8 considérations à prendre pour une rencontre à distance efficace

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Pour profiter au maximum d’une thérapie à distance, il est primordial de tenir compte de divers éléments. Si vous n’êtes pas bien organisé, vous risquez de vous fâcher plus souvent qu’autrement lors de la rencontre et de ne pas en profiter pleinement. Alors sans plus tarder, voici à quoi vous devez penser avant votre rencontre virtuelle en orthophonie.

1) Ayez une webcam

La plupart des ordinateurs de table et portables récents sont munis d’une webcam. Toutefois, si ce n’est pas votre cas, il est important de vous en procurer une. Vous pouvez facilement vous la procurer en ligne à un coût abordable ou dans une boutique d’électronique près de chez vous.

Évidemment, ce n’est pas tout d’avoir une webcam. Encore faut-il s’assurer qu’elle fonctionne bien. Je vous suggère donc, avant votre rencontre, de vous connecter d’avance et de faire des tests de caméra pour vous assurer qu’elle fonctionne.

2) N’utilisez pas votre téléphone intelligent

À moins que l’écran de votre téléphone ne soit aussi grand que celui d’un ordinateur, ce dont je doute, passer la rencontre sur votre téléphone intelligent n’est pas ce qu’il y a de plus efficace. Premièrement, vous vous trouverez sûrement dans l’obligation d’avoir à tenir votre téléphone durant toute la rencontre (hello les bras morts après 15 minutes) et de bouger, ce qui ne sera pas très agréable pour l’orthophoniste de l’autre côté de l’écran. 

Aussi, à moins d’avoir des yeux bioniques, vous trouverez pas mal ardu de lire les documents ou de regarder les indications que l’orthophoniste vous partagera avec la fonction de partage d’écran. 

Finalement, bien que les cellulaires sont de plus en plus pratiques et techno, il n’en reste pas moins que l’ordinateur vous permet d’accomplir plus de fonctions encore pour le moment. Je vous suggère donc de privilégier l’ordinateur et en second choix la tablette électronique si celle-ci est relativement grosse. 

3) Le casque d’écoute avec micro : un must!

Je le recommande SURTOUT pour les enfants qui ont de la difficulté à se concentrer. Si l’environnement à la maison est le moindrement bruyant et distrayant, le casque d’écoute est alors un outil indispensable qui permet au jeune d’entrer dans sa bulle. 

De plus, je trouve que ça fait un meilleur son pour le jeune et pour moi aussi. J’aime comparer le fait de mettre ses écouteurs ou son casque d’écoute au fait de fermer la porte de la salle de thérapie pour faire fie des distracteurs externes.

Pas besoin de dépenser une fortune. De simples petits écouteurs à iPod par exemple suffisent (assurez-vous qu’il y a un micro intégré). 

4) Ayez un clavier

Il va de soi que si vous êtes sur un ordinateur, vous aurez un clavier. Par contre, si vous faites la rencontre à partir de votre tablette, cela n’est pas toujours le cas. Le clavier sur l’écran n’est pas optimal pour une rencontre avec l’orthophoniste notamment en raison de la position non ergonomique de celui-ci par rapport à la caméra de l’écran.

Ainsi, si vous utilisez votre tablette, je vous suggère de vous procurer un clavier bluetooth que vous pourrez connecter à celle-ci et qui agira comme un clavier d’ordinateur. Votre écran sera également plus libre puisque le clavier ne sera pas affiché directement sur celle-ci. 

De plus, pour les jeunes qui apprivoisent le clavier d’ordinateur, j’aime qu’ils puissent déjà avoir accès à la sensation des touches pour augmenter leur fluidité de frappe.

5) Vérifiez que vous disposez de suffisamment de bande passante

La bande passante c’est la quantité de données que l’on consomme lorsqu’on est sur Internet. Que ce soit lorsqu’on écoute une série sur Netflix, des vidéos sur Youtube, lorsqu’on télécharge une pièce jointe d’un courriel ou encore qu’on navigue sur un site web, toutes ces actions requièrent des données. 

Pour ceux qui ont un forfait internet comprenant des données illimitées, une rencontre à distance ne pose pas problème. Par contre, si vous disposez d’un nombre de données précis dans votre forfait internet, il est important de vérifier que vous ne dépasserez pas ce nombre. Autrement, vous vous retrouverez avec des frais supplémentaires qui peuvent être parfois assez exorbitants. Il existe différentes façons de vous assurer que vous n’excédez pas la consommation limite, mais comme ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, je vous suggère de contacter votre fournisseur pour vous assurer que tout est correct. 

