Mes meilleurs trucs pour une bonne gestion de vos courriels

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Je ne sais pas si je m’avance trop en disant cela, mais j’ai parfois l’impression que les courriels sont rendus le principal moyen de communication lorsqu’il est question d’échanger avec quelqu’un notamment sur le plan professionnel.

Pour ma part, je préfère de loin les courriels aux appels téléphoniques, car je peux y répondre quand j’ai le temps et cela me permet de garder une trace écrite si jamais j’ai besoin de retrouver des informations importantes. 

Toutefois, la gestion des courriels peut rapidement prendre une ampleur démesurée dans la gestion de la pratique clinique et couper du temps précieux pour d’autres tâches. Certaines de mes collègues m’ont déjà rapporté procastiner par rapport au classement de leurs courriels et aux réponses à envoyer parce qu’elles étaient tout simplement paralysées devant la charge que cela représentait.

C’est vrai que, si on laisse notre boite de courriels dégénérer, cela peu devenir un vrai casse-tête et affecter l’efficacité de nos services auprès de nos clients.

J’ai donc décidé de vous lister ici mes trucs pour une boite de courriels bien ordonnée et aussi pour vous assurer de faire vos suivis clients rapidement sans que cela ne vous prenne tout votre temps.

Faire des suivis réguliers

En tant que professionnel, il est important d’être disponible pour nos clients. Avec la vitesse des technologies et des communications, les gens s’attendent généralement à recevoir une réponse dans la journée lorsqu’ils communiquent avec vous.

Pour ma part, je vais voir mes courriels à tous les jours à raison de 3 ou 4 fois par jour. Cependant, je ne réponds qu’une ou deux fois par jour selon mon horaire.

Lorsque je vais voir mes courriels, c’est généralement pour les classer afin de garder ma boite de réception épurée et d’avoir une bonne vue d’ensemble de ce que j’aurai à faire (répondre, lire, faire un suivi, classer dans un dossier, etc.).

Ainsi, il se peut qu’un courriel envoyé à 17h une journée ne soit répondu qu’en fin de journée le lendemain. C’est pourquoi, dans ma signature courriel, j’ai ajouté une notice sous ma signature où je dis que je retourne mes courriels dans un délai de 24 heures, et ce, du lundi au vendredi.

Cela me permet donc de déculpabiliser si je n’ai pas répondu rapidement à un courriel. De plus, lorsque les gens reçoivent mes réponses ou mes courriels, ils savent à quoi s’attendre et ne sont pas portés à me relancer lorsqu’ils n’ont pas eu de réponse dans l’heure qui suit.

Cela me permet également de prendre le temps de bien préparer mes réponses pour ne pas avoir à répondre à la va vite et faire des erreurs, ce qui affecterait ma crédibilité en tant que professionnelle.

Classer ses courriels

Lorsque je fais un tour dans ma boite de réception, je suis 2 règles très importantes :

  1. Si je peux trouver la réponse et y répondre en moins de 2 minutes, je le fais à l’instant. C’est le cas principalement lorsque je confirme réception d’un document par exemple ou encore que je confirme un rendez-vous.

  2. Si je ne peux pas y répondre en moins de 2 minutes, alors je le classe pour y revenir à un moment où j’aurai le temps de traiter le courriel. C’est le cas de la majorité de mes courriels, notamment quand les parents me demandent une question qui demande réflexion ou me demandent d’envoyer des documents que je dois aller récupérer ou encore remplir.

Lorsque j’applique cette règle, je classe mes courriels selon quatre grandes catégories :  

  • À lire : J’y mets tous les courriels où je n’ai pas forcément à répondre, mais que je veux lire. C’est principalement la catégorie où je mets les infolettres auxquelles je suis abonnée et que j’aime lire. D’ailleurs, les infolettres représentent pour moi un excellent moyen de rester informée par rapport à ma profession, et ce, rapidement et facilement. J’en ai déjà parlé dans un autre article si ça vous intéresse. Cette catégorie peut également servir pour classer un article qu’une collègue m’a envoyé et que je veux lire éventuellement.

  • À classer : J’y mets les courriels contenant des pièces jointes ou des informations que je devrai colliger aux dossiers de mes clients. Généralement, cela me prend plus de 2 minutes, car je dois prendre connaissance des informations envoyées pour les traiter et ensuite les mettre au dossier. J’y reviens donc plus tard lorsque je suis dans ma tenue de dossiers.

  • À suivre : Dans cette catégorie, je classe principalement les courriels qui sont en attente. Ça peut être par exemple des informations de confirmation par rapport à une commande de matériel que j’ai passée ou encore par rapport à une formation à laquelle je me suis inscrite. Lorsque le matériel est reçu ou que ma formation est passée, je supprime ces courriels ou les classes dans mes factures.

