4 + 1 conseils pour un template facile à écrire et à lire

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Ma pratique orthophonique est encore jeune. Cela fait 3 ans (jour pour jour) que j’ai ouvert ma propre clinique à la sortie de mes études. Ayant tout à mettre en place, j’ai fait PLUSIEURS ajustement au fil du temps pour rendre ma pratique plus efficace.

Quand je n’avais que 3-4 clients par semaine, je pouvais me permettre de tout personnaliser et de rédiger à mon rythme rapports et bilans. Toutefois, maintenant que j’ai environ 5-6 clients par jour, continuer à ce rythme aurait été tout simplement impensable.

Dans la dernière année, j’ai adapté et créé plusieurs documents pour me permettre d’être plus efficace dans ma rédaction et me sentir moins surchargée.

Je vous partage donc ici mes trucs en matière de rédaction et ce que j’ai appris après mes quelques années de pratique.

1) Se créer un template pour les plans d’intervention

Avant, je prenais le temps d’écrire, pour chacun de mes clients, les objectifs, généraux et spécifiques, que je voulais travailler. Puis, je me suis assez vite rendu compte que d’une fois à l’autre, je faisais du copier-coller.

L’affaire, en faisant du copier-coller, c’est que non seulement on perd un temps fou, mais le risque d’erreur (genre ne pas modifier le nom du client après avoir copié l’objectif est plus grand). Ça demande, par le fait même, beaucoup de concentration.

J’ai donc décidé de regrouper TOUS les objectifs que j’avais en tête en un seul document et avec pour seule tâche à faire, de compléter les champs vides. Ainsi, quand j’ai un nouveau PIO à rédiger, je prends mon fichier vierge avec ma base d’objectifs et je sélectionne ceux qui s’appliquent tout simplement.

Si vous n’avez pas de tel document, je vous invite à prendre un moment pour regrouper vos plus récents PIO et même vous inspirer de PIO de vos collègues orthophonistes. Prenez le temps de les analyser, puis montez-vous un document clé en main regroupant TOUS les objectifs que vous avez sous les yeux. N’hésitez pas à en ajouter d’autres au fur et à mesure.

Quand viendra le temps de rédiger un nouveau PIO pour votre client, vous n’aurez qu’à faire un copier-coller du document puis à l’adapter en enlevant tout simplement les objectifs qui ne s’appliquent pas.

Je vous le dis, on sauve un temps fou en plus de réduire considérablement le risque d’erreurs.

2)   Regrouper sur un même document la section PIO et bilan

Dernièrement, j’ai eu 23 bilans à rédiger (il m’en reste encore 16 à faire au moment où j’écris ces lignes). J’avoue que je n’avais pas du tout pensé à l’importance d’un gabarit pour les bilans également.

Ça n’a pas été long que j’ai constaté qu’il en faudrait un également. J’avais donc fait un document à partir de mon canevas de PIO, mais je trouvais ça encore trop long. J’ai donc eu une illumination et je ne peux pas ne pas vous la partager.

Au lieu de créer un deuxième canevas pour vos bilans, intégrez une section à même votre canevas de PIO! Ce que je veux dire par là, c’est que si, par exemple, votre PIO est en format tableau, ajoutez tout simplement une colonne où vous pourrez noter la progression de cet objectif.

Ainsi, vous n’aurez pas à recopier tous les objectifs du PIO de votre client dans un nouveau document (même si c’est un gabarit, c’est long! Croyez-moi!), mais vous pourrez reprendre votre document PIO et y ajouter tout simplement les informations du bilan.

 Un exemple de la façon dont un objectif de PIO est structuré dans mon canevas

Un exemple de la façon dont un objectif de PIO est structuré dans mon canevas

3)   Ne pas hésiter à mettre des cases à cocher dans vos rapports

Au début, je voulais TOUT écrire parce que je me disais que si je ne faisais que cocher des items, ça serait beaucoup trop impersonnel et c’était important pour moi que les parents voient que pour moi chaque client est unique et important…

Avec le temps, j’ai compris que je pouvais leur montrer que je leur accorde de l'importance autrement, car c’était au détriment de ma santé mentale.

J’ai donc intégré plusieurs items que je n’ai qu’à cocher et je sauve un temps fou. C’est vrai que ça fait moins personnel, mais le fait de sauver du temps sur cette partie de la rédaction, me permet d’offrir plus de temps de qualité en thérapie en me libérant du temps pour bien préparer mes thérapies ou encore en faisant des compte-rendu hebdomadaires personnalisés aux parents.

N’hésitez pas à activer l’option « Développeur » dans votre fichier Word pour pouvoir y mettre plein de cases à cocher. Vous verrez, le fait de cocher, vous permet ensuite de n’écrire que l’essentiel et de faire une analyse plus pertinente sur les progrès de votre client.

