5 trucs pour orthophoniste en manque d'inspiration

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Qui ici ne s’est jamais retrouvé à 10 minutes de sa prochaine thérapie avec absolument AUCUNE idée de ce qu’il allait faire, et ce, même si la matériathèque est bondée…

Je crois que c’est un sentiment que toute bonne orthophoniste et même tout professionnel travaillant avec les enfants a vécu au moins une fois dans sa pratique.

La créativité a beau être une force de la plupart des orthophonistes que je côtoie, celle-ci n’est malheureusement pas inépuisable et arrive toujours un moment où la boîte à idées est tout simplement vide.

J’ai donc décidé de vous partager mes cinq trucs pour orthophoniste en manque d’inspiration. Ce sont des ressources que j’utilise personnellement régulièrement quand je cherche des nouvelles idées… Parce qu’on n’a jamais assez de nouvelles idées.

Pinterest : une mine d’or d’idées DIY

Quand j’ai un peu de temps pour développer du matériel ou que je suis à la recherche de nouvelles idées à élaborer, j’aime aller faire un tour sur Pinterest. Ce réseau social regorge d’idées et d’inspiration!

Plusieurs orthophonistes y partagent leurs créations et comment elles travaillent divers objectifs en thérapie. On peut même trouver des documents pdf gratuits à imprimer pour nos propres thérapies. Toutefois, la plupart du temps, ces outils sont anglais. Bien que la majorité du matériel et des explications soit en anglais, il est possible d’adapter ou même de reproduire la plupart des idées que vous y trouverez.

En raison du temps d’adaptation et de création que demandent les idées qu’on y retrouve, cela n’est peut-être pas la plateforme idéale si on manque cruellement d’idées à 10 minutes ou moins de notre prochaine thérapie… mais ça peut faire une bonne base pour vous inspirer à partir du matériel que vous avez déjà.

Mon truc : écrivez directement (en anglais pour plus de résultats) l’objet de votre recherche pour des résultats plus précis (p.ex. speech therapy phonologic awareness).

Profiter de la créativité des orthophonistes anglophones sur Instagram

Ce n’est que depuis que je suis orthophoniste que j’ai compris à quel point les fameux #hashtags peuvent être utiles. Si vous êtes sur Instagram, je vous suggère fortement de faire des recherches de # en lien avec l’orthophonie pour y trouver des comptes super intéressants en lien avec l’orthophonie.

Comme avec Pinterest, la plupart des comptes sont en anglais, mais vous pouvez adapter sans trop de difficulté ce qui est présenté. Ce que j’aime particulièrement avec Instagram, c’est que non seulement on peut avoir des idées d’activités à faire tout dépendant des comptes que vous suivez, mais également on peut y trouver des suggestions de jeux et de livres super intéressants.

Pour ma part, j’utilise Instagram de deux façons :

  1. J’aime voir ce que mes collègues orthophonistes ont partagé lorsque je fais le survol de mon fil d’actualité et de mes stories, et ce, même si je n’ai pas de but précis en tête. Ça peut me donner des idées nouvelles que je pourrai essayer avec un jeune.

  2. Faire une recherche spécifique en utilisant les #. Parfois, je cherche des idées précises alors je vais dans l’onglet recherche pour diriger davantage mes recherches. Si je cherche par exemple de l’inspiration pour des activités d’écriture, je pourrais écrire #writingactivity #lecture #écriture #middleschool

Vous aurez deviné que j’utilise beaucoup de # en anglais. En fait, je trouve que cela élargit davantage mes recherches donc est meilleur pour nourrir mon inspiration.

Voici les principaux # que j’utilise pour mes recherches : speechtherapy, orthophonie, logopédie, teaching, teacher, enseigner, enseignement, éducation, apprentissage, langage, language

Poser des questions précises sur les groupes Facebook d’orthophonistes

De plus en plus de groupes d’orthophonistes sont disponibles sur Facebook. Cela peut être le groupe de la cohorte d’orthophonistes avec qui vous avez étudié ou encore des groupes plus spécifiques.

Pour ma part, je fais partie de divers groupes qui rejoignent davantage ma pratique : un groupe d’orthophonistes en pratique privée, une communauté de pratique pour les orthophonistes au secondaire, le groupe de ma cohorte d’orthophonistes, etc.

Il en existe plusieurs diversifiés selon vos besoins. Encore une fois, plusieurs sont en anglais, mais peuvent tout de même être intéressants.

Ces groupes sont particulièrement utiles lorsque vous manquez d’idées ou d’alternatives pour une situation particulière. Parce qu’entendons-nous, même si on adore nos clients, quand ça fait 40 rencontres qu’on a avec eux, on a souvent l’impression d’avoir fait le tour de notre matériathèque.

