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Comment je me tiens à jour dans mon domaine grâce à Internet

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En tant qu’orthophoniste (et c’est sûrement le cas de plusieurs autres professionnels), une de mes obligations professionnelles est de me garder informée des nouveautés dans mon domaine pour adapter ma pratique. Si vous êtes vous aussi orthophoniste, vous aurez deviné que je fais allusion ici à la pratique basée sur les évidences scientifiques.

En gros, ça consiste à suivre des formations, à lire des livres spécialisés et à se mettre à jour par rapport aux dernières recherches faites dans le domaine pour appliquer ces connaissances théoriques dans notre pratique.

Pour ma part, c’est quelque chose que j’ADORE faire. Toutefois, trop souvent, je vois ma pile d’articles et de livres à lire s’accumuler et je me dis que je manque « donc ben » de temps pour arriver à faire tout ça. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus chez mes collègues orthophonistes lorsqu’il est question de se garder à jour. Plusieurs disent ne pas en faire assez par manque de temps.

En 2018, mon but était de faire plus de place à cette sphère de ma profession et je dois dire que j’y suis arrivée mieux que je ne l’aurais cru. J’ai donc décidé de vous partager les moyens que j’ai employés pour y arriver sans que cela ne gruge trop de mon temps.

1)   Utiliser les réseaux sociaux

Je crois que les réseaux sociaux suscitent autant de positif que de négatif. On peut y trouver de précieuses informations comme y retrouver du contenu totalement inventé. Il est donc important de valider la pertinence des informations qu’on y retrouve.

Pour ma part, j’aime beaucoup utiliser Facebook afin de me garder à jour rapidement et facilement. Comme je consulte déjà régulièrement cette application, il était assez simple pour moi d’intégrer la « veille scientifique » à ma routine.

Pour le faire, je vous suggère de cibler des pages Facebook appartenant à des organismes reconnus et officiels : l’OOAQ , l’OAC , l’ASHA, l’AQOA (pour ne nommer que ceux-là). Ils partagent régulièrement des ressources fort intéressantes, des formations à venir ou encore des articles scientifiques reliés directement à l’orthophonie.

Afin de vous assurer de ne rien manquer, je vous suggère, lorsque vous allez « aimer » des pages qui vous intéressent, de cocher que vous voulez voir les publications de cette page apparaître en premier. C’est ce que j’ai fait pour les publications de l’ASHA que je trouve fort pertinentes.

Évidemment, il existe plusieurs autres pages où on partage des résumés d’articles scientifiques. Je pense notamment à The Informed SLP, Tout cuit dans le bec, Smart Speech Therapy LLC, etc.

LinkedIn est aussi un autre excellent moyen de vous garder à jour, mais différemment. En fait, grâce à LinkedIn, vous avez accès directement à des informations partagées par vos collègues (que ce soit des partages d’articles ou encore des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés). Toutefois, je vous suggère d’être vigilant dans vos lectures. Si vous lisez quelque chose qui vous fait douter ou pour lequel vous vous questionnez, n’hésitez pas à vous référer aux sites de référence ou à vos collègues pour valider la véracité des informations. Néanmoins, LinkedIn étant un réseau de professionnels, il m’est rarement arrivé de lire des textes qui faisaient peu de sens. J’y ai beaucoup plus souvent trouvé des informations fort intéressantes et pertinentes.

Bref, le fait de suivre les réseaux sociaux constitue un excellent moyen de vous garder rapidement informé tout en ciblant spécifiquement les sujets qui vous intéressent. Il vous suffit simplement de faire un petit détour (détour qui devient non nécessaire si vous modifiez vos réglages) lors de votre veille régulière sur vos réseaux sociaux.