Dites-vous que si vous n’avez pas le temps d’écrire un roman, le parent n’a probablement pas plus le temps de le lire…

Voici un exemple de la façon dont j'utilise les cases à cocher.

4)   Les listes de puces, ça sauve un temps fou

Je suis ce genre de personne qui aime écrire de belles grandes phrases et de beaux paragraphes. C’est bien s’il est question de roman, mais ici, c’est dans un contexte de rapport.

Des longs paragraphes et des phrases, c’est lourd à lire dans un rapport, car il est difficile de bien saisir toute l’information d’un premier coup d’œil. N’hésitez pas à épurer le tout en y insérant des tableaux résumant l’important et des listes à puces.

En procédant ainsi, non seulement vous faciliterez aux autres la lecture de vos rapports, mais vous vous éviterez tout ce mal qu’on se donne pour rédiger de belles phrases. D'ailleurs, visuellement, je trouve que c'est beaucoup plus « parlant ». 

Je le répète, l’important est que l’information et les résultats soient facilement accessibles. Pas de gagner un prix littéraire…

Bonus ! Même pas besoin d’enregistrer en pdf pour envoyer!

Dernièrement, j’ai fait une découverte qui a carrément changé ma vie (ben presque). C’est probablement le cas de plusieurs d’entre vous, mais pour ma part, je rédige tous mes rapports sur Word.

Sauf que pour les envoyer aux parents et autres intervenants, je les exportais en PDF, les enregistrais dans un dossier, puis, finalement, les envoyais par courriel. Ça peut paraître niaiseux, mais c’est quand même du temps et de la logistique.

En fouillant, j’ai découvert que Word me permet de couper toutes ces étapes en 1 ou 2 seulement.

Vous n’avez qu’à partager le document et à l’envoyer en format .pdf directement! Si comme moi vous ignoriez cette option, eh bien ça me fait plaisir de vous la partager et de changer votre vie (ben ça a changé la mienne un peu)…

 Magie!

Magie!

Avec tous ces trucs, j’espère que vous trouverez un peu plus de temps à passer sur l’essentiel : vos clients.

Si vous avez d’autres trucs que vous aimeriez me partager, n’hésitez pas à le faire! Je suis toujours ouverte à m’améliorer davantage et à échanger avec vous pour qu’on développe toujours notre pratique pour le mieux.

Jeux classiques VS jeux éducatifs : lesquels sont les plus éducatifs ?

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Régulièrement je me fais demander si j’ai des suggestions de jeux éducatifs pour travailler X ou Y habiletés ou compétences.

À chaque fois qu’on me pose la question, j’avoue être toujours un peu embêtée… En fait, je ne sais JAMAIS quoi répondre. Drôle de réponse venant d’une orthophoniste non?

La majeure partie de la matériathèque à ma clinique est composée de jeux de table ou des grands classiques (p.ex. la tour Jenga, le connect four). J’ai très peu de jeux éducatifs qui ciblent un aspect particulier de l’apprentissage ou du développement langagier des enfants.

J’ai donc décidé de vous écrire un billet où je vous partage mon opinion sur les jeux éducatifs et les jeux de table et le pourquoi j’ai beaucoup plus de l’un que de l’autre.

Les jeux éducatifs : pourquoi je les aime « moyen »

Je pense qu’il ne passe pas un mois sans que je ne vois passer, sur mes réseaux sociaux, un nouveau jeu qui travaille une compétence particulière. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai parfois l’impression qu’il pleut des jeux éducatifs de toutes sortes.

Comprenons-nous, je n’ai rien contre les jeux éducatifs en tant que tel, mais la plupart d’entre eux présentent, selon moi, des petites lacunes pour travailler lesdites habiletés mentionnées sur leur boîte.

Avec mon métier, j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de tester divers jeux dits éducatifs. Personnellement, j’ai plus souvent qu’autrement été déçue, et ce, pour diverses raisons.

1) On peut difficilement les utiliser dans divers contextes...

Les jeux éducatifs étant très précis, je trouve toujours difficile de les combiner à d’autres jeux ou de les utiliser pour travailler d’autres objectifs. Ça en fait des jeux peu flexibles dont l’utilisation est limitée.

En tant qu’orthophoniste, c’est sûr que j’aime avoir des jeux que je peux utiliser dans plusieurs contextes différents et certains jeux éducatifs (comme la collection Placote que j'adore) s'y prêtent bien. 

