Ma passion pour les jeux d'évasion et d'enquête

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Les jeux d’évasion ont la cote au Québec depuis quelques années. J’ai moi-même déjà participé à quelques unes des mises en scène créées par les entreprises qui se dédient à « l’évasion ». Pour ma part, j’ADORE ce genre d’activité où on se laisse facilement prendre au jeu et où le plaisir prend rapidement le dessus. À chaque fois, je me prends toujours pour une version féminine de James Bond ou de Sherlock Holmes. 

Depuis un petit moment déjà, je cherchais un moyen de reproduire ce type de jeu dans mes thérapies. J’y voyais un potentiel assez intéressant de jumeler les habiletés inférentielles et langagières au plaisir de faire une activité stimulante qui représente un défi intéressant. Ce n’est malheureusement pas toujours facile à faire en contexte clinique et encore plus difficile à transposer en téléorthophonie… MAIS, à force de fouiller et d’user de créativité, j’ai réussi à adapter les jeux d’évasion à ma pratique. 

Je vous partage donc ici les jeux que j’utilise et comment je combine ces jeux à mes objectifs d’intervention orthophoniques.

Cat Crimes

Le but de ce jeu de logique est de trouver, à l’aide d’indices, quel chat est le coupable. 

Ce que j’aime : 

  • Il y a différents niveaux de difficulté pour un total de 40 situations possibles (c’est long avant de toutes les réaliser)

  • La planche de jeu ainsi que les pions de chat offrent un support visuel intéressant au jeune.

Comment je l’utilise :

J’aime particulièrement utiliser ce jeu pour travailler la compréhension des consignes longues et complexes. Le jeune doit alors utiliser les stratégies enseignées pour s’assurer qu’il a bien compris : demander de répéter, décortiquer la phrase en parties en me demandant d’arrêter durant ma lecture, demander une précision sur un mot non compris, placer son pion et valider par la suite.

Escape Room 

Il s’agit du jeu parfait pour reproduire une ambiance de jeu d’évasion dans notre local. C’est un jeu tout-en-un comprenant différentes stations que le jeune devra faire pour « s’échapper » du local.

Ce que j’aime : 

  • Le jeu présente plusieurs niveaux

  • Comme chaque station est indépendante, on peut sélectionner celles qu’on veut utiliser seulement selon le temps dont on dispose

Comment je l’utilise :

Pour ma part, il me sert surtout de jeu de renforcement. J’aime le combiner à des exercices d’inférences à la Fort Boyard. Par exemple, il faut résoudre une énigme pour pouvoir ensuite accéder à la station qui mène vers la clé. Je l’utilise également en compréhension de texte que je combine à une mise en situation : le jeune est prisonnier d’une pièce et il doit lire un texte d’abord. Ensuite, chaque question est associée à une station. Cela permet d’alléger la tâche de compréhension de lecture qui est rarement ce que mes jeunes clients préfèrent.

Jeux d’évasion en ligne

Ce site est une véritable mine d’or de jeux d’évasion en ligne gratuits. Ça a été pour moi une super découverte pour travailler avec mes jeunes clients que je vois à distance. Les jeux présentés reproduisent virtuellement les jeux d’évasion réels. 

Ce que j’aime :

  • On a accès à un nombre incroyable de mises en situation et de scènes d’évasion. Il y en a réellement pour tous les goûts!

  • Pour chaque tableau, il est possible de d’abord visionner la vidéo qui présente la solution (je vous conseille d’ailleurs de le faire avant votre rencontre, car certains sont particulièrement difficiles. Cela vous permettra donc d’aider votre jeune client).

Comment je l’utilise :

Travailler à distance a cela d’intéressant que le jeune ne peut utiliser les gestes pour pointer à l’écran et m’indiquer quoi faire. Il doit donc être très précis dans ses explications. J’utilise donc ce jeu pour travailler le discours. Le jeune doit m’expliquer où aller et quoi faire. Comme il y a souvent plusieurs éléments sur l’image, il doit faire preuve de précision, ce qui est loin d’être facile pour plusieurs de mes clients. 