2)   Recevoir l’information via infolettre

L’infolettre (quand elle ne sert pas d’objet promotionnel à outrance) est un outil SUPER intéressant qui vous permet de recevoir, de façon passive, une foule d’informations en lien avec les champs de pratique qui vous intéressent. Pour ma part, je suis abonnée à plusieurs infolettres. Certaines concernent les évidences scientifiques (comme The Informed SLP qui m’informe des mises à jour scientifiques à chaque mois) alors que d’autres concernent des ressources (comme Teachers pay Teachers qui me partage des activités à découvrir. D’autres encore concerne davantage la pratique orthophonique (comme SLP Now).

Il y en a vraiment pour tous les goûts. Cette année, je me suis abonnée à plusieurs nouvelles infolettres! Il faut cependant rester prudent avec cette pratique, car on peut rapidement devenir submergé d’infolettres et perdre les messages importants dans notre boite courriels.

Certaines personnes créent donc une adresse dédiée spécifiquement aux infolettres afin que tout s’y retrouve. Personnellement, je n’aimais pas l’idée, et ce, pour deux raisons. Premièrement, les infolettres pertinentes et intéressantes se retrouvent plus souvent qu’autrement parmi les infolettres jugées comme des spam et on n’y prête pas attention. Deuxièmement, cela demande une étape supplémentaire dans nos journées déjà bien chargées et il faut aller consulter régulièrement cette adresse.

Pour ma part, j’ai créé un dossier « À lire » dans ma boite courriel. Ainsi, à chaque fois qu’une infolettre pertinente aboutit dans ma boite de réception, je la déplace automatiquement dans ce dossier. Je le consulte environ 1 fois/semaine selon mon horaire de la semaine.

Ce que j’aime particulièrement des infolettres, c’est qu’elles vous permettent notamment de découvrir une foule de ressources en ligne sans avoir vous-même à faire les recherches. Vous n’avez qu’à cliquer sur les liens présentés et déjà vous pouvez juger de la pertinence de la ressource.

3)   Écouter des podcasts

Déjà forts populaires aux États-Unis, les podcasts (ou balados) ont de plus en plus la cote au Québec. Même si je connaissais un peu les podcasts, je dois avouer que je les ai apprivoisés et exploités davantage seulement en 2018.

Il suffit de taper « speech therapy » ou « education » (tout dépend ce que vous aimeriez écouter) dans la barre de recherche de votre application « Balado » sur votre téléphone intelligent et vous y trouverez une foule de suggestions. Certains présentent des centaines d’épisodes.

Personnellement, j’aime m’abonner aux podcasts qui concernent l’éducation et le développement en général, car ils me permettent de découvrir une foule de nouvelles ressources et même des podcasts plus spécialisés. C’est d’ailleurs grâce aux podcasts que j’ai trouvé plusieurs livres intéressants à me procurer. 

La plupart des podcasts en lien avec l’orthophonie ou l’éducation sont enregistrés sous la forme d’entrevues avec des spécialistes dans un domaine, ce qui fait en sorte que vous pouvez choisir directement les titres qui vous interpellent le plus. Il ne s’agit pas forcément d’une suite.  

Ce qui est particulièrement utile du podcast VS les deux options précédentes, c’est que vous pouvez l’écouter pratiquement n’importe où : dans votre voiture, en faisant le ménage, en cuisinant, etc. Vous n’avez donc plus d’excuses pour vous garder à jour.

Seul petit hic, les podcasts les plus intéressants à ce jour étant principalement en anglais, cela requiert un certain niveau de connaissance de cette langue pour en tirer un maximum d’informations. Si vous souhaitez connaître mes coups de cœur, j’ai fait une vidéo à ce sujet sur ma chaîne.

Évidemment, les moyens que je vous ai présentés ci-dessus demandent tous du temps pour traiter l’information et il faut pouvoir les intégrer à son horaire. Malgré tout, le simple fait de ne pas avoir à chercher par vous-même l’information et d’avoir une banque de ressources à portée de main est un avantage en soi.

