Ce que j'aurais aimé savoir en démarrant au privé

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Lorsqu’on sort de l’école, on est préparé à beaucoup de choses en orthophonie, mais une chose à laquelle on est peu préparé, c’est la gestion de la pratique et de la clientèle au privé.

Il est évident que cela serait difficile d’insérer dans le cursus déjà fort rempli des ateliers et cours sur la gestion de la pratique, notamment compte tenu du fait que ce ne sont pas tous les étudiants qui aspirent à travailler au privé et encore moins à démarrer leur pratique dès l’obtention de leur diplôme.

Pour ma part, je faisais partie de cette minorité qui a décidé de se lancer dans le vide, diplôme en poche et de partir ma pratique de zéro.

En bientôt 4 ans, j’ai pu monter une belle liste de « do’s and dont’s » (je cherche encore une traduction appropriée en français) que je vous partage ici en espérant que cela facilitera votre pratique si vous vous lancez dans le magnifique monde du privé.

Ne pas sous-estimer le temps de gestion

On pense souvent à se garder du temps pour la rédaction de nos rapports et la tenue de dossiers, ce qui est très bien. Toutefois, souvent faute de connaissances, on omet de considérer tout le temps que la simple gestion de sa pratique prend.

Par gestion, j’entends ici tout ce qui est de l’ordre de la comptabilité, la tenue de livres, les commandes de matériel, l’entretien des locaux (il faut garder ça propre tsé), la prospection, réseaux sociaux, etc. La liste est longue et vous vous rendrez vite compte qu’en démarrant votre pratique, vous aurez plusieurs chapeaux à porter.

Étant donné que nous sommes formés en orthophonie et non en gestion ou en administration, il arrive souvent qu’on sous-estime l’ampleur de cette tâche. D’autant plus que lorsqu’on commence, on est peu habitué, donc le temps mis sur ces tâches est souvent décuplé.

Pour ma part, depuis le début de ma pratique, je me réserve une journée par semaine où je ne touche pas du tout à mes dossiers clients et où je gère tous ces dossiers administratifs qui viennent avec la pratique au privé.

Voici en rafale une liste de façons d’intégrer le temps de gestion à votre pratique pour ne pas vous sentir débordée ou manquer à une obligation :

  • Prévoir à votre horaire, environ 1 fois par semaine ou aux deux semaines, un moment pour faire votre tenue de livres (noter vos entrées d’argent, consigner vos factures, etc.). Je sais, ce n’est pas la tâche la plus agréable, mais c’est selon moi primordial de connaitre et de comprendre ses chiffres lorsqu’on est travailleur autonome.

  • Créez-vous une « to-do list » d’items spécifiques à la gestion de la clinique. Ainsi, lorsque vous arriverez à ce moment de votre semaine où vous devrez faire cette tâche, vous saurez davantage sur quoi vous concentrer.

  • Déléguez : je sais, ce n’est pas toujours facile à faire au début surtout lorsqu’il y a des frais d’impliqués, mais éventuellement, certaines tâches qui vous pèsent plus et qui vous semblent moins « pertinentes » pourront être déléguées pour vous permettre d’accorder toute votre attention aux tâches de gestion les plus importantes.

  • Lorsque vous vous posez des questions, si elles ne peuvent pas être répondues en-dedans de 2 minutes, notez-les et prévoyez un moment à la fin de votre séance de gestion pour contacter les personnes ressources qui pourront vous éclairer.

 

Élaborer des canevas et des protocoles

Lorsqu’on commence sa pratique, on a souvent peu de clients, ce qui fait en sorte qu’on a plus de temps. C’est exactement à ce moment qu’il convient de monter vos canevas ainsi que vos protocoles pour vous assurer une pratique efficace et adéquate. Si vous ne le faites pas, il sera beaucoup plus difficile de le faire lorsque vous verrez une vingtaine de clients par semaine et vous risquez d’ailleurs de vous y perdre sans protocole.

Évidemment, ces canevas et protocoles seront toujours modifiés en cours de pratique selon les lacunes et les besoins que vous relèverez, mais c’est plus rapide de modifier un document déjà conçu que de partir de zéro, croyez-moi.

Voici en rafale quelques trucs pour préparer vos documents adéquatement :

  • Informez-vous auprès de collègues afin de savoir quels sont leurs documents (formulaires, contrats, etc.). Dans certains cas, elles pourront vous les partager. J’ai d’ailleurs, sur ma boutique en ligne, créé un kit de départ contenant tous les formulaires de base à remplir (une étape de moins à faire pour vous).

  • Listez les documents que vous utilisiez lors de vos stages pour vous rappeler ceux qui seront les plus importants à créer.