J’aime également utiliser ce jeu pour travailler le discours intérieur et la séquenciation ainsi que la planification : le jeune doit procéder avec stratégie pour relever les indices. Plusieurs de mes clients ont tendance à cliquer de façon impulsive sur l’écran. On travaille donc à s’arrêter et à se questionner avant de poursuivre. 

Les enquêtes de l’inspecteur Lafouine

J’ai toujours adoré les romans policiers et plusieurs de mes clients aiment beaucoup tout ce qui est de l’ordre de l’enquête. On est donc « gâtés » avec les enquêtes de l’inspecteur Lafouine. Il s’agit en fait d’un document accessible gratuitement en ligne où on retrouve plusieurs histoires de meurtres et où il faut trouver le coupable à partir des indices mentionnés dans le texte. 

Ce que j’aime : 

  • Les textes sont écrits pour des jeunes du primaire

  • Ça permet de travailler les habiletés inférentielles et la compréhension de texte autrement tout en présentant un défi intéressant à relever pour les jeunes

Comment je l’utilise :

Ici, j’aime utiliser ces exercices en remplacement des classiques compréhension de texte (ça change le mal de place). On s’en sert principalement pour travailler les inférences et surtout appliquer les stratégies enseignées afin de trouver la bonne réponse. Je ne conseille toutefois pas ce matériel avec un jeune pour qui les inférences sont difficiles. Pour ma part, je l’utilise seulement une fois que mes jeunes maîtrisent bien les stratégies inférentielles enseignées.

Ce ne sont ici que quelques unes des ressources que j’utilise, mais je ne vous cacherai pas que ce sont de loin mes préférées. Si vous souhaitez en apprendre davantage sur mes outils d’intervention ou encore savoir comment vous pourriez adapter l’une des activités mentionnées ci-dessus à votre pratique et à vos clients, il me fera plaisir de vous épauler. 

Checklist des considérations à prendre en démarrant au privé

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Ce n’est pas toutes les orthophonistes qui choisissent d’aller au privé, mais cette option est de plus en plus envisagée notamment en raison des nombreux avantages qui sont de plus en plus mis de l’avant. Toutefois, cela fait parfois peur, car on ne sait jamais vraiment comment bien se préparer lorsqu’on démarre sa propre pratique. Dans mon cas, j’ai eu à modifier plusieurs éléments au fur et à mesure et parfois, j’aurais trouvé bien pratique qu’on m’en ait informé à l’avance… Disons que j’aurais sauvé beaucoup de temps et d’énergie...

Voilà pourquoi j’ai pensé vous dresser une courte liste des éléments importants à considérer lorsqu’on se lance au privé. En espérant que cela vous sauvera de précieuses minutes.

Permis de l’ordre 

Si vous arrivez du secteur public, il est important de mentionner votre pratique au privé à l’ordre, car le paiement de votre cotisation ne sera pas le même. Vous aurez un léger supplément à débourser. Cela est valable même si vous ne travaillez au privé qu’à temps partiel.

Assurance responsabilité civile/assurance médicaments

Lorsqu’on cotise à l’ordre pour avoir notre permis de pratique, on est automatiquement couvert par une assurance professionnelle. Toutefois, nous n’avons ni assurance responsabilité civile ni assurance médicaments. 

L’assurance responsabilité civile vous permet d’être protégé dans le cas où un de vos clients aurait un accident dans votre clinique par exemple. D’ailleurs, si vous faites du domicile, plusieurs écoles demandent une preuve que vous êtes couvert par une assurance responsabilité civile avant de vous autoriser à intervenir dans leur établissement. Je vous suggère donc d’en discuter avec votre courtier pour voir quels sont les plans de couverture possibles pour vous.

Il en est de même pour l’assurance médicaments qu’on est OBLIGÉ d’avoir. Si vous êtes travailleur autonome exclusivement, vous devez prendre celle qui vous est suggérée par l’ordre (votre assureur personnel ne peut vous en obtenir une). Si vous êtes travailleur autonome à temps partiel et complétez votre tâche avec un contrat dans le secteur public, assurez-vous que votre employeur vous fournit une assurance médicaments, ce qui devrait être le cas.