Par contre, les parents souvent se demandent quoi faire en dehors des consignes qui viennent avec le jeu. Et c'est là que leur utilisation limitée peut être embêtante dans le cas où vous voudriez jouer en famille. Un jeu éducatif présente souvent des défis/questions précis destinés à une tranche d’âge cible. Si vos enfants ne se trouvent pas tous dans cette tranche d’âge, cela risque de compliquer un peu la donne en matière d’équité.

C’est possible d’aider les plus jeunes pour qu’ils y trouvent également leur compte dans le jeu, mais si le niveau du jeu ne se trouve pas dans la zone proximale de développement* de l’enfant, l’apprentissage sera moins efficace. 

*C’est la distance entre ce que l’enfant peut effectuer ou apprendre seul et ce qu’il peut apprendre uniquement avec l’aide d’une personne plus experte.

2) Une fois les objectifs visés atteints, les enfants n'ont plus de défi, donc moins envie de jouer...

Les jeux éducatifs peuvent présenter de beaux défis à priori. Pour ma part, c’est souvent cet aspect qui m’interpelle le plus. J’aime les questions qu’on peut y retrouver et je m’en inspire dans mes thérapies.

Par contre, une fois qu’on a fait le tour, eh bien… on a fait le tour. Ce que les jeunes aiment dans un jeu de société, c’est tout l’aspect défi qu’il recèle. Par contre, quand les jeunes connaissent les réponses par cœur, le plaisir de relever un défi n’est plus le même et donc l’intérêt est moins présent.

Cela fait donc en sorte qu’il est souvent difficile de jouer plusieurs fois au même jeu éducatif, car on a souvent l’impression « d’avoir fait le tour ».

3) Ils peuvent difficilement être utilisés sans la présence d'un adulte en raison de leur complexité...

Les enfants aiment jouer avec leurs parents, mais ils aiment aussi jouer entre eux (et je serais prête à parier qu’en tant que parent, ça vous fait du bien parfois de voir vos grands jouer ensemble à un jeu pendant que vous vaquez à vos occupations. Vous avez le droit, c’est totalement légitime).

Le problème avec les jeux éducatifs, c’est que, pour la plupart, notamment en raison de cette fameuse zone proximale de développement, ils nécessitent la présence d’une personne plus « expérimentée » si on veut vraiment bénéficier du « potentiel d’apprentissage » qu’offre le jeu.

Plusieurs études démontrent pourtant que le fait de laisser les enfants jouer entre eux à des jeux constitue justement un mode très riche en apprentissages.

4) Quand on veut travailler des objectifs particuliers, il manque souvent des éléments...

Ce point me concerne davantage en tant qu’orthophoniste, mais j’ai cru bon de le mentionner quand même par souci de transparence. Comme je l’ai mentionné plus haut, ce que j’aime bien des jeux éducatifs, c’est qu’ils présentent souvent des questions intéressantes que j’aime utiliser dans mes thérapies.

Toutefois, c’est difficile pour moi d’utiliser un seul jeu comme je le devrais, car il y a toujours des items qui ne correspondent pas à ce que je veux travailler. Je me retrouve alors plus souvent qu’autrement à combiner des morceaux de plusieurs jeux éducatifs pour travailler précisément ce que je cible.

Les jeux classiques : pourquoi je les adore

Je pense que vous aurez compris que pour moi, les meilleurs jeux en termes d’apprentissages restent les bons vieux classiques (p.ex. jeux de parcours, cherche et trouve, blocs, etc.)

1) Les enfants se tannent rarement de jouer à ces jeux simples et rapides...

Les jeux de parcours, les jeux de cartes (comme la bataille), les jeux de dés, etc. ont tous en communs qu’ils sont simples et peuvent se jouer rapidement. Cela en fait d’excellents jeux passe-partout et surtout des jeux avec lesquels on peut jouer à répétition.

Souvent, quand la partie se termine, les jeunes n’ont pas le temps de se tanner et redemandent eux-mêmes de jouer une nouvelle partie. Forcément, si la demande vient du jeune, les chances que la motivation soit élevée sont d’autant plus grandes. Une bonne raison pour en profiter et y glisser certaines notions d’apprentissage qui lui seront utiles.

2) On peut les adapter à une foule de contextes...

Pour ma part, j’ADORE utiliser les jeux de parcours comme renforcement. C’est toujours motivant pour un jeune de voir visuellement son évolution et d’avoir pour défi de gagner la partie.

À ce défi, nous ajoutons une exigence supplémentaire qui peut être soit de dire un mot, de l’épeler, de l’écrire, de formuler une phrase, etc. Bref, toutes les options sont possibles et cela est d’autant plus motivant pour le jeune de répondre à une question ciblée lorsqu’il sait qu’il s’agit de la seule façon dont il pourra faire progresser son pion.