  • Listez vos besoins (p.ex. aurez-vous besoin d’utiliser des cas dans le cadre d’une conférence par exemple? Il faudrait alors penser faire signer une autorisation aux parents).

  • Gardez ça simple! Peu importe la quantité d’informations que vous mettez dans vos documents, d’une manière ou d’une autre, vous les réviserez avec le temps (je ne compte plus le nombre de fois où j’ai repassé sur mes documents). D’ailleurs, il n’y a aucun problème à faire signer de nouveau un document à votre client parce que vous l’avez modifié. Il suffira simplement de lui expliquer pour qu’il le signe de façon éclairée.

Le bouche à oreille reste votre meilleure publicité

Souvent, quand on débute, on a le goût de l’afficher en grande et on se demande si la publicité ne serait pas une bonne option. Hormis les réseaux sociaux qui sont, selon moi, une belle façon de faire connaitre votre entreprise, vos services et votre propre personne, j’ai rarement investi dans la publicité classique. Les seules fois où je l’ai fait, je n’y ai que perdu du temps et de l’argent, cela ne m’ayant absolument rien rapporté.  

La meilleure façon de faire grandir votre clientèle reste via le bouche à oreille. Lorsque vous débuterez votre pratique, parlez-en autour de vous tout simplement. Vous pouvez en parler directement à votre entourage, mais également lister des personnes que vous connaissez (de près ou de loin) et qui côtoient vos potentiels clients. N’hésitez pas non plus à faire part de vos besoins à votre entourage (p.ex. si vous cherchez à collaborer avec une orthopédagogue ou un centre de la petite enfance).

Il est cependant important d’être précis lorsque vous parlez de vos services, car, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, encore peu de personnes savent exactement en quoi consiste l’orthophonie. Pour ce faire, je vous suggère de remplir ce document que je vous offre gratuitement afin de mieux préparer votre discours et ainsi d’attirer les clients que vous recherchez, si ce n’est déjà fait.

Est-ce que le saut vers le privé est quelque chose auquel vous avez pensé? Avez-vous fait le saut ou y a-t-il des aspects qui vous font hésiter? J’espère que les éléments mentionnés dans cet article sauront vous éclairer davantage et peut-être même vous avoir donné la petite motivation qui vous manquait pour démarrer votre pratique. Si vous vous questionnez sur le sujet, que vous aimeriez démarrer votre pratique, je vous invite à me contacter pour me faire part de vos besoins. Je peux vous aider à bien démarrer et ainsi à avoir enfin une pratique orthophonique à votre image.

La stimulation du langage... ça mange quoi en hiver?

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Vous en avez peut-être déjà entendu parler. Peut-être même votre enfant en a-t-il déjà reçu sans que vous sachiez qu’il s’agissait de cela. Je parle ici de la stimulation du langage. Étant orthophoniste, c’est une pratique avec laquelle j’ai appris à me familiariser avec le temps et surtout que j’ai toujours trouvée fort pertinente.

Pourtant, ce n’est pas le cas de tous mes collègues et d’un certain sens, je peux les comprendre. Certaines n’ont pas vu la venue des agents de stimulation du langage d’un bon œil, par crainte de voir leurs compétences professionnelles sous-estimées ou diminuées. D’autres aiment bien l’idée, mais ne savent pas trop quand ni comment faire appel à un agent de stimulation du langage.

Alors pour un parent, je comprends fort bien que ça peut être assez flou de distinguer orthophonie de stimulation du langage.

J’ai donc décidé de vous résumer dans cet article comment orthophonie et stimulation du langage se distinguent, mais surtout comment ils se complètent.

Quelle est la différence principale entre les deux?

Selon la définition de l’OOAQ, « l’orthophoniste est le professionnel des troubles de la communication qui évalue et traite les personnes aux prises avec des problèmes variés » touchant notamment le langage, la communication, la parole et la voix.

Pour sa part, l’agent de stimulation du langage agit sous la supervision de l’orthophoniste pour réinvestir les stratégies vues en orthophonie dans le milieu de l’enfant dans le but de favoriser le transfert et la généralisation des acquis en matière de langage.

Autrement dit, l’agent de stimulation du langage agit comme exécutant à partir des objectifs ciblés par l’orthophoniste. Seule l’orthophoniste peut évaluer un enfant et émettre une conclusion orthophonique. C’est également elle qui détermine l’orientation à prendre pour un suivi et les objectifs langagiers qui seront à prioriser.

De son côté, l’agent de stimulation du langage s’implique davantage dans le milieu de l’enfant. Son rôle premier est de favoriser la généralisation et l’application des stratégies vues dans le bureau de l’orthophoniste. Il va généralement dans le milieu de l’enfant (garderie, domicile, école) pour appliquer les recommandations de l’orthophoniste.

