Comment j'ai réussi à arrêter de procrastiner dans ma rédaction

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Après l’anxiété, j’ai parfois l’impression que la procrastination est le fléau moderne de notre société. On lit partout sur les réseaux sociaux des citations ou des publications sur le sujet.

Je ne sais pas si ça vous parle, mais pour ma part, j’ai l’impression que cette tendance à la procrastination est en vogue chez les orthophonistes. Malheureusement, cela amène un lot assez important de stress et de pression qui pourrait être évité ou du moins réduit en grande partie simplement en revoyant sa façon d’aborder sa pratique et surtout sa rédaction.

Pourquoi on procrastine ?

Simplement pour bien cadrer le tout, lors que je parle de procrastination, je ne signifie pas ici que vous êtes paresseux, bien au contraire. Il est fort probable que vous accomplissez une foule de petites tâches dans votre journée… SAUF LA tâche problématique, lire ici rédiger.

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles on procrastine et non seulement ces raisons varient d’une personne à l’autre, mais elles varient également d’une situation à l’autre.

On peut procrastiner parce qu’on se laisse prendre au jeu par l’impulsivité et les distractions (p.ex. les réseaux sociaux), parce qu’on a mal évalué le temps que cela nous prendra, parce qu’on manque de confiance en nos capacités et qu’on veut que tout soit parfait, parce qu’on est comme ça, etc. Bref, les recherches sur les causes de la procrastination ont mis de l’avant plusieurs options possibles.

Quand la perfection mène à la procrastination

Dans cet article, j’aimerais vous amener sur la raison que j’ai vue revenir le plus souvent lors de mes rencontres de mentorat où on abordait le fait de « ne pas y arriver » : le perfectionnisme.

Je me rappelle, quand j’étais à la maîtrise, on nous disait toujours que les étudiantes en orthophonie étaient réputées pour être anxieuses et perfectionnistes et que cela faisait pratiquement partie des caractéristiques du profil…

Je ne fais pas exception à la règle, mais j’ai rapidement réalisé que de vouloir tout faire à la perfection m’était grandement nuisible. Souvent, on remet à plus tard la rédaction d’un rapport parce qu’on sait que ce sera lourd à écrire : on ne sait pas quoi écrire, on n’ose pas se positionner, on veut formuler nos phrases de la meilleure façon qu’il soit pour ne vexer personne tout en démontrant à quel point on est professionnel, etc.

Toutes ces attitudes découlent directement du perfectionnisme. Combien d’orthophonistes m’ont dit avoir l’impression de perdre un temps fou en rédigeant leurs rapports, parce qu’elles veulent s’assurer que toute l’information importante y est et qu’elle est clairement mentionnée. Ainsi, elles lisent, relisent, re-relisent, encore et encore leur rapport et n’en sont jamais satisfaite.  

Comme la procrastination consiste à éviter une tâche qui ne nous procure par une satisfaction immédiate, je comprends alors pourquoi on reporte toujours à plus tard la rédaction d’un rapport. C’est assez lourd de devoir rédiger dans ces conditions…

Comment me sortir de la procrastination ?

Pour ma part, en voyant ma clientèle grandir, j’ai vite compris que si je ne changeais pas d’attitude vis-à-vis ma rédaction, j’allais me retrouver rapidement débordée et perdre une grande partie du plaisir que j’ai à être orthophoniste.

Voilà pourquoi j’ai travaillé fort pour mettre de côté le perfectionnisme et, pour y arriver, j’ai mis en place des stratégies concrètes qui m’obligent à être dans l’action plutôt que dans la réflexion. Et savez-vous quoi? J’ai réalisé que, non seulement j’ai réduit de moitié mon temps de rédaction et de bien plus le stress qui y était associé, mais que mes rapports sont vraiment meilleurs qu’ils étaient!

Voici donc mes trucs pour vous sortir de la procrastination :

  • Fixez des dates précises à votre calendrier pour vos remises de documents.

C’est selon moi une grave erreur que de ne pas planifier tout de suite, dès le moment où on finit une rencontre d’évaluation par exemple, une date d’échéance. Et par date d’échéance, j’entends une date précise et non un délai. Au lieu de dire : « Je vais remettre mes résultats d’ici 2-3 semaines », inscrivez plutôt que vous allez remettre les résultats à une date fixe (p.ex. le 12 juillet). C’est beaucoup plus concret ainsi.

Si vous ne le faites pas, vous risquez fort probablement de mettre le dossier dans la pile « à oublier » de votre cerveau et d’étirer votre délai sans même vous en apercevoir.