C’est une belle façon également d’ajouter un peu de piquant et de revamper un classique qui prenait la poussière dans l’étagère.

3) Les consignes sont souvent faciles à comprendre...

Une fois qu’on comprend le principe d’un jeu comme la bataille ou encore serpents et échelles, c’est facile d’y jouer encore et encore sans nécessairement avoir recours au livret d’instructions.

Les jeunes peuvent donc reprendre les défis lancés par les parents lors d’une partie précédente et s’amuser entre eux ou encore en inventer de nouveaux pour complémenter un jeu qu’ils connaissent déjà bien. Rien de mieux pour l’imagination.

4) Tous les enfants peuvent y jouer (ou presque)...

C’est probablement ce que j’apprécie le plus des jeux de société classiques. On peut y jouer en famille, et ce, même si les enfants n’ont pas tous le même âge. Tous peuvent y trouver leur compte.

On peut même, durant une même partie, moduler les objectifs selon le niveau de l’enfant. Par exemple, on demandera au plus vieux de nous épeler un mot, mais on demandera plutôt à la plus jeune de nous dire le son que font certaines lettres.

Même si les objectifs sont modulés selon le niveau de l’enfant, comme le jeu classique reste le même, tous ont une chance égale de gagner. C’est d’autant plus motivant pour les plus jeunes qui se sentent parfois désavantagés par rapport au grand frère ou à la grande sœur.

 

 

Au terme de tous ces éléments, je pense que vous avez compris pourquoi je préfère les jeux de société classiques aux jeux éducatifs. Ceci étant dit (écrit), je ne suis pas non plus contre les jeux éducatifs et j'ai mes coups de coeur, mais disons que je suis très sélective dans mes choix.

Proportionnellement parlant, il n’en reste pas moins que j’ai et que j’utilise beaucoup plus de jeux dits « standards » que de jeux éducatifs.

Et vous avez-vous une préférence pour un type de jeux en particulier avec vos enfants?

Ce qu'il faut savoir sur la nouvelle nomenclature pour les troubles du langage

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Est-ce que ça vous est déjà arrivé en tant que parent de lire un rapport d’orthophonie et de vous demander (à plusieurs reprises) ce que signifiaient certains termes?

Si c’est le cas, eh bien je vous rassure, vous êtes un parent tout-à-fait normal et je vous comprends. Moi-même en tant qu’orthophoniste, il m’arrive d’avoir à retourner dans mes livres pour valider certaines spécificités quand j’emploie un terme afin d’être certaine que je ne me trompe pas.

Cela est d’autant plus complexe que le vocabulaire technique évolue rapidement et change souvent…. (Eh misère…)

C’est d’ailleurs le cas de ce qui était autrefois la dysphasie (ou trouble primaire du langage) et qu’on appelle maintenant trouble développemental du langage.

En tant que parent, il se peut que vous voyiez apparaître ce terme sur les bilans et rapports orthophoniques de votre enfant. J’ai donc pensé qu’il serait bien de vous expliquer ce qu’implique le trouble développemental du langage.

Qu’est-ce que le Trouble Développemental du Langage ?

En gros, on pourrait dire que le Trouble Développemental du Langage (TDL) c’est tout simplement la nouvelle nomenclature de la dysphasie qui était devenue le trouble primaire du langage, mais avec quelques nuances.

Le TDL concerne un problème d’acquisition et de maîtrise du langage qui a un impact à différents degrés dans le quotidien de l’individu.

Cela couvre plusieurs sphères du langage et peut se manifester de différentes façons. Ainsi, il n’est pas suffisant de simplement mentionner qu’un individu présente un TDL. Il faut également spécifier quelles sont les sphères langagières atteintes (p.ex. le vocabulaire, le discours, etc.)

Comme pour tout trouble, pour qu’on puisse parler d’un TDL, il faut bien évidemment que les difficultés observées perdurent dans le temps et ne se résorbent d’elles-mêmes. (À cet effet, j’ai publié, il y a quelque temps sur ma chaîne Youtube, une vidéo où je fais la distinction entre le retard et le trouble du langage si vous êtes curieux d’en apprendre plus.)

Auparavant, l’individu devait avoir reçu un suivi régulier pendant au moins 6 mois en orthophonie avant que l’orthophoniste puisse conclure à un trouble primaire du langage ou à une dysphasie.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aucune durée d’intervention n’est obligatoire pour qu’on puisse conclure à un TDL. Autrement dit, dès l’évaluation initiale, une orthophoniste pourrait conclure à un TDL pour votre enfant. Évidemment, cela se fait après une analyse approfondie du portrait de l’enfant et des données qui ont été récoltées dans le questionnaire d’histoire de cas de l’enfant.

