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Comment je me tiens à jour dans mon domaine grâce à Internet

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En tant qu’orthophoniste (et c’est sûrement le cas de plusieurs autres professionnels), une de mes obligations professionnelles est de me garder informée des nouveautés dans mon domaine pour adapter ma pratique. Si vous êtes vous aussi orthophoniste, vous aurez deviné que je fais allusion ici à la pratique basée sur les évidences scientifiques.

En gros, ça consiste à suivre des formations, à lire des livres spécialisés et à se mettre à jour par rapport aux dernières recherches faites dans le domaine pour appliquer ces connaissances théoriques dans notre pratique.

Pour ma part, c’est quelque chose que j’ADORE faire. Toutefois, trop souvent, je vois ma pile d’articles et de livres à lire s’accumuler et je me dis que je manque « donc ben » de temps pour arriver à faire tout ça. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus chez mes collègues orthophonistes lorsqu’il est question de se garder à jour. Plusieurs disent ne pas en faire assez par manque de temps.

En 2018, mon but était de faire plus de place à cette sphère de ma profession et je dois dire que j’y suis arrivée mieux que je ne l’aurais cru. J’ai donc décidé de vous partager les moyens que j’ai employés pour y arriver sans que cela ne gruge trop de mon temps.

1)   Utiliser les réseaux sociaux

Je crois que les réseaux sociaux suscitent autant de positif que de négatif. On peut y trouver de précieuses informations comme y retrouver du contenu totalement inventé. Il est donc important de valider la pertinence des informations qu’on y retrouve.

Pour ma part, j’aime beaucoup utiliser Facebook afin de me garder à jour rapidement et facilement. Comme je consulte déjà régulièrement cette application, il était assez simple pour moi d’intégrer la « veille scientifique » à ma routine.

Pour le faire, je vous suggère de cibler des pages Facebook appartenant à des organismes reconnus et officiels : l’OOAQ , l’OAC , l’ASHA, l’AQOA (pour ne nommer que ceux-là). Ils partagent régulièrement des ressources fort intéressantes, des formations à venir ou encore des articles scientifiques reliés directement à l’orthophonie.

Afin de vous assurer de ne rien manquer, je vous suggère, lorsque vous allez « aimer » des pages qui vous intéressent, de cocher que vous voulez voir les publications de cette page apparaître en premier. C’est ce que j’ai fait pour les publications de l’ASHA que je trouve fort pertinentes.

Évidemment, il existe plusieurs autres pages où on partage des résumés d’articles scientifiques. Je pense notamment à The Informed SLP, Tout cuit dans le bec, Smart Speech Therapy LLC, etc.

LinkedIn est aussi un autre excellent moyen de vous garder à jour, mais différemment. En fait, grâce à LinkedIn, vous avez accès directement à des informations partagées par vos collègues (que ce soit des partages d’articles ou encore des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés). Toutefois, je vous suggère d’être vigilant dans vos lectures. Si vous lisez quelque chose qui vous fait douter ou pour lequel vous vous questionnez, n’hésitez pas à vous référer aux sites de référence ou à vos collègues pour valider la véracité des informations. Néanmoins, LinkedIn étant un réseau de professionnels, il m’est rarement arrivé de lire des textes qui faisaient peu de sens. J’y ai beaucoup plus souvent trouvé des informations fort intéressantes et pertinentes.

Bref, le fait de suivre les réseaux sociaux constitue un excellent moyen de vous garder rapidement informé tout en ciblant spécifiquement les sujets qui vous intéressent. Il vous suffit simplement de faire un petit détour (détour qui devient non nécessaire si vous modifiez vos réglages) lors de votre veille régulière sur vos réseaux sociaux.

2)   Recevoir l’information via infolettre

L’infolettre (quand elle ne sert pas d’objet promotionnel à outrance) est un outil SUPER intéressant qui vous permet de recevoir, de façon passive, une foule d’informations en lien avec les champs de pratique qui vous intéressent. Pour ma part, je suis abonnée à plusieurs infolettres. Certaines concernent les évidences scientifiques (comme The Informed SLP qui m’informe des mises à jour scientifiques à chaque mois) alors que d’autres concernent des ressources (comme Teachers pay Teachers qui me partage des activités à découvrir. D’autres encore concerne davantage la pratique orthophonique (comme SLP Now).

