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Mes meilleurs trucs pour réutiliser vos Cherche et Trouve

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Je sais pas si vous, mais moi je suis de plus en plus conscientisée à l’impact de mes actions sur l’environnement. On nous parle souvent de développement durable et des 3R (réduire, réutiliser, recycler). Avant, je pensais que ces principes ne s’appliquaient qu’à ma consommation de nourriture ou encore aux biens pour la maison. Avec le temps, j’ai réalisé que je pouvais étendre la loi des 3R à bien plus que ça, notamment aux jeux et jouets. 

L’un des jouets que j’ai appris à réutiliser, ce sont les fameux cherche et trouve. Qui n’a jamais joué avec un cherche et trouve ? Parfois, j’ai l’impression que les cherche et trouve sont aussi vieux que le monde. En plus, ils se déclinent sous tellement de formes et de thèmes que c’est à ne plus savoir lequel choisir. 

Chez nous, ce sont les fameux « Où est Charlie » qui étaient les plus populaires. Mais on a aussi beaucoup aimé les « Carmen Santiago » et bien d’autres, mais je vous épargne ma liste.

LES CHERCHE ET TROUVE CES MAL-AIMÉS…

Le problème principal des cherche et trouve, c’est qu’ils ne sont généralement pas bons pour plusieurs utilisations (pour la plupart d’entre eux je dirais, à moins que l’un de vos cherche et trouve soit un total hit à la maison). Une fois qu’on a trouvé tous les éléments à chercher et qu’on sait quasiment par coeur où ils se trouvent dans les pages, on perd tout le plaisir associé au défi que procure l’utilisation du cherche et trouve. Bien évidemment, on peut s’amuser à faire un concours de celui qui trouve un objet X le plus rapidement sur la page, mais on s’en lasse rapidement. Je vous propose donc ici quelques moyens de réutiliser vos cherche et trouve de manière à ce qu’ils deviennent un véritable investissement (je ne blague pas, vous comprendrez bien vite pourquoi).

1) CHERCHEZ ET TROUVEZ LES ABSURDITÉS

Votre enfant aime utiliser le cherche et trouve de la façon classique, i.e. pour trouver des images? Pas de problème. Profitez-en pour trouver autre chose que la liste indiquée sur les pages. Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups et stimuler le langage par le fait même?

Pour ce faire, amusez-vous à repérer les « choses bizarres » à travers les pages. La plupart des cherche et trouve regorgent d’absurdités et mettent en scène des illustrations qui ne se peuvent pas vraiment (p.ex. une sirène qui fait du ski ou encore un dragon qui se fait consoler par une princesse). 

Pour ajouter un peu de piquant et de défi à votre recherche, faites un concours de celui qui trouve l’image la plus bizarre. Par contre, pour avoir le point, il faut pouvoir justifier et expliquer POURQUOI c’est bizarre, en quoi ça ne se peut pas. C’est trop facile? Alors ajoutez un nombre minimum de raisons à donner pour expliquer en quoi c’est bizarre. Vous verrez, contrairement au classique cherche et trouve qui est plus populaire chez les plus jeunes, cette façon de jouer est très appréciée des enfants de 7-8 ans et même de 9-10 ans!

Cette façon d’utiliser le cherche et trouve vous permettra de travailler les inférences, mais également le discours explicatif avec vos enfants tout en affinant sa compréhension de certains concepts. En tant qu’adulte, je vous invite à renchérir sur les explications de votre enfant pour peaufiner celles-ci.

2) ÉLABOREZ UNE HISTOIRE À PARTIR DES SCÈNES DU CHERCHE ET TROUVE

Amusez-vous avec votre enfant à choisir un ou deux personnages sur l’image. Par la suite, utilisez la scène illustrée pour préciser l’endroit où ils se trouvent et essayer de déduire ou d’inventer pourquoi le personnage se trouve là. Vous pouvez également utiliser les illustrations autour du personnage pour essayer d’anticiper et de prévoir ce qui pourrait lui arriver.

Ce type d’exercice est particulièrement intéressant à faire avec des enfants plus vieux qui sont plus aptes à raconter une histoire et à élaborer leur discours. Par contre, ça peut également être bien utile pour aider un enfant qui aurait de la difficulté à amorcer et même à élaborer son discours, car il y a plusieurs éléments en scène qui lui permettent de s’inspirer et qui peuvent le guider.