Outre cela, alors qu’avant on se prononçait sur la sévérité du trouble langagier en général, on se positionne maintenant sur la sévérité des impacts que ce trouble a au quotidien. Cela signifie que, au lieu de parler d’un TDL de degré modéré à sévère dans son ensemble par exemple, on parlera plutôt d’un TDL qui affecte le vocabulaire expressif à un degré modéré à sévère et la pragmatique à un degré léger.

Finalement, il n’est pas obligatoire d’avoir un écart entre les sphères verbales et non verbales dans les épreuves d’évaluation du quotient intellectuel pour conclure à un TDL.

Voici d'ailleurs ici un tableau récapitulatif de la séquence à suivre. Je me suis permis de vous le traduire pour qu'il soit plus facile à interpréter.

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Du changement aussi pour le « retard de langage »

Peut-être avez-vous déjà entendu un ami vous dire que son enfant présente un retard de langage. Vous l’avez peut-être aussi déjà lu dans le rapport orthophonique de votre enfant.

C’est, ça aussi, chose du passé. Effectivement, comme aucune donnée scientifique ne permet de soutenir cette nomenclature, on nous recommande plutôt de parler tout simplement de difficultés de langage lorsqu’on ne peut pas conclure à un TDL, mais que le développement du langage ne correspond pas à ce qui est attendu pour l’âge de l’enfant.

Encore une fois, il faut spécifier quels sont les aspects langagiers concernés par les difficultés, donc les sphères langagières qui sont atteintes.

Sans oublier des troubles de sons de la parole…

Dorénavant, lorsque nous constatons des difficultés sur le plan des sons de la parole, nous parlons de Trouble du Développement des Sons de la Parole (TDSP), et ce, peu importe que la cause de ce trouble soit d’ordre structurelle, linguistique ou motrice.

Évidemment, pour parler de trouble, il faut tout de même que ces difficultés persistent dans le temps. Autrement, il sera davantage questions de difficultés sur le plan des sons de la parole tout simplement.

Petite particularité intéressante, aucune recommandation n’a été émise à savoir si un TDSP fait partie du TDL ou est un trouble à part entière. Ainsi, il se peut que d’une orthophoniste à l’autre, vous voyiez la même conclusion en ce sens, mais rédigée différemment. Il est donc important de lui poser vos questions si jamais cela n’est pas clair pour vous.

Dans le cas d’une autre condition médicale, ça change aussi…

Il arrive très fréquemment qu’un trouble du langage s’inscrive dans un contexte X comme un trouble du spectre de l’autisme, une déficience intellectuelle, une paralysie cérébrale, etc.

Dans ces cas, vous ne devriez pas retrouver la nomenclature TDL dans la conclusion du rapport orthophonique de votre enfant, mais plutôt « trouble du langage associé à X ».

Pourquoi on ne parle pas de TDL ? Tout simplement car les difficultés développementales ne sont pas spécifiques au langage, mais sont globales et touchent également d’autres sphères du développement comme l’aspect moteur ou affectif en plus d’affecter le langage.

ATTENTION !!! Il est TRÈS FRÉQUENT qu’un individu présente un autre trouble en plus d’un TDL. Autrement dit, certains troubles concomitants comme le TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité), le trouble de traitement auditif et autres troubles n’empêchent pas de conclure à un TDL.

Pourquoi avoir changé de terme si c’est la même chose ?

Auparavant, il était possible de voir une même conclusion rendue différemment selon l’orthophoniste et, surtout dans le cas de demandes précises pour des subventions et des allocations par exemple, si nous n’employions pas la terminologie exigée, cela n’était pas valide même si, en bout de ligne, la conclusion voulait dire la même chose.

Ainsi, un panel de 59 experts se sont consultés pour en arriver avec cette nouvelle nomenclature qui s’applique aussi bien au milieu clinique qu’en recherche.

Par contre, il faut noter qu’en tant qu’orthophoniste, notre ordre nous a demandé, durant la période de transition, d’utiliser les anciens termes entre parenthèses afin de s’assurer de la compréhension de tous.

 

 

J’espère qu’avec tout cela, vous comprendrez un peu mieux les fameux termes orthophoniques. Et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à m’écrire directement et ça me fera plaisir d’en discuter avec vous!

Mes meilleurs trucs pour rédiger efficacement et ne pas se sentir envahi(e) par le travail

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Je ne sais pas pour vous, mais une des tâches dans ma pratique que j’aime le moins, c’est de loin la rédaction de rapports et de notes. J’ai tellement entendu souvent mes collègues me dire sur un ton de découragement et de lassitude qu’elles devaient rédiger une pile de rapports ou encore qu’elles étaient dans la rédaction d’un bilan qui n’en finissait plus de finir…

Pour ma part, même si ce n’est pas non plus ma tâche préférée, je me suis rarement sentie surpassée par cette tâche et j’ai toujours été en mesure de respecter des délais raisonnables pour ma rédaction.