Un truc simple pour optimiser la bande passante : pendant votre rencontre en orthophonie, assurez-vous que personne n’utilise Internet en regardant des vidéos en même temps par exemple.

6) Adaptez votre environnement

Ce n’est pas parce que la rencontre se fait à partir de votre maison qu’il faut négliger l’espace où vous vous trouvez. L’environnement joue un rôle important sur la réussite d’un suivi à distance. Assurez-vous d’installer l’enfant dans un endroit calme où il n’y aura pas trop de distracteurs (p.ex. dans le bureau). Installez-le confortablement pour qu’il puisse bien voir à l’écran et avoir accès au clavier et à la souris de l’ordinateur.

Dans certains cas, il n’est pas possible de laisser le jeune sans surveillance durant la rencontre. Les parents l’installeront donc à la table de la cuisine par exemple. Si vous choisissez cette option, assurez-vous de ne pas faire trop de bruit à l’arrière et que les frères et soeurs sont dans une autre pièce. C’est dérangeant à la fois pour l’enfant et pour l’orthophoniste. 

P.S. N’oubliez pas de mettre votre cellulaire en mode silencieux pour éviter qu’il ne vous dérange (vous ou votre enfant) durant votre rencontre.

7) Préparez du matériel à portée de main

Par matériel, j’entends papiers et crayons principalement. Il se peut que l’orthophoniste vous demande d’écrire ou de prendre des notes. Pour éviter de perdre du temps de rencontre, assurez-vous de tout avoir à portée de main. Il en est de même pour votre agenda/cellulaire qui vous sera fort utile au moment de planifier le prochain rendez-vous.

Pour le jeune, je suggère qu’il ait accès sensiblement aux mêmes outils que lorsqu’il fait ses devoirs (papier, crayons, effaces, surligneurs, aide-mémoire, etc.). J’aime suggérer au parents de faire un « kit devoirs » à la maison et de tout classer ces éléments dans une boite à laquelle l’enfant aura accès. Il n’a qu’à prendre sa boite et saura que tout y est. Ainsi, il sera d’autant plus disposé à se concentrer à 100% lors de sa séance d’orthophonie.

8) Arrivez à l’avance

Ce n’est pas parce que la rencontre se fait en ligne et que vous n’avez pas à quitter votre maison qu’il faut être dernière minute. Je suggère toujours de vous préparer environ 10 à 15 minutes avant l’heure prévue de votre rencontre. Ainsi, cela vous permettra de vous assurer que tout fonctionne et, dans un cas où vous rencontriez une problématique technique, vous auriez un peu plus de temps pour régler le tout.

Voyez cela un peu comme si vous vous présentiez dans une salle d’attente virtuelle. Connectez-vous d’avance et l’orthophoniste « viendra vous chercher » en vous appelant. 

Il est important de savoir que tout retard est considéré de la même façon pour un rendez-vous à distance qu’en clinique. Autrement dit, les minutes pour lesquelles vous n’êtes pas présent sont perdues et ne seront pas reprises à la fin de la rencontre bien qu’elles sont facturées. De plus, une absence non justifiée compte également comme un rendez-vous manqué et des frais d’annulation peuvent s’appliquer. Je vous suggère de discuter avec votre orthophoniste au début afin de connaitre ses politiques d’annulation et de retard. Pour ma part, je considère un retard causé par un bris technique au même titre qu’un retard en clinique qui serait causé par la circulation le temps de rencontre se verra écourté mais tout de même facturé.

Après avoir lu toutes ces considérations à prendre, il est possible de constater que, même si un suivi à distance peut nous simplifier grandement la vie, il est important de se rappeler qu’il s’agit tout de même d’une rencontre d’intervention en orthophonie. Conséquemment, vaut mieux arriver bien préparé pour en profiter amplement.

Est-ce que votre jeune est VRAIMENT dyslexique?

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Généralement, quand on me parle de difficultés de lecture, on s'inquiète quasi-automatiquement en se disant que c'est forcément une dyslexie*. Il est indéniable qu'il s'agit d'un trouble spécifique du langage écrit. Toutefois, avec l'expérience, j'ai rapidement réalisé qu'il y a autant de types de difficultés en lecture et en écriture qu'il y a de jeunes... En effet, le seul point commun que je trouve à tous ces jeunes qui viennent me consulter sont les difficultés en lecture (et en écriture). Le langage écrit faisant partie de mes spécialités, mais surtout étant l'un de mes principaux champs d'intérêts dans mon domaine, j'ai décidé de vous écrire un billet sur la fameuse dyslexie pour la démystifier autrement.  