  • À répondre : Dans cette section, j’y mets tous les courriels auxquels je dois répondre, mais qui me demandent un temps d’élaboration et de rédaction. Ce sont souvent les longs courriels où je dois expliquer une notion à un parent relativement à une question qu’il a eue par rapport à son enfant. J’y mets aussi les courriels de collaborations avec d’autres entreprises où il y a souvent plusieurs détails à discuter et qui demandent réflexion avant de répondre.

Gérer ses courriels

Généralement, je réponds à mes courriels environ 2 fois par jour, soit le matin et le soir ou le midi et le soir selon mon horaire de la journée. Ces plages horaires sont déjà inscrites à mon agenda, ce qui fait en sorte que je m’y conforme religieusement.

Comme je classe régulièrement mes courriels, lorsque vient le temps de faire des suivis et de répondre à des courriels, je n’ai qu’à aller dans ma catégorie « À classer » pour mettre à jour les dossiers concernés et dans ma catégorie « À répondre » pour faire le suivi par rapport à une question.  

Depuis que je travaille de cette façon, le temps que je passe à gérer et à répondre à mes courriels a diminué drastiquement à mon plus grand bonheur. Également, le fait de toujours avoir une boîte de courriels vide (ou presque) fait en sorte que c’est plus facile pour moi de classer mes courriels régulièrement et de conserver cette bonne habitude. Ça fait vraiment un bien fou de voir une boite de réception vide, je vous le jure.

 

Petite mise en garde toutefois! Il ne suffit pas de classer vos courriels dans des catégories. Il est également important de prévoir des blocs de temps à votre horaire pour faire le tri dans ces courriels que vous avez préalablement classés. Autrement, vous n’aurez que transposé votre problème de votre boite de réception à d’autres boites…

Comment je me tiens à jour dans mon domaine grâce à Internet

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En tant qu’orthophoniste (et c’est sûrement le cas de plusieurs autres professionnels), une de mes obligations professionnelles est de me garder informée des nouveautés dans mon domaine pour adapter ma pratique. Si vous êtes vous aussi orthophoniste, vous aurez deviné que je fais allusion ici à la pratique basée sur les évidences scientifiques.

En gros, ça consiste à suivre des formations, à lire des livres spécialisés et à se mettre à jour par rapport aux dernières recherches faites dans le domaine pour appliquer ces connaissances théoriques dans notre pratique.

Pour ma part, c’est quelque chose que j’ADORE faire. Toutefois, trop souvent, je vois ma pile d’articles et de livres à lire s’accumuler et je me dis que je manque « donc ben » de temps pour arriver à faire tout ça. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus chez mes collègues orthophonistes lorsqu’il est question de se garder à jour. Plusieurs disent ne pas en faire assez par manque de temps.

En 2018, mon but était de faire plus de place à cette sphère de ma profession et je dois dire que j’y suis arrivée mieux que je ne l’aurais cru. J’ai donc décidé de vous partager les moyens que j’ai employés pour y arriver sans que cela ne gruge trop de mon temps.

1)   Utiliser les réseaux sociaux

Je crois que les réseaux sociaux suscitent autant de positif que de négatif. On peut y trouver de précieuses informations comme y retrouver du contenu totalement inventé. Il est donc important de valider la pertinence des informations qu’on y retrouve.

Pour ma part, j’aime beaucoup utiliser Facebook afin de me garder à jour rapidement et facilement. Comme je consulte déjà régulièrement cette application, il était assez simple pour moi d’intégrer la « veille scientifique » à ma routine.

Pour le faire, je vous suggère de cibler des pages Facebook appartenant à des organismes reconnus et officiels : l’OOAQ , l’OAC , l’ASHA, l’AQOA (pour ne nommer que ceux-là). Ils partagent régulièrement des ressources fort intéressantes, des formations à venir ou encore des articles scientifiques reliés directement à l’orthophonie.

Afin de vous assurer de ne rien manquer, je vous suggère, lorsque vous allez « aimer » des pages qui vous intéressent, de cocher que vous voulez voir les publications de cette page apparaître en premier. C’est ce que j’ai fait pour les publications de l’ASHA que je trouve fort pertinentes.

Évidemment, il existe plusieurs autres pages où on partage des résumés d’articles scientifiques. Je pense notamment à The Informed SLP, Tout cuit dans le bec, Smart Speech Therapy LLC, etc.