J’ai donc pensé vous dresser une liste de mes meilleurs trucs pour rédiger efficacement et ne pas accumuler trop de travail, car après tout, c’est ça qui mène souvent au sentiment d’épuisement et d’en avoir trop.

1)   Fixez-vous des délais courts et dites-les à votre client

Je ne pense pas vous étonner en vous disant que plus on attend longtemps avant de se plonger dans la rédaction d’un rapport, plus ça nous pèse. Suivant ce principe, pourquoi ne pas vous « en débarrasser » le plus vite possible dans ce cas?

En ce qui me concerne, lorsque je termine mes rencontres d’évaluation, je donne toujours au parent un délai de rédaction de 2 à 3 semaines MAXIMUM selon ma charge de travail du moment.

Ça me force à rédiger le rapport rapidement et ça ne traine pas. En plus, donner un laps de temps court me permet d’avoir toute l’information encore fraîchement en tête, ce qui fait que c’est plus facile pour moi de rédiger.

Les quelques rapports que j’ai étirés beaucoup trop longtemps à mon goût ont été de loin les plus difficiles à écrire. J’avais oublié plusieurs éléments intéressants et cela me demandait un effort supplémentaire pour me rappeler de ce que j’avais fait en évaluation et des particularités de l’enfant.

2)   Faites-vous un gabarit

C’est long à faire, mais ça vaut TELLEMENT la peine. Au début, j’avais tendance à rédiger mes rapports un à un, ce qui faisait en sorte que je me questionnais toujours à chaque section parce que je ne savais plus exactement ce que j’avais écrit dans un rapport précédent.

C’était également difficile pour mes formulations de phrases parce que je devais y réfléchir à nouveau et même si je m’inspirais de mes rapports précédents, c’était toujours plus long.

J’ai donc pris un moment l’automne passé pour me faire un gabarit où j’ai mis TOUTE l’information que je veux retrouver dans mes rapports. Ça m’a pris environ une fin de semaine faire ce gabarit parce que j’ai regroupé plusieurs documents pour le faire. Toutefois, mon temps de rédaction a été diminué du tiers et mes rapports sont maintenant beaucoup plus faciles à rédiger pour moi et à comprendre pour les parents.

3)   Écrivez sans vous poser de questions… et gardez ça simple

Combien de fois j’ai entendu mes collègues se questionner sur un mot ou sur deux façons de formuler une phrase qui veulent dire exactement la même chose. Ce genre de questionnement, ça fait perdre beaucoup de temps pour pas grand-chose en fin de compte. De plus, ça fait perdre le momentum quand on écrit.

Quand j’écris, j’écris tout simplement. Je prends mon gabarit, et je compose des phrases à partir des informations qui s’y trouvent. C’est aussi simple que ça! Jamais je ne m’arrête pour me questionner sur un mot ou sur la tournure d’une phrase.

Si vous vous questionnez sur une structure de phrase ou sur un terme pendant que vous rédigez, plutôt que de vous y arrêtez, soulignez ou surlignez le passage en question. Vous y reviendrez plus tard au moment de vous relire.

Vous trouverez même probablement une meilleure façon de l’écrire à votre relecture parce que vous aurez pris le temps de laisser votre questionnement se déposer.

4)   Bloquez des périodes à votre horaire

La meilleure façon de vous assurer que vous rédigez vos rapports rapidement et efficacement, est de le prévoir à votre horaire.  

J’aime bien prendre un moment le dimanche soir pour planifier la semaine à venir. J’y mets donc, dans mon horaire, les moments où je prévois rédiger. J’ai aussi toujours accès à la liste des rapports à faire comme ça je sais facilement par lequel commencer lorsqu’arrive ma période de rédaction.

Le fait de prévoir des périodes comme ça, fait en sorte qu’on les respecte beaucoup plus. C’est un peu comme si on se programmait mentalement donc quand vient le temps de rédiger, on est beaucoup plus disposé à le faire.

5)   Ne travaillez pas trop longtemps

Je ne sais pas pour vous, mais même si j’adore mon travail, j’ai quand même une capacité de concentration et d’attention soutenue limitée. J’ai calculé qu’après 45 minutes de travail consécutif, mon cerveau bifurque ensuite automatiquement vers autre chose et je deviens vraiment plus facilement distraite par mes pensées ou n’importe quoi d’autre en fait.