Il y en a vraiment pour tous les goûts. Cette année, je me suis abonnée à plusieurs nouvelles infolettres! Il faut cependant rester prudent avec cette pratique, car on peut rapidement devenir submergé d’infolettres et perdre les messages importants dans notre boite courriels.

Certaines personnes créent donc une adresse dédiée spécifiquement aux infolettres afin que tout s’y retrouve. Personnellement, je n’aimais pas l’idée, et ce, pour deux raisons. Premièrement, les infolettres pertinentes et intéressantes se retrouvent plus souvent qu’autrement parmi les infolettres jugées comme des spam et on n’y prête pas attention. Deuxièmement, cela demande une étape supplémentaire dans nos journées déjà bien chargées et il faut aller consulter régulièrement cette adresse.

Pour ma part, j’ai créé un dossier « À lire » dans ma boite courriel. Ainsi, à chaque fois qu’une infolettre pertinente aboutit dans ma boite de réception, je la déplace automatiquement dans ce dossier. Je le consulte environ 1 fois/semaine selon mon horaire de la semaine.

Ce que j’aime particulièrement des infolettres, c’est qu’elles vous permettent notamment de découvrir une foule de ressources en ligne sans avoir vous-même à faire les recherches. Vous n’avez qu’à cliquer sur les liens présentés et déjà vous pouvez juger de la pertinence de la ressource.

3)   Écouter des podcasts

Déjà forts populaires aux États-Unis, les podcasts (ou balados) ont de plus en plus la cote au Québec. Même si je connaissais un peu les podcasts, je dois avouer que je les ai apprivoisés et exploités davantage seulement en 2018.

Il suffit de taper « speech therapy » ou « education » (tout dépend ce que vous aimeriez écouter) dans la barre de recherche de votre application « Balado » sur votre téléphone intelligent et vous y trouverez une foule de suggestions. Certains présentent des centaines d’épisodes.

Personnellement, j’aime m’abonner aux podcasts qui concernent l’éducation et le développement en général, car ils me permettent de découvrir une foule de nouvelles ressources et même des podcasts plus spécialisés. C’est d’ailleurs grâce aux podcasts que j’ai trouvé plusieurs livres intéressants à me procurer. 

La plupart des podcasts en lien avec l’orthophonie ou l’éducation sont enregistrés sous la forme d’entrevues avec des spécialistes dans un domaine, ce qui fait en sorte que vous pouvez choisir directement les titres qui vous interpellent le plus. Il ne s’agit pas forcément d’une suite.  

Ce qui est particulièrement utile du podcast VS les deux options précédentes, c’est que vous pouvez l’écouter pratiquement n’importe où : dans votre voiture, en faisant le ménage, en cuisinant, etc. Vous n’avez donc plus d’excuses pour vous garder à jour.

Seul petit hic, les podcasts les plus intéressants à ce jour étant principalement en anglais, cela requiert un certain niveau de connaissance de cette langue pour en tirer un maximum d’informations. Si vous souhaitez connaître mes coups de cœur, j’ai fait une vidéo à ce sujet sur ma chaîne.

Évidemment, les moyens que je vous ai présentés ci-dessus demandent tous du temps pour traiter l’information et il faut pouvoir les intégrer à son horaire. Malgré tout, le simple fait de ne pas avoir à chercher par vous-même l’information et d’avoir une banque de ressources à portée de main est un avantage en soi.

Pour ma part, je prévois toujours une heure dans ma semaine pour mettre à jour mon dossier « À Lire ». Je n’ai donc qu’à m’asseoir confortablement devant mon ordinateur avec un bon thé et à défiler les infolettres pour faire une foule de belles découvertes. Quand je suis en voiture, je mets minimum 25 minutes pour me rendre au travail alors environ une fois par semaine, j’en profite pour écouter un podcast de mon choix. Finalement, quand je vais sur FB et que je vois, dans mon fil d’actualité, des articles intéressants que les pages que je suis ont partagées, je les enregistre dans mon application Pocket et j’en lis un de mon choix 3 soirs par semaine (soit environ 10-15 minutes) avant de me coucher.

Quand on comptabilise tout ça, environ 3 hrs/semaine, je remplis mon devoir de me garder à jour. À la fin de l’année, ça fait une belle banque d’heures de nouvelles connaissances et tout cela s’est fait presque sans effort.

Comment j'ai utilisé un jeu « ben simple » pour en faire un jeu éducatif

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Cet article a été écrit dans le cadre d’une collaboration avec Scolart, un magasin offrant des outils de qualité pour aider les jeunes à apprendre et à créer dans le plaisir.