J’aime comparer cela à la fameuse phrase qu’on dit toujours à nos amis « Hey! Il faudrait bien qu’on fasse de quoi bientôt là ». Ça représente quoi en termes de temps « bientôt » ? D’ailleurs, pour ma part, à chaque fois que j’ai dit cette phrase, le « bientôt » en question n’est jamais arrivé.

C’est un peu la même chose lorsqu’on se fixe un délai sans préciser de date. C’est assez rare qu’on le respecte.

  • Prévoyez de COURTES plages horaires pour rédiger.

C’est une chose de prévoir une date d’échéance, mais encore faut-il s’assurer qu’on a des plages prévues à notre horaire pour rédiger. Parfois, la date qu’on prévoit n’est pas réaliste compte-tenu de l’horaire plus ou moins chargé qu’on peut avoir.

Si vous fixez une date de remise trop rapprochée dans le temps sans prendre le temps de regarder réellement le temps dont vous disposez, vous risquez encore fort bien de vous retrouver à ne pas respecter vos délais de rédaction.

Le fait de se fixer des plages horaires bien définies permet d’avoir l’heure juste sur ses délais et ainsi de mieux respecter ses engagements.

Et de grâce, n’allez pas vous prévoir une journée complète de rédaction! Je vous parie mon salaire du prochain mois que vous ne passerez JAMAIS tout le temps que vous aviez prévu à rédiger et qu’à la fin de la journée, vous n’aurez pas fait grand-chose… (j’ai l’air ambitieuse de parier mon salaire, mais c’est parce que je sais de source sûre que je remporte ce pari). Personnellement, mon temps d’efficacité où je suis concentrée et dédiée à 100% à une tâche n’est que de 45 minutes. Alors inutile de me mettre un 8 heures en bloc, je ne le respecterai pas.

  • Ne sous-estimez pas le temps que vous prenez pour faire une tâche.

Combien de fois je me suis faite prendre à mon propre jeu en pensant qu’une tâche me prendrait X temps alors qu’elle m’en a finalement pris le double… Non seulement, je finissais à faire du « temps supplémentaire », mais j’étais déçue de moi de ne pas avoir su respecter mon horaire.

Les experts de la planification et de la gestion du temps recommandent de toujours planifier 1 fois et demi le temps qu’on pense prendre pour faire une tâche. C’est ce que je me suis appliquée à faire et cela a fait une grosse différence.

Toutefois, pour y arriver, il faut tout de même connaitre son rythme, car peut-être que pour vous, une tâche qui prend habituellement 60 minutes en prendra 45 ou 75 pour votre collègue.

  • Tenez une to-do list bien définie et à jour.

Il y a plusieurs façons de tenir une liste de choses à faire. Certains aiment le bon vieux classique cahier ou bloc-notes. Pour ma part, j’ai choisi d’y aller avec un logiciel d’organisation et de planification. Il en existe plusieurs comme Asana, Monday, Wunderlist ou Trello. Il suffit de voir celui qui vous convient le mieux.

Sur ma to-do, j’écris toujours tout ce que je dois rédiger. Ainsi, lorsque j’arrive, dans mon horaire à une plage intitulée « rédaction », je vais voir sur ma liste et je sais tout de suite ce que je dois prioriser.

Le fait d’utiliser un logiciel a de pratique que je peux mettre ma liste à jour dès que ma période de rédaction est finie. Ainsi, au lieu d’écrire « rédiger le rapport de Thomas L. », je vais écrire « relire le rapport de Thomas L. » s’il est fini par exemple. Je perds donc beaucoup moins de temps à m’organiser.

  •  Lâchez-prise.

Bien que ce soit LE conseil le plus difficile à appliquer, c’est possiblement LE plus efficace. Pour ma part, j’ai compris que le fait de relire mon rapport 8 fois ne ferait pas en sorte qu’il est meilleur.

Ainsi, je me suis fixé des barèmes. Une fois mon premier jet de rédaction complété, je ferme le document et laisse reposer le tout AU MOINS 24 heures avant d’y revenir. Je ne m’autorise qu’une seule relecture par la suite pour corriger les coquilles et réfléchir sur les éléments que j’ai mis en surbrillance afin de valider mes impressions.

Est-ce que mon rapport est parfait? Non, mais quel rapport l’est de toute façon? Je me rappelle avoir lu plusieurs rapports de collègues que je trouvais « donc ben bons et meilleurs que les miens ». Puis, en discutant avec ces collègues, je réalisais bien vite qu’elles n’étaient pas sûres de leurs formulations, qu’elles avaient hésité et changé un nombre incalculable de fois leurs termes, etc. J’ai donc constaté que même si je ne suis pas satisfaite à 100%, mon rapport peut paraître très bien aux yeux des autres.