J’ai donc programmé des périodes de 45 minutes de rédaction suivies de 15 minutes de pause à chaque fois. Ça parait court comme ça, mais le fait d’avoir de courtes périodes, ça crée un sentiment d’urgence qui fait en sorte qu’on est beaucoup plus concentré et assidu à la tâche.

Si on se dit qu’on a 4 heures pour rédiger notre rapport (ou pire encore toute la journée), alors il y a de TRÈS FORTES chances qu’on prenne tout notre temps et que finalement, on ait travaillé peut-être l’équivalent de 1h sur le 4h de travail au total…

C’était toujours ce qui m’arrivait quand je me disais, ben motivée : « Demain je prends toute la journée pour rédiger ». Ouin… Disons que la journée finissait et que je me retrouvais à ne pas avoir fait grand-chose.

Le fait de délimiter les tâches dans le temps, de prévoir de courtes périodes, nous force à être plus efficace. Il ne vous reste qu’à établir la durée pendant laquelle vous pouvez être efficace sans vous laisser distraire et ça deviendra la durée de vos « intervalles de travail ».

6)   Faites une seule chose à la fois

Avec la technologie, les réseaux sociaux et le fait qu’il faille toujours être efficace et rapide dans nos réponses, il est facile de tenter de tout faire en même temps : prendre un appel pendant notre période de rédaction, répondre à un courriel qui vient de rentrer, aller voir la dernière notification sur Facebook, etc.

Cela nuit considérablement à l’efficacité, car bien souvent, la dernière notification sur Facebook se transforme en 15 minutes passées à « scroller » dans le fil d’actualités, on vient de recevoir une réponse à notre réponse courriel, etc.

Je sais que ce n’est pas facile de ne faire qu’une chose à la fois, mais ça change tout. Quand j’ai réalisé tout le temps que je perdais à « vouloir tout faire tout de suite », j’ai pris les grands moyens.

Mon truc : désactivez TOUTES les notifications sur votre ordinateur et sur votre cellulaire.

Je ne reçois aucune notification de courriels ni Facebook sur mon ordi à moins que les applications soient ouvertes. C’en est de même pour mon cellulaire où je ne reçois aucune notification sauf si je vais voir moi-même.

Je suis donc beaucoup moins portée à aller voir un courriel qui entre pendant ma rédaction parce que je ne le sais tout simplement pas.

Vous pouvez également mettre votre cellulaire en mode « ne pas déranger » pour ne pas qu’il sonne pendant votre période de rédaction.

7)   Dressez une liste des rapports à faire en ordre de priorité

Plus haut, j’ai mentionné que j’avais une liste de tous les rapports que je dois rédiger en ordre de date de remise. C’est quelque chose que je trouve fort pratique, car ça me permet de savoir ce que j’ai à faire sans me poser trop de questions.

Gardez toujours, accessible, une liste de la rédaction que vous avez à faire avec le détail s’il y a lieu.  Voici en image comment j’organiser ma liste.

 
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Cela fait le tour de mes meilleurs trucs pour rédiger efficacement. Évidemment, il m’arrive encore d’avoir quelques lacunes, mais depuis que j’applique tout cela, j’ai vu une énorme différence dans ma rédaction.

Et vous, avez-vous des trucs qui vous aident à être efficace pour rédiger?

Découvrez comment l'orthophoniste peut avoir un impact sur les difficultés scolaires de votre enfant

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Certains (surtout les jeunes) comptent les jours et attendent avec impatience la fin de l’année scolaire. Même si ça paraît loin, ça approche à grands pas.

Plusieurs élèves aux prises avec des difficultés scolaires (et leurs parents) doivent alors mettre les bouchées doubles pour améliorer leurs résultats scolaires ou encore les maintenir.

C’est d’ailleurs une période de l’année particulièrement chargée pour moi parce que je reçois souvent des demandes de parents, à la suite d’une référence de l’école, pour un suivi en orthophonie.

Mais comment est-ce que je peux, en tant qu’orthophoniste, aider votre enfant à mieux réussir à l’école?

Langage et apprentissages : deux termes indissociables

Dans le système scolaire actuel, tout apprentissage passe par le langage. Quand on y pense, la matière est enseignée verbalement par le prof ou on la lit dans les livres. C’en est de même pour les évaluations des jeunes.

On évalue le niveau d’un jeune et l’étendue de ses apprentissages à partir du langage. Il n’y a qu’à penser aux fameuses présentations orales, aux travaux d’équipe ou aux examens où les élèves doivent écrire leurs réponses (même en mathématique).

(D’ailleurs si vous voulez en apprendre un peu plus sur le lien entre les deux, vous pouvez également consulter cet autre billet.)

