résultat dans son ensemble sur papier. Par contre, il est plus difficile de la modifier et on est limité par l’espace que nous offre la feuille.

À l’inverse, les cartes mentales faites à partir de logiciels permettent plus de souplesse si on veut manipuler l’information au fur et à mesure qu’on la développe. On peut davantage déplacer les liens, ce qui permet de réfléchir à leur organisation et de voir ce qui fonctionne le mieux. Cependant, les logiciels étant des logiciels, on est souvent limités par leurs fonctionnalités qui peuvent ne pas nous convenir.

À cet effet, vous trouverez ici une liste des différents logiciels en ligne (payants comme gratuits) pour faire des cartes mentales. Je vous suggère de les explorer afin de voir lequel vous convient le mieux. Personnellement, j’aime beaucoup MindMeister  (qui offre une version gratuite et payante).

L’avantage des cartes mentales pour les jeunes avec difficultés langagières

Il n’est pas rare de voir un jeune présentant des difficultés langagières ou d’apprentissage avoir de la difficulté à élaborer et à organiser ses idées. Plusieurs de ces jeunes ont d’ailleurs un mode de pensée plus « nuagique », i.e. qu’ils voient le sujet dans son ensemble et qu’il est difficile pour eux de le décortiquer et de voir quelle étape vient en premier.

Leur demander de « commencer par le commencement » est souvent un très gros défi pour eux. La carte mentale est un outil qui leur permet justement d’avoir une vision détaillée et globale du sujet traité. Quand je leur explique, j’aime leur dire que c’est un peu comme si on prenait une photo de ce qu’ils voient dans leur tête et qu’on la mettait sur le papier pour que moi je puisse comprendre et mieux les aider.

 Les cartes mentales étant propres à chacune, elles permettent aussi aux jeunes d’avoir un certain pouvoir sur leurs apprentissages. En effet, quand nous travaillons ce concept, après que j’aie expliqué ce que c’est aux jeunes, je les laisse explorer le médium et organiser l’information comme eux la perçoivent. Ça leur permet de retrouver une certaine autonomie. Ils sont fiers de pouvoir ensuite m’expliquer ce qu’ils ont fait. C’est une excellente façon aussi pour moi de pouvoir leur compréhension et de les questionner.

 

Bref, j’adore travailler avec les cartes mentales, car elles m’ouvrent, de façon visuelle, sur la compréhension qu’un jeune se fait d’un problème, d’une situation ou d’un travail à faire.

Comment j'ai utilisé un jeu « ben simple » pour en faire un jeu éducatif

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Cet article a été écrit dans le cadre d’une collaboration avec Scolart, un magasin offrant des outils de qualité pour aider les jeunes à apprendre et à créer dans le plaisir.

Vous avez peut-être vu, sur mes réseaux sociaux, que j’ai débuté une nouvelle collaboration avec Scolart, un magasin de matériel et de jeux éducatifs dans la région de Québec (mais vous pouvez aussi commander en ligne!!!).

 J’ai donc eu la liberté d’aller fouiller dans leur « giga-méga-tellement-variée-et-trop-cool » banque de jeux sur leur site web et je leur ai listé les jeux qui m’interpellaient et que je voulais explorer davantage. Ils ont décidé de me lancer tout un défi en m’envoyant le jeu Rhino-Héro et, avec celui-ci, un petit mot disant : « On est vraiment curieux de voir comment tu adapteras le jeu pour l’orthophonie… »

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que je suis toujours partante pour relever un défi… Toujours. Alors ça n’a pas pris 2 minutes que, dès que j’ai eu le jeu en main, je me suis mise à l’explorer et j’ai eu 3 000 idées.

Voici donc une courte liste des adaptations du jeu qui ont été testées et approuvées par les meilleurs cobayes qui soit : mes clients!


Comment fonctionne le jeu ?

À la base, Rhino Héro est un jeu de « construction » (je ne sais pas si c’est le bon terme) qui, je trouve, est un beau mélange entre le Uno, les châteaux de carte et Jenga (trois jeux SUPER populaires avec mes jeunes)… Bref, un beau défi amusant!