Depuis, lorsque je rédige, je m’efforce de le faire en pensant à la personne qui me lira, mais plus particulièrement au principal intéressé, soit le parent et le client. Ils n’ont pas besoin de lire 15 pages et des phrases à saveur d’article scientifique. On m’a souvent félicitée de faire des rapports clairs et concis, même si dans ma tête d’orthophoniste, je me disais que j’aurais pu en faire plus. L’important c’est que l’essentiel y soit et qu’on respecte les pratiques dictées par l’ordre tout simplement.

 

 Et vous? Vous considérez-vous comme un procrastinateur en matière de rédaction? Est-ce un fardeau pour vous? Si c’est le cas, je vous invite à me contacter. Nous pourrons alors voir ensemble ce qui vous bloque et comment vous pouvez appliquer diverses stratégies selon votre réalité et vos besoins.

Comment la téléorthophonie a changé ma pratique pour le mieux

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Depuis le début de mon site web, je parle souvent de l’avantage de la téléorthophonie pour les clients et comment cela peut grandement leur simplifier l’accès aux services. Cependant, on s’entend que je n’aurais pas intégré cette forme d’intervention dans ma pratique si je n’y avais pas vu d’avantages pour moi également…

J’ai donc eu envie de vous montrer comment cela m’a aidée non seulement à simplifier ma pratique, mais SURTOUT à la faire passer à un autre niveau en augmentant mes revenus sans que j’aie l’impression de travailler plus.  

Je suis devenue plus accessible et flexible pour mes clients sans que ça me pèse

Quand j’ai commencé ma pratique, je voulais venir en aide au plus grand nombre de personnes possible. J’avais donc décidé d’offrir des services d’orthophonie à domicile. Cela n’a cependant pas pris de temps que j’ai constaté que, bien que j’accommodais mes clients, ça me coupait ÉNORMÉMENT de disponibilités pour en voir plusieurs.

Je me retrouvais avec le problème de ne pas pouvoir servir plus de clients, car je passais énormément de temps en déplacements. À titre indicatif, au lieu de voir environ 7 clients comme je pouvais le faire lors d’une journée en clinique, lorsque j’étais à domicile, je pouvais n’en voir que 4 maximum…

La téléorthophonie s’est présentée comme une solution à ce problème. Non seulement, je pouvais aider mes clients sans qu’ils n’aient à se déplacer, mais je pouvais alors en voir plus. De plus, je pouvais, moi aussi, travailler de la maison.

Cela a eu un impact bénéfique sur ma pratique, car j’ai pu débloquer des plages horaires fort convoitées, mais que je n’aurais pas offertes normalement en raison de contraintes d’horaire familial. Ainsi, je peux terminer le soir à 19h sans problème ou encore offrir un matin alors que ce n’est pas dans mon horaire habituel, et ce, sans avoir à me sentir pressée de quitter pour ne pas arriver en retard.

J’ai d’ailleurs remarqué que mon niveau de stress a grandement diminué depuis que j’ai des clients à distance. Je n’ai plus à avoir peur d’arriver en retard (car ça n’arrive pratiquement plus à moins d’un problème technique, ce qui est rare). Je ne suis plus stressée en pensant à tout ce qui m’attend encore quand je retournerai à la maison. Je peux parfois faire de « plus longues journées » et espacer mes clients sans me sentir mal parce que mes chiens sont seuls trop longtemps. 

Bref, pour mon horaire (et ma paix d’esprit), intégrer la téléorthophonie à ma pratique a été un GROS BONUS!

 

J’ai augmenté mes revenus sans augmenter ma charge de travail

Un peu dans la suite logique de ce que j’ai mentionné précédemment, le fait d’ajouter la téléorthophonie à ma pratique m’a permis d’augmenter mes revenus, sans forcément augmenter ma charge de travail.

Je vous entends déjà vous demander : « Mais comment?!?! ». En fait, j’ai pu condenser mes clients et en raison du fait qu’ils n’ont pas à se déplacer. De plus, comme certains sont autonomes et n’ont pas à attendre leurs parents, j’ai plus de plages horaires qui se remplissent.

Conséquemment, cela m’a permis de libérer une partie de ma journée par exemple pour faire un bloc condensé de 4 ou 5 heures d’intervention. De plus, la flexibilité dont je peux faire preuve, me permet de voir plus de clients ou parfois de faire une exception pour une évaluation, sans que cela n’ait vraiment d’impact sur mon horaire. Si vous calculez bien, plus de clients = plus de revenus.