Pour ma part, je prévois toujours une heure dans ma semaine pour mettre à jour mon dossier « À Lire ». Je n’ai donc qu’à m’asseoir confortablement devant mon ordinateur avec un bon thé et à défiler les infolettres pour faire une foule de belles découvertes. Quand je suis en voiture, je mets minimum 25 minutes pour me rendre au travail alors environ une fois par semaine, j’en profite pour écouter un podcast de mon choix. Finalement, quand je vais sur FB et que je vois, dans mon fil d’actualité, des articles intéressants que les pages que je suis ont partagées, je les enregistre dans mon application Pocket et j’en lis un de mon choix 3 soirs par semaine (soit environ 10-15 minutes) avant de me coucher.

Quand on comptabilise tout ça, environ 3 hrs/semaine, je remplis mon devoir de me garder à jour. À la fin de l’année, ça fait une belle banque d’heures de nouvelles connaissances et tout cela s’est fait presque sans effort.

5 trucs pour orthophoniste en manque d'inspiration

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Qui ici ne s’est jamais retrouvé à 10 minutes de sa prochaine thérapie avec absolument AUCUNE idée de ce qu’il allait faire, et ce, même si la matériathèque est bondée…

Je crois que c’est un sentiment que toute bonne orthophoniste et même tout professionnel travaillant avec les enfants a vécu au moins une fois dans sa pratique.

La créativité a beau être une force de la plupart des orthophonistes que je côtoie, celle-ci n’est malheureusement pas inépuisable et arrive toujours un moment où la boîte à idées est tout simplement vide.

J’ai donc décidé de vous partager mes cinq trucs pour orthophoniste en manque d’inspiration. Ce sont des ressources que j’utilise personnellement régulièrement quand je cherche des nouvelles idées… Parce qu’on n’a jamais assez de nouvelles idées.

Pinterest : une mine d’or d’idées DIY

Quand j’ai un peu de temps pour développer du matériel ou que je suis à la recherche de nouvelles idées à élaborer, j’aime aller faire un tour sur Pinterest. Ce réseau social regorge d’idées et d’inspiration!

Plusieurs orthophonistes y partagent leurs créations et comment elles travaillent divers objectifs en thérapie. On peut même trouver des documents pdf gratuits à imprimer pour nos propres thérapies. Toutefois, la plupart du temps, ces outils sont anglais. Bien que la majorité du matériel et des explications soit en anglais, il est possible d’adapter ou même de reproduire la plupart des idées que vous y trouverez.

En raison du temps d’adaptation et de création que demandent les idées qu’on y retrouve, cela n’est peut-être pas la plateforme idéale si on manque cruellement d’idées à 10 minutes ou moins de notre prochaine thérapie… mais ça peut faire une bonne base pour vous inspirer à partir du matériel que vous avez déjà.

Mon truc : écrivez directement (en anglais pour plus de résultats) l’objet de votre recherche pour des résultats plus précis (p.ex. speech therapy phonologic awareness).

Profiter de la créativité des orthophonistes anglophones sur Instagram

Ce n’est que depuis que je suis orthophoniste que j’ai compris à quel point les fameux #hashtags peuvent être utiles. Si vous êtes sur Instagram, je vous suggère fortement de faire des recherches de # en lien avec l’orthophonie pour y trouver des comptes super intéressants en lien avec l’orthophonie.

Comme avec Pinterest, la plupart des comptes sont en anglais, mais vous pouvez adapter sans trop de difficulté ce qui est présenté. Ce que j’aime particulièrement avec Instagram, c’est que non seulement on peut avoir des idées d’activités à faire tout dépendant des comptes que vous suivez, mais également on peut y trouver des suggestions de jeux et de livres super intéressants.

Pour ma part, j’utilise Instagram de deux façons :

  1. J’aime voir ce que mes collègues orthophonistes ont partagé lorsque je fais le survol de mon fil d’actualité et de mes stories, et ce, même si je n’ai pas de but précis en tête. Ça peut me donner des idées nouvelles que je pourrai essayer avec un jeune.