Vous avez peut-être vu, sur mes réseaux sociaux, que j’ai débuté une nouvelle collaboration avec Scolart, un magasin de matériel et de jeux éducatifs dans la région de Québec (mais vous pouvez aussi commander en ligne!!!).

 J’ai donc eu la liberté d’aller fouiller dans leur « giga-méga-tellement-variée-et-trop-cool » banque de jeux sur leur site web et je leur ai listé les jeux qui m’interpellaient et que je voulais explorer davantage. Ils ont décidé de me lancer tout un défi en m’envoyant le jeu Rhino-Héro et, avec celui-ci, un petit mot disant : « On est vraiment curieux de voir comment tu adapteras le jeu pour l’orthophonie… »

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que je suis toujours partante pour relever un défi… Toujours. Alors ça n’a pas pris 2 minutes que, dès que j’ai eu le jeu en main, je me suis mise à l’explorer et j’ai eu 3 000 idées.

Voici donc une courte liste des adaptations du jeu qui ont été testées et approuvées par les meilleurs cobayes qui soit : mes clients!


Comment fonctionne le jeu ?

À la base, Rhino Héro est un jeu de « construction » (je ne sais pas si c’est le bon terme) qui, je trouve, est un beau mélange entre le Uno, les châteaux de carte et Jenga (trois jeux SUPER populaires avec mes jeunes)… Bref, un beau défi amusant!

Le but du jeu est d’être le premier à se débarrasser de toutes ses cartes en construisant la tour, et ce, sans la faire tomber. Cela demande donc d’user de logique, mais également de ne pas être trop empressé et de prendre son temps, car plus la tour est haute, plus elle est fragile…

Si, comme moi, vous êtes visuel et que ça vous dit de VOIR comment fonctionne le jeu, vous pouvez vous rendre sur mon compte Instagram dans les stories à la une.


Adaptation 1 : pour travailler l’orthographe et autres notions

Avec plusieurs de mes clients, je travaille la syllabation et la segmentation des mots en sons comme prérequis pour l’écriture notamment. J’ai donc combiné le plaisir qu’ils ont à jouer à Rhino Héro avec cette tâche qu’ils aiment moyennement.

Pour ce faire, j’ai tout simplement collé des « post-it » (un peu plus petits que les cartes) à l’intérieur de certaines cartes. Sur ces post-it, j’y avais inscrit mes mots cibles. Ainsi, quand on arrivait pour mettre un mur afin d’élever la tour, il fallait d’abord syllaber ou séparer en sons le mot inscrit sur la carte pour pouvoir mettre cette carte. Sinon, c’était droit de réplique à l’adversaire qui pouvait mettre le mur… à condition d’avoir la bonne réponse.

Afin de ne pas tanner mes jeunes, j’ai pris soin de mettre des post-it sur la moitié des cartes seulement.

J’ai testé mon idée avec 4 de mes clients (garçons et filles) et ça a été gagnant à tout coup. Avec les plus vieux (environ 8 ans et plus), la présence d’un défi qu’ils savent pouvoir relever est un élément de motivation clé pour l’apprentissage. Rhino Héro me permettait donc d’ajouter cette touche de défi que mes jeunes aiment tant. À mon plus grand bonheur, tous ceux avec qui j’ai testé cette adaptation m’en ont redemandé! 

Je peux donc vous confirmer que, bien que fort simple, cette adaptation est SUPER EFFICACE et amusante! Si vous voulez reprendre mon idée à la maison, cette façon de jouer est un bon truc pour étudier les mots de vocabulaire, les calculs mentaux ou encore une matière en particulier tout en ayant du plaisir.

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Adaptation 2 : pour pimenter l’apprentissage

J’ai mentionné plus haut qu’à l’âge scolaire, la plupart des jeunes aiment les défis, surtout ceux qu’ils savent pouvoir relever. Rhino Héro représente exactement le bon niveau de défi pour eux.

Je m’en suis servi comme jeu pour guider notre activité d’apprentissage. Autrement dit, au lieu de piger des cartes qui indiquaient à l’adversaire quoi faire, j’associais une bonne réponse à une action. Par exemple, dans un cas où je travaillais la compréhension du concept de condition « si… alors… », la réponse donnée indiquait ce que l’adversaire devait faire : passer son tour, mettre deux cartes, déplacer le rhino, etc.

