Découvrez comment l'orthophoniste peut avoir un impact sur les difficultés scolaires de votre enfant

Cover blogue.jpg

Certains (surtout les jeunes) comptent les jours et attendent avec impatience la fin de l’année scolaire. Même si ça paraît loin, ça approche à grands pas.

Plusieurs élèves aux prises avec des difficultés scolaires (et leurs parents) doivent alors mettre les bouchées doubles pour améliorer leurs résultats scolaires ou encore les maintenir.

C’est d’ailleurs une période de l’année particulièrement chargée pour moi parce que je reçois souvent des demandes de parents, à la suite d’une référence de l’école, pour un suivi en orthophonie.

Mais comment est-ce que je peux, en tant qu’orthophoniste, aider votre enfant à mieux réussir à l’école?

Langage et apprentissages : deux termes indissociables

Dans le système scolaire actuel, tout apprentissage passe par le langage. Quand on y pense, la matière est enseignée verbalement par le prof ou on la lit dans les livres. C’en est de même pour les évaluations des jeunes.

On évalue le niveau d’un jeune et l’étendue de ses apprentissages à partir du langage. Il n’y a qu’à penser aux fameuses présentations orales, aux travaux d’équipe ou aux examens où les élèves doivent écrire leurs réponses (même en mathématique).

(D’ailleurs si vous voulez en apprendre un peu plus sur le lien entre les deux, vous pouvez également consulter cet autre billet.)

Vous comprenez que parfois, quand les apprentissages semblent plus difficiles pour un jeune, il peut y avoir une difficulté langagière sous-jacente. C’est donc mon rôle, en tant qu’orthophoniste, de trouver où se situent les forces et les difficultés langagières de l’élève pour pouvoir mieux l’outiller et l’accompagner plus efficacement dans ses apprentissages.
Parfois, le simple fait de comprendre les difficultés de son enfant, de mieux connaitre les types de textes et de phrases qu’il maîtrise (ou pas) fait toute une différence dans l’accompagnement qu’on lui offre.

Composantes évaluées

Lorsqu’on fait une évaluation au scolaire en orthophonie, on évalue quatre grandes sphères : la compréhension à l’oral, l’expression à l’oral, la lecture et l’écriture. Cela permet de dresser un portrait plus complet des habiletés perçues et cachées de l’enfant.

En effet, il arrive souvent que des parents demandent une évaluation en orthophonie parce que leur enfant présente des difficultés de lecture et/ou d’écriture. Toutefois, quand on pousse notre analyse, on constate que ces difficultés ne sont en fait que les manifestations d’autres difficultés langagières sous-jacentes qui passent souvent inaperçues au quotidien.

J’aime comparer cela à une blessure physique. Prenons par exemple quelqu’un qui se blesse et qui fait une infection. Si on ne fait que donner des antibiotiques sans prendre la peine de chercher le foyer de l’infection, il est fort possible que l’infection revienne une fois l’antibiotique retiré.

Il en est de même pour les difficultés langagières. Si on ne travaille que sur l’orthographe et la lecture sans savoir ce qui est la cause de cette difficulté, les moyens pris ne seront probablement pas efficaces et il sera difficile pour le jeune de les appliquer au quotidien.

Une évaluation approfondie de toutes les composantes langagières permet d’aller travailler plus aisément à la source des difficultés de l’enfant et ainsi, d’avoir des répercussions parfois sur plusieurs sphères en même temps.

Mon rôle auprès de l'équipe-école en tant qu'orthophoniste

Souvent, les intervenants à l’école veulent aider l’enfant, mais ne savent pas précisément ce qu’ils devraient faire, car ils n’ont pas un portrait juste de ses difficultés. Un rapport d’orthophonie peut les aides à mieux structurer les mesures d’adaptation à mettre en place et à mieux outiller l’enfant.

Par conséquent, je peux, en tant qu’orthophoniste, jouer un rôle conseil auprès de l’équipe-école en leur expliquant pourquoi une exigence X ou Y par exemple ne correspond pas au niveau actuel d’un élève. Ils peuvent donc, par la suite, trouver des mesures d’adaptation qui supportent l’élève tout en respectant son cursus scolaire.

L'enseignement de stratégies complémentaires à celles de l'orthopédagogue

Les orthopédagogues et les enseignants sont ceux qui connaissent le mieux les exigences scolaires et ce qui est attendu selon le niveau, ce qui n’est pas mon cas en tant qu’orthophoniste. Pour ma part, j’ai une connaissance davantage tournée vers les habiletés langagières.