Quelle certification ont les agents de stimulation du langage par rapport aux orthophonistes ?

Ne peut pas être orthophoniste qui veut. En fait, devenir orthophoniste demande de faire des études universitaires de 2ème cycle. Il faut faire une maîtrise en orthophonie. Une fois le diplôme obtenu, il est possible de pratiquer seulement en payant sa cotisation à son ordre professionnel. Au Québec, il s’agit de l’Ordre des Orthophonistes et Audiologistes du Québec (OOAQ).

En ce qui concerne la stimulation du langage, comme il ne s’agit pas actuellement d’un titre protégé, théoriquement n’importe qui peut en faire. Plusieurs éducateurs spécialisés en font dans leur milieu sans pour autant avoir été spécialement formés par rapport au développement langagier. Cependant, je crois qu’il est important de sensibiliser la population au fait qu’il existe des formations spécifiques dans le domaine. Cela permet d’être plus sélectif dans le choix de l’agent de stimulation du langage avec qui vous collaborerez.

Il existe effectivement un programme collégial reconnu par le ministère de l’éducation (MELS) offert à différents endroits à travers la province de Québec. Ce programme est encore méconnu, mais mériterait selon moi, à l’être davantage, car il est spécifique à l’intervention et au développement du langage. D’ailleurs, plusieurs éducateurs à l’enfance ou éducateurs spécialisés l’ont suivi pour approfondir leurs connaissances en matière de développement du langage.

Ce programme est en fait une attestation d’études collégiales (AEC) s’adressant aux individus détenant un diplôme d’études collégiales ou universitaires dans un domaine psychosocial.

 

Comment les orthophonistes et les agents de stimulation du langage collaborent-ils?

Comme je l’ai mentionné plus haut, le rôle premier de l’agent est d’appliquer les stratégies travaillées par l’orthophoniste dans le milieu de l’enfant afin de favoriser la généralisation des objectifs ciblés.

Cela demande donc de collaborer. L’un ne peut remplacer l’autre à mon avis. Ils sont complémentaires.

Dans certains cas, l’orthophoniste peut faire appel aux services d’un agent de stimulation du langage notamment pour libérer des plages dans son horaire afin d’offrir les services à un plus grand nombre de clients. L’agent peut assurer une fréquence d’interventions permettant ainsi à l’orthophoniste d’espacer un peu ses suivis (sans toutefois cesser de voir le client) selon où l’enfant en est rendu.

Dans les cas où une orthophoniste aurait une liste d’attente, le fait de faire appel à un agent de stimulation du langage représente une belle option pour permettre d’offrir le service au plus grand nombre de jeunes et ainsi répondre à la mission préventive que l’ordre nous suggère.

Plusieurs autres situations sont propices au recours aux services d’un agent de stimulation du langage pour complémenter les services de l’orthophoniste. Il suffit simplement de s’informer et de voir comment est-ce ce que celle-ci pourrait référer à un agent.

 

Quand puis-je faire appel à un agent de stimulation du langage pour mon enfant?

En soit, toutes les situations où l’enfant est suivi en orthophonie sont propices à faire appel à un agent de stimulation du langage. Toutefois, il est important d’en discuter d’abord avec votre orthophoniste. Elle pourra vous informer de la direction qu’elle souhaite prendre pour le suivi et discuter avec vous des meilleures circonstances pour collaborer avec un agent de stimulation du langage.

Il n’est pas toujours évident de trouver par soi-même (qu’on soit parent ou intervenant) un agent de stimulation du langage qui saura répondre à nos besoins et à ceux de notre enfant.

Pour ma part, je collabore avec Tutorax, une entreprise du Québec qui offre des services de stimulation du langage. J’œuvre moi-même au sein de cette entreprise et j’ai pu mettre en place ce service en m’assurant que les agents de stimulation du langage se joignant à notre équipe présentaient les compétences nécessaires. D’ailleurs, nous sommes deux orthophonistes à offrir à notre équipe des ateliers de formation continue afin qu’ils soient bien informés et efficaces dans leurs interventions.

 

Si vous êtes une orthophoniste et aimeriez collaborer avec des agents de stimulation du langage, mais ne savez pas trop comment, n’hésitez pas à m’écrire. Nous pourrons regarder ensemble comment le fait de faire appel à ce service pourra grandement améliorer votre pratique.

Si vous êtes un parent et vous vous demandez si vous pouvez bénéficier des services d’un agent de stimulation du langage, je vous invite à contacter directement Tutorax. Ils pourront alors répondre à toutes vos questions

Mes meilleurs trucs pour une bonne gestion de vos courriels

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Je ne sais pas si je m’avance trop en disant cela, mais j’ai parfois l’impression que les courriels sont rendus le principal moyen de communication lorsqu’il est question d’échanger avec quelqu’un notamment sur le plan professionnel.