Je vous entends déjà vous dire que si j’ai plus de clients, j’ai forcément augmenté ma charge de travail. Oui et non. C’est vrai que j’ai plus de gestion de dossiers à faire et plus de paperasse. Toutefois, en considérant que je demeure à 30 minutes de mon lieu de travail (sans le trafic), quand je vois mes clients à distance directement de la maison, c’est environ 1h à 2h de plus que je n’ai pas à perdre en déplacements! Je peux donc investir ce temps à travailler sur mes dossiers pour être à jour et ne pas prendre de retard. Et le plus beau dans tout ça, c’est que j’ai gagné du temps en bout de ligne.

 

J’ai pu mettre de l’avant ma vie de famille sans que ça nuise à mon travail et vice-versa

Ce dernier point s’inscrit dans la suite des deux précédents, mais c’est selon moi LE point qui fait en sorte que j’aime tant la téléorthophonie dans ma pratique. En ayant 6 chiens à la maison et un conjoint lui aussi entrepreneur, nos horaires ne sont pas ce qu’il y a de plus simple.

Toutefois, nous avons choisi (un peu) nos milieux de travail en fonction de notre mode de vie avec nos chiens. Ainsi, il était important pour moi de pouvoir être à la maison pour eux le plus souvent possible.

Ce n’est pas toujours évident à faire étant donné qu’il faut bien travailler pour payer les comptes qui font vivre tous ces canidés… Le fait de travailler à distance me permet d’être plus présente à la maison. J’ai également pu libérer des plages dans mon horaire où j’ai le temps de sortir mes chiens parce que je suis déjà à la maison. 

De plus, même si je termine à 19h le soir quand je suis à distance, je m’organise généralement pour préparer mon souper à l’avance. Ainsi, lorsque ma journée d’interventions est terminée, je ne fais que sortir de mon bureau et aller réchauffer le repas pour manger avec mon conjoint.

Ça pour moi, c’est une valeur inestimable…

 

Si vous aussi vous souhaitez continuer à travailler et même augmenter vos revenus sans forcément augmenter la charge de stress associée tout en étant présente pour votre famille, la téléorthophonie est une super option. Si vous ne savez pas comment l’adapter à votre pratique, écrivez-moi pour qu’on voit ensemble quels sont vos besoins et on pourra ensuite prendre une séance de mentorat afin que vous ayez une pratique simple, mais prolifique.

Et si on revoyait notre modèle de services en orthophonie ?

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Dernièrement, j’ai été confrontée à une émotion nouvelle dans mon cheminement d’orthophoniste. Devant ma charge de travail grandissante et par souci d’offrir le meilleur service possible à mes clients, je me retrouvée à devoir dire « non » à des demandes ou à les mettre sur ma « liste d’attente ».

Aussi bizarre que ça puisse paraître, lorsque j’ai commencé ma pratique, jamais je n’aurais pensé en arriver là un jour. Je me disais que j’allais être cette personne qui pourrait enfin changer ces satanées listes d’attente…

4 ans plus tard, je me rends compte que c’était bien beau de rêver. Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire, mais c’est beaucoup moins évident que je ne l’aurais cru de dire non…

 

Reconnaitre ses limites pour offrir un bon service

La première fois où j’ai dû refuser un client que j’aurais pu prendre parce qu’il correspondait exactement au profil de clients que je suis, je me suis sentie excessivement mal. Dire « non » n’est jamais facile, mais quand on sait que ça prive un jeune d’un support dont il aurait grandement besoin, ça fait encore plus mal au cœur.

Toutefois, je ne pouvais pas le prendre, car cela allait être au détriment de la qualité du support que je lui offrirais et que j’offrirais à mes autres clients. Depuis ce temps, j’ai eu à dire non à quelques (trop) occasions et ça ne fait pas de moins en moins mal avec le temps.

Parfois, on aimerait pouvoir aider tous ces enfants qui en ont besoin. Malheureusement, on est limité en termes de temps et de ressources.

 

Trouver des alternatives pour soutenir le client malgré tout

Depuis quelque temps, j’ai changé mon « mindset » pour m’aider à mieux servir mes clients. J’ai décidé d’enlever une corde à mon arc et de retirer un service de mon offre (celui qui était le moins populaire) afin de faire de la place aux jeunes d’âge scolaire qui représentent mon « dada » et de leur offrir le meilleur de moi-même en tant qu’orthophoniste. 