Ainsi, nous travaillons toujours en équipe. L’orthopédagogue et l’enseignant enseignant à l’enfant des stratégies pour qu’il puisse être plus efficace dans ses apprentissages en lien avec le cursus scolaire et moi, travaillant des notions langagières qui favorisent l’application de ces stratégies.

En orthophonie, nous enseignons des stratégies plus spécifiques au langage. Par exemple, l’orthopédagogue pourrait enseigner à l’élève de surligner d’une couleur la question d’un problème mathématique pour se rappeler des éléments à trouver dans le problème. Pour ma part, je pourrais davantage demander au jeune de me dire dans ses mots ce qu’il doit trouver après avoir souligné la question.

En orthophonie, on reprend donc les stratégies vues à l’école en lien avec la matière présentée à l’école, mais on y ajoute des précisions pour soutenir le jeune dans sa compréhension. Il arrive également qu’on utilise des activités qui ne correspondent pas forcément au niveau scolaire de l’élève parce qu’on privilégie les stratégies langagières.

 

De son côté, l’enseignant (et l’orthopédagogue), peut reprendre les stratégies qu’on travaille dans notre bureau avec l’élève dans le cadre d’exercices et de travaux faits en classe pour favoriser la généralisation.

 

Tout cela permet de comprendre qu’une orthophoniste peut jouer un rôle non négligeable voire important auprès des jeunes d’âge scolaire qui éprouvent des difficultés à l’école.

Si jamais cet article vous a interpellé et que vous vous demandez si votre jeune pourrait bénéficier de l’orthophonie, n’hésitez pas à me contacter. Dans certains cas, l’orthophonie est toute indiquée et dans d’autres cas, on privilégiera une autre source d’aide.

Le temps ou l'argent ? Ces parents qui consultent au privé

Cover blogue.jpg

Depuis que j’ai commencé ma pratique au privé, j’ai entendu une foule de différents commentaires de personnes, qui connaissent ou non l’orthophonie, concernant les parents qui viennent nous voir au privé pour nos services.

Certains m’ont carrément fait friser le poil des bras et d’autres m’ont touchée droit au cœur par leur beauté et leur vérité.

J’ai donc décidé de faire le point sur la réalité que vivent la grande majorité des parents de mes clients et, d’une certaine façon, de leur lever mon chapeau et de les féliciter pour toutes ces belles démarches qu’ils font pour leurs enfants, alors que ce n’est pas toujours facile.

Ils sont riches

« C’est le fun toi ! Les parents qui viennent te voir ont de l’argent donc au moins tu sais qu’ils sont motivés. »

Cette phrase, je l’ai entendue un peu trop souvent à mon goût. D’un côté, c’est vrai que je suis chanceuse parce que les parents qui viennent me voir pour leur enfant, le font de leur plein gré. De plus, on aura beau dire ce qu’on veut, il n’en reste pas moins que lorsqu’on paye pour un service, on est plus porté à s’impliquer davantage pour accompagner notre enfant dans sa progression. J’aime appeler ça un « retour sur investissement ».

Malgré cela, 90% de mes clients n’ont pas les moyens de débourser de tels montants. Certains me demandent de prélever le montant le jeudi seulement, soit lors du jour de paie. D’autres doivent limiter les services au montant qui est couvert par leurs assurances. D’autres encore déboursent tout de leur poche à 100% et doivent faire des sacrifices et couper ailleurs. Vous comprendrez que le plus souvent, les parents coupent dans leurs propres luxes à eux.

Conséquemment, non les parents qui viennent me voir ne sont pas riches. Ils sont seulement sensibles au développement de leur enfant et pour eux, les accompagner et les aider à cheminer pour les voir progresser est la plus grande richesse.

Ils ont le temps de venir te voir

Correction : les parents de mes clients PRENNENT le temps de venir me voir. Certains coupent leur heure de dîner, prennent un congé sans solde, amène le petit frère à la clinique pour faire les devoirs pendant que je suis en thérapie avec l’autre, etc. Bref, ils tentent tous de maximiser leur temps en orthophonie à leur façon.

Une chose est sûre, aucun d’entre eux n’a réellement le temps de venir me voir. Entre le travail, les devoirs et leçons, les repas à préparer, la journée du lendemain à planifier, toutes les commissions à faire, glisser une rencontre d’une heure en orthophonie relève d’un travail de moine dans l’horaire.