LinkedIn est aussi un autre excellent moyen de vous garder à jour, mais différemment. En fait, grâce à LinkedIn, vous avez accès directement à des informations partagées par vos collègues (que ce soit des partages d’articles ou encore des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés). Toutefois, je vous suggère d’être vigilant dans vos lectures. Si vous lisez quelque chose qui vous fait douter ou pour lequel vous vous questionnez, n’hésitez pas à vous référer aux sites de référence ou à vos collègues pour valider la véracité des informations. Néanmoins, LinkedIn étant un réseau de professionnels, il m’est rarement arrivé de lire des textes qui faisaient peu de sens. J’y ai beaucoup plus souvent trouvé des informations fort intéressantes et pertinentes.

Bref, le fait de suivre les réseaux sociaux constitue un excellent moyen de vous garder rapidement informé tout en ciblant spécifiquement les sujets qui vous intéressent. Il vous suffit simplement de faire un petit détour (détour qui devient non nécessaire si vous modifiez vos réglages) lors de votre veille régulière sur vos réseaux sociaux.

2)   Recevoir l’information via infolettre

L’infolettre (quand elle ne sert pas d’objet promotionnel à outrance) est un outil SUPER intéressant qui vous permet de recevoir, de façon passive, une foule d’informations en lien avec les champs de pratique qui vous intéressent. Pour ma part, je suis abonnée à plusieurs infolettres. Certaines concernent les évidences scientifiques (comme The Informed SLP qui m’informe des mises à jour scientifiques à chaque mois) alors que d’autres concernent des ressources (comme Teachers pay Teachers qui me partage des activités à découvrir. D’autres encore concerne davantage la pratique orthophonique (comme SLP Now).

Il y en a vraiment pour tous les goûts. Cette année, je me suis abonnée à plusieurs nouvelles infolettres! Il faut cependant rester prudent avec cette pratique, car on peut rapidement devenir submergé d’infolettres et perdre les messages importants dans notre boite courriels.

Certaines personnes créent donc une adresse dédiée spécifiquement aux infolettres afin que tout s’y retrouve. Personnellement, je n’aimais pas l’idée, et ce, pour deux raisons. Premièrement, les infolettres pertinentes et intéressantes se retrouvent plus souvent qu’autrement parmi les infolettres jugées comme des spam et on n’y prête pas attention. Deuxièmement, cela demande une étape supplémentaire dans nos journées déjà bien chargées et il faut aller consulter régulièrement cette adresse.

Pour ma part, j’ai créé un dossier « À lire » dans ma boite courriel. Ainsi, à chaque fois qu’une infolettre pertinente aboutit dans ma boite de réception, je la déplace automatiquement dans ce dossier. Je le consulte environ 1 fois/semaine selon mon horaire de la semaine.

Ce que j’aime particulièrement des infolettres, c’est qu’elles vous permettent notamment de découvrir une foule de ressources en ligne sans avoir vous-même à faire les recherches. Vous n’avez qu’à cliquer sur les liens présentés et déjà vous pouvez juger de la pertinence de la ressource.

3)   Écouter des podcasts

Déjà forts populaires aux États-Unis, les podcasts (ou balados) ont de plus en plus la cote au Québec. Même si je connaissais un peu les podcasts, je dois avouer que je les ai apprivoisés et exploités davantage seulement en 2018.

Il suffit de taper « speech therapy » ou « education » (tout dépend ce que vous aimeriez écouter) dans la barre de recherche de votre application « Balado » sur votre téléphone intelligent et vous y trouverez une foule de suggestions. Certains présentent des centaines d’épisodes.

Personnellement, j’aime m’abonner aux podcasts qui concernent l’éducation et le développement en général, car ils me permettent de découvrir une foule de nouvelles ressources et même des podcasts plus spécialisés. C’est d’ailleurs grâce aux podcasts que j’ai trouvé plusieurs livres intéressants à me procurer. 

La plupart des podcasts en lien avec l’orthophonie ou l’éducation sont enregistrés sous la forme d’entrevues avec des spécialistes dans un domaine, ce qui fait en sorte que vous pouvez choisir directement les titres qui vous interpellent le plus. Il ne s’agit pas forcément d’une suite.  

Ce qui est particulièrement utile du podcast VS les deux options précédentes, c’est que vous pouvez l’écouter pratiquement n’importe où : dans votre voiture, en faisant le ménage, en cuisinant, etc. Vous n’avez donc plus d’excuses pour vous garder à jour.

Seul petit hic, les podcasts les plus intéressants à ce jour étant principalement en anglais, cela requiert un certain niveau de connaissance de cette langue pour en tirer un maximum d’informations. Si vous souhaitez connaître mes coups de cœur, j’ai fait une vidéo à ce sujet sur ma chaîne.