Environ 1 jeune sur 5 présente des difficultés en lecture (et en écriture). Toutefois, ces difficultés n'ont pas toutes la même « cause ». Dans d'autres mots, bien que la dyslexie pose véritablement défi à l'apprentissage et à l'automatisation de la lecture, ce ne sont pas toutes les difficultés de lecture qui sont forcément une dyslexie. 

La véritable dyslexie

La dyslexie c'est quoi? En résumé, il s'agit d'un déficit de lecture associé à des difficultés sur le plan du traitement des sons. Un mot ce n'est rien d'autre qu'une composition de différents sons qui, mis ensemble, font du sens. Ces sons, on les appelle les phonèmes. Lorsqu'on apprend à lire, on apprend à créer des associations entre les lettres de l'alphabet et les sons qui forment les mots. Autrement dit, on apprend qu'une lettre fait tel son ou qu'un son s'écrit avec telle lettre ou séquence de lettres.

L'individu dyslexique présente des difficultés à établir les bonnes correspondances entre les sons et les lettres (aussi appelées graphèmes). Par exemple, il est difficile pour lui de savoir que le son /u/ s'écrit ou et non au ou encore que le son /b/ s'écrit b et non d. On pourrait parfois penser, devant la ressemblance visuelle de certaines lettres, que les erreurs commises par les dyslexiques sont d'ordre visuel. L'aspect visuel peut notamment jouer un rôle dans les difficultés de lecture et d'écriture. Toutefois, dans le cas où il s'agit plutôt d'une difficulté sur le plan du traitement des sons, la fameuse confusion b/d ou p/q n'est pas associée au fait que l'individu dyslexique ne distingue pas ces lettres. C'est plutôt parce qu'il ne peut se rappeler quelle lettre va avec quel son, ce qui est d'autant plus difficile quand en plus, les lettres se ressemblent visuellement parlant.

L'individu dyslexique peut également éprouver de la difficulté avec les séquences de sons d'où le fait qu'il inverse ou omet notamment des syllabes dans les mots. 

ATTENTION! Ce n'est pas parce qu'une personne est dyslexique qu'elle est nécessairement « moins intelligente ». Ça n'a AUCUN lien. 

Mais si c'est pas une dyslexie, c'est quoi alors?

Trouble développemental du langage

Les difficultés de lecture peuvent être attribuables à une multitude de facteurs variés. En tant que professionnelle du langage, il m'arrive souvent de voir des jeunes avec un trouble développemental du langage (donc une atteinte principale du langage oral) avoir également des difficultés en lecture sans pour autant que ce soit de l'ordre de la dyslexie. 

En effet, ces jeunes qui ont parfois de la difficulté à s'exprimer comme à comprendre, ne maitrisent pas bien le langage à l'oral. Je vous laisse imaginer alors le défi que cela représente pour eux d'apprivoiser le langage écrit qui est, disons-le, assez différent et assez complexe par rapport à l'oral. Ainsi, toute l'énergie mise pour comprendre le sens des mots et des phrases à l'écrit ou encore pour organiser son discours en contexte de production écrite est sollicitée. Il en reste peu pour bien décoder les mots ou bien les orthographier. 

Ces jeunes qui ont des difficultés sur le plan du langage oral trouvent généralement plus ardu l'apprentissage de la lecture et de l'écriture parce que cela demande d'emblée une bonne maîtrise du langage. À l'école, une des façons d'évaluer le « niveau de langage » passe par la lecture et l'écriture. Ainsi, on tend à assumer que le jeune présente des habiletés langagières suffisantes lorsqu'on évalue le code écrit et toutes ses particularités, ce qui n'est pas le cas pour tous les élèves... 

Trouble du traitement auditif

Il existe un trouble dont on entend peu parler, mais qui pourtant a des conséquences sur plusieurs sphères : le trouble du traitement auditif (TTA). Il s'agit d'une « incapacité à analyser correctement et à traiter les sons entendus »**. 

