Ce qu'il faut savoir sur la nouvelle nomenclature pour les troubles du langage

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Est-ce que ça vous est déjà arrivé en tant que parent de lire un rapport d’orthophonie et de vous demander (à plusieurs reprises) ce que signifiaient certains termes?

Si c’est le cas, eh bien je vous rassure, vous êtes un parent tout-à-fait normal et je vous comprends. Moi-même en tant qu’orthophoniste, il m’arrive d’avoir à retourner dans mes livres pour valider certaines spécificités quand j’emploie un terme afin d’être certaine que je ne me trompe pas.

Cela est d’autant plus complexe que le vocabulaire technique évolue rapidement et change souvent…. (Eh misère…)

C’est d’ailleurs le cas de ce qui était autrefois la dysphasie (ou trouble primaire du langage) et qu’on appelle maintenant trouble développemental du langage.

En tant que parent, il se peut que vous voyiez apparaître ce terme sur les bilans et rapports orthophoniques de votre enfant. J’ai donc pensé qu’il serait bien de vous expliquer ce qu’implique le trouble développemental du langage.

Qu’est-ce que le Trouble Développemental du Langage ?

En gros, on pourrait dire que le Trouble Développemental du Langage (TDL) c’est tout simplement la nouvelle nomenclature de la dysphasie qui était devenue le trouble primaire du langage, mais avec quelques nuances.

Le TDL concerne un problème d’acquisition et de maîtrise du langage qui a un impact à différents degrés dans le quotidien de l’individu.

Cela couvre plusieurs sphères du langage et peut se manifester de différentes façons. Ainsi, il n’est pas suffisant de simplement mentionner qu’un individu présente un TDL. Il faut également spécifier quelles sont les sphères langagières atteintes (p.ex. le vocabulaire, le discours, etc.)

Comme pour tout trouble, pour qu’on puisse parler d’un TDL, il faut bien évidemment que les difficultés observées perdurent dans le temps et ne se résorbent d’elles-mêmes. (À cet effet, j’ai publié, il y a quelque temps sur ma chaîne Youtube, une vidéo où je fais la distinction entre le retard et le trouble du langage si vous êtes curieux d’en apprendre plus.)

Auparavant, l’individu devait avoir reçu un suivi régulier pendant au moins 6 mois en orthophonie avant que l’orthophoniste puisse conclure à un trouble primaire du langage ou à une dysphasie.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aucune durée d’intervention n’est obligatoire pour qu’on puisse conclure à un TDL. Autrement dit, dès l’évaluation initiale, une orthophoniste pourrait conclure à un TDL pour votre enfant. Évidemment, cela se fait après une analyse approfondie du portrait de l’enfant et des données qui ont été récoltées dans le questionnaire d’histoire de cas de l’enfant.

Outre cela, alors qu’avant on se prononçait sur la sévérité du trouble langagier en général, on se positionne maintenant sur la sévérité des impacts que ce trouble a au quotidien. Cela signifie que, au lieu de parler d’un TDL de degré modéré à sévère dans son ensemble par exemple, on parlera plutôt d’un TDL qui affecte le vocabulaire expressif à un degré modéré à sévère et la pragmatique à un degré léger.

Finalement, il n’est pas obligatoire d’avoir un écart entre les sphères verbales et non verbales dans les épreuves d’évaluation du quotient intellectuel pour conclure à un TDL.

Voici d'ailleurs ici un tableau récapitulatif de la séquence à suivre. Je me suis permis de vous le traduire pour qu'il soit plus facile à interpréter.

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Du changement aussi pour le « retard de langage »

Peut-être avez-vous déjà entendu un ami vous dire que son enfant présente un retard de langage. Vous l’avez peut-être aussi déjà lu dans le rapport orthophonique de votre enfant.

C’est, ça aussi, chose du passé. Effectivement, comme aucune donnée scientifique ne permet de soutenir cette nomenclature, on nous recommande plutôt de parler tout simplement de difficultés de langage lorsqu’on ne peut pas conclure à un TDL, mais que le développement du langage ne correspond pas à ce qui est attendu pour l’âge de l’enfant.

Encore une fois, il faut spécifier quels sont les aspects langagiers concernés par les difficultés, donc les sphères langagières qui sont atteintes.