Ce n’est pas toujours évident pour les parents qui travaillent généralement sur les heures d’école de leurs enfants de se libérer. De plus, ce n’est pas parce que le jeune est en journée pédagogique que le parent l’est forcément. Le plus souvent, les orthophonistes au privé offrent des plages de soir et parfois même de fin de semaine. Toutefois, ces plages sont souvent bien rapidement remplies, étant les plus convoitées.

Évidemment, certains parents ont des horaires qui leur permettent de se libérer en journée. Par contre, ils coupent généralement ailleurs. Par exemple, une mère qui travaille de nuit pour pouvoir être présente pour ses enfants en journée pénalisera nécessairement son sommeil. Il y a aussi des parents qui décident que l’un des deux ne travaillera pas à temps plein ou restera à la maison pour gérer la vie familiale. Eh bien, si vous calculez bien, c’est peut-être du temps de plus, mais ça reste un salaire de moins…

Bref, les parents qui viennent consulter au privé n’ont pour la plupart ni temps ni argent contrairement à la croyance populaire.

C’est d’ailleurs deux des raisons pour lesquelles il est si important pour moi d’adapter mes services et c’est pourquoi je mets de l’avant la téléorthophonie et je travaille à développer diverses façons de répondre aux besoins de mes clients selon les moyens (en temps et en argent) de leurs parents.

D’ailleurs si vous vous demandez en quoi la téléorthophonie représente une solution, je vous invite à consulter cet article.

Et avant de terminer, je veux prendre un moment pour féliciter tous mes parents de clients qui font un travail incroyable et qui sont une source d’inspiration constante pour moi quand je vois leur dévouement à leurs enfants.

P.S. Si vous êtes un orthophoniste et que la téléorthophonie ça vous intéresse (ou ça vous intrigue), je peux vous donner un coup de main afin de l’intégrer à votre pratique. Personnellement, je ne m’en passerais plus !

Mes meilleurs conseils quand on travaille AU privé dès la fin de ses études

Cover blogue.jpg

Venant d’une famille d’entrepreneurs, ça a toujours été une évidence pour moi qu’une fois mes études terminées, j’allais travailler dans le secteur privé. En fait, c’était clair que je démarrerais ma propre clinique et que j’en serais propriétaire. À l’époque, je rêvais d’être psychologue propriétaire de sa clinique. Les choses ont un peu changé, mais pas tant quand même.

Par contre, je dois avouer que durant ma maîtrise, cette vision que j’avais était loin d’être partagée par mes collègues, mes superviseurs et mes enseignants. Combien de fois durant mon parcours universitaire m’a-t-on mise en garde qu’il est illusoire de penser se partir à son propre compte dès sa sortie des bancs d’école. Parfois, j’avais même l’impression qu’on tentait de me décourager…

Pourtant, je n’ai rien écouté de tout cela et je l’ai fait. D’ailleurs, jamais (ou presque) durant ma maîtrise, je n’ai douté de ce projet que j’ai commencé à préparer plus d’un an avant la fin de mes études. Et je n’ai absolument AUCUN regret de l’avoir fait. Bien évidemment, c’est sûr qu’il est important de bien se préparer, car la première impression qu’on laisse est TRÈS importante.

Je vous partage donc ici une liste de mes meilleurs trucs pour bien démarrer au privé, que ce soit à votre compte, avec une collègue ou même dans le rachat d’une clinique déjà existante.

Faites-vous un budget et un plan de match

On ne se le cachera pas, démarrer une entreprise, peu importe de quel type d’entreprise il s’agit, ça implique plusieurs coûts autant en temps qu’en argent… Parfois, on peut aller chercher des subventions ou certaines bourses, mais cela demande de remplir plusieurs documents (et parfois même pour les prêts).

C’est donc très important de d’abord cibler ses objectifs, de se prévoir un budget et de déterminer ses objectifs pour la première année d’opération. Autrement dit, il faut faire un plan d’affaires. Ce n’est pas la partie la plus palpitante, je l’avoue, mais ça aide VRAIMENT à mettre en perspective ce que l’on vise pour notre entreprise et nos objectifs.

De plus, vous serez d’autant plus préparé aux yeux d’éventuels investisseurs ou partenaires ou tout simplement devant la banque si vous voulez aller chercher un prêt.

Définissez votre offre de services

C’est une chose de dire qu’on ouvre sa clinique privée, mais c’est important de savoir à quelle clientèle est-ce que vous allez vous adresser, quels seront vos tarifs, vos horaires, etc.