Les groupes Facebook sont géniaux, car ils permettent d’aller chercher l’expertise d’autres orthophonistes qui ont peut-être déjà été dans votre situation et d’avoir un œil extérieur, ce qui est toujours enrichissant.

Mon truc : ne vous abonnez pas à TOUS les groupes d’orthophonistes que vous trouvez sur Facebook. Vous risquez d’être submergée par toutes les notifications et ne plus les remarquer. Sélectionnez les groupes qui rejoignent le plus vos champs de pratique et où vous seriez le plus à l’aise de publier quelque chose si vous aviez besoin d’avis extérieur. Une fois ces groupes choisis, je vous suggère d’activer les notifications pour ceux-ci. Cela vous permettra de bénéficier des questionnements et réflexions des autres à l’occasion.

Prévoir des rencontres d’échange avec les orthophonistes de votre entourage

Ce qu’on appelle, dans notre jargon, des communautés de pratique est relativement courant pour les orthophonistes qui travaillent dans le secteur public. Ce n’est pas la même réalité quand on travaille au privé. Plusieurs orthophonistes travaillent seules dans leur clinique, ce qui fait en sorte qu’elles n’ont pas l’occasion d’échanger avec des collègues aussi souvent qu’elles le voudraient.

J’ai la chance de travailler avec une équipe de quatre orthophonistes. Toutefois, nous ne travaillons pas toutes avec la même clientèle, ce qui fait en sorte que, pour des questions plus précises, nous ne pouvons toujours nous entraider aussi efficacement qu’on le souhaiterait.

Il peut donc être intéressant de regarder autour de vous pour trouver des orthophonistes qui travaillent sensiblement auprès de la même clientèle que vous et de planifier des rencontres d’échanges et de discussion. Celles-ci peuvent être en personne ou à distance si vos collègues ne pratiquent pas dans la même ville que vous.

Mon truc : comme il est facile de dévier du sujet quand on est entre passionnées, vous pourriez prévoir un thème à chaque rencontre et faire un ordre du jour pour que tous les points que chacune aimerait aborder soient discutés.

Faire des semaines thématiques

Si, comme moi, votre clientèle est relativement homogène (je ne vois que des jeunes d’âge scolaire ou des clients en troubles orofaciaux myofonctionnels), vous pourriez sélectionner quelques jeux ou un thème pour une semaine et le décliner de plusieurs façons selon les objectifs que vous voulez travailler avec vos clients. Cela vous évitera d’avoir à vous questionner avant chacun de vos rendez-vous.

Pour ma part, j’ai plusieurs clients avec qui je travaille sensiblement les mêmes objectifs. J’aime donc prendre les mêmes jeux et les adapter selon les besoins et le niveau de mes clients. Par exemple, j’ai fait une semaine thématique Pokémon. Avec certains, on travaillait le discours descriptif en élaborant notre propre Pokémon alors qu’avec d’autres, on travaillait les correspondances graphème-phonème en lisant/écrivant le nom de certains Pokémon. Ainsi, je n’avais qu’un seul matériel décliné de plusieurs façons. Cela demande beaucoup moins d’organisation.

Ces trucs ne sont pas infaillibles et même si vous mettez toutes les chances de votre côté, il se peut que le manque d’inspiration survienne malgré tout. Toutefois, vous aurez au moins quelques outils avec cet article pour y remédier rapidement. Si vous avez des trucs que je n’ai pas mentionnés lorsque vous manquez d’inspiration, je serais bien curieuse de les connaitre… Après tout, toute bonne orthophoniste sait pertinemment que des trucs, on n’en a jamais assez.

Comment les cartes mentales peuvent aider à mieux organiser sa pensée

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Dans la vie, j’ai toujours été une personne très séquentielle et linéaire. Je me rappelle, durant mes études, quand je révisais ma matière, je me faisais des listes. C’était pour moi la meilleure façon de retenir l’information. Voilà pourquoi j’ai toujours eu plus de facilité à apprendre en lisant des livres, car l’information y est présentée de la façon dont je la retiens. 

Toutefois, depuis que je suis orthophoniste, j’ai constaté que, pour la plupart de mes clients, c’est tout l’inverse. Leur cerveau ne fonctionne pas du tout comme le mien et pour eux, il n’y a rien de plus difficile à comprendre que de l’information présentée à l’écrit sous forme de liste.

C’est pour cette raison que, depuis quelque temps, je me suis intéressée aux cartes mentales (aussi appelées cartes conceptuelles) pour les intégrer dans ma pratique comme un super outil afin d’aider mes jeunes clients à mieux comprendre ce qu’ils apprennent et à mieux organiser leur pensée pour ensuite la mettre sur papier.  