Sans oublier des troubles de sons de la parole…

Dorénavant, lorsque nous constatons des difficultés sur le plan des sons de la parole, nous parlons de Trouble du Développement des Sons de la Parole (TDSP), et ce, peu importe que la cause de ce trouble soit d’ordre structurelle, linguistique ou motrice.

Évidemment, pour parler de trouble, il faut tout de même que ces difficultés persistent dans le temps. Autrement, il sera davantage questions de difficultés sur le plan des sons de la parole tout simplement.

Petite particularité intéressante, aucune recommandation n’a été émise à savoir si un TDSP fait partie du TDL ou est un trouble à part entière. Ainsi, il se peut que d’une orthophoniste à l’autre, vous voyiez la même conclusion en ce sens, mais rédigée différemment. Il est donc important de lui poser vos questions si jamais cela n’est pas clair pour vous.

Dans le cas d’une autre condition médicale, ça change aussi…

Il arrive très fréquemment qu’un trouble du langage s’inscrive dans un contexte X comme un trouble du spectre de l’autisme, une déficience intellectuelle, une paralysie cérébrale, etc.

Dans ces cas, vous ne devriez pas retrouver la nomenclature TDL dans la conclusion du rapport orthophonique de votre enfant, mais plutôt « trouble du langage associé à X ».

Pourquoi on ne parle pas de TDL ? Tout simplement car les difficultés développementales ne sont pas spécifiques au langage, mais sont globales et touchent également d’autres sphères du développement comme l’aspect moteur ou affectif en plus d’affecter le langage.

ATTENTION !!! Il est TRÈS FRÉQUENT qu’un individu présente un autre trouble en plus d’un TDL. Autrement dit, certains troubles concomitants comme le TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité), le trouble de traitement auditif et autres troubles n’empêchent pas de conclure à un TDL.

Pourquoi avoir changé de terme si c’est la même chose ?

Auparavant, il était possible de voir une même conclusion rendue différemment selon l’orthophoniste et, surtout dans le cas de demandes précises pour des subventions et des allocations par exemple, si nous n’employions pas la terminologie exigée, cela n’était pas valide même si, en bout de ligne, la conclusion voulait dire la même chose.

Ainsi, un panel de 59 experts se sont consultés pour en arriver avec cette nouvelle nomenclature qui s’applique aussi bien au milieu clinique qu’en recherche.

Par contre, il faut noter qu’en tant qu’orthophoniste, notre ordre nous a demandé, durant la période de transition, d’utiliser les anciens termes entre parenthèses afin de s’assurer de la compréhension de tous.

 

 

J’espère qu’avec tout cela, vous comprendrez un peu mieux les fameux termes orthophoniques. Et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à m’écrire directement et ça me fera plaisir d’en discuter avec vous!

Mes meilleurs trucs pour rédiger efficacement et ne pas se sentir envahi(e) par le travail

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Je ne sais pas pour vous, mais une des tâches dans ma pratique que j’aime le moins, c’est de loin la rédaction de rapports et de notes. J’ai tellement entendu souvent mes collègues me dire sur un ton de découragement et de lassitude qu’elles devaient rédiger une pile de rapports ou encore qu’elles étaient dans la rédaction d’un bilan qui n’en finissait plus de finir…

Pour ma part, même si ce n’est pas non plus ma tâche préférée, je me suis rarement sentie surpassée par cette tâche et j’ai toujours été en mesure de respecter des délais raisonnables pour ma rédaction.

J’ai donc pensé vous dresser une liste de mes meilleurs trucs pour rédiger efficacement et ne pas accumuler trop de travail, car après tout, c’est ça qui mène souvent au sentiment d’épuisement et d’en avoir trop.

1)   Fixez-vous des délais courts et dites-les à votre client

Je ne pense pas vous étonner en vous disant que plus on attend longtemps avant de se plonger dans la rédaction d’un rapport, plus ça nous pèse. Suivant ce principe, pourquoi ne pas vous « en débarrasser » le plus vite possible dans ce cas?

En ce qui me concerne, lorsque je termine mes rencontres d’évaluation, je donne toujours au parent un délai de rédaction de 2 à 3 semaines MAXIMUM selon ma charge de travail du moment.

Ça me force à rédiger le rapport rapidement et ça ne traine pas. En plus, donner un laps de temps court me permet d’avoir toute l’information encore fraîchement en tête, ce qui fait que c’est plus facile pour moi de rédiger.