Évidemment, je m’étais arrangée pour que les réponses les plus difficiles soient les plus « payantes » (lire ici, que l’autre doit passer son tour ou qu’on peut mettre deux cartes), ce qui rendait l’activité doublement motivante.

Le fait d’ajouter un défi du genre et de donner un certain « pouvoir » au jeune sur l’activité rend l’apprentissage beaucoup plus intéressant et ce dernier est d’autant plus impliqué, ce qui facilite la rétention.



Adaptation 3 : en simple renforcement

On sous-estime trop souvent, à mon avis, le pouvoir des jeux de renforcement dans l’apprentissage chez les plus vieux (2ème cycle du primaire en montant). Dans mon cas, mes meilleures thérapies sont souvent celles où les jeux que j’ai utilisés n’étaient là qu’en renforcement, sans forcément être intégrés à l’activité d’apprentissage même.  

Rhino Héro est ce parfait jeu de renforcement pour les plus vieux en présentant un bon défi et en étant suffisamment ludique pour permettre de petites pauses de récupération entre deux apprentissages qui peuvent être plus difficiles.

Pour ma part, je m’en sers souvent entre deux séries d’activités plus structurées et exigeantes sur le plan cognitif pour simplement se changer les idées et s’amuser. Le jeu étant amusant pour les jeunes, c’est d’autant plus motivant pour eux de terminer un bloc d’apprentissages afin de pouvoir y jouer.


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En conclusion, la beauté des jeux les plus simples est leur grande versatilité… Autrement dit, on en a VRAIMENT plus pour notre argent quand il s’agit de l’utiliser à différentes sauces. Ici, je vous ai proposé trois façons d’adapter le jeu Rhino Héro pour le combiner aux apprentissages de votre enfant, mais les possibilités sont aussi variées qu’il y a de contextes d’apprentissages et d’apprenants.

Si jamais vous vous procurez ce jeu, écrivez-moi comment vous l’avez adapté pour le combiner aux apprentissages de vos enfants.

Bien choisir ses jeux éducatifs en 3 étapes faciles

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Dans un billet précédent, je vous parlais du fait que je sois plus portée vers les jeux classiques que vers les jeux dits éducatifs. À la suite de ce billet, certaines personnes m’ont posé des questions et se demandaient si j’étais contre les jeux éducatifs. PAS DU TOUT !!!

En fait, après mûre réflexion, j’ai constaté que j’étais pour tout ce qui peut contribuer à l’apprentissage des enfants. Si vous suivez mes stories Instagram, vous avez peut-être vu passer mon opinion sur ce qu’est un jeu éducatif.

Si vous ne l’avez pas vu, en gros, je considère que tout matériel (jeu ou jouet) peut être éducatif à condition que l’enfant soit impliqué dans le jeu. En fait, je le distingue du jeu pédagogique qui, pour sa part, a un objectif d’apprentissage bien précis (p.ex. apprendre les lettres).

Dernièrement, on dirait que le mot « éducatif » a la cote. Plusieurs jeux sortent sur le marché et sont dits « éducatifs ». Ça devient donc très difficile pour un parent de choisir parmi tous ces jeux, celui (ou ceux) qui conviendront le mieux (lire ici, qui plairont aux enfants et perdureront dans le temps).

J’ai donc pensé vous dresser une liste de quelques questions à vous poser pour vous aider dans votre sélection de jeux.

Est-ce que le jeu correspond à l'âge, mais surtout aux intérêts de l'enfant ?

Il est essentiel de tenir compte de l’âge de l’enfant oui, mais surtout de sa phase d’apprentissage et de ses intérêts. En fait, si vous n’aviez qu’un seul critère à retenir pour que votre enfant veuille jouer et manipuler ses jeux, ce serait ses goûts et intérêts. Le plaisir est le critère numéro un à tout jeu. Vous aurez beau avoir acheté le jeu le plus enrichissant du monde, si votre enfant ne l’aime pas, il n’y jouera juste pas…

Si vous achetez un jeu correspondant à l’âge et au niveau de l’enfant, assurez-vous de respecter ses intérêts. D’autant plus que maintenant, avec la variété de jeux disponibles, on y trouve bien souvent notre compte (p.ex. on peut maintenant trouver des blocs de construction pour tous les goûts).

Outre les intérêts, il faut considérer le niveau du jeu par rapport à celui de l’enfant. Je sais que la plupart, voire tous les jeux, indiquent l’âge auquel ils s’adressent, mais comme je l’ai déjà mentionné, l’âge n’est pas toujours le meilleur indicateur.