J’ai donc pensé vous rédiger un billet de blogue dans lequel je vous explique davantage en quoi consistent les cartes mentales et comment on peut les utiliser.

C’est quoi au juste une carte mentale ?

Une carte mentale est en fait une façon de représenter graphiquement des concepts en les organisant autour d’un thème (ou d’une idée) central. Elle permet de préciser les relations entre les différents éléments qui découlent du thème central et de les hiérarchiser.

Si vous faites des recherches sur Internet, vous verrez qu’une carte mentale est aussi appelée carte conceptuelle, schéma de concepts ou réseau sémantique. Bien que les termes varient d’une plateforme à l’autre, le principe de base demeure le même.

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Pourquoi utiliser une carte mentale ?

Il y a autant de façons d’utiliser une carte mentale qu’il y a d’individus et de façons d’organiser l’information. P.ex. vous pourriez utiliser une carte mentale pour organiser la répartition des tâches ménagères dans la maison. Bref, on peut facilement leur trouver une utilité dans tous les contextes.

Toutefois, la plupart du temps, quand je présente à mes jeunes clients la carte mentale, c’est pour l’utiliser dans des contextes précis :

Illustrer des liens entre les connaissances qu’ils acquièrent sur une matière à l’étude et des connaissances antérieures (donc qu’ils ont déjà) afin que l’information fasse plus de sens et soit plus facilement comprise et retenue. C’est d’ailleurs le principe même des inférences (souvent difficiles chez les jeunes ayant des difficultés langagières) qui consistent à faire des liens entre l’information lue/entendue et les connaissances qu’on possède déjà pour arriver à la bonne réponse.

Organiser les informations à l’étude : je ne vous apprends rien en vous disant que, lorsqu’on étudie, le premier réflexe qu’on a est de relire les notes du cours ou encore les chapitres à l’étude dans le manuel scolaire. Toutefois, cette information est souvent répétée différemment d’un endroit à l’autre et présentée de façon linéaire. Pour les jeunes présentant des difficultés de langage, cela représente un double défi, car ils doivent regrouper les informations qui vont ensemble et apprendre en suivant une structure linéaire qui ne leur convient pas forcément. La compréhension et l’intégration de la matière est donc difficile. En utilisant la carte conceptuelle, on reprend toutes ces informations et on essaie de les organiser d’une façon qui fait du sens tout en ajoutant un aspect visuel qui est souvent très important pour compenser les difficultés langagières.

Planifier/organiser la structure d’un texte/travail à produire : souvent, à l’école, lorsqu’on doit faire un travail ou rédiger un texte, on doit suivre un plan bien précis. Ce plan est généralement présenté sous forme linéaire. Autrement dit, on doit inscrire les idées une à la suite de l’autre. C’est souvent très difficile pour un jeune ayant des difficultés langagières d’élaborer son discours sous cette forme. D’ailleurs, LA phrase que j’entends le plus souvent quand on suit ce genre de plan est « Mais je ne sais pas quoi écrire/dire… ». Quand on procède avec une carte mentale, on peut commencer où on veut et on ajoute ce qu’il manque par la suite. Ainsi, c’est souvent plus facile pour les jeunes d’amorcer leur texte, car on sort de la structure pour partir de leur raisonnement.

Valider la compréhension d’un jeune par rapport à un sujet : quand je laisse mes jeunes clients faire eux-mêmes leur carte mentale, ça m’ouvre la porte sur tout un pan de leur raisonnement. Je peux « voir » comment ils ont compris et intégré une information et les différents liens qu’ils font. Ainsi, si cela est erroné, je peux rapidement, et visuellement, les corriger et en discuter avec eux.

Les différents types de cartes mentales

Comme je l’ai dit plus haut, une carte mentale peut être illustrée de différentes façons. Toutefois, il existe aussi différents médiums pour la faire. On peut toujours la faire avec les bons vieux papier et crayons ou encore sur un mur ou une affiche avec des post-it. Sinon, il existe plusieurs logiciels payants et gratuits sur Internet. Il suffit de déterminer avec quel médium on est le plus à l’aise. Le but est de se simplifier la vie et non de la compliquer. 

Chaque médium comporte ses avantages et ses inconvénients. Par exemple, avec une carte dessinée à la main, vous pouvez laisser libre cours à votre créativité et inventer des symboles que vous comprenez. C’est souvent aussi plus facile de voir le résultat dans son ensemble sur papier. Par contre, il est plus difficile de la modifier et on est limité par l’espace que nous offre la feuille.