Pour ma part, je préfère de loin les courriels aux appels téléphoniques, car je peux y répondre quand j’ai le temps et cela me permet de garder une trace écrite si jamais j’ai besoin de retrouver des informations importantes. 

Toutefois, la gestion des courriels peut rapidement prendre une ampleur démesurée dans la gestion de la pratique clinique et couper du temps précieux pour d’autres tâches. Certaines de mes collègues m’ont déjà rapporté procastiner par rapport au classement de leurs courriels et aux réponses à envoyer parce qu’elles étaient tout simplement paralysées devant la charge que cela représentait.

C’est vrai que, si on laisse notre boite de courriels dégénérer, cela peu devenir un vrai casse-tête et affecter l’efficacité de nos services auprès de nos clients.

J’ai donc décidé de vous lister ici mes trucs pour une boite de courriels bien ordonnée et aussi pour vous assurer de faire vos suivis clients rapidement sans que cela ne vous prenne tout votre temps.

Faire des suivis réguliers

En tant que professionnel, il est important d’être disponible pour nos clients. Avec la vitesse des technologies et des communications, les gens s’attendent généralement à recevoir une réponse dans la journée lorsqu’ils communiquent avec vous.

Pour ma part, je vais voir mes courriels à tous les jours à raison de 3 ou 4 fois par jour. Cependant, je ne réponds qu’une ou deux fois par jour selon mon horaire.

Lorsque je vais voir mes courriels, c’est généralement pour les classer afin de garder ma boite de réception épurée et d’avoir une bonne vue d’ensemble de ce que j’aurai à faire (répondre, lire, faire un suivi, classer dans un dossier, etc.).

Ainsi, il se peut qu’un courriel envoyé à 17h une journée ne soit répondu qu’en fin de journée le lendemain. C’est pourquoi, dans ma signature courriel, j’ai ajouté une notice sous ma signature où je dis que je retourne mes courriels dans un délai de 24 heures, et ce, du lundi au vendredi.

Cela me permet donc de déculpabiliser si je n’ai pas répondu rapidement à un courriel. De plus, lorsque les gens reçoivent mes réponses ou mes courriels, ils savent à quoi s’attendre et ne sont pas portés à me relancer lorsqu’ils n’ont pas eu de réponse dans l’heure qui suit.

Cela me permet également de prendre le temps de bien préparer mes réponses pour ne pas avoir à répondre à la va vite et faire des erreurs, ce qui affecterait ma crédibilité en tant que professionnelle.

Classer ses courriels

Lorsque je fais un tour dans ma boite de réception, je suis 2 règles très importantes :

  1. Si je peux trouver la réponse et y répondre en moins de 2 minutes, je le fais à l’instant. C’est le cas principalement lorsque je confirme réception d’un document par exemple ou encore que je confirme un rendez-vous.

  2. Si je ne peux pas y répondre en moins de 2 minutes, alors je le classe pour y revenir à un moment où j’aurai le temps de traiter le courriel. C’est le cas de la majorité de mes courriels, notamment quand les parents me demandent une question qui demande réflexion ou me demandent d’envoyer des documents que je dois aller récupérer ou encore remplir.

Lorsque j’applique cette règle, je classe mes courriels selon quatre grandes catégories :  

  • À lire : J’y mets tous les courriels où je n’ai pas forcément à répondre, mais que je veux lire. C’est principalement la catégorie où je mets les infolettres auxquelles je suis abonnée et que j’aime lire. D’ailleurs, les infolettres représentent pour moi un excellent moyen de rester informée par rapport à ma profession, et ce, rapidement et facilement. J’en ai déjà parlé dans un autre article si ça vous intéresse. Cette catégorie peut également servir pour classer un article qu’une collègue m’a envoyé et que je veux lire éventuellement.

  • À classer : J’y mets les courriels contenant des pièces jointes ou des informations que je devrai colliger aux dossiers de mes clients. Généralement, cela me prend plus de 2 minutes, car je dois prendre connaissance des informations envoyées pour les traiter et ensuite les mettre au dossier. J’y reviens donc plus tard lorsque je suis dans ma tenue de dossiers.

  • À suivre : Dans cette catégorie, je classe principalement les courriels qui sont en attente. Ça peut être par exemple des informations de confirmation par rapport à une commande de matériel que j’ai passée ou encore par rapport à une formation à laquelle je me suis inscrite. Lorsque le matériel est reçu ou que ma formation est passée, je supprime ces courriels ou les classes dans mes factures.