Adresse courriel professionnelle / Numéro de téléphone

Je vous conseille fortement, si ce n’est pas déjà fait, de vous créer une nouvelle adresse courriel distincte de votre adresse courriel personnelle. En effet, même si votre adresse personnelle n’est pas quelque chose du genre « cherrypie20@hotmail.com », vous préférerez que vos messages professionnels soient distincts de vos messages personnels (c’est beaucoup plus facile pour la gestion des courriels, croyez-moi).

Vous n’avez pas besoin de payer pour celle-ci. C’est possible d’en faire une gratuite, mais personnellement, je vous recommande d’investir un petit montant pour en avoir une qui ne se termine pas par « @gmail.com » ou « @hotmail.com ». D’ailleurs, plusieurs hébergeurs de site web offrent la possibilité de payer un petit surplus pour avoir une adresse courriel professionnelle qui se termine par le nom de votre site web sans que ce soit plus compliqué pour vous.

Site web avec informations facilement accessible

Avec les nombreux sites comme Wix ou Weebly, vous n’avez plus d’excuse pour ne pas avoir de site web de base. C’est, selon moi, la moindre des choses de nos jours que d’avoir un site web avec les informations de base. La plupart des clients vont d’abord vous chercher sur Internet. Je ne compte plus le nombre de clients qui me disent avoir trouvé ma clinique par Internet. Une page Facebook ne suffit pas, car il est difficile d’y trouver facilement toutes les informations nécessaires.

Pour ma part, j’ai fait mon site entier sur SquareSpace. J’adore cette plateforme, puisqu’elle est simple d’utilisation, présente plusieurs fonctions et intègre plusieurs options intéressantes sans que vous ayez à tout programmer. Pas besoin d’être un développeur web chevronné pour maîtriser la plateforme et ça vous donne un beau site web professionnel qui ajoutera à votre crédibilité en tant que travailleur autonome.

Paiement par carte de crédit/débit

De nos jours, les gens n’ont pratiquement plus d’argent comptant avec eux, sans parler des chèques… Il est possible de leur demander de vous faire un virement Interac, mais pour l’avoir vécu, on se retrouve souvent à courir après les paiements ou à se perdre dans nos suivis. 

Pour ma part, je préfère les paiements par carte de crédit. Je fonctionne avec l’application Square qui me permet d’envoyer des factures en ligne, de faire payer sur place avec un petit terminal et de faire des suivis automatisés des paiements faits par les clients. De plus, je n’ai aucun frais mensuels. Seulement un pourcentage à payer à chacun des paiements, mais cela est déductible d’impôts. 

Je sais que certaines orthophonistes n’aiment pas savoir qu’elles « perdent » de l’argent en raison des frais associés à l’utilisation des cartes de crédit, mais pour ma part, cela représente un moindre coût quand je pense à tout le temps et à l’énergie que je sauve. D’ailleurs, si vous songez à vous ouvrir un compte Square, je vous invite à passer par mon lien d’affilié qui fait en sorte que vous n’aurez aucun frais sur votre premier 1000 $ de transaction faits à l’intérieur de 180 jours. Ça vaut vraiment la peine, car c’est pratiquement sûr que vous l’obtiendrez.

Prévoir un fond pour les impôts

Ah les impôts! Il ne faut pas les oublier, car eux ne manquent pas de nous attraper dans le détour. Quand on est salarié, on n’a pas vraiment à s’en préoccuper. Toutefois, en tant que travailleur autonome, il faut pouvoir planifier vos impôts. J’ai souvent entendu des gens se faire avoir et réaliser qu’ils doivent plusieurs milliers de dollars à l’impôt, mais n’en ont pas mis de côté pour rembourser le gouvernement. 

Pour ma part, à chaque année, j’estime le taux d’imposition que j’aurai l’année suivante à l’aide d’un calculateur d’impôts et je regarde ça représente environ quelle proportion de mon salaire. Je m’assure ensuite d’en mettre de côté à chaque semaine dans un compte épargne. Je fais ça depuis 2 ans et j’ai eu, à chaque fois, l’agréable surprise d’avoir un bon retour d’impôts (que je remets aussitôt dans mon compte épargne pour l’année d’imposition suivante).