Tout d’abord, les jeux indiquent souvent une tranche d’âge plus large que ce qu’ils couvrent réellement… question marketing tout simplement. Ensuite, chaque enfant évolue selon un rythme qui lui est propre. Ainsi, ce n’est pas parce que votre enfant a 5 ans qu’il va forcément s’y plaire avec un jeu qui s’adresse aux 4-5 ans par exemple.

Il est important que le jeu représente un défi réalisable, et ce, peu importe que la tranche d’âge du jeu choisi corresponde ou non à l’âge de votre enfant. Un jeu trop complexe (même si supposément adapté en âge) peut être frustrant pour l’enfant et il risque de se tanner et de se décourager.

D’autant plus que souvent, les jeunes aiment pouvoir gagner et sentir qu’ils ont un certain contrôle dans le jeu, et c’est légitime (Attention! Je ne dis pas qu’il faille toujours les laisser gagner! Loin de là… mais toujours perdre c’est « plate » aussi).

Est-ce que le jeu favorise la créativité de l'enfant à travers son implication ?

Le jeu choisi doit être facile à utiliser : pas trop de consignes, pas trop de morceaux nécessitant un assemblage (ici, je le dis plus pour vous chers parents et intervenants, car les enfants s’impatientent souvent quand le jeu prend trop de temps à monter et le risque de perdre des pièces est plus grand).

Autrement dit, le jeu doit être suffisamment simple à utiliser pour donner à l’enfant le goût d’y jouer par lui-même ou avec ses pairs, et ce, dans différents contextes. Je reviens encore au fait que, si l’enfant n’y joue pas, le jeu ne sera pas éducatif point.

Mon conseil, lorsque vous vous trouvez devant l’étalage de jeux et jouets, demandez-vous si votre enfant a des jeux semblables à la maison et s’il les utilise ou non. S’il les utilise, demandez-vous comment il les utilise : est-ce qu’il ne fait que jouer avec les pièces, est-ce qu’il y joue seul, est-ce qu’il n’y joue que quand vous le lui proposez, etc.

Finalement, si vous jugez que le jeu que vous vous apprêtez à acheter sera un « plus » et contribuera positivement à l’apprentissage et au développement de votre enfant, essayez de voir quelles sont ses options et de quelles façons est-ce que votre enfant pourrait l’utiliser.

Est-ce que le jeu peut être utilisé de différentes façons ?

Cette question fait suite à la précédente. Si vous arrivez facilement à voir suffisamment de différentes façons dont le jeu peut être utilisé, c’est bon signe.

Je ne vous apprends rien en vous disant que les enfants aiment non seulement la nouveauté, mais également la variété. Ils se tanneront rapidement d’un jeu qui ne présente que peu d’options. Un jeu où ils peuvent jouer avec la planche, mais récupérer les personnages pour jouer de façon symbolique ou encore combiner à un autre jeu aura plus de valeur et d’intérêt à leurs yeux.

Une autre façon de voir si votre enfant peut jouer de différentes façons avec un même jeu est de voir si celui-ci présente un niveau de difficulté croissant. Autrement dit, demandez-vous si le jeu peut être facilement adapté pour conserver l’intérêt de l’enfant tout en l’amenant à progresser et en représentant un certain défi.

Le but de tout ça, c’est de vous assurer que ce jeu pourra être utilisé de diverses façons, mais surtout avec la plupart de vos enfants (surtout s’ils n’ont pas tous le même âge). C’est la meilleure façon de rentabiliser votre achat en fait.

 

S’il y a une chose à retenir de toutes ces considérations, c’est que l’important pour vos enfants, est qu’ils puissent apprendre dans le plaisir, avec vous ou par lui-même. Le mieux reste encore et toujours de varier les jeux et les activités (jouer dehors, jouer avec d’autres enfants, jouer seul, jouer avec l’adulte, lire une histoire, faire des constructions, faire du bricolage, jouer à un jeu de table, etc.)

Jeux classiques VS jeux éducatifs : lesquels sont les plus éducatifs ?

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Régulièrement je me fais demander si j’ai des suggestions de jeux éducatifs pour travailler X ou Y habiletés ou compétences.

À chaque fois qu’on me pose la question, j’avoue être toujours un peu embêtée… En fait, je ne sais JAMAIS quoi répondre. Drôle de réponse venant d’une orthophoniste non?