Les difficultés de lecture et d'écriture présentées par un individu présentant un TTA peuvent s'apparenter à celle d'une dyslexie sans pour autant en être une. Les individus avec un TTA ont également des difficultés avec la perception des sons à l'oral, ce qui n'est pas forcément le cas des dyslexiques. Par exemple, ils pourraient confondre le mot poisson et poison parce qu'ils se ressemblent beaucoup sur le plan de la sonorité. De plus, il ont également de la difficulté à établir les frontières entre les mots, du fait qu'ils ont de la difficulté à analyser correctement les sons entendus. Cette difficulté transparait davantage à l'écrit qu'à l'oral. Ainsi, ils pourraient écrire « léléphant » au lieu de l'éléphant. 

Force est donc de constater que si le jeune éprouve de la difficulté à traiter les sons à l'oral, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture sera d'autant plus ardu...

Et plein d'autres possibilités...

Je vous ai parlé plus en profondeur de troubles langagiers qui peuvent avoir un impact sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, car c'est directement associé à ma profession, mais il y en a plusieurs autres. 

Pour n'en lister que quelques uns :

  • Trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : Ce trouble est notamment associé à de l'impulsivité et à des difficultés sur le plan de l'attention, de l'organisation et de la planification. On comprend donc que, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture demandant toutes ces capacités, cela peut avoir un certain impact... 
  • Problèmes associés à des difficultés de traitement visuel : est-ce que l'enfant est en mesure d'établir un bon focus sur la page, de « scanner » le mot au complet, etc? On s'entend que s'il ne voit pas l'ensemble des mots qu'il doit traiter, l'apprentissage de la lecture risque de ne pas être de tout repos.

Ok et maintenant je fais quoi si mon jeune a des difficultés de lecture?

Tout d'abord, la seule façon de distinguer quelle est l'origine de ces difficultés est de consulter un professionnel notamment une orthophoniste ou un neuropsychologue. À l'aide de tests spécifiques, ils pourront vous dire si votre enfant est véritablement dyslexique ou si ses difficultés sont attribuables à autre chose. 

Aussi, il est important de savoir que ce n'est pas parce que votre enfant est dyslexique qu'il ne pourra jamais s'améliorer en lecture ni en écriture. Peu importe l'origine des difficultés de votre enfant, il progressera à son rythme. Par contre, pour lui assurer la meilleure progression possible, il est important de savoir à quel trouble on a affaire histoire de proposer des interventions spécifiquement adaptées. 

Si vous avez des questions concernant les difficultés de lecture et/ou d'écriture de votre enfant, la meilleure façon d'en avoir le coeur net c'est de consulter un spécialiste (Dr. Google est bien généreux de ses informations, mais elles ne sont pas toujours nuancées). 

*Pour faciliter la compréhension de ce texte, je parle ici de dyslexie, mais en jargon orthophonique, on parlera plutôt de trouble spécifique du langage écrit. 

**Définition tirée du document de l'institut Raymond-Dewar.

Avez-vous déjà pensÉ utiliser le coin-coin pour apprendre?

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Je suis ce genre d'orthophoniste qui cherche toujours l'aspect pratico-pratique dans le théorique. J'ai besoin de comprendre à quoi sert un concept, mais j'ai surtout besoin de comprendre comment il pourrait servir à mes clients au quotidien. Je trouve que l'impact est beaucoup plus puissant quand les jeunes réalisent que non seulement X concept fait du sens, mais aussi qu'il leur est vraiment utile au quotidien.

Dernièrement, il m'est arrivé plus souvent qu'autrement d'arriver en rencontre et de changer totalement mes plans pour partir de ce dont mon client me parlait et j'ai vu la puissance de cette action. Ces thérapies « improvisées » se sont d'ailleurs avérées être nos préférées à moi et à mes clients, car je suis vraiment leurs intérêts à ce moment et ils peuvent comprendre plus aisément en quoi toutes les stratégies qu'on travaille ensemble ne sont pas « que du vent ».

L'autre jour, j'étais en rencontre avec un client à distance. Dès les premières minutes, il était tout fier de me montrer qu'il savait maintenant faire un « coin-coin » (ou cocotte pour les Français) en origami. Il en avait une collection d'ailleurs. Ça m'a donc tout de suite donné une idée. J'ai laissé tomber mon « planning » de la rencontre et ai proposé à mon client de faire un coin-coin spécial orthophonie. Il était tellement enthousiaste à l'idée de faire un autre coin-coin qu'il s'est empressé d'embarquer dans l'activité. 