  • À répondre : Dans cette section, j’y mets tous les courriels auxquels je dois répondre, mais qui me demandent un temps d’élaboration et de rédaction. Ce sont souvent les longs courriels où je dois expliquer une notion à un parent relativement à une question qu’il a eue par rapport à son enfant. J’y mets aussi les courriels de collaborations avec d’autres entreprises où il y a souvent plusieurs détails à discuter et qui demandent réflexion avant de répondre.

Gérer ses courriels

Généralement, je réponds à mes courriels environ 2 fois par jour, soit le matin et le soir ou le midi et le soir selon mon horaire de la journée. Ces plages horaires sont déjà inscrites à mon agenda, ce qui fait en sorte que je m’y conforme religieusement.

Comme je classe régulièrement mes courriels, lorsque vient le temps de faire des suivis et de répondre à des courriels, je n’ai qu’à aller dans ma catégorie « À classer » pour mettre à jour les dossiers concernés et dans ma catégorie « À répondre » pour faire le suivi par rapport à une question.  

Depuis que je travaille de cette façon, le temps que je passe à gérer et à répondre à mes courriels a diminué drastiquement à mon plus grand bonheur. Également, le fait de toujours avoir une boîte de courriels vide (ou presque) fait en sorte que c’est plus facile pour moi de classer mes courriels régulièrement et de conserver cette bonne habitude. Ça fait vraiment un bien fou de voir une boite de réception vide, je vous le jure.

 

Petite mise en garde toutefois! Il ne suffit pas de classer vos courriels dans des catégories. Il est également important de prévoir des blocs de temps à votre horaire pour faire le tri dans ces courriels que vous avez préalablement classés. Autrement, vous n’aurez que transposé votre problème de votre boite de réception à d’autres boites…

Comment je me tiens à jour dans mon domaine grâce à Internet

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En tant qu’orthophoniste (et c’est sûrement le cas de plusieurs autres professionnels), une de mes obligations professionnelles est de me garder informée des nouveautés dans mon domaine pour adapter ma pratique. Si vous êtes vous aussi orthophoniste, vous aurez deviné que je fais allusion ici à la pratique basée sur les évidences scientifiques.

En gros, ça consiste à suivre des formations, à lire des livres spécialisés et à se mettre à jour par rapport aux dernières recherches faites dans le domaine pour appliquer ces connaissances théoriques dans notre pratique.

Pour ma part, c’est quelque chose que j’ADORE faire. Toutefois, trop souvent, je vois ma pile d’articles et de livres à lire s’accumuler et je me dis que je manque « donc ben » de temps pour arriver à faire tout ça. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus chez mes collègues orthophonistes lorsqu’il est question de se garder à jour. Plusieurs disent ne pas en faire assez par manque de temps.

En 2018, mon but était de faire plus de place à cette sphère de ma profession et je dois dire que j’y suis arrivée mieux que je ne l’aurais cru. J’ai donc décidé de vous partager les moyens que j’ai employés pour y arriver sans que cela ne gruge trop de mon temps.

1)   Utiliser les réseaux sociaux

Je crois que les réseaux sociaux suscitent autant de positif que de négatif. On peut y trouver de précieuses informations comme y retrouver du contenu totalement inventé. Il est donc important de valider la pertinence des informations qu’on y retrouve.

Pour ma part, j’aime beaucoup utiliser Facebook afin de me garder à jour rapidement et facilement. Comme je consulte déjà régulièrement cette application, il était assez simple pour moi d’intégrer la « veille scientifique » à ma routine.

Pour le faire, je vous suggère de cibler des pages Facebook appartenant à des organismes reconnus et officiels : l’OOAQ , l’OAC , l’ASHA, l’AQOA (pour ne nommer que ceux-là). Ils partagent régulièrement des ressources fort intéressantes, des formations à venir ou encore des articles scientifiques reliés directement à l’orthophonie.

Afin de vous assurer de ne rien manquer, je vous suggère, lorsque vous allez « aimer » des pages qui vous intéressent, de cocher que vous voulez voir les publications de cette page apparaître en premier. C’est ce que j’ai fait pour les publications de l’ASHA que je trouve fort pertinentes.

Évidemment, il existe plusieurs autres pages où on partage des résumés d’articles scientifiques. Je pense notamment à The Informed SLP, Tout cuit dans le bec, Smart Speech Therapy LLC, etc.