À l’inverse, les cartes mentales faites à partir de logiciels permettent plus de souplesse si on veut manipuler l’information au fur et à mesure qu’on la développe. On peut davantage déplacer les liens, ce qui permet de réfléchir à leur organisation et de voir ce qui fonctionne le mieux. Cependant, les logiciels étant des logiciels, on est souvent limités par leurs fonctionnalités qui peuvent ne pas nous convenir.

À cet effet, vous trouverez ici une liste des différents logiciels en ligne (payants comme gratuits) pour faire des cartes mentales. Je vous suggère de les explorer afin de voir lequel vous convient le mieux. Personnellement, j’aime beaucoup MindMeister  (qui offre une version gratuite et payante).

L’avantage des cartes mentales pour les jeunes avec difficultés langagières

Il n’est pas rare de voir un jeune présentant des difficultés langagières ou d’apprentissage avoir de la difficulté à élaborer et à organiser ses idées. Plusieurs de ces jeunes ont d’ailleurs un mode de pensée plus « nuagique », i.e. qu’ils voient le sujet dans son ensemble et qu’il est difficile pour eux de le décortiquer et de voir quelle étape vient en premier.

Leur demander de « commencer par le commencement » est souvent un très gros défi pour eux. La carte mentale est un outil qui leur permet justement d’avoir une vision détaillée et globale du sujet traité. Quand je leur explique, j’aime leur dire que c’est un peu comme si on prenait une photo de ce qu’ils voient dans leur tête et qu’on la mettait sur le papier pour que moi je puisse comprendre et mieux les aider.

 Les cartes mentales étant propres à chacune, elles permettent aussi aux jeunes d’avoir un certain pouvoir sur leurs apprentissages. En effet, quand nous travaillons ce concept, après que j’aie expliqué ce que c’est aux jeunes, je les laisse explorer le médium et organiser l’information comme eux la perçoivent. Ça leur permet de retrouver une certaine autonomie. Ils sont fiers de pouvoir ensuite m’expliquer ce qu’ils ont fait. C’est une excellente façon aussi pour moi de pouvoir leur compréhension et de les questionner.

 

Bref, j’adore travailler avec les cartes mentales, car elles m’ouvrent, de façon visuelle, sur la compréhension qu’un jeune se fait d’un problème, d’une situation ou d’un travail à faire.

Comment j'ai utilisé un jeu « ben simple » pour en faire un jeu éducatif

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Cet article a été écrit dans le cadre d’une collaboration avec Scolart, un magasin offrant des outils de qualité pour aider les jeunes à apprendre et à créer dans le plaisir.

Vous avez peut-être vu, sur mes réseaux sociaux, que j’ai débuté une nouvelle collaboration avec Scolart, un magasin de matériel et de jeux éducatifs dans la région de Québec (mais vous pouvez aussi commander en ligne!!!).

 J’ai donc eu la liberté d’aller fouiller dans leur « giga-méga-tellement-variée-et-trop-cool » banque de jeux sur leur site web et je leur ai listé les jeux qui m’interpellaient et que je voulais explorer davantage. Ils ont décidé de me lancer tout un défi en m’envoyant le jeu Rhino-Héro et, avec celui-ci, un petit mot disant : « On est vraiment curieux de voir comment tu adapteras le jeu pour l’orthophonie… »

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que je suis toujours partante pour relever un défi… Toujours. Alors ça n’a pas pris 2 minutes que, dès que j’ai eu le jeu en main, je me suis mise à l’explorer et j’ai eu 3 000 idées.

Voici donc une courte liste des adaptations du jeu qui ont été testées et approuvées par les meilleurs cobayes qui soit : mes clients!


Comment fonctionne le jeu ?

À la base, Rhino Héro est un jeu de « construction » (je ne sais pas si c’est le bon terme) qui, je trouve, est un beau mélange entre le Uno, les châteaux de carte et Jenga (trois jeux SUPER populaires avec mes jeunes)… Bref, un beau défi amusant!

Le but du jeu est d’être le premier à se débarrasser de toutes ses cartes en construisant la tour, et ce, sans la faire tomber. Cela demande donc d’user de logique, mais également de ne pas être trop empressé et de prendre son temps, car plus la tour est haute, plus elle est fragile…

Si, comme moi, vous êtes visuel et que ça vous dit de VOIR comment fonctionne le jeu, vous pouvez vous rendre sur mon compte Instagram dans les stories à la une.


Adaptation 1 : pour travailler l’orthographe et autres notions

Avec plusieurs de mes clients, je travaille la syllabation et la segmentation des mots en sons comme prérequis pour l’écriture notamment. J’ai donc combiné le plaisir qu’ils ont à jouer à Rhino Héro avec cette tâche qu’ils aiment moyennement.