3) FAITES DES PRÉDICTIONS

La plupart des cherche et trouve illustrent des scènes mettant de l’avant des actions. Ciblez des personnages dans l’image et amusez-vous, à partir des expressions des personnages, des actions qu’ils font et des autres illustrations autour à inférer ce qui pourrait se passer.

Ce qui est particulièrement intéressant lorsqu’on fait ce genre d’exercice avec un cherche et trouve plutôt qu’avec un livre classique, c’est que c’est moins demandant sur le plan cognitif. En effet, l’enfant n’a pas à tenir compte d’autant d’éléments que dans une histoire classique où, pour faire une inférence ou une prédiction, il doit penser à tout ce qui s’est passé avant, faire des liens avec ses connaissances générales et tenir compte de ce qui se passe actuellement pour anticiper la suite.

Dans un cherche et trouve, l’action est entièrement dans le moment présent. L’enfant n’a donc qu’à tenir compte de ce qu’il voit et de faire le lien avec ses connaissances générales pour prédire la suite.

4) VARIEZ LES STYLES DE CHERCHE ET TROUVE

Quand on pense cherche et trouve, on pense aux livres. Par contre, il y s’en fait de TOUS les genres sur le marché. Ce peut être un bon moyen de les exploiter différemment. Je pense ici notamment aux cherche et trouve qui se présentent sous la forme d’un jeu où chaque table de jeu représente une scène et où on pige des cartes illustrant l’image à trouver sur la scène.

Si vous en avez un à la maison qui croupit sous la pile de jeux non utilisés, je vous donne ici une bonne raison de le ressortir. Comme pour les cherche et trouve plus classiques, il s’est sûrement retrouvé abandonné parce que vos enfants le connaissent par coeur. Eh bien, avec ce petit truc, vous pourrez le ressortir des boules à mites.
Jouez à deux ou en équipe. Votre adversaire pige une carte et doit vous faire deviner l’image à trouver. Lorsque vous avez trouvé l’image en question, vous avez un temps X (déterminez-le au départ ensemble avec votre enfant) pour trouver l’image sur la scène. Autrement, c’est droit de réplique à l’autre qui a alors la possibilité de faire un point. Une façon amusante d’ajouter du défi tout en travaillant le langage par le biais des fameuses devinettes.

Maintenant, vous n’avez plus de raison de ne pas ressortir vos bons vieux cherche et trouve. Et si vous n’en avez pas à la maison, vous saurez maintenant mieux choisir vos prochains achats pour en profiter au maximum avec vos enfants.

P.S. Si ça vous dit d'en apprendre plus sur les multiples façons d'utiliser les livres pour stimuler le langage des enfants tout en ayant un maximum de plaisir, je vous invite à joindre mon groupe Facebook créé tout spécialement à cet effet!

Pourquoi on cherche nos mots

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Ça nous est tous déjà arrivé de chercher un mot, de savoir quel mot on veut dire, mais de ne pas le trouver... Tsé là avoir « un mot sur le bout de la langue » comme on dit... Ici, c'est un phénomène qui arrive TRÈS souvent à mon copain, mais aussi à plusieurs de mes petits clients. En jargon orthophonique, on parle de difficulté d'accès lexical. 

OUPS! CLASSÉ DANS LE MAUVAIS TIROIR

En fait, lorsqu'un individu présente une difficulté d'accès lexical, ce n'est pas parce qu'il ne connait pas le mot, mais plutôt parce qu'il n'arrive plus à y accéder parce que celui-ci a été mal enregistré ou mal classé dans son système de tiroirs à mots comme je les appelle. Souvent, il suffit de donner au locuteur la première syllabe ou même les premiers sons du mot pour qu'il trouve comme par magie le mot qu'il cherchait tant (c'est ce qu'on appelle de l'ébauche orale). 