  2. Faire une recherche spécifique en utilisant les #. Parfois, je cherche des idées précises alors je vais dans l’onglet recherche pour diriger davantage mes recherches. Si je cherche par exemple de l’inspiration pour des activités d’écriture, je pourrais écrire #writingactivity #lecture #écriture #middleschool

Vous aurez deviné que j’utilise beaucoup de # en anglais. En fait, je trouve que cela élargit davantage mes recherches donc est meilleur pour nourrir mon inspiration.

Voici les principaux # que j’utilise pour mes recherches : speechtherapy, orthophonie, logopédie, teaching, teacher, enseigner, enseignement, éducation, apprentissage, langage, language

Poser des questions précises sur les groupes Facebook d’orthophonistes

De plus en plus de groupes d’orthophonistes sont disponibles sur Facebook. Cela peut être le groupe de la cohorte d’orthophonistes avec qui vous avez étudié ou encore des groupes plus spécifiques.

Pour ma part, je fais partie de divers groupes qui rejoignent davantage ma pratique : un groupe d’orthophonistes en pratique privée, une communauté de pratique pour les orthophonistes au secondaire, le groupe de ma cohorte d’orthophonistes, etc.

Il en existe plusieurs diversifiés selon vos besoins. Encore une fois, plusieurs sont en anglais, mais peuvent tout de même être intéressants.

Ces groupes sont particulièrement utiles lorsque vous manquez d’idées ou d’alternatives pour une situation particulière. Parce qu’entendons-nous, même si on adore nos clients, quand ça fait 40 rencontres qu’on a avec eux, on a souvent l’impression d’avoir fait le tour de notre matériathèque.

Les groupes Facebook sont géniaux, car ils permettent d’aller chercher l’expertise d’autres orthophonistes qui ont peut-être déjà été dans votre situation et d’avoir un œil extérieur, ce qui est toujours enrichissant.

Mon truc : ne vous abonnez pas à TOUS les groupes d’orthophonistes que vous trouvez sur Facebook. Vous risquez d’être submergée par toutes les notifications et ne plus les remarquer. Sélectionnez les groupes qui rejoignent le plus vos champs de pratique et où vous seriez le plus à l’aise de publier quelque chose si vous aviez besoin d’avis extérieur. Une fois ces groupes choisis, je vous suggère d’activer les notifications pour ceux-ci. Cela vous permettra de bénéficier des questionnements et réflexions des autres à l’occasion.

Prévoir des rencontres d’échange avec les orthophonistes de votre entourage

Ce qu’on appelle, dans notre jargon, des communautés de pratique est relativement courant pour les orthophonistes qui travaillent dans le secteur public. Ce n’est pas la même réalité quand on travaille au privé. Plusieurs orthophonistes travaillent seules dans leur clinique, ce qui fait en sorte qu’elles n’ont pas l’occasion d’échanger avec des collègues aussi souvent qu’elles le voudraient.

J’ai la chance de travailler avec une équipe de quatre orthophonistes. Toutefois, nous ne travaillons pas toutes avec la même clientèle, ce qui fait en sorte que, pour des questions plus précises, nous ne pouvons toujours nous entraider aussi efficacement qu’on le souhaiterait.

Il peut donc être intéressant de regarder autour de vous pour trouver des orthophonistes qui travaillent sensiblement auprès de la même clientèle que vous et de planifier des rencontres d’échanges et de discussion. Celles-ci peuvent être en personne ou à distance si vos collègues ne pratiquent pas dans la même ville que vous.

Mon truc : comme il est facile de dévier du sujet quand on est entre passionnées, vous pourriez prévoir un thème à chaque rencontre et faire un ordre du jour pour que tous les points que chacune aimerait aborder soient discutés.

Faire des semaines thématiques

Si, comme moi, votre clientèle est relativement homogène (je ne vois que des jeunes d’âge scolaire ou des clients en troubles orofaciaux myofonctionnels), vous pourriez sélectionner quelques jeux ou un thème pour une semaine et le décliner de plusieurs façons selon les objectifs que vous voulez travailler avec vos clients. Cela vous évitera d’avoir à vous questionner avant chacun de vos rendez-vous.