Le but du jeu est d’être le premier à se débarrasser de toutes ses cartes en construisant la tour, et ce, sans la faire tomber. Cela demande donc d’user de logique, mais également de ne pas être trop empressé et de prendre son temps, car plus la tour est haute, plus elle est fragile…

Si, comme moi, vous êtes visuel et que ça vous dit de VOIR comment fonctionne le jeu, vous pouvez vous rendre sur mon compte Instagram dans les stories à la une.


Adaptation 1 : pour travailler l’orthographe et autres notions

Avec plusieurs de mes clients, je travaille la syllabation et la segmentation des mots en sons comme prérequis pour l’écriture notamment. J’ai donc combiné le plaisir qu’ils ont à jouer à Rhino Héro avec cette tâche qu’ils aiment moyennement.

Pour ce faire, j’ai tout simplement collé des « post-it » (un peu plus petits que les cartes) à l’intérieur de certaines cartes. Sur ces post-it, j’y avais inscrit mes mots cibles. Ainsi, quand on arrivait pour mettre un mur afin d’élever la tour, il fallait d’abord syllaber ou séparer en sons le mot inscrit sur la carte pour pouvoir mettre cette carte. Sinon, c’était droit de réplique à l’adversaire qui pouvait mettre le mur… à condition d’avoir la bonne réponse.

Afin de ne pas tanner mes jeunes, j’ai pris soin de mettre des post-it sur la moitié des cartes seulement.

J’ai testé mon idée avec 4 de mes clients (garçons et filles) et ça a été gagnant à tout coup. Avec les plus vieux (environ 8 ans et plus), la présence d’un défi qu’ils savent pouvoir relever est un élément de motivation clé pour l’apprentissage. Rhino Héro me permettait donc d’ajouter cette touche de défi que mes jeunes aiment tant. À mon plus grand bonheur, tous ceux avec qui j’ai testé cette adaptation m’en ont redemandé! 

Je peux donc vous confirmer que, bien que fort simple, cette adaptation est SUPER EFFICACE et amusante! Si vous voulez reprendre mon idée à la maison, cette façon de jouer est un bon truc pour étudier les mots de vocabulaire, les calculs mentaux ou encore une matière en particulier tout en ayant du plaisir.

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Adaptation 2 : pour pimenter l’apprentissage

J’ai mentionné plus haut qu’à l’âge scolaire, la plupart des jeunes aiment les défis, surtout ceux qu’ils savent pouvoir relever. Rhino Héro représente exactement le bon niveau de défi pour eux.

Je m’en suis servi comme jeu pour guider notre activité d’apprentissage. Autrement dit, au lieu de piger des cartes qui indiquaient à l’adversaire quoi faire, j’associais une bonne réponse à une action. Par exemple, dans un cas où je travaillais la compréhension du concept de condition « si… alors… », la réponse donnée indiquait ce que l’adversaire devait faire : passer son tour, mettre deux cartes, déplacer le rhino, etc.

Évidemment, je m’étais arrangée pour que les réponses les plus difficiles soient les plus « payantes » (lire ici, que l’autre doit passer son tour ou qu’on peut mettre deux cartes), ce qui rendait l’activité doublement motivante.

Le fait d’ajouter un défi du genre et de donner un certain « pouvoir » au jeune sur l’activité rend l’apprentissage beaucoup plus intéressant et ce dernier est d’autant plus impliqué, ce qui facilite la rétention.



Adaptation 3 : en simple renforcement

On sous-estime trop souvent, à mon avis, le pouvoir des jeux de renforcement dans l’apprentissage chez les plus vieux (2ème cycle du primaire en montant). Dans mon cas, mes meilleures thérapies sont souvent celles où les jeux que j’ai utilisés n’étaient là qu’en renforcement, sans forcément être intégrés à l’activité d’apprentissage même.  

Rhino Héro est ce parfait jeu de renforcement pour les plus vieux en présentant un bon défi et en étant suffisamment ludique pour permettre de petites pauses de récupération entre deux apprentissages qui peuvent être plus difficiles.

Pour ma part, je m’en sers souvent entre deux séries d’activités plus structurées et exigeantes sur le plan cognitif pour simplement se changer les idées et s’amuser. Le jeu étant amusant pour les jeunes, c’est d’autant plus motivant pour eux de terminer un bloc d’apprentissages afin de pouvoir y jouer.