Évidemment, les moyens que je vous ai présentés ci-dessus demandent tous du temps pour traiter l’information et il faut pouvoir les intégrer à son horaire. Malgré tout, le simple fait de ne pas avoir à chercher par vous-même l’information et d’avoir une banque de ressources à portée de main est un avantage en soi.

Pour ma part, je prévois toujours une heure dans ma semaine pour mettre à jour mon dossier « À Lire ». Je n’ai donc qu’à m’asseoir confortablement devant mon ordinateur avec un bon thé et à défiler les infolettres pour faire une foule de belles découvertes. Quand je suis en voiture, je mets minimum 25 minutes pour me rendre au travail alors environ une fois par semaine, j’en profite pour écouter un podcast de mon choix. Finalement, quand je vais sur FB et que je vois, dans mon fil d’actualité, des articles intéressants que les pages que je suis ont partagées, je les enregistre dans mon application Pocket et j’en lis un de mon choix 3 soirs par semaine (soit environ 10-15 minutes) avant de me coucher.

Quand on comptabilise tout ça, environ 3 hrs/semaine, je remplis mon devoir de me garder à jour. À la fin de l’année, ça fait une belle banque d’heures de nouvelles connaissances et tout cela s’est fait presque sans effort.

Mon opinion d'orthophoniste sur les mots étiquettes

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Ah les fameux mots étiquettes! Quel parent n’a pas été découragé devant cette « nouvelle » façon d’apprendre les mots d’orthographe… Plusieurs enseignants se sont d’ailleurs questionnés sur cette façon d’enseigner les mots de vocabulaire depuis la mise en place de la réforme.

Et même si la réforme date déjà d’il y a quelques années, les débats sur les changements pédagogiques sont encore d’actualité. Les mots étiquettes n’en font pas exception…

Travaillant auprès de la clientèle d’âge scolaire présentant des difficultés notamment sur le plan du langage écrit, j’ai moi-même eu à me questionner quant à l’apprentissage de l’orthographe par mots étiquettes. Le fait de connaitre les principes sous-jacents à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture m’aide à mieux comprendre le raisonnement derrière la mise en place des mots étiquettes.

Toutefois, je dois dire que certains aspects me titillent un peu en tant qu’orthophoniste. Je vous partage donc mon opinion sur les mots étiquettes et surtout quelques trucs pour optimiser l’apprentissage des mots de vocabulaire sans avoir à refaire le programme pédagogique du Ministère de l’Éducation.

Pourquoi est-ce qu’on utilise les mots étiquettes?

Selon les explications que j’ai trouvées en faisant mes recherches, les mots étiquettes à apprendre sont choisis de façon à ce que les enfants se familiarisent, au courant de la première année, à l’orthographe d’environ 80% des mots lus dans la littérature jeunesse.

Autrement dit, les mots étiquettes représentent des mots auxquels les jeunes sont fréquemment exposés. Ainsi, en lui permettant de les apprendre, c’est lui donner la chance de lire plus facilement. En effet, quand le temps de lire arrivera, le jeune pourra reconnaitre (plus) facilement ces mots, ce qui augmentera sa vitesse et son aisance en lecture, donc son intérêt pour la lecture.

Toutefois, comme il est important de ne pas deviner les mots et de pouvoir les décoder, les enfants apprennent également à lire par décodage syllabique (lire une syllabe à la fois). Les mots étiquettes sont donc pensés pour pouvoir être décodés et lus par syllabe.

Quand on s’attarde sur les processus d’apprentissage de la lecture chez les jeunes, ces explications font un certain sens. En effet, lorsqu’un enfant apprend à lire, il procède d’abord par décodage. Il lit les mots son par son, syllabe par syllabe et en construisant le mot, il finit par en reconnaitre la forme globale. Chaque essai de décodage réussi d’un nouveau mot permet d’acquérir des connaissances orthographiques spécifiques à ce mot pour en faciliter la reconnaissance par la suite. L’apprentissage de la lecture repose donc sur les sons (la forme orale du mot) pour progressivement laisser place à l’élaboration d’un lexique orthographique (une sorte de dictionnaire de l’orthographe correct des mots). Il s’agit de la théorie d’auto-apprentissage.

Le problème des mots étiquettes

Maintenant que je vous ai résumé comment fonctionne l’apprentissage de la lecture et comment on retient l’orthographe correct d’un mot (en considérant les nombreuses irrégularités de la langue française), vous réaliserez que le problème des mots étiquettes ne réside pas dans le concept en soi, mais dans la façon dont on les utilise.