La majeure partie de la matériathèque à ma clinique est composée de jeux de table ou des grands classiques (p.ex. la tour Jenga, le connect four). J’ai très peu de jeux éducatifs qui ciblent un aspect particulier de l’apprentissage ou du développement langagier des enfants.

J’ai donc décidé de vous écrire un billet où je vous partage mon opinion sur les jeux éducatifs et les jeux de table et le pourquoi j’ai beaucoup plus de l’un que de l’autre.

Les jeux éducatifs : pourquoi je les aime « moyen »

Je pense qu’il ne passe pas un mois sans que je ne vois passer, sur mes réseaux sociaux, un nouveau jeu qui travaille une compétence particulière. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai parfois l’impression qu’il pleut des jeux éducatifs de toutes sortes.

Comprenons-nous, je n’ai rien contre les jeux éducatifs en tant que tel, mais la plupart d’entre eux présentent, selon moi, des petites lacunes pour travailler lesdites habiletés mentionnées sur leur boîte.

Avec mon métier, j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de tester divers jeux dits éducatifs. Personnellement, j’ai plus souvent qu’autrement été déçue, et ce, pour diverses raisons.

1) On peut difficilement les utiliser dans divers contextes...

Les jeux éducatifs étant très précis, je trouve toujours difficile de les combiner à d’autres jeux ou de les utiliser pour travailler d’autres objectifs. Ça en fait des jeux peu flexibles dont l’utilisation est limitée.

En tant qu’orthophoniste, c’est sûr que j’aime avoir des jeux que je peux utiliser dans plusieurs contextes différents et certains jeux éducatifs (comme la collection Placote que j'adore) s'y prêtent bien. 

Par contre, les parents souvent se demandent quoi faire en dehors des consignes qui viennent avec le jeu. Et c'est là que leur utilisation limitée peut être embêtante dans le cas où vous voudriez jouer en famille. Un jeu éducatif présente souvent des défis/questions précis destinés à une tranche d’âge cible. Si vos enfants ne se trouvent pas tous dans cette tranche d’âge, cela risque de compliquer un peu la donne en matière d’équité.

C’est possible d’aider les plus jeunes pour qu’ils y trouvent également leur compte dans le jeu, mais si le niveau du jeu ne se trouve pas dans la zone proximale de développement* de l’enfant, l’apprentissage sera moins efficace. 

*C’est la distance entre ce que l’enfant peut effectuer ou apprendre seul et ce qu’il peut apprendre uniquement avec l’aide d’une personne plus experte.

2) Une fois les objectifs visés atteints, les enfants n'ont plus de défi, donc moins envie de jouer...

Les jeux éducatifs peuvent présenter de beaux défis à priori. Pour ma part, c’est souvent cet aspect qui m’interpelle le plus. J’aime les questions qu’on peut y retrouver et je m’en inspire dans mes thérapies.

Par contre, une fois qu’on a fait le tour, eh bien… on a fait le tour. Ce que les jeunes aiment dans un jeu de société, c’est tout l’aspect défi qu’il recèle. Par contre, quand les jeunes connaissent les réponses par cœur, le plaisir de relever un défi n’est plus le même et donc l’intérêt est moins présent.

Cela fait donc en sorte qu’il est souvent difficile de jouer plusieurs fois au même jeu éducatif, car on a souvent l’impression « d’avoir fait le tour ».

3) Ils peuvent difficilement être utilisés sans la présence d'un adulte en raison de leur complexité...

Les enfants aiment jouer avec leurs parents, mais ils aiment aussi jouer entre eux (et je serais prête à parier qu’en tant que parent, ça vous fait du bien parfois de voir vos grands jouer ensemble à un jeu pendant que vous vaquez à vos occupations. Vous avez le droit, c’est totalement légitime).

Le problème avec les jeux éducatifs, c’est que, pour la plupart, notamment en raison de cette fameuse zone proximale de développement, ils nécessitent la présence d’une personne plus « expérimentée » si on veut vraiment bénéficier du « potentiel d’apprentissage » qu’offre le jeu.

Plusieurs études démontrent pourtant que le fait de laisser les enfants jouer entre eux à des jeux constitue justement un mode très riche en apprentissages.

4) Quand on veut travailler des objectifs particuliers, il manque souvent des éléments...