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En conclusion, la beauté des jeux les plus simples est leur grande versatilité… Autrement dit, on en a VRAIMENT plus pour notre argent quand il s’agit de l’utiliser à différentes sauces. Ici, je vous ai proposé trois façons d’adapter le jeu Rhino Héro pour le combiner aux apprentissages de votre enfant, mais les possibilités sont aussi variées qu’il y a de contextes d’apprentissages et d’apprenants.

Si jamais vous vous procurez ce jeu, écrivez-moi comment vous l’avez adapté pour le combiner aux apprentissages de vos enfants.

Quoi faire quand on est la seule orthophoniste au privé dans sa région

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Ce n’est un secret pour personne, les régions sont toujours les premières touchées lorsqu’il est question de pénurie de services. L’orthophonie ne fait pas exception. D’ailleurs, lorsqu’on est finissant, il est souvent facile de se trouver un emploi en orthophonie à l’extérieur des grands centres, car ceux-ci sont, malheureusement, peu convoités.

Le secteur privé est également touché puisque peu d’orthophonistes vont s’établir en région pour ouvrir une clinique ou un service. Certaines le font, mais elles sont souvent trop peu nombreuses pour répondre à la demande (parce que même si la population est moins importante, les besoins ne sont pas moins présents). D’ailleurs, les listes d’attente sont souvent longues contrairement aux grands centres.

Imaginez quand la seule orthophoniste (au public comme au privé) de sa région part en congé de maternité ou de maladie ou encore qu’elle prend la décision de fermer boutique…

J’ai listé dans cet article des suggestions d’options pour vous chers parents afin que vous ne vous retrouviez pas sans support et pour vous chères collègues si jamais cela devait vous arriver.

1) Référer à une orthophoniste qui est géographiquement près de vous.

La solution la plus logique quand on n’a pas accès à un service d’orthophonie dans notre région est d’aller à celui qui se trouve le plus proche (p.ex. dans la ville voisine).

C’est d’ailleurs ce que nous faisons entre orthophonistes si notre charge de clients est complète : on réfère les nouvelles demandes à des collègues de confiance qui sont proches géographiquement parlant afin de limiter le plus possible les inconvénients reliés aux déplacements pour les parents.

Il arrive malheureusement que cette option ne soit pas possible et qu’il faille alors passer au « plan B ».

2) Plan B : tirer profit de la technologie pour faire de l'orthophonie à distance

On a la chance de vivre dans une époque où la technologie nous permet d’être en contact avec n’importe qui, peu importe l’endroit où on se trouve et le moment de la journée. Bien que cela puisse parfois être négatif, ça amène un giga lot de positif.

J’ai d’ailleurs décidé de faire de la technologie mon alliée en développant ma pratique d’orthophonie à distance (ou téléorthophonie). Cela m’a été fort utile dernièrement. Notamment parce que j’ai pu dépanner une collègue (et amie) orthophoniste qui est la seule ayant une pratique privée dans sa région.

Elle est partie récemment en congé de maternité et n’a trouvé personne pour la remplacer dans sa région. Elle m’a donc contactée et j’ai pu, grâce à la téléorthophonie, reprendre les suivis de ses clients d’âge scolaire au plus grand bonheur de ceux-ci. Le tout sans qu’ils aient à parcourir les 2 hrs de route qui nous séparent pour une heure (parfois moins) de thérapie.

Donc si vous ne connaissiez pas la téléorthophonie, je vous confirme que c’est pratiquement une révolution pour moi avec mes clients d’âge scolaire.

3) Faire appel à des agents multiplicateurs du langage.

Des quoi? Me direz-vous. En fait, ce sont le plus souvent des éducateurs spécialisés ou encore des personnes ayant une (ou plusieurs) formation(s) en stimulation du langage. Cela est particulièrement utile lorsqu’il vous est impossible d’avoir accès aux services d’une orthophoniste de façon régulière.

Je l’ai dit plus haut, mais je le répète, les orthophonistes en région étant souvent une denrée rare, il est plus long d’avoir un suivi (au public comme au privé) et parfois, l’orthophoniste ne peut pas voir l’enfant de façon régulière.