En effet, trop souvent, les jeunes doivent simplement apprendre par cœur l’orthographe du mot. Il n’y a donc pas d’intégration faite en lien avec la théorie d’auto-apprentissage qui est (actuellement) le principe à la base de l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe. Ainsi, c’est comme si chaque nouveau mot devait être appris par cœur plutôt que de réutiliser des concepts d’apprentissage qui permettent un apprentissage et une rétention plus efficace pour les jeunes.

L’autre aspect que j’aime moins par rapport aux mots étiquettes concerne encore une fois la façon dont ils sont présentés. La langue française présentant plusieurs particularités, plusieurs spécialistes de l’éducation ont mentionné qu’il serait plus pertinent de présenter les mots étiquettes suivant des règles orthographiques plutôt que des thèmes. Bon c’est vrai que d’un point de vue sémantique, cela fait du sens de regrouper les mots par catégories et c’est pertinent pour enrichir le vocabulaire.

Il est vrai que c’est amusant d’apprendre des mots comme cœur et amour lorsqu’arrive la Saint-Valentin, mais ces mots (comme bien d’autres) ne présentent pas le même niveau de difficulté en termes d’orthographe.

En présentant les mots par régularités orthographiques, on s’assure de respecter une certaine séquence dans l’apprentissage de l’orthographe et également de regrouper les mots par règles, ce qui peut favoriser la rétention des particularités orthographiques.

Comment utiliser les mots étiquettes ?

Comme on ne peut refaire le programme éducatif au complet pour de simples mots étiquettes, j’ai pensé vous proposer ici quelques façons de modifier l’apprentissage des mots étiquettes. Avec ces trucs, vous respecterez davantage la théorie de l’auto-apprentissage, mais également les règles orthographiques pour favoriser une meilleure intégration de l’orthographe.

1)   Découper les nouveaux mots en syllabes et en sons

Lorsque vous pratiquez les mots à apprendre avec votre enfant, avant de lui demander de vous l’épeler par cœur, prenez un moment pour analyser sa forme phonologique. Autrement dit, demandez à votre enfant de vous découper le mot dicté en syllabes, puis en sons.

À ce moment, l’enfant n’a pas besoin d’avoir accès à la forme écrite du mot pour le faire. Justement, c’est souhaitable qu’il ne puisse pas lire le mot pour qu’il fasse d’abord le lien avec la forme phonologique (sonore).

Ensuite, vous pouvez demander à l’enfant de faire les correspondances entre les sons et les lettres, soit de procéder syllabe par syllabe pour vous dire la forme écrite du mot. Ainsi, si l’enfant commet des erreurs, ce sera plus facile et efficace de les réparer. D’ailleurs, vous pourrez corriger plus aisément si jamais votre enfant fait des erreurs en omettant une syllabe ou un son par exemple.

2)   Expliquer les particularités orthographiques et faire des liens avec des règles enseignées

Lorsque votre enfant apprend un mot présentant des particularités orthographiques (p.ex. un M devant un P ou B), il peut être intéressant de lui rappeler lorsqu’il sépare son mot en sons ou en syllabes.

Vous ne lui donnez pas directement la réponse, mais lui rappelez cette règle et limitez le risque d’erreur. Le fait que votre enfant soit exposé plusieurs fois à la forme correcte du mot (sans erreur) favorise une meilleure rétention.

Éventuellement, vous pourrez lui demander, une fois qu’il a syllabé puis séparé le mot en sons, s’il peut vous mentionner la règle orthographique qui s’applique pour ce mot. Demandez-lui cela AVANT que votre enfant n’épelle ou n’écrive le mot.

3)   Créer un dictionnaire des exceptions

Parce que le français est une magnifique langue dans toute sa complexité, il existe des mots pour lesquels on ne peut vraiment appliquer de règles ou pour lesquels les règles sont peu fréquentes. C’est notamment le cas pour les petits mots fonction qui sont présentés au début de l’apprentissage de la lecture (p.ex. mais, à, et), mais qui doivent être appris par cœur d’une certaine façon. Dans ces moments, je suggère de remplir le dictionnaire des exceptions.

Le principe est fort simple : il suffit de choisir un duo-tang dans lequel on insère des séparateurs avec les lettres de l’alphabet. Quand le jeune doit apprendre un mot dit « irrégulier » (p.ex. toujours, hier) et/ou qu’il a de la difficulté à retenir, on lui demande (après avoir fait les étapes 1 et 2) de l’inscrire dans son dictionnaire des exceptions.

Il peut l’écrire à l’onglet correspondant à la première lettre du mot. Petit conseil : lorsque votre enfant écrit son mot, demandez-lui, une fois le mot écrit correctement, de vous mentionner quelle est la particularité et de la mettre en évidence par exemple en la surlignant ou en l’encerclant en couleur.