LinkedIn est aussi un autre excellent moyen de vous garder à jour, mais différemment. En fait, grâce à LinkedIn, vous avez accès directement à des informations partagées par vos collègues (que ce soit des partages d’articles ou encore des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés). Toutefois, je vous suggère d’être vigilant dans vos lectures. Si vous lisez quelque chose qui vous fait douter ou pour lequel vous vous questionnez, n’hésitez pas à vous référer aux sites de référence ou à vos collègues pour valider la véracité des informations. Néanmoins, LinkedIn étant un réseau de professionnels, il m’est rarement arrivé de lire des textes qui faisaient peu de sens. J’y ai beaucoup plus souvent trouvé des informations fort intéressantes et pertinentes.

Bref, le fait de suivre les réseaux sociaux constitue un excellent moyen de vous garder rapidement informé tout en ciblant spécifiquement les sujets qui vous intéressent. Il vous suffit simplement de faire un petit détour (détour qui devient non nécessaire si vous modifiez vos réglages) lors de votre veille régulière sur vos réseaux sociaux.

2)   Recevoir l’information via infolettre

L’infolettre (quand elle ne sert pas d’objet promotionnel à outrance) est un outil SUPER intéressant qui vous permet de recevoir, de façon passive, une foule d’informations en lien avec les champs de pratique qui vous intéressent. Pour ma part, je suis abonnée à plusieurs infolettres. Certaines concernent les évidences scientifiques (comme The Informed SLP qui m’informe des mises à jour scientifiques à chaque mois) alors que d’autres concernent des ressources (comme Teachers pay Teachers qui me partage des activités à découvrir. D’autres encore concerne davantage la pratique orthophonique (comme SLP Now).

Il y en a vraiment pour tous les goûts. Cette année, je me suis abonnée à plusieurs nouvelles infolettres! Il faut cependant rester prudent avec cette pratique, car on peut rapidement devenir submergé d’infolettres et perdre les messages importants dans notre boite courriels.

Certaines personnes créent donc une adresse dédiée spécifiquement aux infolettres afin que tout s’y retrouve. Personnellement, je n’aimais pas l’idée, et ce, pour deux raisons. Premièrement, les infolettres pertinentes et intéressantes se retrouvent plus souvent qu’autrement parmi les infolettres jugées comme des spam et on n’y prête pas attention. Deuxièmement, cela demande une étape supplémentaire dans nos journées déjà bien chargées et il faut aller consulter régulièrement cette adresse.

Pour ma part, j’ai créé un dossier « À lire » dans ma boite courriel. Ainsi, à chaque fois qu’une infolettre pertinente aboutit dans ma boite de réception, je la déplace automatiquement dans ce dossier. Je le consulte environ 1 fois/semaine selon mon horaire de la semaine.

Ce que j’aime particulièrement des infolettres, c’est qu’elles vous permettent notamment de découvrir une foule de ressources en ligne sans avoir vous-même à faire les recherches. Vous n’avez qu’à cliquer sur les liens présentés et déjà vous pouvez juger de la pertinence de la ressource.

3)   Écouter des podcasts

Déjà forts populaires aux États-Unis, les podcasts (ou balados) ont de plus en plus la cote au Québec. Même si je connaissais un peu les podcasts, je dois avouer que je les ai apprivoisés et exploités davantage seulement en 2018.

Il suffit de taper « speech therapy » ou « education » (tout dépend ce que vous aimeriez écouter) dans la barre de recherche de votre application « Balado » sur votre téléphone intelligent et vous y trouverez une foule de suggestions. Certains présentent des centaines d’épisodes.

Personnellement, j’aime m’abonner aux podcasts qui concernent l’éducation et le développement en général, car ils me permettent de découvrir une foule de nouvelles ressources et même des podcasts plus spécialisés. C’est d’ailleurs grâce aux podcasts que j’ai trouvé plusieurs livres intéressants à me procurer. 

La plupart des podcasts en lien avec l’orthophonie ou l’éducation sont enregistrés sous la forme d’entrevues avec des spécialistes dans un domaine, ce qui fait en sorte que vous pouvez choisir directement les titres qui vous interpellent le plus. Il ne s’agit pas forcément d’une suite.  

Ce qui est particulièrement utile du podcast VS les deux options précédentes, c’est que vous pouvez l’écouter pratiquement n’importe où : dans votre voiture, en faisant le ménage, en cuisinant, etc. Vous n’avez donc plus d’excuses pour vous garder à jour.

Seul petit hic, les podcasts les plus intéressants à ce jour étant principalement en anglais, cela requiert un certain niveau de connaissance de cette langue pour en tirer un maximum d’informations. Si vous souhaitez connaître mes coups de cœur, j’ai fait une vidéo à ce sujet sur ma chaîne.

Évidemment, les moyens que je vous ai présentés ci-dessus demandent tous du temps pour traiter l’information et il faut pouvoir les intégrer à son horaire. Malgré tout, le simple fait de ne pas avoir à chercher par vous-même l’information et d’avoir une banque de ressources à portée de main est un avantage en soi.