Pour ma part, j’ai plusieurs clients avec qui je travaille sensiblement les mêmes objectifs. J’aime donc prendre les mêmes jeux et les adapter selon les besoins et le niveau de mes clients. Par exemple, j’ai fait une semaine thématique Pokémon. Avec certains, on travaillait le discours descriptif en élaborant notre propre Pokémon alors qu’avec d’autres, on travaillait les correspondances graphème-phonème en lisant/écrivant le nom de certains Pokémon. Ainsi, je n’avais qu’un seul matériel décliné de plusieurs façons. Cela demande beaucoup moins d’organisation.

Ces trucs ne sont pas infaillibles et même si vous mettez toutes les chances de votre côté, il se peut que le manque d’inspiration survienne malgré tout. Toutefois, vous aurez au moins quelques outils avec cet article pour y remédier rapidement. Si vous avez des trucs que je n’ai pas mentionnés lorsque vous manquez d’inspiration, je serais bien curieuse de les connaitre… Après tout, toute bonne orthophoniste sait pertinemment que des trucs, on n’en a jamais assez.

Quoi faire quand on est la seule orthophoniste au privé dans sa région

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Ce n’est un secret pour personne, les régions sont toujours les premières touchées lorsqu’il est question de pénurie de services. L’orthophonie ne fait pas exception. D’ailleurs, lorsqu’on est finissant, il est souvent facile de se trouver un emploi en orthophonie à l’extérieur des grands centres, car ceux-ci sont, malheureusement, peu convoités.

Le secteur privé est également touché puisque peu d’orthophonistes vont s’établir en région pour ouvrir une clinique ou un service. Certaines le font, mais elles sont souvent trop peu nombreuses pour répondre à la demande (parce que même si la population est moins importante, les besoins ne sont pas moins présents). D’ailleurs, les listes d’attente sont souvent longues contrairement aux grands centres.

Imaginez quand la seule orthophoniste (au public comme au privé) de sa région part en congé de maternité ou de maladie ou encore qu’elle prend la décision de fermer boutique…

J’ai listé dans cet article des suggestions d’options pour vous chers parents afin que vous ne vous retrouviez pas sans support et pour vous chères collègues si jamais cela devait vous arriver.

1) Référer à une orthophoniste qui est géographiquement près de vous.

La solution la plus logique quand on n’a pas accès à un service d’orthophonie dans notre région est d’aller à celui qui se trouve le plus proche (p.ex. dans la ville voisine).

C’est d’ailleurs ce que nous faisons entre orthophonistes si notre charge de clients est complète : on réfère les nouvelles demandes à des collègues de confiance qui sont proches géographiquement parlant afin de limiter le plus possible les inconvénients reliés aux déplacements pour les parents.

Il arrive malheureusement que cette option ne soit pas possible et qu’il faille alors passer au « plan B ».

2) Plan B : tirer profit de la technologie pour faire de l'orthophonie à distance

On a la chance de vivre dans une époque où la technologie nous permet d’être en contact avec n’importe qui, peu importe l’endroit où on se trouve et le moment de la journée. Bien que cela puisse parfois être négatif, ça amène un giga lot de positif.

J’ai d’ailleurs décidé de faire de la technologie mon alliée en développant ma pratique d’orthophonie à distance (ou téléorthophonie). Cela m’a été fort utile dernièrement. Notamment parce que j’ai pu dépanner une collègue (et amie) orthophoniste qui est la seule ayant une pratique privée dans sa région.

Elle est partie récemment en congé de maternité et n’a trouvé personne pour la remplacer dans sa région. Elle m’a donc contactée et j’ai pu, grâce à la téléorthophonie, reprendre les suivis de ses clients d’âge scolaire au plus grand bonheur de ceux-ci. Le tout sans qu’ils aient à parcourir les 2 hrs de route qui nous séparent pour une heure (parfois moins) de thérapie.