De plus, au lieu de me sentir mal de dire non, j’ai décidé de la jouer plus proactive et d’offrir tout de même le meilleur de moi-même en dépit des circonstances. J’ai également regardé les options autour de moi pour mieux servir les clients, même ceux que je ne verrai jamais dans mes bureaux. En effet, j’ai fait plusieurs recherches et ai échangé avec mes collègues afin de savoir quelles sont leurs disponibilités, les clients qu’elles suivent, leurs tarifs, leurs délais, etc. Ainsi, quand je dois refuser de prendre un client, je ne le laisse pas repartir bredouille. Je lui offre une belle liste d’alternatives (mes collègues à qui je réfère) et je m’assure de lui donner le plus de détails possible pour chacune de ces alternatives afin qu’il puisse faire le meilleur choix pour lui.

En agissant ainsi, j’ai eu droit à plusieurs commentaires de reconnaissance de la part de ces personnes qui, souvent, nous appellent parce qu’ils ne savent pas où chercher ou encore parce qu’on est rendu la 5ème personne qu’ils appellent. Je termine toujours l’appel en leur disant qu’ils peuvent me rappeler peu importe les questions par la suite si jamais. De cette façon, même si je n’ai pas pu prendre en charge la demande du client, j’ai tout de même donné le meilleur de moi-même en le soutenant de la meilleure façon qu’il m’était possible de faire dans cette situation.

 

Collaborer et travailler en équipe… la clé selon moi

Je n’ai jamais eu peur de la compétition (lire ici mes collègues orthophonistes) au contraire. Je crois qu’il est important d’entretenir des bons liens avec celle-ci. Il y a d’ailleurs cet adage qui dit que « seul on va plus vite, mais en connexion on va plus loin » (ou quelque chose dans le genre).

Toutefois, par collègues, je n’entends pas forcément seulement mes collègues orthophonistes. J’ai souvent eu à référer des clients en orthopédagogie, en psychologie ou en ergothérapie. Outre les professionnels, j’ai régulièrement collaboré avec des tuteurs, des éducateurs spécialisés et des agents de stimulation du langage. Bref, tous ces acteurs qui peuvent œuvrer autour d’un jeune sont, selon moi, autant d’éléments clé dans son développement que moi en tant qu’orthophoniste, et ce, tout dépendant des défis du jeune et des exigences de son environnement.

Ces derniers sont d’ailleurs, selon moi, une clé qu’on néglige trop souvent pour mettre le professionnel de l’avant. Il est vrai que le professionnel occupe une grande place dans le développement de l’enfant. Cependant, les autres intervenants peuvent jouer un rôle important dans notre la qualité de service qu’on offre en tant qu’orthophoniste. Moi la première, j’adore collaborer avec des agents de stimulation du langage, car leur présence régulière me permet d’espacer les suivis entre mes clients pour pouvoir en accompagner plus. Pendant ce temps, je sais qu’ils sont entre bonnes mains pour leur accompagnement.

C’est notamment ce que recommande l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) dans son rapport sur l’organisation du continuum et de la dispensation des services aux enfants âgés de 2 à 9 ans présentant un trouble développemental du langage publié en octobre 2017. Il suggère que le continuum de services devrait être organisé selon trois niveaux : universel, ciblé et spécialisé. 

Autrement dit, ce rapport suggère exactement la collaboration entre les orthophonistes et d’autres types d’intervenants afin que les premières puissent se concentrer à réaliser leur rôle premier, soit accompagner le plus grand nombre de jeunes présentant des difficultés langagières possibles.

J’ai moi-même basé mon modèle de services sur ce principe en développant les services de stimulation du langage avec Tutorax et en offrant mon mentorat. Mon but en faisant cela est d’amener les orthophonistes à refuser de moins en moins de clients dans leur champ d’expertise et à accompagner un minimum ceux qu’elles ne peuvent prendre en charge.

  

Si vous êtes tannée d’avoir à refuser des clients et que vous vous sentez mal, mais que c’est physiquement impossible d’en voir plus avec votre charge de travail actuelle, n’hésitez pas à me contacter pour voir comment je peux vous aider.

 

 

 

 

Ce que j'aurais aimé savoir en démarrant au privé

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Lorsqu’on sort de l’école, on est préparé à beaucoup de choses en orthophonie, mais une chose à laquelle on est peu préparé, c’est la gestion de la pratique et de la clientèle au privé.