Pour ma part, je prévois toujours une heure dans ma semaine pour mettre à jour mon dossier « À Lire ». Je n’ai donc qu’à m’asseoir confortablement devant mon ordinateur avec un bon thé et à défiler les infolettres pour faire une foule de belles découvertes. Quand je suis en voiture, je mets minimum 25 minutes pour me rendre au travail alors environ une fois par semaine, j’en profite pour écouter un podcast de mon choix. Finalement, quand je vais sur FB et que je vois, dans mon fil d’actualité, des articles intéressants que les pages que je suis ont partagées, je les enregistre dans mon application Pocket et j’en lis un de mon choix 3 soirs par semaine (soit environ 10-15 minutes) avant de me coucher.

Quand on comptabilise tout ça, environ 3 hrs/semaine, je remplis mon devoir de me garder à jour. À la fin de l’année, ça fait une belle banque d’heures de nouvelles connaissances et tout cela s’est fait presque sans effort.

Mon opinion d'orthophoniste sur les mots étiquettes

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Ah les fameux mots étiquettes! Quel parent n’a pas été découragé devant cette « nouvelle » façon d’apprendre les mots d’orthographe… Plusieurs enseignants se sont d’ailleurs questionnés sur cette façon d’enseigner les mots de vocabulaire depuis la mise en place de la réforme.

Et même si la réforme date déjà d’il y a quelques années, les débats sur les changements pédagogiques sont encore d’actualité. Les mots étiquettes n’en font pas exception…

Travaillant auprès de la clientèle d’âge scolaire présentant des difficultés notamment sur le plan du langage écrit, j’ai moi-même eu à me questionner quant à l’apprentissage de l’orthographe par mots étiquettes. Le fait de connaitre les principes sous-jacents à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture m’aide à mieux comprendre le raisonnement derrière la mise en place des mots étiquettes.

Toutefois, je dois dire que certains aspects me titillent un peu en tant qu’orthophoniste. Je vous partage donc mon opinion sur les mots étiquettes et surtout quelques trucs pour optimiser l’apprentissage des mots de vocabulaire sans avoir à refaire le programme pédagogique du Ministère de l’Éducation.

Pourquoi est-ce qu’on utilise les mots étiquettes?

Selon les explications que j’ai trouvées en faisant mes recherches, les mots étiquettes à apprendre sont choisis de façon à ce que les enfants se familiarisent, au courant de la première année, à l’orthographe d’environ 80% des mots lus dans la littérature jeunesse.

Autrement dit, les mots étiquettes représentent des mots auxquels les jeunes sont fréquemment exposés. Ainsi, en lui permettant de les apprendre, c’est lui donner la chance de lire plus facilement. En effet, quand le temps de lire arrivera, le jeune pourra reconnaitre (plus) facilement ces mots, ce qui augmentera sa vitesse et son aisance en lecture, donc son intérêt pour la lecture.

Toutefois, comme il est important de ne pas deviner les mots et de pouvoir les décoder, les enfants apprennent également à lire par décodage syllabique (lire une syllabe à la fois). Les mots étiquettes sont donc pensés pour pouvoir être décodés et lus par syllabe.

Quand on s’attarde sur les processus d’apprentissage de la lecture chez les jeunes, ces explications font un certain sens. En effet, lorsqu’un enfant apprend à lire, il procède d’abord par décodage. Il lit les mots son par son, syllabe par syllabe et en construisant le mot, il finit par en reconnaitre la forme globale. Chaque essai de décodage réussi d’un nouveau mot permet d’acquérir des connaissances orthographiques spécifiques à ce mot pour en faciliter la reconnaissance par la suite. L’apprentissage de la lecture repose donc sur les sons (la forme orale du mot) pour progressivement laisser place à l’élaboration d’un lexique orthographique (une sorte de dictionnaire de l’orthographe correct des mots). Il s’agit de la théorie d’auto-apprentissage.

Le problème des mots étiquettes

Maintenant que je vous ai résumé comment fonctionne l’apprentissage de la lecture et comment on retient l’orthographe correct d’un mot (en considérant les nombreuses irrégularités de la langue française), vous réaliserez que le problème des mots étiquettes ne réside pas dans le concept en soi, mais dans la façon dont on les utilise.

En effet, trop souvent, les jeunes doivent simplement apprendre par cœur l’orthographe du mot. Il n’y a donc pas d’intégration faite en lien avec la théorie d’auto-apprentissage qui est (actuellement) le principe à la base de l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe. Ainsi, c’est comme si chaque nouveau mot devait être appris par cœur plutôt que de réutiliser des concepts d’apprentissage qui permettent un apprentissage et une rétention plus efficace pour les jeunes.