Pour savoir comment faire votre dictionnaire des exceptions maison, je vous l’explique juste ici dans cette vidéo.

Et vous les mots étiquettes? Vous aimez ou pas? J’espère que cet article vous aura permis de vous réconcilier un peu avec ceux-ci et surtout de mieux comprendre leur utilité.

Petit éloge du dictionnaire Eurêka

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Une question qu’on me pose souvent outre les demandes pour des suggestions de jeux est la demande en lien avec le dictionnaire.

Lorsque les jeunes commencent l’école, les parents aiment les outiller correctement, ce qui est tout à fait compréhensible. On me demande souvent quel dictionnaire acheter à un jeune présentant des difficultés et qui débute le primaire.

À cette question, je donne toujours la même réponse : Le dictionnaire Eurêka!

Laissez-moi vous expliquer pourquoi je ne jure que par ce dictionnaire.

Spécifique à l’orthographe

Contrairement à la plupart (voire tous) des dictionnaires qu’on trouve sur le marché, le dictionnaire Eurêka n’a pas pour objectif de fournir une définition ou une explication par rapport à un terme. D’ailleurs, on n’y trouve aucune définition.

Ce dictionnaire permet principalement et seulement de trouver l’orthographe correcte des mots, et ce, à partir des sons entendus dans le mot recherché. Les auteurs ont d’ailleurs ajouté des sections présentant des règles utiles pour simplifier l’apprentissage de l’orthographe.

Le fait que le dictionnaire Eurêka ne cible que l’orthographe des mots favorise l’apprentissage de l’écrit notamment chez les jeunes présentant des difficultés. En effet, ceux-ci ont accès directement à l’information recherchée, ce qui permet d’éviter la surcharge cognitive associée à une quantité trop élevée d’informations à traiter et à manipuler.

Parfait pour travailler les habiletés métalinguistiques tout en développant son lexique orthographique

J’ai mentionné ci-dessus qu’on trouve le mot recherché à partir des sons qui le composent. Oui oui! Il s’agit du seul dictionnaire (à ma connaissance), dont la structure de recherche repose sur le principe de la conscience phonologique.  

L’orthophoniste en moi dansait littéralement de joie lorsque j’ai découvert le merveilleux principe de ce dictionnaire. La plupart des jeunes présentant des difficultés en lecture et en écriture (sur le plan de l’orthographe) ont des fragilités sur le plan des habiletés métalinguistiques.

En effet, pour trouver l’orthographe d’un mot, il faut d’abord le décortiquer en sons. Cela représente donc une merveilleuse occasion de travailler la syllabation, puis la segmentation d’un mot en sons. Cela permet également de bien accompagner l’enfant s’il fait une erreur dans son processus de segmentation et omet des sons par exemple.

Facile d’utilisation pour les enfants

Un autre des aspects que j’adore avec ce dictionnaire, c’est qu’il est si simple d’utilisation, que les jeunes deviennent rapidement autonomes dans leurs recherches. Cela en fait donc un outil parfait à consulter par le jeune, et ce, même s’il n’est pas accompagné d’un adulte pour le guider.

Évidemment, comme pour n’importe quel outil, cela demande tout de même un temps d’adaptation et de pratique encadré par l’adulte. Toutefois, de manière générale, je dirais que les jeunes intègrent rapidement le principe et ce n’est pas long qu’ils n’ont plus besoin de notre support.

D’ailleurs, puisque le dictionnaire Eurêka ne contienne que l’orthographe sans définitions, il n’est guère plus épais qu’un petit manuel scolaire, ce qui fait en sorte qu’il est facile de le trainer partout.

Et pour les définitions, il y a toujours Google…

Si vous cherchez tout de même un dictionnaire qui propose des définitions pour votre enfant, je vous partage le truc que j’utilise le plus en thérapie : Google. 

Je ne dis pas cela parce que je suis contre les dictionnaires classiques. Cependant, souvent pour les jeunes avec des difficultés langagières, le principe de recherche dans un dictionnaire (principe d’ordre alphabétique) ainsi que la façon dont les définitions sont écrites sont trop complexes. Ça c’est sans compter les mots polysémiques, i.e. qui présentent diverses significations selon le contexte.  

Lorsque nous avons besoin de trouver ce que signifie un mot, j’invite toujours mes jeunes à faire une recherche sur Google, et ce, pour plusieurs raisons : 

  1. Les jeunes aiment la technologie et cela fait souvent changement quand je leur permets de travailler sur l’ordinateur. C’est d’ailleurs plus motivant pour eux.

  2. La charge cognitive associée à la recherche sur l’ordinateur est moins élevée : on écrit le mot et on fouille selon ce qu’on recherche.