Les quelques rapports que j’ai étirés beaucoup trop longtemps à mon goût ont été de loin les plus difficiles à écrire. J’avais oublié plusieurs éléments intéressants et cela me demandait un effort supplémentaire pour me rappeler de ce que j’avais fait en évaluation et des particularités de l’enfant.

2)   Faites-vous un gabarit

C’est long à faire, mais ça vaut TELLEMENT la peine. Au début, j’avais tendance à rédiger mes rapports un à un, ce qui faisait en sorte que je me questionnais toujours à chaque section parce que je ne savais plus exactement ce que j’avais écrit dans un rapport précédent.

C’était également difficile pour mes formulations de phrases parce que je devais y réfléchir à nouveau et même si je m’inspirais de mes rapports précédents, c’était toujours plus long.

J’ai donc pris un moment l’automne passé pour me faire un gabarit où j’ai mis TOUTE l’information que je veux retrouver dans mes rapports. Ça m’a pris environ une fin de semaine faire ce gabarit parce que j’ai regroupé plusieurs documents pour le faire. Toutefois, mon temps de rédaction a été diminué du tiers et mes rapports sont maintenant beaucoup plus faciles à rédiger pour moi et à comprendre pour les parents.

3)   Écrivez sans vous poser de questions… et gardez ça simple

Combien de fois j’ai entendu mes collègues se questionner sur un mot ou sur deux façons de formuler une phrase qui veulent dire exactement la même chose. Ce genre de questionnement, ça fait perdre beaucoup de temps pour pas grand-chose en fin de compte. De plus, ça fait perdre le momentum quand on écrit.

Quand j’écris, j’écris tout simplement. Je prends mon gabarit, et je compose des phrases à partir des informations qui s’y trouvent. C’est aussi simple que ça! Jamais je ne m’arrête pour me questionner sur un mot ou sur la tournure d’une phrase.

Si vous vous questionnez sur une structure de phrase ou sur un terme pendant que vous rédigez, plutôt que de vous y arrêtez, soulignez ou surlignez le passage en question. Vous y reviendrez plus tard au moment de vous relire.

Vous trouverez même probablement une meilleure façon de l’écrire à votre relecture parce que vous aurez pris le temps de laisser votre questionnement se déposer.

4)   Bloquez des périodes à votre horaire

La meilleure façon de vous assurer que vous rédigez vos rapports rapidement et efficacement, est de le prévoir à votre horaire.  

J’aime bien prendre un moment le dimanche soir pour planifier la semaine à venir. J’y mets donc, dans mon horaire, les moments où je prévois rédiger. J’ai aussi toujours accès à la liste des rapports à faire comme ça je sais facilement par lequel commencer lorsqu’arrive ma période de rédaction.

Le fait de prévoir des périodes comme ça, fait en sorte qu’on les respecte beaucoup plus. C’est un peu comme si on se programmait mentalement donc quand vient le temps de rédiger, on est beaucoup plus disposé à le faire.

5)   Ne travaillez pas trop longtemps

Je ne sais pas pour vous, mais même si j’adore mon travail, j’ai quand même une capacité de concentration et d’attention soutenue limitée. J’ai calculé qu’après 45 minutes de travail consécutif, mon cerveau bifurque ensuite automatiquement vers autre chose et je deviens vraiment plus facilement distraite par mes pensées ou n’importe quoi d’autre en fait.

J’ai donc programmé des périodes de 45 minutes de rédaction suivies de 15 minutes de pause à chaque fois. Ça parait court comme ça, mais le fait d’avoir de courtes périodes, ça crée un sentiment d’urgence qui fait en sorte qu’on est beaucoup plus concentré et assidu à la tâche.

Si on se dit qu’on a 4 heures pour rédiger notre rapport (ou pire encore toute la journée), alors il y a de TRÈS FORTES chances qu’on prenne tout notre temps et que finalement, on ait travaillé peut-être l’équivalent de 1h sur le 4h de travail au total…

C’était toujours ce qui m’arrivait quand je me disais, ben motivée : « Demain je prends toute la journée pour rédiger ». Ouin… Disons que la journée finissait et que je me retrouvais à ne pas avoir fait grand-chose.