Ce point me concerne davantage en tant qu’orthophoniste, mais j’ai cru bon de le mentionner quand même par souci de transparence. Comme je l’ai mentionné plus haut, ce que j’aime bien des jeux éducatifs, c’est qu’ils présentent souvent des questions intéressantes que j’aime utiliser dans mes thérapies.

Toutefois, c’est difficile pour moi d’utiliser un seul jeu comme je le devrais, car il y a toujours des items qui ne correspondent pas à ce que je veux travailler. Je me retrouve alors plus souvent qu’autrement à combiner des morceaux de plusieurs jeux éducatifs pour travailler précisément ce que je cible.

Les jeux classiques : pourquoi je les adore

Je pense que vous aurez compris que pour moi, les meilleurs jeux en termes d’apprentissages restent les bons vieux classiques (p.ex. jeux de parcours, cherche et trouve, blocs, etc.)

1) Les enfants se tannent rarement de jouer à ces jeux simples et rapides...

Les jeux de parcours, les jeux de cartes (comme la bataille), les jeux de dés, etc. ont tous en communs qu’ils sont simples et peuvent se jouer rapidement. Cela en fait d’excellents jeux passe-partout et surtout des jeux avec lesquels on peut jouer à répétition.

Souvent, quand la partie se termine, les jeunes n’ont pas le temps de se tanner et redemandent eux-mêmes de jouer une nouvelle partie. Forcément, si la demande vient du jeune, les chances que la motivation soit élevée sont d’autant plus grandes. Une bonne raison pour en profiter et y glisser certaines notions d’apprentissage qui lui seront utiles.

2) On peut les adapter à une foule de contextes...

Pour ma part, j’ADORE utiliser les jeux de parcours comme renforcement. C’est toujours motivant pour un jeune de voir visuellement son évolution et d’avoir pour défi de gagner la partie.

À ce défi, nous ajoutons une exigence supplémentaire qui peut être soit de dire un mot, de l’épeler, de l’écrire, de formuler une phrase, etc. Bref, toutes les options sont possibles et cela est d’autant plus motivant pour le jeune de répondre à une question ciblée lorsqu’il sait qu’il s’agit de la seule façon dont il pourra faire progresser son pion.

C’est une belle façon également d’ajouter un peu de piquant et de revamper un classique qui prenait la poussière dans l’étagère.

3) Les consignes sont souvent faciles à comprendre...

Une fois qu’on comprend le principe d’un jeu comme la bataille ou encore serpents et échelles, c’est facile d’y jouer encore et encore sans nécessairement avoir recours au livret d’instructions.

Les jeunes peuvent donc reprendre les défis lancés par les parents lors d’une partie précédente et s’amuser entre eux ou encore en inventer de nouveaux pour complémenter un jeu qu’ils connaissent déjà bien. Rien de mieux pour l’imagination.

4) Tous les enfants peuvent y jouer (ou presque)...

C’est probablement ce que j’apprécie le plus des jeux de société classiques. On peut y jouer en famille, et ce, même si les enfants n’ont pas tous le même âge. Tous peuvent y trouver leur compte.

On peut même, durant une même partie, moduler les objectifs selon le niveau de l’enfant. Par exemple, on demandera au plus vieux de nous épeler un mot, mais on demandera plutôt à la plus jeune de nous dire le son que font certaines lettres.

Même si les objectifs sont modulés selon le niveau de l’enfant, comme le jeu classique reste le même, tous ont une chance égale de gagner. C’est d’autant plus motivant pour les plus jeunes qui se sentent parfois désavantagés par rapport au grand frère ou à la grande sœur.

 

 

Au terme de tous ces éléments, je pense que vous avez compris pourquoi je préfère les jeux de société classiques aux jeux éducatifs. Ceci étant dit (écrit), je ne suis pas non plus contre les jeux éducatifs et j'ai mes coups de coeur, mais disons que je suis très sélective dans mes choix.

Proportionnellement parlant, il n’en reste pas moins que j’ai et que j’utilise beaucoup plus de jeux dits « standards » que de jeux éducatifs.

Et vous avez-vous une préférence pour un type de jeux en particulier avec vos enfants?

Pourquoi maîtriser la langue ce n'est pas important qu'en français

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Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours A-DO-RÉ la langue française. Lire et écrire, décortiquer les règles de grammaire, connaitre l'étymologie des mots, c'est tout moi. Mon copain lui, c'est tout l'inverse. Il DÉTESTE le français, la lecture et l'écriture au plus haut point et il ne le fait que par obligation professionnelle.