Évidemment, je pourrais m’étendre bien longtemps sur tout ce qu’il y a à considérer quand on travaille au privé, mais je pense que j’en écrirais un livre. D’ailleurs, parlant de livre, je vous recommande de lire le Guide du travailleur autonome 3.1. Vous y trouverez plusieurs informations pertinentes pour votre pratique. 

Et si vous souhaitez un accompagnement personnalisé pour vous guider dans la mise en place de votre pratique, écrivez-moi pour qu’on discute ensemble de vos besoins. Ça me fera plaisir de vous épauler et de vous partager mes meilleurs trucs!


5 raisons pourquoi l'orthophonie est aussi importante au secondaire qu'au préscolaire

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C’est bien connu, nombreux sont les jeunes adolescents qui présentent des difficultés à l’école, et ce, pour différentes raisons. Les difficultés langagières peuvent notamment expliquer les défis que certains de ces jeunes vont rencontrer durant leur parcours académique.

LE problème, selon moi, c’est que les nombreuses études qui se sont concentrées à démontrer l’importance de l’intervention précoce (avec laquelle je suis entièrement en accord en passant) ont fait en sorte que les institutions ont concentré les ressources professionnelles chez les jeunes du préscolaire et du début du primaire. 

Parce que je crois que l’orthophonie est tout aussi pertinente chez les plus vieux, j’ai décidé, avec cet article, et vous présenter les 5 raisons pour lesquelles il est tout aussi important de soutenir adéquatement nos jeunes du secondaire. 

1) Les ados qui présentent des difficultés au secondaire ont souvent déjà un historique de difficultés…

Comme je le dis souvent, ce n’est pas parce qu’un jeune franchit la porte du secondaire qu’il n’a soudainement plus de difficultés scolaires. Toutefois, c’est parfois l’impression que ça donne étant donné le peu de ressources disponibles pour les jeunes du secondaire présentant des difficultés. 

Ils ont reçu du support lors de leur primaire et se retrouvent au secondaire avec peu voire aucune ressource. Cela pose un double défi, soit celui de devoir composer avec des difficultés d’apprentissage ET celui de se retrouver seul, sans aide d’un professionnel pour essayer de s’adapter à l’entrée au secondaire. 

Les jeunes qui présentent un historique de difficultés ont souvent besoin d’un support accru non seulement en lien avec leurs difficultés, mais en général. Au secondaire, on mise sur le développement de l’autonomie, ce qui est légitime puisqu’on les prépare à leur vie d’adulte. C’est toutefois beaucoup, selon moi, que de demander à un jeune qui a toujours été soutenu et épaulé de se prendre en main sans aide du jour au lendemain...

2) Les ados présentant un TDL ont un vocabulaire plus pauvre, ce qui représente un tout un défi pour l’apprentissage des termes techniques présentés dans les différentes matières…

Au secondaire, les jeunes ont plusieurs défis, dont celui d’intégrer de la nouvelle matière qui comprend non seulement plusieurs termes techniques, mais également des tournures de phrases pas toujours évidentes à saisir. 

Ce défi est d’autant plus grand pour les jeunes qui présentent un trouble développemental du langage. Ces élèves ont un vocabulaire plus pauvre, ce qui rend la compréhension de la matière plus difficile. Bien qu’ils aient déjà plusieurs outils pour les aider à mieux comprendre, le fait d’avoir à la fois des mots complexes dans des phrases de structure plus complexe rend le tout ardu. Ils ont donc besoin de support pour décortiquer et illustrer l’information de manière à mieux la comprendre. 

3) Les difficultés sont plus subtiles, mais non moins présentes et importantes…

Lorsqu’il est question de trouble du langage, les gens pensent souvent à l’enfant « typique » de 3-4 ans qui ne parle pas ou qui « prononce mal certains sons ». Toutefois, c’est beaucoup plus large que ça et souvent beaucoup plus subtil. 

C’est le cas des adolescents qui présentent un TDL. Ce n’est pas parce qu’un jeune peut avoir une conversation avec les gens autour de lui et ne présente pas de difficultés sur le plan de la prononciation qu’il n’a pas pour autant de difficultés langagières. 