Une bonne façon d’optimiser la stimulation du langage et de le faire de façon régulière consiste à faire appel à un agent de stimulation du langage (ou un éducateur spécialisé). Le rôle de cet agent est en fait d’appliquer les stratégies mentionnées au plan d’intervention orthophonique à travers la routine de l’enfant de manière à ce qu’il puisse bénéficier d’un suivi adapté et ciblé malgré l’absence d’un suivi en orthophonie de façon régulière.

Cela constitue notamment une très bonne option pour la clientèle d’âge préscolaire avec qui il est parfois plus difficile de faire de l’orthophonie à distance.

Ce que j’aime de cette option, c’est que ça permet à une orthophoniste d’alléger sa charge de clients pour pouvoir offrir un suivi à un plus grand nombre de clients, mais de tout de même savoir que ses clients bénéficient d’un encadrement adapté.

Pour les parents, ce genre de suivi peut être intéressant surtout si vous devez vous déplacer dans une autre région pour recevoir un suivi en orthophonie. Ainsi, vous pouvez continuer le suivi, mais à fréquence moindre tout en bénéficiant d’un support de qualité pour le bon développement langagier de votre enfant. Cela est souvent très bénéfique pour nos horaires déjà bien garnis…

ATTENTION!!! Ce type de service ne remplace en rien un suivi en orthophonie. Au contraire, il permet de le supplémenter. Ainsi, il est important d’avoir une orthophoniste au dossier de votre enfant pour en bénéficier. Si vous êtes curieux d’en apprendre davantage, je vous invite à consulter ce service que j’ai mis en place en collaboration avec Tutorax une entreprise jeune et dynamique d’aide aux devoirs.

 

Malgré l’accès aux services plus difficile lorsqu’on habite en région, je crois que maintenant, nous disposons de plusieurs moyens qui nous permettent de nous adapter sans que cela n’ait forcément à être compliqué.

Si vous avez des questions sur la téléorthophonie (que vous soyez parent ou orthophoniste), n’hésitez pas à me contacter. Ça me fait toujours plaisir de partager avec vous sur ce mode d’intervention que j’affectionne particulièrement.

 

 

Bien choisir ses jeux éducatifs en 3 étapes faciles

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Dans un billet précédent, je vous parlais du fait que je sois plus portée vers les jeux classiques que vers les jeux dits éducatifs. À la suite de ce billet, certaines personnes m’ont posé des questions et se demandaient si j’étais contre les jeux éducatifs. PAS DU TOUT !!!

En fait, après mûre réflexion, j’ai constaté que j’étais pour tout ce qui peut contribuer à l’apprentissage des enfants. Si vous suivez mes stories Instagram, vous avez peut-être vu passer mon opinion sur ce qu’est un jeu éducatif.

Si vous ne l’avez pas vu, en gros, je considère que tout matériel (jeu ou jouet) peut être éducatif à condition que l’enfant soit impliqué dans le jeu. En fait, je le distingue du jeu pédagogique qui, pour sa part, a un objectif d’apprentissage bien précis (p.ex. apprendre les lettres).

Dernièrement, on dirait que le mot « éducatif » a la cote. Plusieurs jeux sortent sur le marché et sont dits « éducatifs ». Ça devient donc très difficile pour un parent de choisir parmi tous ces jeux, celui (ou ceux) qui conviendront le mieux (lire ici, qui plairont aux enfants et perdureront dans le temps).

J’ai donc pensé vous dresser une liste de quelques questions à vous poser pour vous aider dans votre sélection de jeux.

Est-ce que le jeu correspond à l'âge, mais surtout aux intérêts de l'enfant ?

Il est essentiel de tenir compte de l’âge de l’enfant oui, mais surtout de sa phase d’apprentissage et de ses intérêts. En fait, si vous n’aviez qu’un seul critère à retenir pour que votre enfant veuille jouer et manipuler ses jeux, ce serait ses goûts et intérêts. Le plaisir est le critère numéro un à tout jeu. Vous aurez beau avoir acheté le jeu le plus enrichissant du monde, si votre enfant ne l’aime pas, il n’y jouera juste pas…

Si vous achetez un jeu correspondant à l’âge et au niveau de l’enfant, assurez-vous de respecter ses intérêts. D’autant plus que maintenant, avec la variété de jeux disponibles, on y trouve bien souvent notre compte (p.ex. on peut maintenant trouver des blocs de construction pour tous les goûts).