Le fait de délimiter les tâches dans le temps, de prévoir de courtes périodes, nous force à être plus efficace. Il ne vous reste qu’à établir la durée pendant laquelle vous pouvez être efficace sans vous laisser distraire et ça deviendra la durée de vos « intervalles de travail ».

6)   Faites une seule chose à la fois

Avec la technologie, les réseaux sociaux et le fait qu’il faille toujours être efficace et rapide dans nos réponses, il est facile de tenter de tout faire en même temps : prendre un appel pendant notre période de rédaction, répondre à un courriel qui vient de rentrer, aller voir la dernière notification sur Facebook, etc.

Cela nuit considérablement à l’efficacité, car bien souvent, la dernière notification sur Facebook se transforme en 15 minutes passées à « scroller » dans le fil d’actualités, on vient de recevoir une réponse à notre réponse courriel, etc.

Je sais que ce n’est pas facile de ne faire qu’une chose à la fois, mais ça change tout. Quand j’ai réalisé tout le temps que je perdais à « vouloir tout faire tout de suite », j’ai pris les grands moyens.

Mon truc : désactivez TOUTES les notifications sur votre ordinateur et sur votre cellulaire.

Je ne reçois aucune notification de courriels ni Facebook sur mon ordi à moins que les applications soient ouvertes. C’en est de même pour mon cellulaire où je ne reçois aucune notification sauf si je vais voir moi-même.

Je suis donc beaucoup moins portée à aller voir un courriel qui entre pendant ma rédaction parce que je ne le sais tout simplement pas.

Vous pouvez également mettre votre cellulaire en mode « ne pas déranger » pour ne pas qu’il sonne pendant votre période de rédaction.

7)   Dressez une liste des rapports à faire en ordre de priorité

Plus haut, j’ai mentionné que j’avais une liste de tous les rapports que je dois rédiger en ordre de date de remise. C’est quelque chose que je trouve fort pratique, car ça me permet de savoir ce que j’ai à faire sans me poser trop de questions.

Gardez toujours, accessible, une liste de la rédaction que vous avez à faire avec le détail s’il y a lieu.  Voici en image comment j’organiser ma liste.

 
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Cela fait le tour de mes meilleurs trucs pour rédiger efficacement. Évidemment, il m’arrive encore d’avoir quelques lacunes, mais depuis que j’applique tout cela, j’ai vu une énorme différence dans ma rédaction.

Et vous, avez-vous des trucs qui vous aident à être efficace pour rédiger?

Découvrez comment l'orthophoniste peut avoir un impact sur les difficultés scolaires de votre enfant

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Certains (surtout les jeunes) comptent les jours et attendent avec impatience la fin de l’année scolaire. Même si ça paraît loin, ça approche à grands pas.

Plusieurs élèves aux prises avec des difficultés scolaires (et leurs parents) doivent alors mettre les bouchées doubles pour améliorer leurs résultats scolaires ou encore les maintenir.

C’est d’ailleurs une période de l’année particulièrement chargée pour moi parce que je reçois souvent des demandes de parents, à la suite d’une référence de l’école, pour un suivi en orthophonie.

Mais comment est-ce que je peux, en tant qu’orthophoniste, aider votre enfant à mieux réussir à l’école?

Langage et apprentissages : deux termes indissociables

Dans le système scolaire actuel, tout apprentissage passe par le langage. Quand on y pense, la matière est enseignée verbalement par le prof ou on la lit dans les livres. C’en est de même pour les évaluations des jeunes.

On évalue le niveau d’un jeune et l’étendue de ses apprentissages à partir du langage. Il n’y a qu’à penser aux fameuses présentations orales, aux travaux d’équipe ou aux examens où les élèves doivent écrire leurs réponses (même en mathématique).

(D’ailleurs si vous voulez en apprendre un peu plus sur le lien entre les deux, vous pouvez également consulter cet autre billet.)

Vous comprenez que parfois, quand les apprentissages semblent plus difficiles pour un jeune, il peut y avoir une difficulté langagière sous-jacente. C’est donc mon rôle, en tant qu’orthophoniste, de trouver où se situent les forces et les difficultés langagières de l’élève pour pouvoir mieux l’outiller et l’accompagner plus efficacement dans ses apprentissages.
Parfois, le simple fait de comprendre les difficultés de son enfant, de mieux connaitre les types de textes et de phrases qu’il maîtrise (ou pas) fait toute une différence dans l’accompagnement qu’on lui offre.