D’ailleurs, si vous vous demandez si votre ado présente des difficultés langagières, je vous invite à télécharger gratuitement le document que j’ai créé à cet effet.

4) La réussite scolaire se mesure via des tâches qui font appel au langage…

Lorsqu’on est jeune, on apprend à parler, puis en vieillissant, on parle pour apprendre… En effet, l’apprentissage se fait via le langage… oral et écrit : l’enseignant qui explique un concept en classe, des lectures à faire, des discussions entre élèves, etc.

Ainsi, on mesure les apprentissages réalisés par un élève via… le langage. Il ne suffit que de penser aux productions écrites, aux compréhensions de lecture, aux exposés oraux, aux travaux d’équipe, etc. 

Toutes ces modalités d’évaluation se font soit en parlant, en discutant avec d’autres, en lisant ou en écrivant. Autrement dit, toutes requièrent de bonnes aptitudes langagières pour apprendre efficacement.

5) Les difficultés langagières ont un impact sur les relations sociales…

Au secondaire, les pairs occupent une place de plus en plus grande dans les relations sociales. Toutefois, pour un jeune qui présente des difficultés langagières, le simple fait de se faire des amis peut représenter tout un défi. En effet, il peut ne pas arriver à s’intégrer adéquatement dans un groupe parce qu’il ne maitrise pas les principes de la conversation ou encore parce que son niveau langagier n’est pas le même que celui de ses pairs, ce qui peut causer un décalage. 

Ce ne sont ici que les raisons principales, selon moi, pour lesquelles les jeunes ados du secondaire ont tout autant besoin d’orthophonie que ceux du primaire. 

Si vous êtes parent d’un jeune au secondaire et que vous vous posez des questions à savoir si l’orthophonie pourrait être une option intéressante pour votre jeune, n’hésitez pas à me contacter et il me fera plaisir d’en discuter avec vous.

Mes meilleurs trucs pour encourager la lecture chez les 10 ans et plus

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Je me rappelle lors de mes études universitaires, un de mes professeurs avait dit cette phrase qui m’a grandement marquée : « En bas âge, on apprend le langage et en vieillissant, on utilise notre langage pour apprendre. » 

Cette phrase, je me la répète régulièrement dans mes interventions… Lorsqu’on travaille avec les plus vieux c’est particulièrement le cas. Si un jeune présente des difficultés langagières, ses apprentissages sont souvent plus ardus, notamment en raison de la richesse du vocabulaire. 

Une des façons d’être exposé à un vocabulaire plus riche passe par la lecture… Hum ok! Mais combien de mes clients m’ont-ils dit ne pas lire ou ne pas aimer lire parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Ils se retrouvent donc coincés dans un cercle vicieux et à travers mes thérapies, je me suis donné comme mission de leur montrer le pouvoir et l’importance de la lecture pour autre chose que simplement leurs apprentissages scolaires. 

Le problème, c’est qu’on trouve souvent des documents et des initiatives pour favoriser l’éveil à la lecture et susciter l’intérêt pour les livres chez les jeunes enfants d’âge préscolaire. Toutefois, depuis que je travaille spécifiquement avec les plus vieux, j’ai constaté que c’est moins le cas pour les programmes qui permettent de maintenir l’intérêt pour la lecture chez les jeunes de 10 à 20 ans. Ce n’est pourtant pas moins important…

Je vous partage donc mes trucs pour vous aider vous aussi à motiver vos jeunes de 10 ans et plus à lire davantage et, par le fait même, à développer leur vocabulaire.

  1. Comprendre que la lecture c’est important pour encourager la motivation

Plus jeune, on mise surtout sur le lien entre la lecture et le plaisir. Toutefois, lorsque les jeunes arrivent à l’adolescence, s’ils n’ont pas intégré ce lien entre lecture et plaisir, il est plus difficile de leur enseigner. 

Pour ma part, je préfère donc miser sur le rôle fonctionnel de la lecture pour que les jeunes comprennent que, bien que ça puisse être agréable de lire, c’est surtout utile. 