  3. On a accès à l’information sous différentes formes : des définitions, des images, des vidéos… Cela fait donc en sorte que si la définition écrite est trop difficile à comprendre, on peut aller soutenir cela avec une vidéo par exemple.

  4. Le jeune apprend, par le fait même, des nouvelles stratégies pour mener sa recherche correctement. Il pourra ensuite les généraliser dans d’autres contextes (p.ex. lorsqu’il fera une recherche d’informations pour un travail scolaire).

 

 

Pour conclure ce petit éloge et mettre la cerise sur le sundae, vous pouvez trouver le dictionnaire Eurêka dans pratiquement toutes les librairies et il est très abordable (autour de 25-30$ tout dépendant de l’exemplaire que vous achetez). Personnellement, je vous conseille d’opter pour le Grand dictionnaire Eurêka qui contient plus de mots et qui coûte à peine plus cher que le dictionnaire Eurêka.

5 trucs pour orthophoniste en manque d'inspiration

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Qui ici ne s’est jamais retrouvé à 10 minutes de sa prochaine thérapie avec absolument AUCUNE idée de ce qu’il allait faire, et ce, même si la matériathèque est bondée…

Je crois que c’est un sentiment que toute bonne orthophoniste et même tout professionnel travaillant avec les enfants a vécu au moins une fois dans sa pratique.

La créativité a beau être une force de la plupart des orthophonistes que je côtoie, celle-ci n’est malheureusement pas inépuisable et arrive toujours un moment où la boîte à idées est tout simplement vide.

J’ai donc décidé de vous partager mes cinq trucs pour orthophoniste en manque d’inspiration. Ce sont des ressources que j’utilise personnellement régulièrement quand je cherche des nouvelles idées… Parce qu’on n’a jamais assez de nouvelles idées.

Pinterest : une mine d’or d’idées DIY

Quand j’ai un peu de temps pour développer du matériel ou que je suis à la recherche de nouvelles idées à élaborer, j’aime aller faire un tour sur Pinterest. Ce réseau social regorge d’idées et d’inspiration!

Plusieurs orthophonistes y partagent leurs créations et comment elles travaillent divers objectifs en thérapie. On peut même trouver des documents pdf gratuits à imprimer pour nos propres thérapies. Toutefois, la plupart du temps, ces outils sont anglais. Bien que la majorité du matériel et des explications soit en anglais, il est possible d’adapter ou même de reproduire la plupart des idées que vous y trouverez.

En raison du temps d’adaptation et de création que demandent les idées qu’on y retrouve, cela n’est peut-être pas la plateforme idéale si on manque cruellement d’idées à 10 minutes ou moins de notre prochaine thérapie… mais ça peut faire une bonne base pour vous inspirer à partir du matériel que vous avez déjà.

Mon truc : écrivez directement (en anglais pour plus de résultats) l’objet de votre recherche pour des résultats plus précis (p.ex. speech therapy phonologic awareness).

Profiter de la créativité des orthophonistes anglophones sur Instagram

Ce n’est que depuis que je suis orthophoniste que j’ai compris à quel point les fameux #hashtags peuvent être utiles. Si vous êtes sur Instagram, je vous suggère fortement de faire des recherches de # en lien avec l’orthophonie pour y trouver des comptes super intéressants en lien avec l’orthophonie.

Comme avec Pinterest, la plupart des comptes sont en anglais, mais vous pouvez adapter sans trop de difficulté ce qui est présenté. Ce que j’aime particulièrement avec Instagram, c’est que non seulement on peut avoir des idées d’activités à faire tout dépendant des comptes que vous suivez, mais également on peut y trouver des suggestions de jeux et de livres super intéressants.

Pour ma part, j’utilise Instagram de deux façons :

  1. J’aime voir ce que mes collègues orthophonistes ont partagé lorsque je fais le survol de mon fil d’actualité et de mes stories, et ce, même si je n’ai pas de but précis en tête. Ça peut me donner des idées nouvelles que je pourrai essayer avec un jeune.

  2. Faire une recherche spécifique en utilisant les #. Parfois, je cherche des idées précises alors je vais dans l’onglet recherche pour diriger davantage mes recherches. Si je cherche par exemple de l’inspiration pour des activités d’écriture, je pourrais écrire #writingactivity #lecture #écriture #middleschool

Vous aurez deviné que j’utilise beaucoup de # en anglais. En fait, je trouve que cela élargit davantage mes recherches donc est meilleur pour nourrir mon inspiration.