Pour ce faire, j’ai tout simplement collé des « post-it » (un peu plus petits que les cartes) à l’intérieur de certaines cartes. Sur ces post-it, j’y avais inscrit mes mots cibles. Ainsi, quand on arrivait pour mettre un mur afin d’élever la tour, il fallait d’abord syllaber ou séparer en sons le mot inscrit sur la carte pour pouvoir mettre cette carte. Sinon, c’était droit de réplique à l’adversaire qui pouvait mettre le mur… à condition d’avoir la bonne réponse.

Afin de ne pas tanner mes jeunes, j’ai pris soin de mettre des post-it sur la moitié des cartes seulement.

J’ai testé mon idée avec 4 de mes clients (garçons et filles) et ça a été gagnant à tout coup. Avec les plus vieux (environ 8 ans et plus), la présence d’un défi qu’ils savent pouvoir relever est un élément de motivation clé pour l’apprentissage. Rhino Héro me permettait donc d’ajouter cette touche de défi que mes jeunes aiment tant. À mon plus grand bonheur, tous ceux avec qui j’ai testé cette adaptation m’en ont redemandé! 

Je peux donc vous confirmer que, bien que fort simple, cette adaptation est SUPER EFFICACE et amusante! Si vous voulez reprendre mon idée à la maison, cette façon de jouer est un bon truc pour étudier les mots de vocabulaire, les calculs mentaux ou encore une matière en particulier tout en ayant du plaisir.

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Adaptation 2 : pour pimenter l’apprentissage

J’ai mentionné plus haut qu’à l’âge scolaire, la plupart des jeunes aiment les défis, surtout ceux qu’ils savent pouvoir relever. Rhino Héro représente exactement le bon niveau de défi pour eux.

Je m’en suis servi comme jeu pour guider notre activité d’apprentissage. Autrement dit, au lieu de piger des cartes qui indiquaient à l’adversaire quoi faire, j’associais une bonne réponse à une action. Par exemple, dans un cas où je travaillais la compréhension du concept de condition « si… alors… », la réponse donnée indiquait ce que l’adversaire devait faire : passer son tour, mettre deux cartes, déplacer le rhino, etc.

Évidemment, je m’étais arrangée pour que les réponses les plus difficiles soient les plus « payantes » (lire ici, que l’autre doit passer son tour ou qu’on peut mettre deux cartes), ce qui rendait l’activité doublement motivante.

Le fait d’ajouter un défi du genre et de donner un certain « pouvoir » au jeune sur l’activité rend l’apprentissage beaucoup plus intéressant et ce dernier est d’autant plus impliqué, ce qui facilite la rétention.



Adaptation 3 : en simple renforcement

On sous-estime trop souvent, à mon avis, le pouvoir des jeux de renforcement dans l’apprentissage chez les plus vieux (2ème cycle du primaire en montant). Dans mon cas, mes meilleures thérapies sont souvent celles où les jeux que j’ai utilisés n’étaient là qu’en renforcement, sans forcément être intégrés à l’activité d’apprentissage même.  

Rhino Héro est ce parfait jeu de renforcement pour les plus vieux en présentant un bon défi et en étant suffisamment ludique pour permettre de petites pauses de récupération entre deux apprentissages qui peuvent être plus difficiles.

Pour ma part, je m’en sers souvent entre deux séries d’activités plus structurées et exigeantes sur le plan cognitif pour simplement se changer les idées et s’amuser. Le jeu étant amusant pour les jeunes, c’est d’autant plus motivant pour eux de terminer un bloc d’apprentissages afin de pouvoir y jouer.


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En conclusion, la beauté des jeux les plus simples est leur grande versatilité… Autrement dit, on en a VRAIMENT plus pour notre argent quand il s’agit de l’utiliser à différentes sauces. Ici, je vous ai proposé trois façons d’adapter le jeu Rhino Héro pour le combiner aux apprentissages de votre enfant, mais les possibilités sont aussi variées qu’il y a de contextes d’apprentissages et d’apprenants.

Si jamais vous vous procurez ce jeu, écrivez-moi comment vous l’avez adapté pour le combiner aux apprentissages de vos enfants.

Bien choisir ses jeux éducatifs en 3 étapes faciles

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Dans un billet précédent, je vous parlais du fait que je sois plus portée vers les jeux classiques que vers les jeux dits éducatifs. À la suite de ce billet, certaines personnes m’ont posé des questions et se demandaient si j’étais contre les jeux éducatifs. PAS DU TOUT !!!

En fait, après mûre réflexion, j’ai constaté que j’étais pour tout ce qui peut contribuer à l’apprentissage des enfants. Si vous suivez mes stories Instagram, vous avez peut-être vu passer mon opinion sur ce qu’est un jeu éducatif.