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) définit d’ailleurs la littératie comme « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités ». C’est exactement comment j’aime le voir avec mes clients plus vieux. 

Pour montrer à un jeune que la lecture ce n’est pas juste une « affaire obligatoire à l’école », il peut être intéressant de profiter du web. Voici une courte liste d’exemples où le jeune peut comprendre que la lecture est fort utile dans la vie courante :

  • Si le jeune veut s’acheter quelque chose en ligne avec son argent de poche (surtout quand ça coûte cher), regardez avec lui la description du/des produit/s. Il doit bien comprendre en quoi le produit consiste (surtout s’il veut faire des comparatifs) avant de l’acheter. Je vous suggère de rester près de lui pour l’accompagner, car il est encore en apprentissage. 

  • Si le jeune suit une chaine YouTube en particulier (c’est très populaire chez mes clients adolescents), il peut être intéressant de voir dans la description de l’épisode YouTube s’il y a des liens partagés. Parfois, certains liens mènent vers des sites web. Le fait de le faire permet au jeune de devenir encore plus expert sur le sujet. C’est valorisant de bien comprendre un sujet. Ce n’est pas le cas de tous les YouTubeurs, mais certains ont même écrit des livres. Le fait de lire sur un sujet est une façon de montrer au jeune qu’il peut approfondir encore plus ses connaissances.

  • De la même façon que le point précédent, si vous écoutez un film, particulièrement lorsqu’il porte sur un fait vécu, si le jeune vous pose des questions sur cette histoire, pourquoi pas l’inviter à faire une recherche sur Internet pour en apprendre plus sur le sujet. Wikipédia est d’ailleurs une belle ressource pour approfondir ses connaissances.

    2. Permettre au jeune d’être autonome dans sa lecture

La plupart du temps, les adolescents lisent parce qu’on leur impose des lectures notamment celles de l’école. Pour n’importe qui, c’est toujours moins motivant de faire quelque chose qui nous est imposé que de le faire par choix. Il en est de même pour la lecture. 

Toutefois, c’est un double défi de ne pas imposer un temps de lecture à son enfant, mais de lui laisser la liberté de le faire, surtout s’il n’est pas fan des livres… 

Quand les parents sont ouverts à l’idée, j’aime proposer d’intégrer, dans la semaine, un moment où tout le monde lit. Ça peut être de lire sur sa tablette, de lire des articles de blog, de lire un magazine, de lire un livre de recettes, etc. 

Toutes les lectures sont bonnes, mais je crois qu’une bonne façon de permettre au jeune d’être autonome dans sa lecture alors que l’intérêt est peu présent est de prévoir un moment de lecture en famille. Idéalement, je suggère toujours d’intégrer cette habitude lorsque le jeune est encore au primaire, car lorsqu’il arrive au secondaire, les moments familiaux se font souvent plus rares. 

Il reste important d’intégrer ce genre de moment en en discutant d’abord avec son enfant plutôt que de lui imposer du jour au lendemain sans explication. P.ex. vous pourriez faire une rencontre en famille et discuter du meilleur moment pour que tout le monde prenne un temps lecture. Le jeune se sentira donc plus autonome puisqu’il aura pu proposer lui-même des moments qui lui conviennent et durant la période de lecture, laissez-le choisir ce qu’il lira. 

3. Proposer des lectures associées au niveau du jeune pour nourrir le sentiment de compétence

Une des raisons qui font qu’un jeune n’aime pas lire, c’est parce qu’il ne comprend pas ce qu’il lit. C’est particulièrement le cas pour les lectures associées aux travaux scolaires. Les jeunes qui présentent des difficultés d’apprentissage n’en tirent pas grand plaisir du fait de leurs difficultés, ce qui est totalement compréhensible. 

On a tendance à proposer au jeune des lectures qui sont associées à son âge ou à son niveau scolaire. Elles ne sont toutefois pas forcément appropriées à son niveau langagier. 