Voici les principaux # que j’utilise pour mes recherches : speechtherapy, orthophonie, logopédie, teaching, teacher, enseigner, enseignement, éducation, apprentissage, langage, language

Poser des questions précises sur les groupes Facebook d’orthophonistes

De plus en plus de groupes d’orthophonistes sont disponibles sur Facebook. Cela peut être le groupe de la cohorte d’orthophonistes avec qui vous avez étudié ou encore des groupes plus spécifiques.

Pour ma part, je fais partie de divers groupes qui rejoignent davantage ma pratique : un groupe d’orthophonistes en pratique privée, une communauté de pratique pour les orthophonistes au secondaire, le groupe de ma cohorte d’orthophonistes, etc.

Il en existe plusieurs diversifiés selon vos besoins. Encore une fois, plusieurs sont en anglais, mais peuvent tout de même être intéressants.

Ces groupes sont particulièrement utiles lorsque vous manquez d’idées ou d’alternatives pour une situation particulière. Parce qu’entendons-nous, même si on adore nos clients, quand ça fait 40 rencontres qu’on a avec eux, on a souvent l’impression d’avoir fait le tour de notre matériathèque.

Les groupes Facebook sont géniaux, car ils permettent d’aller chercher l’expertise d’autres orthophonistes qui ont peut-être déjà été dans votre situation et d’avoir un œil extérieur, ce qui est toujours enrichissant.

Mon truc : ne vous abonnez pas à TOUS les groupes d’orthophonistes que vous trouvez sur Facebook. Vous risquez d’être submergée par toutes les notifications et ne plus les remarquer. Sélectionnez les groupes qui rejoignent le plus vos champs de pratique et où vous seriez le plus à l’aise de publier quelque chose si vous aviez besoin d’avis extérieur. Une fois ces groupes choisis, je vous suggère d’activer les notifications pour ceux-ci. Cela vous permettra de bénéficier des questionnements et réflexions des autres à l’occasion.

Prévoir des rencontres d’échange avec les orthophonistes de votre entourage

Ce qu’on appelle, dans notre jargon, des communautés de pratique est relativement courant pour les orthophonistes qui travaillent dans le secteur public. Ce n’est pas la même réalité quand on travaille au privé. Plusieurs orthophonistes travaillent seules dans leur clinique, ce qui fait en sorte qu’elles n’ont pas l’occasion d’échanger avec des collègues aussi souvent qu’elles le voudraient.

J’ai la chance de travailler avec une équipe de quatre orthophonistes. Toutefois, nous ne travaillons pas toutes avec la même clientèle, ce qui fait en sorte que, pour des questions plus précises, nous ne pouvons toujours nous entraider aussi efficacement qu’on le souhaiterait.

Il peut donc être intéressant de regarder autour de vous pour trouver des orthophonistes qui travaillent sensiblement auprès de la même clientèle que vous et de planifier des rencontres d’échanges et de discussion. Celles-ci peuvent être en personne ou à distance si vos collègues ne pratiquent pas dans la même ville que vous.

Mon truc : comme il est facile de dévier du sujet quand on est entre passionnées, vous pourriez prévoir un thème à chaque rencontre et faire un ordre du jour pour que tous les points que chacune aimerait aborder soient discutés.

Faire des semaines thématiques

Si, comme moi, votre clientèle est relativement homogène (je ne vois que des jeunes d’âge scolaire ou des clients en troubles orofaciaux myofonctionnels), vous pourriez sélectionner quelques jeux ou un thème pour une semaine et le décliner de plusieurs façons selon les objectifs que vous voulez travailler avec vos clients. Cela vous évitera d’avoir à vous questionner avant chacun de vos rendez-vous.

Pour ma part, j’ai plusieurs clients avec qui je travaille sensiblement les mêmes objectifs. J’aime donc prendre les mêmes jeux et les adapter selon les besoins et le niveau de mes clients. Par exemple, j’ai fait une semaine thématique Pokémon. Avec certains, on travaillait le discours descriptif en élaborant notre propre Pokémon alors qu’avec d’autres, on travaillait les correspondances graphème-phonème en lisant/écrivant le nom de certains Pokémon. Ainsi, je n’avais qu’un seul matériel décliné de plusieurs façons. Cela demande beaucoup moins d’organisation.

Ces trucs ne sont pas infaillibles et même si vous mettez toutes les chances de votre côté, il se peut que le manque d’inspiration survienne malgré tout. Toutefois, vous aurez au moins quelques outils avec cet article pour y remédier rapidement. Si vous avez des trucs que je n’ai pas mentionnés lorsque vous manquez d’inspiration, je serais bien curieuse de les connaitre… Après tout, toute bonne orthophoniste sait pertinemment que des trucs, on n’en a jamais assez.