Fabrication du coin-coin :

1) Ciblez des règles ou des concepts que vous voulez travailler avec l'enfant. Ici, j'avais ciblé des règles orthophoniques qu'on avait travaillées précédemment et que je voulais consolider.

2) Une fois que vous avez ciblé ces règles/concepts, inscrivez-les à l'intérieur du coin-coin. Ce sera la question finale à poser. Demandez à l'enfant de vous donner la réponse à inscrire juste dessous (de mon côté, j'ai laissé mon jeune faire son propre coin-coin et j'ai fait le mien en parallèle. Je vous explique plus loin pourquoi j'aime cette option d'avoir chacun son coin-coin).

3) Sur la face pliée à l'intérieur, choisissez des mots de vocabulaire qui sont reliés aux règles inscrites. En les écrivant, cela permettra à l'enfant d'appliquer les règles que vous venez juste de réviser. 

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4) Sur les faces extérieures, vous pouvez écrire d'autres mots si ça vous dit. Pour ma part, j'ai écrit la phrase : « Donne-moi un mot à épeler ». Cela laisse à l'autre joueur le plein choix du mot que l'autre pourra épeler (ce qui est génial si on veut en profiter pour faire travailler les mots de vocabulaire de la semaine... Je dis ça juste comme ça).

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Et voilà, votre coin-coin est maintenant prêt à être utilisé! 

Pour jouer :

Il y a, selon moi, autant de façon de jouer avec le coin-coin qu'il y a de sortes de coin-coins à faire. Ici, j'ai décidé d'utiliser le coin-coin pour qu'on puisse vraiment travailler les règles qu'il contenait. Ainsi, mon jeune devait épeler le mot que je lui donnais (en lien avec une des règles inscrites à l'intérieur), puis ensuite épeler le mot que je choisissais parmi les mots inscrits dans le coin-coin. Finalement, il reprenait un peu le « pouvoir » en me posant la question finale en lien avec une règle et à laquelle je devais répondre.

Comme nous avions chacun notre coin-coin, on pouvait jouer chacun notre tour. J'aime cette idée, ce qui permet d'inverser les rôles et de ne pas toujours avoir à donner le même type de réponse. 

Ici, j'ai utilisé le coin-coin comme moyen de travailler des règles orthographiques vues dans le cadre d'un suivi en orthophonie, mais il y a vraiment une foule de façons de l'utiliser :

  • Pour les mots de vocabulaire qui sont plus difficiles à retenir ;
  • Pour les conjugaisons ;
  • Pour des devinettes ;
  • Pour inventer une histoire ;
  • Pour travailler les calculs mentaux.

Bref, vous pouvez vraiment l'adapter selon les besoins de votre enfant. D'ailleurs, ce que j'aime particulièrement de ce type de jeu, c'est que, bien qu'on n'y jouerait pas une journée de temps, on a toujours bien du plaisir à jouer quelques coups, ce qui fait en sorte que la rétention de l'information est d'autant meilleure. Le jeune prend plaisir à le faire et y est exposé à plusieurs reprises en plus d'avoir un modèle exact que ce soit avec les réponses de l'adulte ou par ce qui est écrit dans son coin-coin.

Sur cette suggestion, je vous souhaite de mots moments d'origami et d'apprentissage par le jeu.

 

 

Selon moi, les handicaps invisibles sont un problème de société

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J’aime écouter des podcasts de tout genre pour m’inspirer, m’éduquer, me faire réfléchir, etc. Les podcasts en lien avec l’orthophonie ne font pas exception. J’aime particulièrement ceux de la chaîne ADDitude Magazine. L’autre jour, en route pour la maison, j’en ai écouté un particulièrement intéressant sur la dyslexie et les difficultés de lecture. Les propos de la Dre Robin McEvoy (neuropsychologue américaine) m’ont particulièrement fait réfléchir non pas aux difficultés de lecture, mais aux handicaps invisibles en général.

Dans le podcast, Dre McEvoy présentait une statistique et un constat percutants. Elle disait que 20% de la population américaine présenterait des difficultés de lecture de quelconque nature que ce soit. C’est ÉNORME comme statistique. Et c’est justement pour ça que c’est aussi… étrange… « Ce n’est pas possible que 20% de la population soit handicapée sur le plan de la lecture. À ce stade, on devrait plutôt considérer ce groupe comme étant un type de normalité » disait McEvoy. Ces mots m’ont fait l’effet d’un coup de poing. Pas parce que 20% c’est beaucoup, mais parce qu’elle mettait le doigt sur un sentiment que je vis depuis un moment en tant que professionnelle du langage : ce ne sont pas les difficultés qui définissent les jeunes, mais le moule dans lequel nous les faisons évoluer qui définit ces difficultés.