Voilà pourquoi il est important de laisser le jeune choisir ce qu’il lira. Même si vous avez parfois l’impression que le jeune choisit une lecture qui semble « non pertinente », sachez que pour lui, cela sera beaucoup plus pertinent que s’il avait choisi une lecture que vous jugez plus pertinente pour ses apprentissages, mais où il comprend difficilement les termes et les tournures de phrases.

Le fait de choisir une lecture appropriée à son niveau, peu importe le type de lecture choisi, est toujours plus pertinent sur le plan des apprentissages pour un jeune qu’une lecture qui semble plus « pertinente et éducative », mais où le jeune doit fournir des efforts supplémentaires qui le décourageront. N’hésitez donc pas à suivre ces intérêts.

Ces petits conseils peuvent vous paraître simples et aller de soi en apparence, mais ils font réellement toute la différence. Mon but avec cet article n’est pas forcément de faire en sorte que le jeune devienne accro à la lecture, mais il importe surtout d’avoir en tête que le but premier lorsqu’il est question d’entretenir le plaisir de la lecture chez les jeunes de 10 ans et plus est en lien avec l’autodétermination. LA chose à faire rendu à cet âge est de montrer à nos jeunes que la lecture n’est pas une obligation damnante qui ne sert à rien, mais qu’elle nous sert dans toutes les sphères de notre vie. 



Se spécialiser dans son domaine... que du bon

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Si vous êtes abonné à mon infolettre, peut-être avez-vous déjà en main ma gratuité qui est un document ainsi qu’une série de courriels vous permettant de trouver votre spécialité en tant qu’orthophoniste (ou autre professionnel) et de la mettre de l’avant. 

(Si ce n’est pas fait, je vous invite à vous la procurer et bénéficier de mes meilleurs conseils). 

En ce qui me concerne, je suis de l’école de pensée qu’il vaut mieux se spécialiser, car cela est beaucoup plus payant à long terme autant en temps qu’en argent. 

S’adresser à tout le monde, c’est s’adresser à personne…

Il y a un principe de base en marketing qui stipule que lorsqu’on cherche à rejoindre tout le monde avec nos services et nos produits, on ne rejoint personne. Cela fait beaucoup de sens, car chaque individu étant unique par rapport à ses valeurs et à ses besoins, il est impossible de « plaire à tout le monde ». 

C’est la même chose lorsqu’on lance sa pratique privée. Plusieurs croient à tort qu’en s’adressant à tout le monde ils auront plus de clients, et ce, plus rapidement… À court terme c’est peut-être vrai, mais je vous confirme que ça ne durera pas parce que vous ne pourrez offrir un service efficace et de qualité. 

Je vous ai donc préparé une liste de raisons pour lesquelles, si vous désirez faire prospérer votre pratique sans toutefois en devenir l’esclave, il est peu sage d’ouvrir vos services à tous…

Pourquoi vous ne voulez pas démarrer « at large »

1) Les coûts décuplés en matériel et en formations

Si vous vous adressez à plusieurs types de clientèles, vous devrez alors vous procurer une foule de matériel varié. Parce qu’on s’entend que vous n’utiliserez fort probablement pas les mêmes outils d’évaluation et d’intervention pour un coco de 5 ans et un adulte aphasique de 65 ans…

Il vous faudra toutefois vous assurer d’avoir du matériel adapté ET d’être à jour sur le plan des connaissances comme l’exige l’OOAQ pour la protection du public (ce qui va de soi). Ainsi, non seulement vous devrez vous procurer beaucoup trop de batteries d’évaluation dont le coût est généralement assez élevé, mais vous devrez aussi mettre du temps supplémentaire pour adapter votre matériel. En effet, c’est connu, en tant qu’orthophoniste, on aime toutes passer du temps à développer et à peaufiner notre matériel et nos méthodes d’intervention pour être toujours plus professionnelles et efficaces. Le faire pour une ou deux clientèles, ça passe, mais le faire pour plus de 3 clientèles différentes… Ça devient très énergivore croyez-moi. 

À cela, je vous ajoute les coûts de formation que vous devrez prendre régulièrement pour vous garder à jour et toujours offrir le meilleur service possible. Je ne sais pas pour vous, mais moi, déjà avec une seule clientèle, je trouve difficile de choisir parmi toutes les formations offertes afin de respecter mon budget annuel. Je n’imagine donc même pas quand on doit se perfectionner par rapport à plusieurs types de clientèles. 