Si vous ne l’avez pas vu, en gros, je considère que tout matériel (jeu ou jouet) peut être éducatif à condition que l’enfant soit impliqué dans le jeu. En fait, je le distingue du jeu pédagogique qui, pour sa part, a un objectif d’apprentissage bien précis (p.ex. apprendre les lettres).

Dernièrement, on dirait que le mot « éducatif » a la cote. Plusieurs jeux sortent sur le marché et sont dits « éducatifs ». Ça devient donc très difficile pour un parent de choisir parmi tous ces jeux, celui (ou ceux) qui conviendront le mieux (lire ici, qui plairont aux enfants et perdureront dans le temps).

J’ai donc pensé vous dresser une liste de quelques questions à vous poser pour vous aider dans votre sélection de jeux.

Est-ce que le jeu correspond à l'âge, mais surtout aux intérêts de l'enfant ?

Il est essentiel de tenir compte de l’âge de l’enfant oui, mais surtout de sa phase d’apprentissage et de ses intérêts. En fait, si vous n’aviez qu’un seul critère à retenir pour que votre enfant veuille jouer et manipuler ses jeux, ce serait ses goûts et intérêts. Le plaisir est le critère numéro un à tout jeu. Vous aurez beau avoir acheté le jeu le plus enrichissant du monde, si votre enfant ne l’aime pas, il n’y jouera juste pas…

Si vous achetez un jeu correspondant à l’âge et au niveau de l’enfant, assurez-vous de respecter ses intérêts. D’autant plus que maintenant, avec la variété de jeux disponibles, on y trouve bien souvent notre compte (p.ex. on peut maintenant trouver des blocs de construction pour tous les goûts).

Outre les intérêts, il faut considérer le niveau du jeu par rapport à celui de l’enfant. Je sais que la plupart, voire tous les jeux, indiquent l’âge auquel ils s’adressent, mais comme je l’ai déjà mentionné, l’âge n’est pas toujours le meilleur indicateur.

Tout d’abord, les jeux indiquent souvent une tranche d’âge plus large que ce qu’ils couvrent réellement… question marketing tout simplement. Ensuite, chaque enfant évolue selon un rythme qui lui est propre. Ainsi, ce n’est pas parce que votre enfant a 5 ans qu’il va forcément s’y plaire avec un jeu qui s’adresse aux 4-5 ans par exemple.

Il est important que le jeu représente un défi réalisable, et ce, peu importe que la tranche d’âge du jeu choisi corresponde ou non à l’âge de votre enfant. Un jeu trop complexe (même si supposément adapté en âge) peut être frustrant pour l’enfant et il risque de se tanner et de se décourager.

D’autant plus que souvent, les jeunes aiment pouvoir gagner et sentir qu’ils ont un certain contrôle dans le jeu, et c’est légitime (Attention! Je ne dis pas qu’il faille toujours les laisser gagner! Loin de là… mais toujours perdre c’est « plate » aussi).

Est-ce que le jeu favorise la créativité de l'enfant à travers son implication ?

Le jeu choisi doit être facile à utiliser : pas trop de consignes, pas trop de morceaux nécessitant un assemblage (ici, je le dis plus pour vous chers parents et intervenants, car les enfants s’impatientent souvent quand le jeu prend trop de temps à monter et le risque de perdre des pièces est plus grand).

Autrement dit, le jeu doit être suffisamment simple à utiliser pour donner à l’enfant le goût d’y jouer par lui-même ou avec ses pairs, et ce, dans différents contextes. Je reviens encore au fait que, si l’enfant n’y joue pas, le jeu ne sera pas éducatif point.

Mon conseil, lorsque vous vous trouvez devant l’étalage de jeux et jouets, demandez-vous si votre enfant a des jeux semblables à la maison et s’il les utilise ou non. S’il les utilise, demandez-vous comment il les utilise : est-ce qu’il ne fait que jouer avec les pièces, est-ce qu’il y joue seul, est-ce qu’il n’y joue que quand vous le lui proposez, etc.

Finalement, si vous jugez que le jeu que vous vous apprêtez à acheter sera un « plus » et contribuera positivement à l’apprentissage et au développement de votre enfant, essayez de voir quelles sont ses options et de quelles façons est-ce que votre enfant pourrait l’utiliser.

Est-ce que le jeu peut être utilisé de différentes façons ?

Cette question fait suite à la précédente. Si vous arrivez facilement à voir suffisamment de différentes façons dont le jeu peut être utilisé, c’est bon signe.

Je ne vous apprends rien en vous disant que les enfants aiment non seulement la nouveauté, mais également la variété. Ils se tanneront rapidement d’un jeu qui ne présente que peu d’options. Un jeu où ils peuvent jouer avec la planche, mais récupérer les personnages pour jouer de façon symbolique ou encore combiner à un autre jeu aura plus de valeur et d’intérêt à leurs yeux.

