Mes meilleurs trucs pour encourager la lecture chez les 10 ans et plus

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Je me rappelle lors de mes études universitaires, un de mes professeurs avait dit cette phrase qui m’a grandement marquée : « En bas âge, on apprend le langage et en vieillissant, on utilise notre langage pour apprendre. » 

Cette phrase, je me la répète régulièrement dans mes interventions… Lorsqu’on travaille avec les plus vieux c’est particulièrement le cas. Si un jeune présente des difficultés langagières, ses apprentissages sont souvent plus ardus, notamment en raison de la richesse du vocabulaire. 

Une des façons d’être exposé à un vocabulaire plus riche passe par la lecture… Hum ok! Mais combien de mes clients m’ont-ils dit ne pas lire ou ne pas aimer lire parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Ils se retrouvent donc coincés dans un cercle vicieux et à travers mes thérapies, je me suis donné comme mission de leur montrer le pouvoir et l’importance de la lecture pour autre chose que simplement leurs apprentissages scolaires. 

Le problème, c’est qu’on trouve souvent des documents et des initiatives pour favoriser l’éveil à la lecture et susciter l’intérêt pour les livres chez les jeunes enfants d’âge préscolaire. Toutefois, depuis que je travaille spécifiquement avec les plus vieux, j’ai constaté que c’est moins le cas pour les programmes qui permettent de maintenir l’intérêt pour la lecture chez les jeunes de 10 à 20 ans. Ce n’est pourtant pas moins important…

Je vous partage donc mes trucs pour vous aider vous aussi à motiver vos jeunes de 10 ans et plus à lire davantage et, par le fait même, à développer leur vocabulaire.

  1. Comprendre que la lecture c’est important pour encourager la motivation

Plus jeune, on mise surtout sur le lien entre la lecture et le plaisir. Toutefois, lorsque les jeunes arrivent à l’adolescence, s’ils n’ont pas intégré ce lien entre lecture et plaisir, il est plus difficile de leur enseigner. 

Pour ma part, je préfère donc miser sur le rôle fonctionnel de la lecture pour que les jeunes comprennent que, bien que ça puisse être agréable de lire, c’est surtout utile. 

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) définit d’ailleurs la littératie comme « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités ». C’est exactement comment j’aime le voir avec mes clients plus vieux. 

Pour montrer à un jeune que la lecture ce n’est pas juste une « affaire obligatoire à l’école », il peut être intéressant de profiter du web. Voici une courte liste d’exemples où le jeune peut comprendre que la lecture est fort utile dans la vie courante :

  • Si le jeune veut s’acheter quelque chose en ligne avec son argent de poche (surtout quand ça coûte cher), regardez avec lui la description du/des produit/s. Il doit bien comprendre en quoi le produit consiste (surtout s’il veut faire des comparatifs) avant de l’acheter. Je vous suggère de rester près de lui pour l’accompagner, car il est encore en apprentissage. 

  • Si le jeune suit une chaine YouTube en particulier (c’est très populaire chez mes clients adolescents), il peut être intéressant de voir dans la description de l’épisode YouTube s’il y a des liens partagés. Parfois, certains liens mènent vers des sites web. Le fait de le faire permet au jeune de devenir encore plus expert sur le sujet. C’est valorisant de bien comprendre un sujet. Ce n’est pas le cas de tous les YouTubeurs, mais certains ont même écrit des livres. Le fait de lire sur un sujet est une façon de montrer au jeune qu’il peut approfondir encore plus ses connaissances.

  • De la même façon que le point précédent, si vous écoutez un film, particulièrement lorsqu’il porte sur un fait vécu, si le jeune vous pose des questions sur cette histoire, pourquoi pas l’inviter à faire une recherche sur Internet pour en apprendre plus sur le sujet. Wikipédia est d’ailleurs une belle ressource pour approfondir ses connaissances.

    2. Permettre au jeune d’être autonome dans sa lecture

La plupart du temps, les adolescents lisent parce qu’on leur impose des lectures notamment celles de l’école. Pour n’importe qui, c’est toujours moins motivant de faire quelque chose qui nous est imposé que de le faire par choix. Il en est de même pour la lecture. 

Toutefois, c’est un double défi de ne pas imposer un temps de lecture à son enfant, mais de lui laisser la liberté de le faire, surtout s’il n’est pas fan des livres… 

Quand les parents sont ouverts à l’idée, j’aime proposer d’intégrer, dans la semaine, un moment où tout le monde lit. Ça peut être de lire sur sa tablette, de lire des articles de blog, de lire un magazine, de lire un livre de recettes, etc. 

Toutes les lectures sont bonnes, mais je crois qu’une bonne façon de permettre au jeune d’être autonome dans sa lecture alors que l’intérêt est peu présent est de prévoir un moment de lecture en famille. Idéalement, je suggère toujours d’intégrer cette habitude lorsque le jeune est encore au primaire, car lorsqu’il arrive au secondaire, les moments familiaux se font souvent plus rares. 

Il reste important d’intégrer ce genre de moment en en discutant d’abord avec son enfant plutôt que de lui imposer du jour au lendemain sans explication. P.ex. vous pourriez faire une rencontre en famille et discuter du meilleur moment pour que tout le monde prenne un temps lecture. Le jeune se sentira donc plus autonome puisqu’il aura pu proposer lui-même des moments qui lui conviennent et durant la période de lecture, laissez-le choisir ce qu’il lira. 

3. Proposer des lectures associées au niveau du jeune pour nourrir le sentiment de compétence

Une des raisons qui font qu’un jeune n’aime pas lire, c’est parce qu’il ne comprend pas ce qu’il lit. C’est particulièrement le cas pour les lectures associées aux travaux scolaires. Les jeunes qui présentent des difficultés d’apprentissage n’en tirent pas grand plaisir du fait de leurs difficultés, ce qui est totalement compréhensible. 

On a tendance à proposer au jeune des lectures qui sont associées à son âge ou à son niveau scolaire. Elles ne sont toutefois pas forcément appropriées à son niveau langagier. 

Voilà pourquoi il est important de laisser le jeune choisir ce qu’il lira. Même si vous avez parfois l’impression que le jeune choisit une lecture qui semble « non pertinente », sachez que pour lui, cela sera beaucoup plus pertinent que s’il avait choisi une lecture que vous jugez plus pertinente pour ses apprentissages, mais où il comprend difficilement les termes et les tournures de phrases.

Le fait de choisir une lecture appropriée à son niveau, peu importe le type de lecture choisi, est toujours plus pertinent sur le plan des apprentissages pour un jeune qu’une lecture qui semble plus « pertinente et éducative », mais où le jeune doit fournir des efforts supplémentaires qui le décourageront. N’hésitez donc pas à suivre ces intérêts.

Ces petits conseils peuvent vous paraître simples et aller de soi en apparence, mais ils font réellement toute la différence. Mon but avec cet article n’est pas forcément de faire en sorte que le jeune devienne accro à la lecture, mais il importe surtout d’avoir en tête que le but premier lorsqu’il est question d’entretenir le plaisir de la lecture chez les jeunes de 10 ans et plus est en lien avec l’autodétermination. LA chose à faire rendu à cet âge est de montrer à nos jeunes que la lecture n’est pas une obligation damnante qui ne sert à rien, mais qu’elle nous sert dans toutes les sphères de notre vie.