***ATTENTION! Je ne dis pas ici que les jeunes n’ont pas de difficultés et qu’il ne faut rien faire, mais parfois, il peut s’avérer pertinent de considérer le portrait du jeune de façon plus globale pour nuancer notre interprétation et surtout moduler nos interventions afin d’être encore plus efficace.

Les difficultés, ça existe

En fait, on considère un comportement (ou absence de comportement) comme étant une difficulté si cela empêche l’individu de fonctionner adéquatement dans la société dans laquelle il évolue. C’est le cas notamment des troubles d’apprentissage. Dans une société comme la nôtre, un jeune présentant p.ex. un TDAH est considéré comme ayant un handicap invisible puisqu’il ne peut apprendre selon le cursus habituel. Avec cette vision, on peut donc émettre l’hypothèse que certaines difficultés sont propres à la culture. Je crois toutefois que ce n’est pas le lot de toutes les difficultés.

Prenons par exemple le trouble développemental du langage (anciennement appelé trouble primaire du langage). Toutes les cultures ont un dialecte ou une langue propre qui permet à leurs membres d’échanger entre eux et de communiquer. Ainsi, un individu qui présente des difficultés sur le plan du langage oral et de la communication sera, d’une certaine façon, handicapé, car il ne pourra communiquer efficacement avec les gens qu’il côtoie. On s’entend que le type d’atteinte et le degré de sévérité varient selon le « style » langagier de chacune des cultures. N’en reste pas moins que l’atteinte demeure.

À l’inverse, un trouble spécifique du langage écrit (la dyslexie) est propre à une culture. Un individu ne peut pas présenter des difficultés en lecture et en écriture dans une société où on n’a ni à lire ni à écrire pour apprendre ou communiquer. Ici, c’est un handicap puisque, dans notre société nord-américaine, il faut posséder et développer des habiletés de lecture et d’écriture efficaces pour connaitre une certaine réussite. Cela est notamment associé au fait que la base des apprentissages et des évaluations scolaires repose principalement sur la lecture et l’écriture. Conséquemment, si le jeune éprouve déjà des difficultés de lecture et d’écriture, il part avec une prise, ce qui n’aurait pas été le cas dans une société où il n’y ni lecture ni écriture.

Dans le podcast que j’ai écouté, Dre McEvoy a fait une comparaison avec le chant que j’ai beaucoup appréciée. Elle disait que si les bases de l’apprentissage reposaient sur le chant, s’il fallait être un bon chanteur pour bien réussir en société, nous ferions alors face à une toute autre situation. Plusieurs d’entre nous seraient considérés comme ayant un trouble du chant…

Ces « handicapés » qui ont accompli de grandes choses

Tous les jours, je côtoie des jeunes qui bûchent à l’école, qui mettent les bouchées doubles et qui ne voient pas toujours le résultat de leurs nombreux efforts. Je suis témoin de leurs nombreux moments de découragements et leurs doutes lorsqu’ils escaladent un pas à la fois la montagne d’obstacles qui se présentent à eux durant leur cheminement scolaire.

Toutefois, je vois aussi dans ces jeunes d’incroyables forces et des talents insoupçonnés. Des forces que moi, la fille qui fittait parfaitement dans le moule du programme de l’école québécoise et qui y a évolué comme un petit poisson dans l’eau, n’aurai jamais.

Je côtoie aussi personnellement un de ces jeunes pour qui l’école était tout sauf amusante et qui est maintenant un grand homme. Mon conjoint a un TDAH (tsé le stéréotype de l’hyperactif, et bien c’est lui). Il a toujours eu à travailler plus fort que les autres à l’école et a terminé une technique au CÉGEP parce qu’il savait que c’était important. Pourtant, je l’accompagnais durant ses études et je l’ai souvent vu découragé et travailler plus fort que je ne l’aurai jamais fait même durant mes études universitaires pour obtenir son diplôme. Aujourd’hui, il ne travaille plus dans son domaine d’études, mais il est un homme d’affaires accompli qui réalise de grandes choses et qui est reconnu dans son milieu.