Une autre façon de voir si votre enfant peut jouer de différentes façons avec un même jeu est de voir si celui-ci présente un niveau de difficulté croissant. Autrement dit, demandez-vous si le jeu peut être facilement adapté pour conserver l’intérêt de l’enfant tout en l’amenant à progresser et en représentant un certain défi.

Le but de tout ça, c’est de vous assurer que ce jeu pourra être utilisé de diverses façons, mais surtout avec la plupart de vos enfants (surtout s’ils n’ont pas tous le même âge). C’est la meilleure façon de rentabiliser votre achat en fait.

 

S’il y a une chose à retenir de toutes ces considérations, c’est que l’important pour vos enfants, est qu’ils puissent apprendre dans le plaisir, avec vous ou par lui-même. Le mieux reste encore et toujours de varier les jeux et les activités (jouer dehors, jouer avec d’autres enfants, jouer seul, jouer avec l’adulte, lire une histoire, faire des constructions, faire du bricolage, jouer à un jeu de table, etc.)

8 considérations à prendre pour une rencontre à distance efficace

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Pour profiter au maximum d’une thérapie à distance, il est primordial de tenir compte de divers éléments. Si vous n’êtes pas bien organisé, vous risquez de vous fâcher plus souvent qu’autrement lors de la rencontre et de ne pas en profiter pleinement. Alors sans plus tarder, voici à quoi vous devez penser avant votre rencontre virtuelle en orthophonie.

1) Ayez une webcam

La plupart des ordinateurs de table et portables récents sont munis d’une webcam. Toutefois, si ce n’est pas votre cas, il est important de vous en procurer une. Vous pouvez facilement vous la procurer en ligne à un coût abordable ou dans une boutique d’électronique près de chez vous.

Évidemment, ce n’est pas tout d’avoir une webcam. Encore faut-il s’assurer qu’elle fonctionne bien. Je vous suggère donc, avant votre rencontre, de vous connecter d’avance et de faire des tests de caméra pour vous assurer qu’elle fonctionne.

2) N’utilisez pas votre téléphone intelligent

À moins que l’écran de votre téléphone ne soit aussi grand que celui d’un ordinateur, ce dont je doute, passer la rencontre sur votre téléphone intelligent n’est pas ce qu’il y a de plus efficace. Premièrement, vous vous trouverez sûrement dans l’obligation d’avoir à tenir votre téléphone durant toute la rencontre (hello les bras morts après 15 minutes) et de bouger, ce qui ne sera pas très agréable pour l’orthophoniste de l’autre côté de l’écran. 

Aussi, à moins d’avoir des yeux bioniques, vous trouverez pas mal ardu de lire les documents ou de regarder les indications que l’orthophoniste vous partagera avec la fonction de partage d’écran. 

Finalement, bien que les cellulaires sont de plus en plus pratiques et techno, il n’en reste pas moins que l’ordinateur vous permet d’accomplir plus de fonctions encore pour le moment. Je vous suggère donc de privilégier l’ordinateur et en second choix la tablette électronique si celle-ci est relativement grosse. 

3) Le casque d’écoute avec micro : un must!

Je le recommande SURTOUT pour les enfants qui ont de la difficulté à se concentrer. Si l’environnement à la maison est le moindrement bruyant et distrayant, le casque d’écoute est alors un outil indispensable qui permet au jeune d’entrer dans sa bulle. 

De plus, je trouve que ça fait un meilleur son pour le jeune et pour moi aussi. J’aime comparer le fait de mettre ses écouteurs ou son casque d’écoute au fait de fermer la porte de la salle de thérapie pour faire fie des distracteurs externes.

Pas besoin de dépenser une fortune. De simples petits écouteurs à iPod par exemple suffisent (assurez-vous qu’il y a un micro intégré). 

4) Ayez un clavier

Il va de soi que si vous êtes sur un ordinateur, vous aurez un clavier. Par contre, si vous faites la rencontre à partir de votre tablette, cela n’est pas toujours le cas. Le clavier sur l’écran n’est pas optimal pour une rencontre avec l’orthophoniste notamment en raison de la position non ergonomique de celui-ci par rapport à la caméra de l’écran.

Ainsi, si vous utilisez votre tablette, je vous suggère de vous procurer un clavier bluetooth que vous pourrez connecter à celle-ci et qui agira comme un clavier d’ordinateur. Votre écran sera également plus libre puisque le clavier ne sera pas affiché directement sur celle-ci. 

De plus, pour les jeunes qui apprivoisent le clavier d’ordinateur, j’aime qu’ils puissent déjà avoir accès à la sensation des touches pour augmenter leur fluidité de frappe.