Quand j'explique ce phénomène à mes parents de clients, j'aime faire le parallèle avec une petite anecdote que j'ai vécue dernièrement à la maison avec mon copain. Mon copain ayant un TDAH, il lui arrive de faire quelques étourderies et de ranger des objets à de drôles d'endroits (j'ai déjà trouvé le shampoing dans le réfrigérateur pour vous dire). Conséquemment, il perd souvent ses choses ou plutôt, elles ne se trouvent jamais là où elles devraient logiquement être. Récemment, on devait sortir du pays. La veille de notre départ, alors que je préparais toute notre paperasse, j'ai ouvert le tiroir où je range toujours les passeports et... il n'y avait que MON passeport. Prise de panique, j'ai demandé à mon copain où était son passeport. Sa seule réponse fut : « J'en n'ai aucune idée ». Je me suis donc mise à fouiller un peu partout (avec son aide) dans les endroits stratégiques où il aurait possiblement pu laisser son passeport. Après une heure de recherche (et je l'avoue bien de la frustration de ma part), nous avons ENFIN trouvé ledit passeport entre deux factures dans la filière destinée aux factures des voitures... 

C'est un peu ce qui se passe lorsqu'on cherche un mot. Si ce mot a été mal encodé, il est fort probable qu'il soit mal classé. Ainsi, on le cherche en activant les liens avec d'autres mots proches soit sur la base du sens (p.ex. si je cherche le mot pommier, je vais penser aux arbres, aux échelles, aux pommes, à l'automne, etc.) soit sur la base de la sonorité (p.ex. si je cherche le mot pommier encore, je pourrais me rappeler que ça finit en « ier »). Par contre, si le mot que je cherche n'est pas bien classé dans mes tiroirs de mots, il sera plus difficile pour moi de le trouver, et ce, même si je mène une recherche qui me semble logique dans ma tête. Souvent, après un peu de recherche, on finit soit par abandonner, soit par se faire aider par notre interlocuteur, soit par le trouver enfin! Personnellement, quand je cherche mes mots, je suis incapable d'abandonner. Je vais fouiller dans mes tiroirs de mots jusqu'à ce que je le trouve. 

PARFOIS, ÇA PEUT CAUSER PROBLÈME

On observe souvent des manifestations de difficultés d'accès lexical chez les individus présentant un trouble du langage ou d'apprentissage. De manière générale, ils cherchent davantage leurs mots que la plupart des gens, ce qui a un impact sur leur discours : il peut être difficile pour ces personnes d'élaborer leurs idées et les messages qu'ils livrent sont souvent peu précis.

Les difficultés d'accès lexicales se manifestent de diverses façons. Le plus souvent, les personnes utilisent des mots vagues (chose, affaire, ça, truc), ne terminent pas leurs phrases (car ils ne trouvent pas le mot qu'ils cherchent) ou remplacent un mot par un autre qui y ressemble sur le plan de la sonorité (couver/couler) ou encore qui appartient à la même catégorie (couteau/fourchette). Ils peuvent aussi clairement énoncer qu'ils savent comment X objet s'appelle, mais qu'ils ne s'en rappellent pas. 

ET ÇA SE RÈGLE TOUT ÇA ?

Il n'existe malheureusement pas de truc ni de « recette miracle » pour ne plus avoir de difficultés d'accès lexical. On peut seulement aider les gens et les outiller à encoder et classer le mieux possible les mots dans leurs tiroirs à mots pour qu'ils puissent les récupérer facilement. 

  1. Laissez-lui le temps de trouver le mot qu'il cherche. Je l'avoue (pour le vivre au quotidien avec mon copain), que ça peut être tannant à la longue de voir le locuteur chercher ses mots. Ça coupe un peu l'élan du discours et parfois, on aurait le goût de donner le mot à l'autre. Par contre, ça revient un peu à lui mettre des mots dans la bouche et il se peut qu'on n'ait pas du tout le mot que l'autre cherche, ce qui ne fait que le distraire de sa recherche et allonger l'interruption.
  2. Posez-lui des questions pour l'aider dans sa recherche. Vous pouvez poser des questions au locuteur pour l'aider à préciser sa recherche et aussi pour vous aider à l'aider. Si vous avez trouvé le mot qu'il cherche avant lui, surtout, ne lui dites pas, mais donnez-lui des indices (un peu comme une devinette) ou donnez lui la première syllabe/le premier son du mot.
  3. Reformulez le mot qu'il cherche. Si la personne utilise une description pour parler du mot qu'elle cherche, reformulez-le pour qu'elle l'entende.

Ces petits trucs ne sont pas valables seulement pour les gens qui éprouvent régulièrement des difficultés d'accès lexical, mais pour tous ceux qui en éprouveront ponctuellement un jour ou l'autre ! Ça me fait penser que je pourrais peut-être faire un prochain billet sur le phénomène de « mettre un mot dans la bouche de l'autre » hi hi !