Donc si vous ne connaissiez pas la téléorthophonie, je vous confirme que c’est pratiquement une révolution pour moi avec mes clients d’âge scolaire.

3) Faire appel à des agents multiplicateurs du langage.

Des quoi? Me direz-vous. En fait, ce sont le plus souvent des éducateurs spécialisés ou encore des personnes ayant une (ou plusieurs) formation(s) en stimulation du langage. Cela est particulièrement utile lorsqu’il vous est impossible d’avoir accès aux services d’une orthophoniste de façon régulière.

Je l’ai dit plus haut, mais je le répète, les orthophonistes en région étant souvent une denrée rare, il est plus long d’avoir un suivi (au public comme au privé) et parfois, l’orthophoniste ne peut pas voir l’enfant de façon régulière.

Une bonne façon d’optimiser la stimulation du langage et de le faire de façon régulière consiste à faire appel à un agent de stimulation du langage (ou un éducateur spécialisé). Le rôle de cet agent est en fait d’appliquer les stratégies mentionnées au plan d’intervention orthophonique à travers la routine de l’enfant de manière à ce qu’il puisse bénéficier d’un suivi adapté et ciblé malgré l’absence d’un suivi en orthophonie de façon régulière.

Cela constitue notamment une très bonne option pour la clientèle d’âge préscolaire avec qui il est parfois plus difficile de faire de l’orthophonie à distance.

Ce que j’aime de cette option, c’est que ça permet à une orthophoniste d’alléger sa charge de clients pour pouvoir offrir un suivi à un plus grand nombre de clients, mais de tout de même savoir que ses clients bénéficient d’un encadrement adapté.

Pour les parents, ce genre de suivi peut être intéressant surtout si vous devez vous déplacer dans une autre région pour recevoir un suivi en orthophonie. Ainsi, vous pouvez continuer le suivi, mais à fréquence moindre tout en bénéficiant d’un support de qualité pour le bon développement langagier de votre enfant. Cela est souvent très bénéfique pour nos horaires déjà bien garnis…

ATTENTION!!! Ce type de service ne remplace en rien un suivi en orthophonie. Au contraire, il permet de le supplémenter. Ainsi, il est important d’avoir une orthophoniste au dossier de votre enfant pour en bénéficier. Si vous êtes curieux d’en apprendre davantage, je vous invite à consulter ce service que j’ai mis en place en collaboration avec Tutorax une entreprise jeune et dynamique d’aide aux devoirs.

 

Malgré l’accès aux services plus difficile lorsqu’on habite en région, je crois que maintenant, nous disposons de plusieurs moyens qui nous permettent de nous adapter sans que cela n’ait forcément à être compliqué.

Si vous avez des questions sur la téléorthophonie (que vous soyez parent ou orthophoniste), n’hésitez pas à me contacter. Ça me fait toujours plaisir de partager avec vous sur ce mode d’intervention que j’affectionne particulièrement.

 

 

Ce qu'il faut savoir sur la nouvelle nomenclature pour les troubles du langage

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Est-ce que ça vous est déjà arrivé en tant que parent de lire un rapport d’orthophonie et de vous demander (à plusieurs reprises) ce que signifiaient certains termes?

Si c’est le cas, eh bien je vous rassure, vous êtes un parent tout-à-fait normal et je vous comprends. Moi-même en tant qu’orthophoniste, il m’arrive d’avoir à retourner dans mes livres pour valider certaines spécificités quand j’emploie un terme afin d’être certaine que je ne me trompe pas.

Cela est d’autant plus complexe que le vocabulaire technique évolue rapidement et change souvent…. (Eh misère…)

C’est d’ailleurs le cas de ce qui était autrefois la dysphasie (ou trouble primaire du langage) et qu’on appelle maintenant trouble développemental du langage.