Vous comprenez que parfois, quand les apprentissages semblent plus difficiles pour un jeune, il peut y avoir une difficulté langagière sous-jacente. C’est donc mon rôle, en tant qu’orthophoniste, de trouver où se situent les forces et les difficultés langagières de l’élève pour pouvoir mieux l’outiller et l’accompagner plus efficacement dans ses apprentissages.
Parfois, le simple fait de comprendre les difficultés de son enfant, de mieux connaitre les types de textes et de phrases qu’il maîtrise (ou pas) fait toute une différence dans l’accompagnement qu’on lui offre.

Composantes évaluées

Lorsqu’on fait une évaluation au scolaire en orthophonie, on évalue quatre grandes sphères : la compréhension à l’oral, l’expression à l’oral, la lecture et l’écriture. Cela permet de dresser un portrait plus complet des habiletés perçues et cachées de l’enfant.

En effet, il arrive souvent que des parents demandent une évaluation en orthophonie parce que leur enfant présente des difficultés de lecture et/ou d’écriture. Toutefois, quand on pousse notre analyse, on constate que ces difficultés ne sont en fait que les manifestations d’autres difficultés langagières sous-jacentes qui passent souvent inaperçues au quotidien.

J’aime comparer cela à une blessure physique. Prenons par exemple quelqu’un qui se blesse et qui fait une infection. Si on ne fait que donner des antibiotiques sans prendre la peine de chercher le foyer de l’infection, il est fort possible que l’infection revienne une fois l’antibiotique retiré.

Il en est de même pour les difficultés langagières. Si on ne travaille que sur l’orthographe et la lecture sans savoir ce qui est la cause de cette difficulté, les moyens pris ne seront probablement pas efficaces et il sera difficile pour le jeune de les appliquer au quotidien.

Une évaluation approfondie de toutes les composantes langagières permet d’aller travailler plus aisément à la source des difficultés de l’enfant et ainsi, d’avoir des répercussions parfois sur plusieurs sphères en même temps.

Mon rôle auprès de l'équipe-école en tant qu'orthophoniste

Souvent, les intervenants à l’école veulent aider l’enfant, mais ne savent pas précisément ce qu’ils devraient faire, car ils n’ont pas un portrait juste de ses difficultés. Un rapport d’orthophonie peut les aides à mieux structurer les mesures d’adaptation à mettre en place et à mieux outiller l’enfant.

Par conséquent, je peux, en tant qu’orthophoniste, jouer un rôle conseil auprès de l’équipe-école en leur expliquant pourquoi une exigence X ou Y par exemple ne correspond pas au niveau actuel d’un élève. Ils peuvent donc, par la suite, trouver des mesures d’adaptation qui supportent l’élève tout en respectant son cursus scolaire.

L'enseignement de stratégies complémentaires à celles de l'orthopédagogue

Les orthopédagogues et les enseignants sont ceux qui connaissent le mieux les exigences scolaires et ce qui est attendu selon le niveau, ce qui n’est pas mon cas en tant qu’orthophoniste. Pour ma part, j’ai une connaissance davantage tournée vers les habiletés langagières.

Ainsi, nous travaillons toujours en équipe. L’orthopédagogue et l’enseignant enseignant à l’enfant des stratégies pour qu’il puisse être plus efficace dans ses apprentissages en lien avec le cursus scolaire et moi, travaillant des notions langagières qui favorisent l’application de ces stratégies.

En orthophonie, nous enseignons des stratégies plus spécifiques au langage. Par exemple, l’orthopédagogue pourrait enseigner à l’élève de surligner d’une couleur la question d’un problème mathématique pour se rappeler des éléments à trouver dans le problème. Pour ma part, je pourrais davantage demander au jeune de me dire dans ses mots ce qu’il doit trouver après avoir souligné la question.

En orthophonie, on reprend donc les stratégies vues à l’école en lien avec la matière présentée à l’école, mais on y ajoute des précisions pour soutenir le jeune dans sa compréhension. Il arrive également qu’on utilise des activités qui ne correspondent pas forcément au niveau scolaire de l’élève parce qu’on privilégie les stratégies langagières.

 

De son côté, l’enseignant (et l’orthopédagogue), peut reprendre les stratégies qu’on travaille dans notre bureau avec l’élève dans le cadre d’exercices et de travaux faits en classe pour favoriser la généralisation.

 

Tout cela permet de comprendre qu’une orthophoniste peut jouer un rôle non négligeable voire important auprès des jeunes d’âge scolaire qui éprouvent des difficultés à l’école.

Si jamais cet article vous a interpellé et que vous vous demandez si votre jeune pourrait bénéficier de l’orthophonie, n’hésitez pas à me contacter. Dans certains cas, l’orthophonie est toute indiquée et dans d’autres cas, on privilégiera une autre source d’aide.