Checklist des considérations à prendre en démarrant au privé

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Ce n’est pas toutes les orthophonistes qui choisissent d’aller au privé, mais cette option est de plus en plus envisagée notamment en raison des nombreux avantages qui sont de plus en plus mis de l’avant. Toutefois, cela fait parfois peur, car on ne sait jamais vraiment comment bien se préparer lorsqu’on démarre sa propre pratique. Dans mon cas, j’ai eu à modifier plusieurs éléments au fur et à mesure et parfois, j’aurais trouvé bien pratique qu’on m’en ait informé à l’avance… Disons que j’aurais sauvé beaucoup de temps et d’énergie...

Voilà pourquoi j’ai pensé vous dresser une courte liste des éléments importants à considérer lorsqu’on se lance au privé. En espérant que cela vous sauvera de précieuses minutes.

Permis de l’ordre 

Si vous arrivez du secteur public, il est important de mentionner votre pratique au privé à l’ordre, car le paiement de votre cotisation ne sera pas le même. Vous aurez un léger supplément à débourser. Cela est valable même si vous ne travaillez au privé qu’à temps partiel.

Assurance responsabilité civile/assurance médicaments

Lorsqu’on cotise à l’ordre pour avoir notre permis de pratique, on est automatiquement couvert par une assurance professionnelle. Toutefois, nous n’avons ni assurance responsabilité civile ni assurance médicaments. 

L’assurance responsabilité civile vous permet d’être protégé dans le cas où un de vos clients aurait un accident dans votre clinique par exemple. D’ailleurs, si vous faites du domicile, plusieurs écoles demandent une preuve que vous êtes couvert par une assurance responsabilité civile avant de vous autoriser à intervenir dans leur établissement. Je vous suggère donc d’en discuter avec votre courtier pour voir quels sont les plans de couverture possibles pour vous.

Il en est de même pour l’assurance médicaments qu’on est OBLIGÉ d’avoir. Si vous êtes travailleur autonome exclusivement, vous devez prendre celle qui vous est suggérée par l’ordre (votre assureur personnel ne peut vous en obtenir une). Si vous êtes travailleur autonome à temps partiel et complétez votre tâche avec un contrat dans le secteur public, assurez-vous que votre employeur vous fournit une assurance médicaments, ce qui devrait être le cas.

Adresse courriel professionnelle / Numéro de téléphone

Je vous conseille fortement, si ce n’est pas déjà fait, de vous créer une nouvelle adresse courriel distincte de votre adresse courriel personnelle. En effet, même si votre adresse personnelle n’est pas quelque chose du genre « cherrypie20@hotmail.com », vous préférerez que vos messages professionnels soient distincts de vos messages personnels (c’est beaucoup plus facile pour la gestion des courriels, croyez-moi).

Vous n’avez pas besoin de payer pour celle-ci. C’est possible d’en faire une gratuite, mais personnellement, je vous recommande d’investir un petit montant pour en avoir une qui ne se termine pas par « @gmail.com » ou « @hotmail.com ». D’ailleurs, plusieurs hébergeurs de site web offrent la possibilité de payer un petit surplus pour avoir une adresse courriel professionnelle qui se termine par le nom de votre site web sans que ce soit plus compliqué pour vous.

Site web avec informations facilement accessible

Avec les nombreux sites comme Wix ou Weebly, vous n’avez plus d’excuse pour ne pas avoir de site web de base. C’est, selon moi, la moindre des choses de nos jours que d’avoir un site web avec les informations de base. La plupart des clients vont d’abord vous chercher sur Internet. Je ne compte plus le nombre de clients qui me disent avoir trouvé ma clinique par Internet. Une page Facebook ne suffit pas, car il est difficile d’y trouver facilement toutes les informations nécessaires.

Pour ma part, j’ai fait mon site entier sur SquareSpace. J’adore cette plateforme, puisqu’elle est simple d’utilisation, présente plusieurs fonctions et intègre plusieurs options intéressantes sans que vous ayez à tout programmer. Pas besoin d’être un développeur web chevronné pour maîtriser la plateforme et ça vous donne un beau site web professionnel qui ajoutera à votre crédibilité en tant que travailleur autonome.

Paiement par carte de crédit/débit

De nos jours, les gens n’ont pratiquement plus d’argent comptant avec eux, sans parler des chèques… Il est possible de leur demander de vous faire un virement Interac, mais pour l’avoir vécu, on se retrouve souvent à courir après les paiements ou à se perdre dans nos suivis. 

Pour ma part, je préfère les paiements par carte de crédit. Je fonctionne avec l’application Square qui me permet d’envoyer des factures en ligne, de faire payer sur place avec un petit terminal et de faire des suivis automatisés des paiements faits par les clients. De plus, je n’ai aucun frais mensuels. Seulement un pourcentage à payer à chacun des paiements, mais cela est déductible d’impôts. 

Je sais que certaines orthophonistes n’aiment pas savoir qu’elles « perdent » de l’argent en raison des frais associés à l’utilisation des cartes de crédit, mais pour ma part, cela représente un moindre coût quand je pense à tout le temps et à l’énergie que je sauve. D’ailleurs, si vous songez à vous ouvrir un compte Square, je vous invite à passer par mon lien d’affilié qui fait en sorte que vous n’aurez aucun frais sur votre premier 1000 $ de transaction faits à l’intérieur de 180 jours. Ça vaut vraiment la peine, car c’est pratiquement sûr que vous l’obtiendrez.

Prévoir un fond pour les impôts

Ah les impôts! Il ne faut pas les oublier, car eux ne manquent pas de nous attraper dans le détour. Quand on est salarié, on n’a pas vraiment à s’en préoccuper. Toutefois, en tant que travailleur autonome, il faut pouvoir planifier vos impôts. J’ai souvent entendu des gens se faire avoir et réaliser qu’ils doivent plusieurs milliers de dollars à l’impôt, mais n’en ont pas mis de côté pour rembourser le gouvernement. 

Pour ma part, à chaque année, j’estime le taux d’imposition que j’aurai l’année suivante à l’aide d’un calculateur d’impôts et je regarde ça représente environ quelle proportion de mon salaire. Je m’assure ensuite d’en mettre de côté à chaque semaine dans un compte épargne. Je fais ça depuis 2 ans et j’ai eu, à chaque fois, l’agréable surprise d’avoir un bon retour d’impôts (que je remets aussitôt dans mon compte épargne pour l’année d’imposition suivante).

Évidemment, je pourrais m’étendre bien longtemps sur tout ce qu’il y a à considérer quand on travaille au privé, mais je pense que j’en écrirais un livre. D’ailleurs, parlant de livre, je vous recommande de lire le Guide du travailleur autonome 3.1. Vous y trouverez plusieurs informations pertinentes pour votre pratique. 

Et si vous souhaitez un accompagnement personnalisé pour vous guider dans la mise en place de votre pratique, écrivez-moi pour qu’on discute ensemble de vos besoins. Ça me fera plaisir de vous épauler et de vous partager mes meilleurs trucs!