L’autre aspect que j’aime moins par rapport aux mots étiquettes concerne encore une fois la façon dont ils sont présentés. La langue française présentant plusieurs particularités, plusieurs spécialistes de l’éducation ont mentionné qu’il serait plus pertinent de présenter les mots étiquettes suivant des règles orthographiques plutôt que des thèmes. Bon c’est vrai que d’un point de vue sémantique, cela fait du sens de regrouper les mots par catégories et c’est pertinent pour enrichir le vocabulaire.

Il est vrai que c’est amusant d’apprendre des mots comme cœur et amour lorsqu’arrive la Saint-Valentin, mais ces mots (comme bien d’autres) ne présentent pas le même niveau de difficulté en termes d’orthographe.

En présentant les mots par régularités orthographiques, on s’assure de respecter une certaine séquence dans l’apprentissage de l’orthographe et également de regrouper les mots par règles, ce qui peut favoriser la rétention des particularités orthographiques.

Comment utiliser les mots étiquettes ?

Comme on ne peut refaire le programme éducatif au complet pour de simples mots étiquettes, j’ai pensé vous proposer ici quelques façons de modifier l’apprentissage des mots étiquettes. Avec ces trucs, vous respecterez davantage la théorie de l’auto-apprentissage, mais également les règles orthographiques pour favoriser une meilleure intégration de l’orthographe.

1)   Découper les nouveaux mots en syllabes et en sons

Lorsque vous pratiquez les mots à apprendre avec votre enfant, avant de lui demander de vous l’épeler par cœur, prenez un moment pour analyser sa forme phonologique. Autrement dit, demandez à votre enfant de vous découper le mot dicté en syllabes, puis en sons.

À ce moment, l’enfant n’a pas besoin d’avoir accès à la forme écrite du mot pour le faire. Justement, c’est souhaitable qu’il ne puisse pas lire le mot pour qu’il fasse d’abord le lien avec la forme phonologique (sonore).

Ensuite, vous pouvez demander à l’enfant de faire les correspondances entre les sons et les lettres, soit de procéder syllabe par syllabe pour vous dire la forme écrite du mot. Ainsi, si l’enfant commet des erreurs, ce sera plus facile et efficace de les réparer. D’ailleurs, vous pourrez corriger plus aisément si jamais votre enfant fait des erreurs en omettant une syllabe ou un son par exemple.

2)   Expliquer les particularités orthographiques et faire des liens avec des règles enseignées

Lorsque votre enfant apprend un mot présentant des particularités orthographiques (p.ex. un M devant un P ou B), il peut être intéressant de lui rappeler lorsqu’il sépare son mot en sons ou en syllabes.

Vous ne lui donnez pas directement la réponse, mais lui rappelez cette règle et limitez le risque d’erreur. Le fait que votre enfant soit exposé plusieurs fois à la forme correcte du mot (sans erreur) favorise une meilleure rétention.

Éventuellement, vous pourrez lui demander, une fois qu’il a syllabé puis séparé le mot en sons, s’il peut vous mentionner la règle orthographique qui s’applique pour ce mot. Demandez-lui cela AVANT que votre enfant n’épelle ou n’écrive le mot.

3)   Créer un dictionnaire des exceptions

Parce que le français est une magnifique langue dans toute sa complexité, il existe des mots pour lesquels on ne peut vraiment appliquer de règles ou pour lesquels les règles sont peu fréquentes. C’est notamment le cas pour les petits mots fonction qui sont présentés au début de l’apprentissage de la lecture (p.ex. mais, à, et), mais qui doivent être appris par cœur d’une certaine façon. Dans ces moments, je suggère de remplir le dictionnaire des exceptions.

Le principe est fort simple : il suffit de choisir un duo-tang dans lequel on insère des séparateurs avec les lettres de l’alphabet. Quand le jeune doit apprendre un mot dit « irrégulier » (p.ex. toujours, hier) et/ou qu’il a de la difficulté à retenir, on lui demande (après avoir fait les étapes 1 et 2) de l’inscrire dans son dictionnaire des exceptions.

Il peut l’écrire à l’onglet correspondant à la première lettre du mot. Petit conseil : lorsque votre enfant écrit son mot, demandez-lui, une fois le mot écrit correctement, de vous mentionner quelle est la particularité et de la mettre en évidence par exemple en la surlignant ou en l’encerclant en couleur.

Pour savoir comment faire votre dictionnaire des exceptions maison, je vous l’explique juste ici dans cette vidéo.

Et vous les mots étiquettes? Vous aimez ou pas? J’espère que cet article vous aura permis de vous réconcilier un peu avec ceux-ci et surtout de mieux comprendre leur utilité.