Il est évident que cela serait difficile d’insérer dans le cursus déjà fort rempli des ateliers et cours sur la gestion de la pratique, notamment compte tenu du fait que ce ne sont pas tous les étudiants qui aspirent à travailler au privé et encore moins à démarrer leur pratique dès l’obtention de leur diplôme.

Pour ma part, je faisais partie de cette minorité qui a décidé de se lancer dans le vide, diplôme en poche et de partir ma pratique de zéro.

En bientôt 4 ans, j’ai pu monter une belle liste de « do’s and dont’s » (je cherche encore une traduction appropriée en français) que je vous partage ici en espérant que cela facilitera votre pratique si vous vous lancez dans le magnifique monde du privé.

Ne pas sous-estimer le temps de gestion

On pense souvent à se garder du temps pour la rédaction de nos rapports et la tenue de dossiers, ce qui est très bien. Toutefois, souvent faute de connaissances, on omet de considérer tout le temps que la simple gestion de sa pratique prend.

Par gestion, j’entends ici tout ce qui est de l’ordre de la comptabilité, la tenue de livres, les commandes de matériel, l’entretien des locaux (il faut garder ça propre tsé), la prospection, réseaux sociaux, etc. La liste est longue et vous vous rendrez vite compte qu’en démarrant votre pratique, vous aurez plusieurs chapeaux à porter.

Étant donné que nous sommes formés en orthophonie et non en gestion ou en administration, il arrive souvent qu’on sous-estime l’ampleur de cette tâche. D’autant plus que lorsqu’on commence, on est peu habitué, donc le temps mis sur ces tâches est souvent décuplé.

Pour ma part, depuis le début de ma pratique, je me réserve une journée par semaine où je ne touche pas du tout à mes dossiers clients et où je gère tous ces dossiers administratifs qui viennent avec la pratique au privé.

Voici en rafale une liste de façons d’intégrer le temps de gestion à votre pratique pour ne pas vous sentir débordée ou manquer à une obligation :

  • Prévoir à votre horaire, environ 1 fois par semaine ou aux deux semaines, un moment pour faire votre tenue de livres (noter vos entrées d’argent, consigner vos factures, etc.). Je sais, ce n’est pas la tâche la plus agréable, mais c’est selon moi primordial de connaitre et de comprendre ses chiffres lorsqu’on est travailleur autonome.

  • Créez-vous une « to-do list » d’items spécifiques à la gestion de la clinique. Ainsi, lorsque vous arriverez à ce moment de votre semaine où vous devrez faire cette tâche, vous saurez davantage sur quoi vous concentrer.

  • Déléguez : je sais, ce n’est pas toujours facile à faire au début surtout lorsqu’il y a des frais d’impliqués, mais éventuellement, certaines tâches qui vous pèsent plus et qui vous semblent moins « pertinentes » pourront être déléguées pour vous permettre d’accorder toute votre attention aux tâches de gestion les plus importantes.

  • Lorsque vous vous posez des questions, si elles ne peuvent pas être répondues en-dedans de 2 minutes, notez-les et prévoyez un moment à la fin de votre séance de gestion pour contacter les personnes ressources qui pourront vous éclairer.

 

Élaborer des canevas et des protocoles

Lorsqu’on commence sa pratique, on a souvent peu de clients, ce qui fait en sorte qu’on a plus de temps. C’est exactement à ce moment qu’il convient de monter vos canevas ainsi que vos protocoles pour vous assurer une pratique efficace et adéquate. Si vous ne le faites pas, il sera beaucoup plus difficile de le faire lorsque vous verrez une vingtaine de clients par semaine et vous risquez d’ailleurs de vous y perdre sans protocole.

Évidemment, ces canevas et protocoles seront toujours modifiés en cours de pratique selon les lacunes et les besoins que vous relèverez, mais c’est plus rapide de modifier un document déjà conçu que de partir de zéro, croyez-moi.

Voici en rafale quelques trucs pour préparer vos documents adéquatement :

  • Informez-vous auprès de collègues afin de savoir quels sont leurs documents (formulaires, contrats, etc.). Dans certains cas, elles pourront vous les partager. J’ai d’ailleurs, sur ma boutique en ligne, créé un kit de départ contenant tous les formulaires de base à remplir (une étape de moins à faire pour vous).

  • Listez les documents que vous utilisiez lors de vos stages pour vous rappeler ceux qui seront les plus importants à créer.

  • Listez vos besoins (p.ex. aurez-vous besoin d’utiliser des cas dans le cadre d’une conférence par exemple? Il faudrait alors penser faire signer une autorisation aux parents).