5) Vérifiez que vous disposez de suffisamment de bande passante

La bande passante c’est la quantité de données que l’on consomme lorsqu’on est sur Internet. Que ce soit lorsqu’on écoute une série sur Netflix, des vidéos sur Youtube, lorsqu’on télécharge une pièce jointe d’un courriel ou encore qu’on navigue sur un site web, toutes ces actions requièrent des données. 

Pour ceux qui ont un forfait internet comprenant des données illimitées, une rencontre à distance ne pose pas problème. Par contre, si vous disposez d’un nombre de données précis dans votre forfait internet, il est important de vérifier que vous ne dépasserez pas ce nombre. Autrement, vous vous retrouverez avec des frais supplémentaires qui peuvent être parfois assez exorbitants. Il existe différentes façons de vous assurer que vous n’excédez pas la consommation limite, mais comme ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, je vous suggère de contacter votre fournisseur pour vous assurer que tout est correct. 

Un truc simple pour optimiser la bande passante : pendant votre rencontre en orthophonie, assurez-vous que personne n’utilise Internet en regardant des vidéos en même temps par exemple.

6) Adaptez votre environnement

Ce n’est pas parce que la rencontre se fait à partir de votre maison qu’il faut négliger l’espace où vous vous trouvez. L’environnement joue un rôle important sur la réussite d’un suivi à distance. Assurez-vous d’installer l’enfant dans un endroit calme où il n’y aura pas trop de distracteurs (p.ex. dans le bureau). Installez-le confortablement pour qu’il puisse bien voir à l’écran et avoir accès au clavier et à la souris de l’ordinateur.

Dans certains cas, il n’est pas possible de laisser le jeune sans surveillance durant la rencontre. Les parents l’installeront donc à la table de la cuisine par exemple. Si vous choisissez cette option, assurez-vous de ne pas faire trop de bruit à l’arrière et que les frères et soeurs sont dans une autre pièce. C’est dérangeant à la fois pour l’enfant et pour l’orthophoniste. 

P.S. N’oubliez pas de mettre votre cellulaire en mode silencieux pour éviter qu’il ne vous dérange (vous ou votre enfant) durant votre rencontre.

7) Préparez du matériel à portée de main

Par matériel, j’entends papiers et crayons principalement. Il se peut que l’orthophoniste vous demande d’écrire ou de prendre des notes. Pour éviter de perdre du temps de rencontre, assurez-vous de tout avoir à portée de main. Il en est de même pour votre agenda/cellulaire qui vous sera fort utile au moment de planifier le prochain rendez-vous.

Pour le jeune, je suggère qu’il ait accès sensiblement aux mêmes outils que lorsqu’il fait ses devoirs (papier, crayons, effaces, surligneurs, aide-mémoire, etc.). J’aime suggérer au parents de faire un « kit devoirs » à la maison et de tout classer ces éléments dans une boite à laquelle l’enfant aura accès. Il n’a qu’à prendre sa boite et saura que tout y est. Ainsi, il sera d’autant plus disposé à se concentrer à 100% lors de sa séance d’orthophonie.

8) Arrivez à l’avance

Ce n’est pas parce que la rencontre se fait en ligne et que vous n’avez pas à quitter votre maison qu’il faut être dernière minute. Je suggère toujours de vous préparer environ 10 à 15 minutes avant l’heure prévue de votre rencontre. Ainsi, cela vous permettra de vous assurer que tout fonctionne et, dans un cas où vous rencontriez une problématique technique, vous auriez un peu plus de temps pour régler le tout.

Voyez cela un peu comme si vous vous présentiez dans une salle d’attente virtuelle. Connectez-vous d’avance et l’orthophoniste « viendra vous chercher » en vous appelant. 

Il est important de savoir que tout retard est considéré de la même façon pour un rendez-vous à distance qu’en clinique. Autrement dit, les minutes pour lesquelles vous n’êtes pas présent sont perdues et ne seront pas reprises à la fin de la rencontre bien qu’elles sont facturées. De plus, une absence non justifiée compte également comme un rendez-vous manqué et des frais d’annulation peuvent s’appliquer. Je vous suggère de discuter avec votre orthophoniste au début afin de connaitre ses politiques d’annulation et de retard. Pour ma part, je considère un retard causé par un bris technique au même titre qu’un retard en clinique qui serait causé par la circulation le temps de rencontre se verra écourté mais tout de même facturé.

Après avoir lu toutes ces considérations à prendre, il est possible de constater que, même si un suivi à distance peut nous simplifier grandement la vie, il est important de se rappeler qu’il s’agit tout de même d’une rencontre d’intervention en orthophonie. Conséquemment, vaut mieux arriver bien préparé pour en profiter amplement.