Composantes évaluées

Lorsqu’on fait une évaluation au scolaire en orthophonie, on évalue quatre grandes sphères : la compréhension à l’oral, l’expression à l’oral, la lecture et l’écriture. Cela permet de dresser un portrait plus complet des habiletés perçues et cachées de l’enfant.

En effet, il arrive souvent que des parents demandent une évaluation en orthophonie parce que leur enfant présente des difficultés de lecture et/ou d’écriture. Toutefois, quand on pousse notre analyse, on constate que ces difficultés ne sont en fait que les manifestations d’autres difficultés langagières sous-jacentes qui passent souvent inaperçues au quotidien.

J’aime comparer cela à une blessure physique. Prenons par exemple quelqu’un qui se blesse et qui fait une infection. Si on ne fait que donner des antibiotiques sans prendre la peine de chercher le foyer de l’infection, il est fort possible que l’infection revienne une fois l’antibiotique retiré.

Il en est de même pour les difficultés langagières. Si on ne travaille que sur l’orthographe et la lecture sans savoir ce qui est la cause de cette difficulté, les moyens pris ne seront probablement pas efficaces et il sera difficile pour le jeune de les appliquer au quotidien.

Une évaluation approfondie de toutes les composantes langagières permet d’aller travailler plus aisément à la source des difficultés de l’enfant et ainsi, d’avoir des répercussions parfois sur plusieurs sphères en même temps.

Mon rôle auprès de l'équipe-école en tant qu'orthophoniste

Souvent, les intervenants à l’école veulent aider l’enfant, mais ne savent pas précisément ce qu’ils devraient faire, car ils n’ont pas un portrait juste de ses difficultés. Un rapport d’orthophonie peut les aides à mieux structurer les mesures d’adaptation à mettre en place et à mieux outiller l’enfant.

Par conséquent, je peux, en tant qu’orthophoniste, jouer un rôle conseil auprès de l’équipe-école en leur expliquant pourquoi une exigence X ou Y par exemple ne correspond pas au niveau actuel d’un élève. Ils peuvent donc, par la suite, trouver des mesures d’adaptation qui supportent l’élève tout en respectant son cursus scolaire.

L'enseignement de stratégies complémentaires à celles de l'orthopédagogue

Les orthopédagogues et les enseignants sont ceux qui connaissent le mieux les exigences scolaires et ce qui est attendu selon le niveau, ce qui n’est pas mon cas en tant qu’orthophoniste. Pour ma part, j’ai une connaissance davantage tournée vers les habiletés langagières.

Ainsi, nous travaillons toujours en équipe. L’orthopédagogue et l’enseignant enseignant à l’enfant des stratégies pour qu’il puisse être plus efficace dans ses apprentissages en lien avec le cursus scolaire et moi, travaillant des notions langagières qui favorisent l’application de ces stratégies.

En orthophonie, nous enseignons des stratégies plus spécifiques au langage. Par exemple, l’orthopédagogue pourrait enseigner à l’élève de surligner d’une couleur la question d’un problème mathématique pour se rappeler des éléments à trouver dans le problème. Pour ma part, je pourrais davantage demander au jeune de me dire dans ses mots ce qu’il doit trouver après avoir souligné la question.

En orthophonie, on reprend donc les stratégies vues à l’école en lien avec la matière présentée à l’école, mais on y ajoute des précisions pour soutenir le jeune dans sa compréhension. Il arrive également qu’on utilise des activités qui ne correspondent pas forcément au niveau scolaire de l’élève parce qu’on privilégie les stratégies langagières.

 

De son côté, l’enseignant (et l’orthopédagogue), peut reprendre les stratégies qu’on travaille dans notre bureau avec l’élève dans le cadre d’exercices et de travaux faits en classe pour favoriser la généralisation.

 

Tout cela permet de comprendre qu’une orthophoniste peut jouer un rôle non négligeable voire important auprès des jeunes d’âge scolaire qui éprouvent des difficultés à l’école.

Si jamais cet article vous a interpellé et que vous vous demandez si votre jeune pourrait bénéficier de l’orthophonie, n’hésitez pas à me contacter. Dans certains cas, l’orthophonie est toute indiquée et dans d’autres cas, on privilégiera une autre source d’aide.