Cela vous permettra de mieux cibler votre marketing lorsque viendra le temps de faire la promotion de ce nouveau service dans le voisinage. De plus, cela pourra orienter le choix de l’endroit où vous vous installerez, les gens que vous contacterez pour établir des partenariats, etc.

Petit conseil, ne vous présentez pas simplement comme une « clinique d’orthophonie ». Prenez le temps de réfléchir à ce qui vous démarquera de la mêlée. Qu’apportez-vous de nouveau sur le marché?

Précisez vos limites et soyez honnête envers vous-même

Lorsqu’on commence, on peut être tenté d’accepter toutes les demandes d’évaluation et de suivi, même si ça sort de l’horaire qu’on s’était établi ou de notre clientèle cible. C’est sûr que c’est toujours un peu stressant de savoir si on aura des clients au départ. Je vous rassure, vous en aurez sans problème. D’ailleurs, les clients seront d’autant plus reconnaissants de votre honnêteté si vous les référez à une orthophoniste de confiance qui est spécialisée dans une problématique que vous n’adressez pas. En prime, elle risque à son tour de vous référer des clients.

L’horaire n’est pas à négliger non plus. Si vous avez décidé d’ouvrir votre horaire de 8h à 20h du lundi au jeudi en plus du vendredi de 8h à 16h et parfois le samedi, vous perdrez beaucoup d’efficacité et d’énergie. De plus, il vous sera très difficile de déplacer des clients si par exemple il y a des changements dans votre vie. C’est correct d’ouvrir des soirs et parfois même un samedi, mais assurez-vous que votre horaire demeure réaliste.

Après tout, on a beau être passionné par notre métier, on a tous une vie. Oh et si vous vous sentez mal de dire que vous n’êtes pas disponible en soirée ou le samedi, dites-vous que de toute façon, les clients n’ont pas à savoir pourquoi.  

Développez et entretenez votre réseau

J’ai parlé plus haut de définir votre clientèle cible. C’est difficile de tout faire en tant qu’orthophoniste au privé et c’est d’autant plus difficile d’échanger avec d’autres collègues si on est seul dans notre pratique.

N’hésitez pas à contacter d’autres orthophonistes (et même d’autres spécialistes) qui sont dans la même situation que vous. Créez un groupe Facebook entre vous pour vous poser des questions, vous entraider ou encore vous référer des clients. Vous pouvez même faire des rencontres mensuelles que ce soit en personne ou à distance.

N’ayez pas peur de poser vos questions. Personne ne vous trouvera niaiseuse. Au mieux, vous aurez fait réfléchir vos collègues. Ah et partagez vos découvertes et vos trucs. Ça ne sert à rien de garder cela pour vous. Les autres pourront sûrement renchérir et ouvrir sur de belles réflexions. Une belle façon d’approfondir encore plus votre pratique.

N’ayez pas peur d’investir pour votre entreprise

Au début, on ne fait pas beaucoup de sous, c’est vrai. On a peur de dépenser parce qu’on se dit qu’on doit en garder le plus possible pour les dépenses non prévues et on veut aussi qu’il nous en reste un peu à la fin du mois pour payer les comptes…

Cependant, pour faire grandir votre pratique, c’est important de dépenser… Oui oui! On s’entend qu’il faut le faire de façon calculée, mais tout de même. Pour ma part, je m’engage envers moi-même, et ma pratique, à suivre deux formations par année dans mon domaine. Ce n’est pas beaucoup, mais ça fait une belle différence.

Aussi, n’hésitez pas à débourser pour un mentor. Que ce soit spécifiquement relié à l’orthophonie ou pour une autre branche reliée à votre clinique (marketing, comptabilité, gestion, etc.). Demander de l’aide à quelqu’un spécialisé dans son propre domaine vous rapportera énormément. J’ai moi-même longtemps hésité avant de payer pour ce genre d’aide. Maintenant, je ne m’en passerais plus, car ça m’a apporté énormément et même plus que ce que ça m’a coûté.

Voyez vos erreurs comme une belle occasion d’apprendre et de devenir encore meilleur

Quand on débute dans le métier, on voudrait que tout soit parfait, ne jamais rien oublier, ne pas se tromper, tout connaitre. Malheureusement, on n’est pas parfait et les erreurs surviendront inévitablement. En fait, elles font partie de… la vie quoi.

Le meilleur conseil que je puisse vous donner si vous commettez une erreur est de d’abord l’admettre. Vos clients sont beaucoup plus conciliants que vous ne le pensez. Ils comprendront beaucoup mieux si vous leur expliquez calmement que c’est votre erreur et que vous leur proposez des solutions.