2) Un horaire difficile à gérer

Avoir plusieurs types de clients implique d’avoir des plages horaires assez disparates. Par exemple, les jeunes d’âge préscolaire sont souvent plus disponibles en avant-midi (avant le dîner et la sieste) alors que les adultes et les jeunes d’âge scolaire sont souvent disponibles en fin de journée et en soirée. 

Quand on voit plusieurs types de clients, ça peut donc faire en sorte que vous vous retrouviez avec un horaire digne d’un jeu de Tétris et que vous passiez le plus clair de vos journées à votre bureau, ce qui coupe beaucoup de temps pour la gestion et l’organisation de votre pratique et vos dossiers (un temps précieux à ne pas négliger dans votre horaire d’ailleurs). 

Je me rappelle que cela m’a déjà moi-même occasionné plusieurs frustrations par le passé, surtout en débutant. Quand on débute notre pratique, on a tendance à dire oui à toutes les demandes de rendez-vous, même si cela déroge de l’horaire qu’on avait établi au départ, car on veut être avenant et remplir notre caseload. Croyez-moi, ce n’est pas long que ça devient malsain et irritant. 

Si vous n’avez qu’un ou deux types de clientèles, déjà, cela vous permettra de réduire la trop grande variation dans les demandes et de mieux respecter votre horaire.


3) Avoir l’impression d’être éparpillée partout et nul part à la fois

Récemment, je lisais une publication d’une collègue orthophoniste sur un groupe Facebook qui demandait comment on faisait pour réduire notre temps de préparation, car cela lui demandait beaucoup trop de temps et d’énergie. 

Ma réponse a été instantanée : « Si tu le peux, restreins tes champs d’intervention pour mieux réutiliser ton matériel ». Quand je faisais de l’intervention à la fois au préscolaire et au scolaire, ce que je trouvais le plus difficile était de « switcher » d’un client à l’autre. J’avais l’impression de devoir recommencer mon processus de préparation à chaque fois et cela me demandait beaucoup d’énergie et de temps. J’étais d’ailleurs beaucoup trop souvent en panne d’inspiration. 

Maintenant que je n’ai que des clients d’âge scolaire, il arrive TRÈS fréquemment que je reprenne la même activité 4 fois dans une journée, mais en l’adaptant de différentes façons. Ainsi, j’ai l’impression de toujours être dans le momentum et d’être inspiré. Je peux rester en mode « scolaire » et cela fait que je suis beaucoup plus focus et efficace dans ma planification.

Les avantages que vous tirerez à vous spécialiser

À lire tout ce que je vous ai écrit ci-dessus, je devine que vous avez déjà déduit plusieurs des avantages qu’il y a à se spécialiser. 

Pour n’en citer que quelques uns :

  • Vous vous distinguerez de la concurrence dans le monde de l’orthophonie. Peut-être deviendrez-vous même une référence dans votre domaine!

  • Vous pourrez répondre de façon plus efficace et avec un plus grand sentiment d’accomplissement à des besoins précis en matière de clientèle spécifique.

  • Vous resterez davantage motivé dans votre pratique, car plusieurs des irritants associés à une clientèle trop diversifiée auront naturellement été écartés.

Si ce que j’ai écrit vous parle, je vous invite tout d’abord à télécharger mon document gratuit où je vous explique plus en détails les nombreux avantages que vous gagnerez à vous spécialiser et la première réflexion à faire pour y arriver. D’ailleurs, si vous l’avez déjà rempli, mais que vous sentez qu’il y a encore des irritants par rapport à votre clientèle, n’hésitez pas à refaire la réflexion. Je la fais moi-même au moins une fois par année, car on évolue toujours.

À la suite de cette réflexion, si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement pour mieux vous positionner dans votre nouvelle spécialisation, je vous invite à faire appel à mes services de mentorat. Ensemble, nous pourrons précisément élaborer un plan de match pour vous amener vers votre pratique de rêve ne comportant que vos clients idéaux!