Le temps ou l'argent ? Ces parents qui consultent au privé

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Depuis que j’ai commencé ma pratique au privé, j’ai entendu une foule de différents commentaires de personnes, qui connaissent ou non l’orthophonie, concernant les parents qui viennent nous voir au privé pour nos services.

Certains m’ont carrément fait friser le poil des bras et d’autres m’ont touchée droit au cœur par leur beauté et leur vérité.

J’ai donc décidé de faire le point sur la réalité que vivent la grande majorité des parents de mes clients et, d’une certaine façon, de leur lever mon chapeau et de les féliciter pour toutes ces belles démarches qu’ils font pour leurs enfants, alors que ce n’est pas toujours facile.

Ils sont riches

« C’est le fun toi ! Les parents qui viennent te voir ont de l’argent donc au moins tu sais qu’ils sont motivés. »

Cette phrase, je l’ai entendue un peu trop souvent à mon goût. D’un côté, c’est vrai que je suis chanceuse parce que les parents qui viennent me voir pour leur enfant, le font de leur plein gré. De plus, on aura beau dire ce qu’on veut, il n’en reste pas moins que lorsqu’on paye pour un service, on est plus porté à s’impliquer davantage pour accompagner notre enfant dans sa progression. J’aime appeler ça un « retour sur investissement ».

Malgré cela, 90% de mes clients n’ont pas les moyens de débourser de tels montants. Certains me demandent de prélever le montant le jeudi seulement, soit lors du jour de paie. D’autres doivent limiter les services au montant qui est couvert par leurs assurances. D’autres encore déboursent tout de leur poche à 100% et doivent faire des sacrifices et couper ailleurs. Vous comprendrez que le plus souvent, les parents coupent dans leurs propres luxes à eux.

Conséquemment, non les parents qui viennent me voir ne sont pas riches. Ils sont seulement sensibles au développement de leur enfant et pour eux, les accompagner et les aider à cheminer pour les voir progresser est la plus grande richesse.

Ils ont le temps de venir te voir

Correction : les parents de mes clients PRENNENT le temps de venir me voir. Certains coupent leur heure de dîner, prennent un congé sans solde, amène le petit frère à la clinique pour faire les devoirs pendant que je suis en thérapie avec l’autre, etc. Bref, ils tentent tous de maximiser leur temps en orthophonie à leur façon.

Une chose est sûre, aucun d’entre eux n’a réellement le temps de venir me voir. Entre le travail, les devoirs et leçons, les repas à préparer, la journée du lendemain à planifier, toutes les commissions à faire, glisser une rencontre d’une heure en orthophonie relève d’un travail de moine dans l’horaire.

Ce n’est pas toujours évident pour les parents qui travaillent généralement sur les heures d’école de leurs enfants de se libérer. De plus, ce n’est pas parce que le jeune est en journée pédagogique que le parent l’est forcément. Le plus souvent, les orthophonistes au privé offrent des plages de soir et parfois même de fin de semaine. Toutefois, ces plages sont souvent bien rapidement remplies, étant les plus convoitées.

Évidemment, certains parents ont des horaires qui leur permettent de se libérer en journée. Par contre, ils coupent généralement ailleurs. Par exemple, une mère qui travaille de nuit pour pouvoir être présente pour ses enfants en journée pénalisera nécessairement son sommeil. Il y a aussi des parents qui décident que l’un des deux ne travaillera pas à temps plein ou restera à la maison pour gérer la vie familiale. Eh bien, si vous calculez bien, c’est peut-être du temps de plus, mais ça reste un salaire de moins…

Bref, les parents qui viennent consulter au privé n’ont pour la plupart ni temps ni argent contrairement à la croyance populaire.

C’est d’ailleurs deux des raisons pour lesquelles il est si important pour moi d’adapter mes services et c’est pourquoi je mets de l’avant la téléorthophonie et je travaille à développer diverses façons de répondre aux besoins de mes clients selon les moyens (en temps et en argent) de leurs parents.

D’ailleurs si vous vous demandez en quoi la téléorthophonie représente une solution, je vous invite à consulter cet article.

Et avant de terminer, je veux prendre un moment pour féliciter tous mes parents de clients qui font un travail incroyable et qui sont une source d’inspiration constante pour moi quand je vois leur dévouement à leurs enfants.