  • Gardez ça simple! Peu importe la quantité d’informations que vous mettez dans vos documents, d’une manière ou d’une autre, vous les réviserez avec le temps (je ne compte plus le nombre de fois où j’ai repassé sur mes documents). D’ailleurs, il n’y a aucun problème à faire signer de nouveau un document à votre client parce que vous l’avez modifié. Il suffira simplement de lui expliquer pour qu’il le signe de façon éclairée.

Le bouche à oreille reste votre meilleure publicité

Souvent, quand on débute, on a le goût de l’afficher en grande et on se demande si la publicité ne serait pas une bonne option. Hormis les réseaux sociaux qui sont, selon moi, une belle façon de faire connaitre votre entreprise, vos services et votre propre personne, j’ai rarement investi dans la publicité classique. Les seules fois où je l’ai fait, je n’y ai que perdu du temps et de l’argent, cela ne m’ayant absolument rien rapporté.  

La meilleure façon de faire grandir votre clientèle reste via le bouche à oreille. Lorsque vous débuterez votre pratique, parlez-en autour de vous tout simplement. Vous pouvez en parler directement à votre entourage, mais également lister des personnes que vous connaissez (de près ou de loin) et qui côtoient vos potentiels clients. N’hésitez pas non plus à faire part de vos besoins à votre entourage (p.ex. si vous cherchez à collaborer avec une orthopédagogue ou un centre de la petite enfance).

Il est cependant important d’être précis lorsque vous parlez de vos services, car, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, encore peu de personnes savent exactement en quoi consiste l’orthophonie. Pour ce faire, je vous suggère de remplir ce document que je vous offre gratuitement afin de mieux préparer votre discours et ainsi d’attirer les clients que vous recherchez, si ce n’est déjà fait.

Est-ce que le saut vers le privé est quelque chose auquel vous avez pensé? Avez-vous fait le saut ou y a-t-il des aspects qui vous font hésiter? J’espère que les éléments mentionnés dans cet article sauront vous éclairer davantage et peut-être même vous avoir donné la petite motivation qui vous manquait pour démarrer votre pratique. Si vous vous questionnez sur le sujet, que vous aimeriez démarrer votre pratique, je vous invite à me contacter pour me faire part de vos besoins. Je peux vous aider à bien démarrer et ainsi à avoir enfin une pratique orthophonique à votre image.

La stimulation du langage... ça mange quoi en hiver?

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Vous en avez peut-être déjà entendu parler. Peut-être même votre enfant en a-t-il déjà reçu sans que vous sachiez qu’il s’agissait de cela. Je parle ici de la stimulation du langage. Étant orthophoniste, c’est une pratique avec laquelle j’ai appris à me familiariser avec le temps et surtout que j’ai toujours trouvée fort pertinente.

Pourtant, ce n’est pas le cas de tous mes collègues et d’un certain sens, je peux les comprendre. Certaines n’ont pas vu la venue des agents de stimulation du langage d’un bon œil, par crainte de voir leurs compétences professionnelles sous-estimées ou diminuées. D’autres aiment bien l’idée, mais ne savent pas trop quand ni comment faire appel à un agent de stimulation du langage.

Alors pour un parent, je comprends fort bien que ça peut être assez flou de distinguer orthophonie de stimulation du langage.

J’ai donc décidé de vous résumer dans cet article comment orthophonie et stimulation du langage se distinguent, mais surtout comment ils se complètent.

Quelle est la différence principale entre les deux?

Selon la définition de l’OOAQ, « l’orthophoniste est le professionnel des troubles de la communication qui évalue et traite les personnes aux prises avec des problèmes variés » touchant notamment le langage, la communication, la parole et la voix.

Pour sa part, l’agent de stimulation du langage agit sous la supervision de l’orthophoniste pour réinvestir les stratégies vues en orthophonie dans le milieu de l’enfant dans le but de favoriser le transfert et la généralisation des acquis en matière de langage.

Autrement dit, l’agent de stimulation du langage agit comme exécutant à partir des objectifs ciblés par l’orthophoniste. Seule l’orthophoniste peut évaluer un enfant et émettre une conclusion orthophonique. C’est également elle qui détermine l’orientation à prendre pour un suivi et les objectifs langagiers qui seront à prioriser.

De son côté, l’agent de stimulation du langage s’implique davantage dans le milieu de l’enfant. Son rôle premier est de favoriser la généralisation et l’application des stratégies vues dans le bureau de l’orthophoniste. Il va généralement dans le milieu de l’enfant (garderie, domicile, école) pour appliquer les recommandations de l’orthophoniste.