Et ce qui est bien des erreurs que l’on commet, c’est qu’après on est deux fois plus vigilant et on met en place des stratégies efficaces pour y remédier et éviter que ça ne survienne de nouveau. Autrement dit, on devient un meilleur professionnel grâce à celles-ci.

Quelqu’un d’expérience m’avait déjà dit : « Quand tu as ton diplôme, tu es une orthophoniste au même titre que celle qui a 25 ans d’expérience dans le domaine. Ne l’oublie pas. » On peut être impressionnée et se dire qu’on est « juste une nouvelle orthophoniste », mais cela n’est en rien une excuse pour ne pas accomplir vos projets. Il suffit simplement de bien vous entourer et surtout, de vous faire confiance.

Si vous avez des questions concernant le merveilleux monde de l’orthophonie, n’hésitez pas à m’écrire. Il me fera plaisir d’en discuter avec vous.

Et si jamais vous êtes curieux de vous partir au privé, je vous invite à visionner cette vidéo sur les 8 mythes sur l'orthophonie au privé.

Les avantages et limites des aides technologiques

avantages-limites-aides-technologiques

Bien qu’il en existe une panoplie, on associe souvent les aides technologiques aux ordinateurs et logiciels informatiques*. C’est d’ailleurs souvent ces aides devant lesquelles les parents sont le plus réticents pour leurs enfants de peur que ceux-ci ne deviennent « paresseux ».

Les technologies d’aide permettent notamment d’augmenter l’autonomie dans les apprentissages, d’améliorer la justesse et la vitesse du travail en classe et d’offrir des situations d’apprentissage positives et de succès à l’élève. Cela augmente sa motivation devant ses apprentissages.

Par contre, bien que fort utiles, ces technologies présentent aussi des limites et ne peuvent pas compenser toutes les difficultés de l’élève. Les technologies ne peuvent compenser un enseignement inefficace, éliminer un trouble d’apprentissage ou encore allumer une passion forte pour l’école chez l’élève.

J’ai donc pensé qu’il serait pertinent de démêler pour vous les avantages et les limites des aides technologiques.

Les avantages des aides technologiques

Quand un élève éprouve des difficultés à l’école et que celles-ci persistent malgré ses nombreux efforts et les adaptations déjà mises en place, sa motivation et son estime de lui s’en trouve affectées. C’est alors qu’on pense à mettre en place des aides technologiques pour supporter le jeune dans ses apprentissages.

Une aide technologique, c’est en fait un outil (ordinateur, logiciel, calculatrice, etc.) qui aide le jeune à réaliser une tâche ou à développer des habiletés, chose qu’il n’aurait pu faire sans ce type d’aide. Plusieurs études ont démontré les impacts positifs de leur utilisation, et ce, dans des contextes variés.

Elles favorisent un meilleur sentiment d’autoefficacité

Je crois que personne ici ne trouve facile et surtout satisfaisant de fournir de gros efforts et de ne pas avoir de bons résultats ou les résultats attendus, et ce, à chaque fois. C’est ce que vivent plusieurs des enfants présentant un trouble d’apprentissage. Malgré tout le travail et le temps qu’ils mettent, ils éprouvent de la difficulté à l’école, ce qui est très décourageant.

Les aides technologiques permettent aux jeunes de se sentir plus efficaces, car enfin ils ont des résultats à la hauteur de leurs efforts. En effet, en compensant leurs difficultés avec l’outil, les élèves peuvent enfin mettre à profit leurs réelles habiletés. Ainsi, ils ont souvent de meilleurs résultats, ce qui entretient une certaine fierté.

Elles augmentent le niveau de motivation des élèves

Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je réussis quelque chose, ça me donne un regain d’énergie et j’ai le goût de recommencer pour le réussir encore. À l’inverse, si je ne le réussis pas, après une fois, je vais essayer avec une autre technique, mais après plusieurs échecs, je me décourage et je laisse tomber.