P.S. Si vous êtes un orthophoniste et que la téléorthophonie ça vous intéresse (ou ça vous intrigue), je peux vous donner un coup de main afin de l’intégrer à votre pratique. Personnellement, je ne m’en passerais plus !

Mes meilleurs conseils quand on travaille AU privé dès la fin de ses études

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Venant d’une famille d’entrepreneurs, ça a toujours été une évidence pour moi qu’une fois mes études terminées, j’allais travailler dans le secteur privé. En fait, c’était clair que je démarrerais ma propre clinique et que j’en serais propriétaire. À l’époque, je rêvais d’être psychologue propriétaire de sa clinique. Les choses ont un peu changé, mais pas tant quand même.

Par contre, je dois avouer que durant ma maîtrise, cette vision que j’avais était loin d’être partagée par mes collègues, mes superviseurs et mes enseignants. Combien de fois durant mon parcours universitaire m’a-t-on mise en garde qu’il est illusoire de penser se partir à son propre compte dès sa sortie des bancs d’école. Parfois, j’avais même l’impression qu’on tentait de me décourager…

Pourtant, je n’ai rien écouté de tout cela et je l’ai fait. D’ailleurs, jamais (ou presque) durant ma maîtrise, je n’ai douté de ce projet que j’ai commencé à préparer plus d’un an avant la fin de mes études. Et je n’ai absolument AUCUN regret de l’avoir fait. Bien évidemment, c’est sûr qu’il est important de bien se préparer, car la première impression qu’on laisse est TRÈS importante.

Je vous partage donc ici une liste de mes meilleurs trucs pour bien démarrer au privé, que ce soit à votre compte, avec une collègue ou même dans le rachat d’une clinique déjà existante.

Faites-vous un budget et un plan de match

On ne se le cachera pas, démarrer une entreprise, peu importe de quel type d’entreprise il s’agit, ça implique plusieurs coûts autant en temps qu’en argent… Parfois, on peut aller chercher des subventions ou certaines bourses, mais cela demande de remplir plusieurs documents (et parfois même pour les prêts).

C’est donc très important de d’abord cibler ses objectifs, de se prévoir un budget et de déterminer ses objectifs pour la première année d’opération. Autrement dit, il faut faire un plan d’affaires. Ce n’est pas la partie la plus palpitante, je l’avoue, mais ça aide VRAIMENT à mettre en perspective ce que l’on vise pour notre entreprise et nos objectifs.

De plus, vous serez d’autant plus préparé aux yeux d’éventuels investisseurs ou partenaires ou tout simplement devant la banque si vous voulez aller chercher un prêt.

Définissez votre offre de services

C’est une chose de dire qu’on ouvre sa clinique privée, mais c’est important de savoir à quelle clientèle est-ce que vous allez vous adresser, quels seront vos tarifs, vos horaires, etc.

Cela vous permettra de mieux cibler votre marketing lorsque viendra le temps de faire la promotion de ce nouveau service dans le voisinage. De plus, cela pourra orienter le choix de l’endroit où vous vous installerez, les gens que vous contacterez pour établir des partenariats, etc.

Petit conseil, ne vous présentez pas simplement comme une « clinique d’orthophonie ». Prenez le temps de réfléchir à ce qui vous démarquera de la mêlée. Qu’apportez-vous de nouveau sur le marché?

Précisez vos limites et soyez honnête envers vous-même

Lorsqu’on commence, on peut être tenté d’accepter toutes les demandes d’évaluation et de suivi, même si ça sort de l’horaire qu’on s’était établi ou de notre clientèle cible. C’est sûr que c’est toujours un peu stressant de savoir si on aura des clients au départ. Je vous rassure, vous en aurez sans problème. D’ailleurs, les clients seront d’autant plus reconnaissants de votre honnêteté si vous les référez à une orthophoniste de confiance qui est spécialisée dans une problématique que vous n’adressez pas. En prime, elle risque à son tour de vous référer des clients.

L’horaire n’est pas à négliger non plus. Si vous avez décidé d’ouvrir votre horaire de 8h à 20h du lundi au jeudi en plus du vendredi de 8h à 16h et parfois le samedi, vous perdrez beaucoup d’efficacité et d’énergie. De plus, il vous sera très difficile de déplacer des clients si par exemple il y a des changements dans votre vie. C’est correct d’ouvrir des soirs et parfois même un samedi, mais assurez-vous que votre horaire demeure réaliste.