Je me rappelle quand on était au Cégep, il avait beaucoup de difficulté dans ses cours de français et moi, en bonne tutrice de français, je l'aidais beaucoup. Puis, le jour où il a terminé tous ses cours de français, il a avec grand plaisir jeté (recyclé en fait) tous ses livres et notes en disant : « Bon enfin j'aurai pu jamais à me concentrer pour bien écrire et d'être obligé de lire... »

Je peux maintenant vous dire que 12 ans plus tard, il doit écrire et lire plus que jamais!

Tout apprentissage passe par le langage

On pense à tort que la lecture, l'écriture et le langage en général ce n'est utile qu'en français puisque c'est ce qui y est le plus directement associé. Miiinp (entendre le son d'un klaxon à un quiz quand on n'a pas la bonne réponse). Le langage c'est TELLEMENT plus large que juste des règles de grammaire et d'orthographe et formuler des phrases! 

Si vous ne me croyez pas, j'ai pensé vous dresser une liste (TRÈS) sommaire des matières, situations où la lecture, l'écriture et le langage en général sont nécessaires voire essentiels...

Utiliser le langage dans les matières scolaires

  1. En mathématiques : pensez aux consignes à lire pour bien répondre à la question, au paragraphe de résolution de problème, aux étapes qu'il faut écrire pour s'assurer qu'on a bien résolu le problème et qu'on n'a rien oublié...
  2. En sciences : pour développer ses connaissances en science, l'élève doit souvent faire des lectures dans les manuels scolaires, puis répondre à des questions. Aussi, il faut souvent faire des recherches pour des travaux et présentations orales. Ainsi, l'élève aura à écrire des mots clés en lien avec sa recherche sur Internet (pas toujours évident de savoir comment écrire certains termes plus scientifiques) et à lire des paragraphes pour faire le tri dans les résultats de recherches. Il devra ensuite faire le tri de tout ça pour élaborer un plan et organiser son discours afin que son travail/oral fasse du sens.
  3. En éducation physique : comprendre et expliquer les règles d'un jeu représente souvent un défi de taille pour les enfants. Même si le jeu implique de bouger, la compréhension et l'explication des règles sont pourtant 100% langagières.

Je n'ai listé ici que trois exemples, mais vous comprenez que le langage est à l'avant-plan des apprentissages scolaires, mais également du bon fonctionnement de l'élève au sein de la classe. D'ailleurs, cet article est le premier d'une série où je vais décortiquer plus en profondeur à quel point le langage est utile et comment il peut avoir un impact sur notre vie.

Le langage APRÈS l'école

Contrairement à ce que mon copain aurait pu penser notamment pour la lecture et l'écriture, ce n'est pas parce qu'on n'a plus de cours de français qu'on cesse subitement d'avoir besoin du langage... 

Eh non! Disons qu'il s'est retrouvé un peu désillusionné lorsqu'il a démarré son entreprise et qu'il a constaté la quantité faramineuse de courriels qu'il devait rédiger ET lire...Sa balloune a pété assez vite et assez fort comme on dirait en bon québécois (pour les français, ça signifie qu'il est vite retombé sur terre). Plus on a de responsabilités, plus on doit mettre nos compétences langagières à profit.

Si vous vous y arrêtez un instant, pensez à TOUTES les occasions où vous utilisez le langage et vous constaterez bien vite que ça fait partie de votre quotidien...

  • Poser une question à un commis/vendeur ou encore commander au restaurant.
  • Expliquer une notion à vos collègues de travail. 
  • Résumer un problème que vous avez rencontré au bureau à votre conjoint(e).
  • Envoyer des courriels.
  • Lire des articles pour le travail ou encore tout simplement lire pour vous divertir. 
  • Lire les panneaux de circulation pour trouver un nom de rue.
  • Lire les étapes d'une recette et aussi connaitre le nom des ingrédients.
  • Etc.

Pratiquement toute occasion est sujette à utiliser le langage.

D'ailleurs, l'analphabétisme, la dyslexie et le trouble du langage sont souvent présentés comme des handicaps invisibles. Cela est tout à fait légitime quand on comprend à quel point le langage fait partie intégrante de notre vie « fonctionnelle » en société. 

Et vous? Avez-vous déjà rencontré des situations où vous vous sentiez limités parce que la communication avec vos interlocuteurs n'était pas claire? Comment vous êtes-vous senti dans ce moment?