Quelle certification ont les agents de stimulation du langage par rapport aux orthophonistes ?

Ne peut pas être orthophoniste qui veut. En fait, devenir orthophoniste demande de faire des études universitaires de 2ème cycle. Il faut faire une maîtrise en orthophonie. Une fois le diplôme obtenu, il est possible de pratiquer seulement en payant sa cotisation à son ordre professionnel. Au Québec, il s’agit de l’Ordre des Orthophonistes et Audiologistes du Québec (OOAQ).

En ce qui concerne la stimulation du langage, comme il ne s’agit pas actuellement d’un titre protégé, théoriquement n’importe qui peut en faire. Plusieurs éducateurs spécialisés en font dans leur milieu sans pour autant avoir été spécialement formés par rapport au développement langagier. Cependant, je crois qu’il est important de sensibiliser la population au fait qu’il existe des formations spécifiques dans le domaine. Cela permet d’être plus sélectif dans le choix de l’agent de stimulation du langage avec qui vous collaborerez.

Il existe effectivement un programme collégial reconnu par le ministère de l’éducation (MELS) offert à différents endroits à travers la province de Québec. Ce programme est encore méconnu, mais mériterait selon moi, à l’être davantage, car il est spécifique à l’intervention et au développement du langage. D’ailleurs, plusieurs éducateurs à l’enfance ou éducateurs spécialisés l’ont suivi pour approfondir leurs connaissances en matière de développement du langage.

Ce programme est en fait une attestation d’études collégiales (AEC) s’adressant aux individus détenant un diplôme d’études collégiales ou universitaires dans un domaine psychosocial.

 

Comment les orthophonistes et les agents de stimulation du langage collaborent-ils?

Comme je l’ai mentionné plus haut, le rôle premier de l’agent est d’appliquer les stratégies travaillées par l’orthophoniste dans le milieu de l’enfant afin de favoriser la généralisation des objectifs ciblés.

Cela demande donc de collaborer. L’un ne peut remplacer l’autre à mon avis. Ils sont complémentaires.

Dans certains cas, l’orthophoniste peut faire appel aux services d’un agent de stimulation du langage notamment pour libérer des plages dans son horaire afin d’offrir les services à un plus grand nombre de clients. L’agent peut assurer une fréquence d’interventions permettant ainsi à l’orthophoniste d’espacer un peu ses suivis (sans toutefois cesser de voir le client) selon où l’enfant en est rendu.

Dans les cas où une orthophoniste aurait une liste d’attente, le fait de faire appel à un agent de stimulation du langage représente une belle option pour permettre d’offrir le service au plus grand nombre de jeunes et ainsi répondre à la mission préventive que l’ordre nous suggère.

Plusieurs autres situations sont propices au recours aux services d’un agent de stimulation du langage pour complémenter les services de l’orthophoniste. Il suffit simplement de s’informer et de voir comment est-ce ce que celle-ci pourrait référer à un agent.

 

Quand puis-je faire appel à un agent de stimulation du langage pour mon enfant?

En soit, toutes les situations où l’enfant est suivi en orthophonie sont propices à faire appel à un agent de stimulation du langage. Toutefois, il est important d’en discuter d’abord avec votre orthophoniste. Elle pourra vous informer de la direction qu’elle souhaite prendre pour le suivi et discuter avec vous des meilleures circonstances pour collaborer avec un agent de stimulation du langage.

Il n’est pas toujours évident de trouver par soi-même (qu’on soit parent ou intervenant) un agent de stimulation du langage qui saura répondre à nos besoins et à ceux de notre enfant.

Pour ma part, je collabore avec Tutorax, une entreprise du Québec qui offre des services de stimulation du langage. J’œuvre moi-même au sein de cette entreprise et j’ai pu mettre en place ce service en m’assurant que les agents de stimulation du langage se joignant à notre équipe présentaient les compétences nécessaires. D’ailleurs, nous sommes deux orthophonistes à offrir à notre équipe des ateliers de formation continue afin qu’ils soient bien informés et efficaces dans leurs interventions.

 

Si vous êtes une orthophoniste et aimeriez collaborer avec des agents de stimulation du langage, mais ne savez pas trop comment, n’hésitez pas à m’écrire. Nous pourrons regarder ensemble comment le fait de faire appel à ce service pourra grandement améliorer votre pratique.

Si vous êtes un parent et vous vous demandez si vous pouvez bénéficier des services d’un agent de stimulation du langage, je vous invite à contacter directement Tutorax. Ils pourront alors répondre à toutes vos questions