Après tout, on a beau être passionné par notre métier, on a tous une vie. Oh et si vous vous sentez mal de dire que vous n’êtes pas disponible en soirée ou le samedi, dites-vous que de toute façon, les clients n’ont pas à savoir pourquoi.  

Développez et entretenez votre réseau

J’ai parlé plus haut de définir votre clientèle cible. C’est difficile de tout faire en tant qu’orthophoniste au privé et c’est d’autant plus difficile d’échanger avec d’autres collègues si on est seul dans notre pratique.

N’hésitez pas à contacter d’autres orthophonistes (et même d’autres spécialistes) qui sont dans la même situation que vous. Créez un groupe Facebook entre vous pour vous poser des questions, vous entraider ou encore vous référer des clients. Vous pouvez même faire des rencontres mensuelles que ce soit en personne ou à distance.

N’ayez pas peur de poser vos questions. Personne ne vous trouvera niaiseuse. Au mieux, vous aurez fait réfléchir vos collègues. Ah et partagez vos découvertes et vos trucs. Ça ne sert à rien de garder cela pour vous. Les autres pourront sûrement renchérir et ouvrir sur de belles réflexions. Une belle façon d’approfondir encore plus votre pratique.

N’ayez pas peur d’investir pour votre entreprise

Au début, on ne fait pas beaucoup de sous, c’est vrai. On a peur de dépenser parce qu’on se dit qu’on doit en garder le plus possible pour les dépenses non prévues et on veut aussi qu’il nous en reste un peu à la fin du mois pour payer les comptes…

Cependant, pour faire grandir votre pratique, c’est important de dépenser… Oui oui! On s’entend qu’il faut le faire de façon calculée, mais tout de même. Pour ma part, je m’engage envers moi-même, et ma pratique, à suivre deux formations par année dans mon domaine. Ce n’est pas beaucoup, mais ça fait une belle différence.

Aussi, n’hésitez pas à débourser pour un mentor. Que ce soit spécifiquement relié à l’orthophonie ou pour une autre branche reliée à votre clinique (marketing, comptabilité, gestion, etc.). Demander de l’aide à quelqu’un spécialisé dans son propre domaine vous rapportera énormément. J’ai moi-même longtemps hésité avant de payer pour ce genre d’aide. Maintenant, je ne m’en passerais plus, car ça m’a apporté énormément et même plus que ce que ça m’a coûté.

Voyez vos erreurs comme une belle occasion d’apprendre et de devenir encore meilleur

Quand on débute dans le métier, on voudrait que tout soit parfait, ne jamais rien oublier, ne pas se tromper, tout connaitre. Malheureusement, on n’est pas parfait et les erreurs surviendront inévitablement. En fait, elles font partie de… la vie quoi.

Le meilleur conseil que je puisse vous donner si vous commettez une erreur est de d’abord l’admettre. Vos clients sont beaucoup plus conciliants que vous ne le pensez. Ils comprendront beaucoup mieux si vous leur expliquez calmement que c’est votre erreur et que vous leur proposez des solutions.

Et ce qui est bien des erreurs que l’on commet, c’est qu’après on est deux fois plus vigilant et on met en place des stratégies efficaces pour y remédier et éviter que ça ne survienne de nouveau. Autrement dit, on devient un meilleur professionnel grâce à celles-ci.

Quelqu’un d’expérience m’avait déjà dit : « Quand tu as ton diplôme, tu es une orthophoniste au même titre que celle qui a 25 ans d’expérience dans le domaine. Ne l’oublie pas. » On peut être impressionnée et se dire qu’on est « juste une nouvelle orthophoniste », mais cela n’est en rien une excuse pour ne pas accomplir vos projets. Il suffit simplement de bien vous entourer et surtout, de vous faire confiance.

Si vous avez des questions concernant le merveilleux monde de l’orthophonie, n’hésitez pas à m’écrire. Il me fera plaisir d’en discuter avec vous.

Et si jamais vous êtes curieux de vous partir au privé, je vous invite à visionner cette vidéo sur les 8 mythes sur l'orthophonie au privé.