J’ai toujours bien réussi à l’école. J’étais parmi ces personnes qu’on appelle les « bollées ». Plusieurs m’ont demandé durant mes études pourquoi je ne voulais pas aller en médecine. C’est simple : j’aurais été le plus mauvais médecin de l’histoire de l’humanité. Mes notes me le permettaient certes, mais mes capacités : ABSOLUMENT PAS (genre que je ne dois pas regarder quand on me fait une prise de sang). À l’inverse, mon conjoint n’avait pas du tout les notes pour être médecin, mais il aurait été EXCELLENT dans ce domaine.

C’est un peu tout ça qui vient tant me chercher avec les jeunes avec lesquels je travaille. Je les vois bûcher à l’école et parfois ne pas y arriver parce qu’ils n’ont pas les capacités adéquates pour « fitter dans le moule ». D’un autre côté, je vois aussi toutes leurs forces dans d’autres domaines, mais qui ne sont tout simplement pas considérés comme des éléments qui peuvent mener vers la réussite. Parmi mes petits clients, il y a ce petit garçon qui excelle au hockey et dans tous les sports d’équipe. Il y a cette cocotte qui pourrait gagner des Oscars tant elle est bonne actrice. Il y a aussi ce petit TSA qui a un talent époustouflant pour le dessin. Le seul hic, c’est que ces talents ne sont pas évalués à l’école et pourtant, sans ces belles forces mises de l’avant, ils auraient plus souvent qu’autrement abandonné bien plus que l’école…

Je trouve dommage que ce ne soit qu’à l’âge adulte qu’on puisse faire ressortir ces talents. Quand je pense à tous ces gens célèbres qu’on voit passer sur Internet et qui nous disent avoir eu des difficultés majeures à l’école par le passé, je me dis que ce ne sont pas les difficultés qui définissent l’individu. C’est le système qui définit les difficultés. Je ne dis pas qu’il faille revoir tout le système d’éducation, mais parfois adapter les enseignements pour permettre aux jeunes de faire ressortir leurs forces et leurs talents peuvent aider. Après tout, même si la lecture et l’écriture sont primordiaux dans le succès, ils sont loin d’être les seuls facteurs garants de réussite…

4 applications iPad franco pour travailler la lecture et l'écriture

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Lorsque j'apprends, j'aime varier le contexte d'apprentissage, le médium d'apprentissage et le contenu de ce que j'apprends. Ça me garde motivée et j'ai l'impression de mieux retenir la matière. J'ai constaté que c'est la même chose avec les jeunes que je vois dans mon bureau. Ils aiment « changer le mal de place » comme on dit en bon québécois. Et plus je varie mes activités, plus ils apprécient et meilleure est leur capacité de rétention de l'information.

Un des éléments que les parents (et les jeunes) me disent trouver difficile sont les leçons! Ah les leçons! J'ai beau avoir fait partie de ces privilégiés qui aiment l'école et qui n'ont pas de difficultés à se conformer aux système et à réussir, reste que moi aussi je les trouvais donc lourdes ces périodes de leçons. J'imagine donc assez facilement à quel point ça peut être pénible pour un enfant éprouvant des difficultés à l'école de devoir en plus se concentrer à la maison pour apprendre et réviser la matière... et plus particulièrement les mots de vocabulaire.

Je pense que l'une des façons les plus ennuyeuses (et parmi les moins efficaces) pour apprendre l'orthographe des mots consiste à les épeler à voix haute. J'aime donc souvent proposer aux parents diverses alternatives pour travailler les mots de vocabulaire avec les jeunes à la maison. Parmi ces alternatives, on trouve le iPad! Oui oui, pour moi, le iPad est un super outil, si bien utilisé. Par contre, c'est tellement facile de se perdre parmi toutes les applications proposées et c'est encore plus difficile d'en trouver en français. 

J'ai donc décidé de vous lister ici mes 8 applications préférées pour travailler l'orthographe et les mots de vocabulaire sur le iPad.

*Comme cet article est passablement long, je vous l'ai séparé en deux parties. La partie 2 sera dévoilée la semaine prochaine.*

1) Lecture flash

Probablement l'application que j'utilise le plus souvent, lecture flash permet surtout de travailler la lecture. Grâce à cette application, vous pouvez créer d'avance des listes de mots et l'enfant peut ensuite les faire défiler comme un diaporama. Vous pouvez ajuster le temps entre les mots, ce qui permet à l'enfant de d'abord lire le mot, puis de l'écrire par exemple. 