C’est un peu ce qui se passe avec les jeunes qui ont un trouble d’apprentissage. Le fait de ne pas réussir dans leurs apprentissages scolaires peut être très démotivant. Ça devient un cercle vicieux : moins ils réussissent, moins ils ont envie de mettre les efforts pour y arriver. Et c’est d’autant plus difficile quand il faut mettre de plus en plus d’efforts et qu’ils ne portent pas fruit…

La mise en place d’une aide technologique peut, dans plusieurs cas, redonner aux jeunes cette motivation perdue. Elle leur permet de diminuer la dose d’efforts qu’ils doivent mettre pour se concentrer sur l’essentiel et réussir la tâche. À force de réussites, mais également à diminuer le niveau d’efforts à fournir pour un même résultat, les jeunes sont encouragés, ce qui les motive à poursuivre leurs apprentissages et parfois même à pousser plus loin que ce qu’on attend d’eux.

Elles favorisent une meilleure autonomie dans les apprentissages

Le fait d’utiliser une aide technologique dans les travaux scolaires libère de l’énergie pour d’autres ressources cognitives. Par exemple, si un jeune qui éprouve des difficultés en lecture doit mettre toute son énergie à décoder et identifier les mots, il ne lui en restera que très peu pour comprendre ce qu’il lit. Si on lui permet d’utiliser un logiciel de rétroaction vocale, il pourra alors concentrer son énergie cognitive sur la compréhension du texte qui lui est lu. Ainsi, le résultat obtenu lors d’une évaluation sera plus représentatif des habiletés réelles de compréhension de texte de l’élève.

De plus, étant maintenant moins surchargé sur le plan cognitif, l’élève est davantage disposé à généraliser ses stratégies d’apprentissage et à les mettre en application par lui-même sans besoin d’une aide externe de l’adulte.

J’aime voir cela comme un cercle vertueux : parce que l’élève bénéficie d’une aide qui le libère cognitivement, il a plus d’énergie à mettre pour développer ses stratégies d’apprentissage et utiliser le logiciel efficacement, ce qui l’aide d’autant plus.

Les limites des aides technologiques

Je compare souvent les aides technologiques à une paire de lunettes. Bien qu’elles aident à compenser certaines difficultés, elles présentent tout de même des lacunes et ne font pas tout le travail à la place de l’élève.

Il est donc important d’être au courant des limites des aides technologiques que vos enfants/élèves utilisent pour pouvoir les entrainer adéquatement à leur utilisation.

Elles demandent une adaptation et un entrainement

Lorsqu’on introduit un nouvel outil à un élève, il est important de l’entrainer à bien utiliser celui-ci. Si l’élève ne sait pas comment bien l’utiliser, l’aide technologique ne sera fort probablement pas d’une grande aide et le jeune risque de se décourager et de ne pas en voir l’utilité.

Des études ont d’ailleurs démontré que plus les élèves ont des difficultés, moins bien ils utilisent les aides technologiques alors qu’ils pourraient possiblement en bénéficier. Il est donc d’autant plus important d’inclure des activités au quotidien pour amener le jeune à utiliser son outil et à l’apprivoiser.

Plus complet et varié est l’entrainement, meilleure sera l’utilisation que l’élève fera de ses outils par lui-même par la suite et à long terme.

Elles ne règlent pas toutes les difficultés des élèves

Certains élèves se découragent de constater qu’il leur est encore difficile de réaliser des tâches malgré qu’ils aient une aide technologique à leur disposition. Il est donc important, lorsqu’on introduit une aide technologique à un élève, de lui mentionner que cela ne règlera pas tout et qu’il devra continuer à mettre des efforts pour bien réussir.

Il devra donc continuer à développer sa capacité à analyser et à se questionner sur ses démarches et continuer d’appliquer les stratégies qu’on lui enseigne. Il aura même parfois à s’adapter pour les appliquer différemment avec l’aide de son nouvel outil.

Elles exigent de l’autonomie de la part de l’élève

Bien que les outils technologiques puissent aider l’élève grandement dans ses apprentissages, ils ne réfléchissent pas à sa place, ce qui fait en sorte que les erreurs demeurent possibles. Autrement dit, l’élève doit encore fournir des efforts et s’impliquer dans ses apprentissages.

Tout d’abord, il doit lui-même être en mesure d’évaluer quand il a besoin de son outil et comment l’utiliser adéquatement dans les tâches. De plus, il doit être capable de palier aux lacunes de son outil. Pour reprendre mon exemple de la compréhension de texte, même s’il a un logiciel de rétroaction vocale, l’élève doit être en mesure de le relever lorsqu’il y a des passages du texte qu’il ne comprend pas ou encore savoir où trouver l’information pour répondre aux questions posées.

Dans le fond, ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que les aides technologiques sont des outils qui s’ajoutent aux autres outils « standards » et qui présentent des avantages considérables, mais également des limites qu’il ne faut pas négliger.