Outre les intérêts, il faut considérer le niveau du jeu par rapport à celui de l’enfant. Je sais que la plupart, voire tous les jeux, indiquent l’âge auquel ils s’adressent, mais comme je l’ai déjà mentionné, l’âge n’est pas toujours le meilleur indicateur.

Tout d’abord, les jeux indiquent souvent une tranche d’âge plus large que ce qu’ils couvrent réellement… question marketing tout simplement. Ensuite, chaque enfant évolue selon un rythme qui lui est propre. Ainsi, ce n’est pas parce que votre enfant a 5 ans qu’il va forcément s’y plaire avec un jeu qui s’adresse aux 4-5 ans par exemple.

Il est important que le jeu représente un défi réalisable, et ce, peu importe que la tranche d’âge du jeu choisi corresponde ou non à l’âge de votre enfant. Un jeu trop complexe (même si supposément adapté en âge) peut être frustrant pour l’enfant et il risque de se tanner et de se décourager.

D’autant plus que souvent, les jeunes aiment pouvoir gagner et sentir qu’ils ont un certain contrôle dans le jeu, et c’est légitime (Attention! Je ne dis pas qu’il faille toujours les laisser gagner! Loin de là… mais toujours perdre c’est « plate » aussi).

Est-ce que le jeu favorise la créativité de l'enfant à travers son implication ?

Le jeu choisi doit être facile à utiliser : pas trop de consignes, pas trop de morceaux nécessitant un assemblage (ici, je le dis plus pour vous chers parents et intervenants, car les enfants s’impatientent souvent quand le jeu prend trop de temps à monter et le risque de perdre des pièces est plus grand).

Autrement dit, le jeu doit être suffisamment simple à utiliser pour donner à l’enfant le goût d’y jouer par lui-même ou avec ses pairs, et ce, dans différents contextes. Je reviens encore au fait que, si l’enfant n’y joue pas, le jeu ne sera pas éducatif point.

Mon conseil, lorsque vous vous trouvez devant l’étalage de jeux et jouets, demandez-vous si votre enfant a des jeux semblables à la maison et s’il les utilise ou non. S’il les utilise, demandez-vous comment il les utilise : est-ce qu’il ne fait que jouer avec les pièces, est-ce qu’il y joue seul, est-ce qu’il n’y joue que quand vous le lui proposez, etc.

Finalement, si vous jugez que le jeu que vous vous apprêtez à acheter sera un « plus » et contribuera positivement à l’apprentissage et au développement de votre enfant, essayez de voir quelles sont ses options et de quelles façons est-ce que votre enfant pourrait l’utiliser.

Est-ce que le jeu peut être utilisé de différentes façons ?

Cette question fait suite à la précédente. Si vous arrivez facilement à voir suffisamment de différentes façons dont le jeu peut être utilisé, c’est bon signe.

Je ne vous apprends rien en vous disant que les enfants aiment non seulement la nouveauté, mais également la variété. Ils se tanneront rapidement d’un jeu qui ne présente que peu d’options. Un jeu où ils peuvent jouer avec la planche, mais récupérer les personnages pour jouer de façon symbolique ou encore combiner à un autre jeu aura plus de valeur et d’intérêt à leurs yeux.

Une autre façon de voir si votre enfant peut jouer de différentes façons avec un même jeu est de voir si celui-ci présente un niveau de difficulté croissant. Autrement dit, demandez-vous si le jeu peut être facilement adapté pour conserver l’intérêt de l’enfant tout en l’amenant à progresser et en représentant un certain défi.

Le but de tout ça, c’est de vous assurer que ce jeu pourra être utilisé de diverses façons, mais surtout avec la plupart de vos enfants (surtout s’ils n’ont pas tous le même âge). C’est la meilleure façon de rentabiliser votre achat en fait.

 

S’il y a une chose à retenir de toutes ces considérations, c’est que l’important pour vos enfants, est qu’ils puissent apprendre dans le plaisir, avec vous ou par lui-même. Le mieux reste encore et toujours de varier les jeux et les activités (jouer dehors, jouer avec d’autres enfants, jouer seul, jouer avec l’adulte, lire une histoire, faire des constructions, faire du bricolage, jouer à un jeu de table, etc.)