  • Ce que j'aime : non seulement on peut inscrire les mots de notre choix (par exemple on fait une liste pour les mots difficiles à retenir par notre enfant), mais on a également accès à une liste exhaustive de mots qu'on peut trouver à partir de critères qu'on inscrit simplement dans la barre de recherche (p.ex. les mots finissant par -eau), ce qui permet d'enrichir le vocabulaire de l'enfant et de travailler de manière plus approfondie des règles d'orthographe lexicale qui sont moins bien maitrisées. 
  • Ce que j'aime moins : il n'y a pas d'option « dictée » où les mots pourraient être lus à voix haute par l'application. L'enfant doit d'abord les lire pour ensuite les écrire. Cette application venant de la France, les mots sont classés selon le système scolaire de France donc il faut connaitre les équivalences de niveaux scolaires avec le Québec.

2) J'accorde

Je n'utilise pas beaucoup cette application dans mes thérapies, mais je la suggère souvent aux parents. L'application J'accorde (vous l'aurez deviné) concerne les accords grammaticaux, mais plus précisément l'accord du participe passé, des classes de mots et les homophones. 

  • Ce que j'aime : l'application est très facile à comprendre. Les directives sont claires et on est même guidés pendant qu'on la découvre. On y présente les règles de façon claire et simple, il est possible de faire des exercices et de suivre sa courbe de progression. C'est une belle application pour que les jeunes développent leur autonomie dans leurs apprentissages. 
  • Ce que j'aime moins : il y a souvent un pop-up qui apparaît pour nous inviter à créer un profil, mais on n'est pas obligé de le faire. Cela demande quand même un certain encadrement de la part de l'adulte, car il est facile de se perdre dans les différentes options.

*Disponible aussi sur Android et Google Play.

3) Magie des mots

Cette application est mon application hybride par excellence : je l'utilise autant en thérapie que je la conseille aux parents de mes clients pour les leçons à la maison. Cette application est vraiment axée sur l'orthographe et permet à l'enfant de réviser ses mots de différentes façons, soit en recopiant, avec une dictée, en replaçant les lettres dans l'ordre ou en écrivant tout simplement le mot à partir d'un clavier de lettres.

  • Ce que j'aime : j'aime particulièrement l'option dictée qui permet de laisser l'enfant travailler ses mots de façon autonome. On peut choisir parmi les listes proposées ou créer nos propres listes à partir des mots de vocabulaire à apprendre. J'aime aussi beaucoup le fait que les consignes soient dictées, ce qui est souvent facilitant notamment pour les enfants qui ont des difficultés de lecture et d'écriture. On peut avoir l'option des lettres majuscules et minuscules.
  • Ce que j'aime moins : en fait, je ne sais pas ce que j'aime moins...

4) Bloc-notes

Bloc-Notes est une application toute simple qui permet d'écrire sur la tablette comme lorsqu'on écrit avec un crayon. Les enfants (et moi-même) l'aiment particulièrement parce que cela leur permet de « changer le mal de place ». 

  • Ce que j'aime : on peut s'amuser à écrire de différentes couleurs, changer la grosseur du crayon. On peut changer la page tout simplement si on change de leçon, ce qui permet de facilement revenir en arrière si on veut revenir sur un concept expliqué plus tôt. Ça peut être un super outil de renforcement pour s'amuser en fin de devoirs tout en continuant à apprendre (super génial pour pratiquer les mots d'orthographe ; je dis ça juste comme ça hi hi). Ça permet de travailler tout de même avec la prise du crayon si vous avez un crayon spécialement conçu pour la tablette (je vous conseille un petit crayon tactile que vous pouvez vous procurer au coût d'environ 10$). 
  • Ce que j'aime moins : c'est plus difficile de garder le contrôle de la tablette et les jeunes peuvent être portés à dessiner et à s'amuser à écrire des mots autres que ceux qu'on veut travailler.

C'est ce qui fait le tour de mes applications préférées. J'en ai toutefois encore plein d'autres en banque qui permettent de travailler différentes habiletés sur le plan langagier. Ça vous intéresse que je vous en partage d'autres? N'hésitez pas à m'en faire part!

De mon côté, j'aimerais bien savoir quelles sont vos applications coup de coeur à la maison?