Si vous introduisez une aide auprès d’un jeune, il est important d’être bien informé de son utilité ainsi que de la façon dont elle pourra aider l’élève pour bien la lui présenter.

Évidemment, les aides utilisées et les configurations varient selon les besoins et difficultés de chaque élève.

Si vous vous questionnez sur certaines aides technologiques, n’hésitez pas à me contacter. Parfois, le fait de discuter avec un professionnel permet d’éclaircir certains questionnements.

 

Et pour une version vidéo de ce même article, vous n'avez qu'à cliquer sur l'image. 

*Dans le cadre de cet article, j’ai préféré ne m’en tenir qu’aux aides technologiques qui sont d’ordre informatique et qui viennent supporter la lecture et l’écriture.

 

Mon opinion sur les dépistages gratuits en orthophonie

mon-opinion-sur-les-depistages-gratuits.jpg

Pour différentes raisons, les cliniques et services privés d’orthophonie se font de plus en plus nombreux au Québec. L’une de ces raisons est d’ailleurs le peu de postes et d’emplois offerts dans le secteur public… même si les besoins sont criants…

Dans les dernières années, devant le peu de possibilités dans le secteur public, plusieurs orthophonistes graduées (moi compris), se sont tournées vers le privé. Pour ma part, j’ai toujours envisagé le secteur privé comme le lieu où je pourrais m’épanouir, mais ce n’est pas le cas de certaines orthophonistes qui y travaillent « en attendant » de trouver un emploi qui leur convient au public.

C’est ainsi qu’on a vu l’offre de services au privé en orthophonie augmenter. Les listes d’attentes auxquelles on s’inscrivait autrefois pour avoir accès à des services au privé sont maintenant chose du passé. Les clients ont dorénavant l’embarras du choix pour trouver le service et surtout l’orthophoniste qui leur convient. D’une part, c’est un beau problème de savoir que, dans un certain sens, nos services sont maintenant plus accessibles.

D’autre part, parce qu'il y a toujours deux côtés à une médaille, on voit de plus en plus d'offres de gratuités et de baisses de prix associé à cette offre grandissante de services au privé. C'est le cas notamment des dépistages gratuits

Pourquoi un dépistage?

En gros, un dépistage, c’est une procédure dite préliminaire où l’orthophoniste vous rencontre vous et votre enfant pendant une période de temps limitée (souvent entre 15 et 30 minutes) soit à domicile ou dans ses locaux et au terme de laquelle elle pourra vous dire si oui ou non votre enfant a besoin de services en orthophonie.

Plusieurs cliniques offrent des rencontres à des moments précis où vous pouvez prendre rendez-vous et vous rendre directement en clinique afin que l’orthophoniste puisse « évaluer » très sommairement votre enfant et vous donner son avis.

Le dépistage vous permet donc d’avoir l’heure juste et de vous guider quant aux mesures à mettre en place si besoin est.

Ça devrait faire partie de l'offre de services...

Je vois souvent des cliniques mettre de l’avant ces fameux dépistages sur leurs réseaux sociaux en les présentant comme un extra et une offre super intéressante. Pourtant, cela ne devrait être ni un extra ni une offre à ne pas manquer…

Quand vous appelez une orthophoniste*, vous devriez pouvoir discuter avec elle et poser vos questions. D’ailleurs, lors du premier contact téléphonique, les questions que vous pose l’orthophoniste sur votre enfant et votre situation ainsi que les explications qu’elle vous fournit constituent une forme de dépistage… et c’est gratuit! D’autant plus qu’il est rare que ce premier appel dure moins de 10 minutes. Vous venez donc de passer ce fameux dépistage sans même avoir eu besoin de vous déplacer!

Généralement, au terme d’une discussion téléphonique, à moins d’un cas EXTRÊMEMENT complexe, l’orthophoniste devrait être en mesure de vous orienter vers les ressources nécessaires selon les besoins ou de vous recommander une évaluation et un suivi en orthophonie.

Alors voilà! Vous venez de passer un dépistage par téléphone, totalement gratuit, qui vous a même évité un déplacement pour 15 minutes de rencontre et qui vous a mis en confiance avec une professionnelle qualifiée.

À vous mes collègues orthophonistes :

Une bonne stratégie marketing... vraiment?

D’un point de vue marketing, offrir un dépistage gratuit est une façon d’attirer de la clientèle à sa clinique et peut-être de « closer » une vente dans le cas où un enfant aurait besoin de services en orthophonie.

L’affaire, c’est que le dépistage n'oblige pas nécessairement les parents à faire affaire avec vous. Ainsi, ils pourraient trouver une clinique qui est plus proche de leur maison et amorcer un suivi là-bas plutôt qu’avec vous, l’orthophoniste qui a mené le dépistage.

Outre cela, d’un point de vue extérieur, comment pensez-vous être perçue par vos compétiteurs lorsque vous offrez des dépistages gratuits? Pour plusieurs, pas pour la majorité on s’entend, le fait de voir que vous offrez des dépistages gratuits (à moins que votre offre soit vraiment révolutionnaire et que votre but soit autre que de peut-être avoir plus de clients), ça donne l’impression que vous n’arrivez pas à avoir assez de clients par vous-mêmes donc vous vous tournez vers la gratuité.

Les grands entrepreneurs et marketing masters de ce monde vous diront d’ailleurs que la baisse des prix et la gratuité ne sont JAMAIS la solution (mais ça c’est un autre sujet). Offrir la gratuité ainsi dévalue vos services et votre compétence dans un certain sens.

Pensez à votre profession

En tant qu’orthophoniste au privé, une des choses qui me tient le plus à cœur est l’innovation. C’est important pour moi de voir comment je peux sortir des sentiers battus et offrir un service professionnel et éthique qui répond à des besoins changeants. Le tout en demeurant accessible certes, mais pas à n'importe quel prix...

Bien que je ne sois pas contre la gratuité à certains égards, je peux vous confirmer que les dépistages gratuits ne font pas partis de ces options que je considère, et ce, pour diverses raisons :

  • Ça arrive souvent qu’en tant qu’orthophoniste, on rassure des parents inquiets pour le développement de leur enfant qui suit très bien la courbe normale. C’est d’autant plus agréable pour le parent de savoir qu’on a pu répondre rapidement à ses questions sans qu’il ait eu à se déplacer pour se faire dire qu’il n’a pas besoin de nos services…

 

  • On est dans une ère où l’être est très fort et où notre personnalité compte pour beaucoup. Personnellement, je préfère offrir un premier contact un peu plus long au téléphone où j’ai pris le temps de bien répondre au parent que de tout de suite lui proposer un rendez-vous (peut-être même pas nécessaire) pour dépistage. D’ailleurs, je vous paris que le parent appréciera d’autant plus cette approche et sera plus enclin à vous recommander chaudement à quelqu’un qui aurait réellement besoin de vos services ou à vous rappeler plus tard s’il s’avère qu’il en aura besoin. Et si vous me dites que vous offrez ce contact plus long au téléphone, en plus du dépistage gratuit, alors je vous répondrai que vous perdez au change.

 

  • L’autre problème que l’on constate parfois avec ces fameux dépistages c’est qu’en 15 minutes, il peut être très difficile d’avoir l’heure juste quant aux réelles habiletés langagières de l’enfant si celui-ci ne collabore pas. Cela peut parfois biaiser notre impression clinique donc donner l'impression qu'on est moins professionnelle qu'on ne l'est réellement… Pour ma part, je préfère de loin, si j'en ai besoin, demander au parent de filmer son enfant durant une période de routine (repas, bain, etc.) et de m’envoyer cette petite vidéo qui sera plus représentative du quotidien. D’autant plus qu’avec l’omniprésence de la technologie de nos jours, les enfants ne sont plus du tout impressionnés par les photos et les vidéos que l’on prend avec nos téléphones intelligents.

Voilà pourquoi vous ne me verrez pas annoncer des dépistages gratuits sur aucune de mes pages professionnels. Si je n’ai qu’un seul conseil à vous donner chères collègues orthophonistes du privé, c’est le suivant :

Plutôt que faire comme tout le monde et d’offrir des dépistages gratuits tout simplement, offrez quelque chose de plus dans cette gratuité. Ou encore, misez sur une autre gratuité plus cohérente avec vos services qui vous permettra d’agir avec professionnalisme tout en augmentant votre clientèle. Je vous promets que les possibilités ne manquent pas. Il ne vous suffit que de les réfléchir et de les mettre en place…

Avec tout mon respect.

Votre orthophoniste nouveau genre

 

P.S. Pour une version vidéo de ce même billet, vous pouvez cliquer tout simplement sur l'image ci-dessous.

 

*Pour alléger le texte, j'utilise ici le féminin du fait de l'omniprésence des femmes dans ma profession, mais je n'ai pas moins de respect pour mes collègues masculins.