En tant que parent, il se peut que vous voyiez apparaître ce terme sur les bilans et rapports orthophoniques de votre enfant. J’ai donc pensé qu’il serait bien de vous expliquer ce qu’implique le trouble développemental du langage.

Qu’est-ce que le Trouble Développemental du Langage ?

En gros, on pourrait dire que le Trouble Développemental du Langage (TDL) c’est tout simplement la nouvelle nomenclature de la dysphasie qui était devenue le trouble primaire du langage, mais avec quelques nuances.

Le TDL concerne un problème d’acquisition et de maîtrise du langage qui a un impact à différents degrés dans le quotidien de l’individu.

Cela couvre plusieurs sphères du langage et peut se manifester de différentes façons. Ainsi, il n’est pas suffisant de simplement mentionner qu’un individu présente un TDL. Il faut également spécifier quelles sont les sphères langagières atteintes (p.ex. le vocabulaire, le discours, etc.)

Comme pour tout trouble, pour qu’on puisse parler d’un TDL, il faut bien évidemment que les difficultés observées perdurent dans le temps et ne se résorbent d’elles-mêmes. (À cet effet, j’ai publié, il y a quelque temps sur ma chaîne Youtube, une vidéo où je fais la distinction entre le retard et le trouble du langage si vous êtes curieux d’en apprendre plus.)

Auparavant, l’individu devait avoir reçu un suivi régulier pendant au moins 6 mois en orthophonie avant que l’orthophoniste puisse conclure à un trouble primaire du langage ou à une dysphasie.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aucune durée d’intervention n’est obligatoire pour qu’on puisse conclure à un TDL. Autrement dit, dès l’évaluation initiale, une orthophoniste pourrait conclure à un TDL pour votre enfant. Évidemment, cela se fait après une analyse approfondie du portrait de l’enfant et des données qui ont été récoltées dans le questionnaire d’histoire de cas de l’enfant.

Outre cela, alors qu’avant on se prononçait sur la sévérité du trouble langagier en général, on se positionne maintenant sur la sévérité des impacts que ce trouble a au quotidien. Cela signifie que, au lieu de parler d’un TDL de degré modéré à sévère dans son ensemble par exemple, on parlera plutôt d’un TDL qui affecte le vocabulaire expressif à un degré modéré à sévère et la pragmatique à un degré léger.

Finalement, il n’est pas obligatoire d’avoir un écart entre les sphères verbales et non verbales dans les épreuves d’évaluation du quotient intellectuel pour conclure à un TDL.

Voici d'ailleurs ici un tableau récapitulatif de la séquence à suivre. Je me suis permis de vous le traduire pour qu'il soit plus facile à interpréter.

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Du changement aussi pour le « retard de langage »

Peut-être avez-vous déjà entendu un ami vous dire que son enfant présente un retard de langage. Vous l’avez peut-être aussi déjà lu dans le rapport orthophonique de votre enfant.

C’est, ça aussi, chose du passé. Effectivement, comme aucune donnée scientifique ne permet de soutenir cette nomenclature, on nous recommande plutôt de parler tout simplement de difficultés de langage lorsqu’on ne peut pas conclure à un TDL, mais que le développement du langage ne correspond pas à ce qui est attendu pour l’âge de l’enfant.

Encore une fois, il faut spécifier quels sont les aspects langagiers concernés par les difficultés, donc les sphères langagières qui sont atteintes.

Sans oublier des troubles de sons de la parole…

Dorénavant, lorsque nous constatons des difficultés sur le plan des sons de la parole, nous parlons de Trouble du Développement des Sons de la Parole (TDSP), et ce, peu importe que la cause de ce trouble soit d’ordre structurelle, linguistique ou motrice.

Évidemment, pour parler de trouble, il faut tout de même que ces difficultés persistent dans le temps. Autrement, il sera davantage questions de difficultés sur le plan des sons de la parole tout simplement.

Petite particularité intéressante, aucune recommandation n’a été émise à savoir si un TDSP fait partie du TDL ou est un trouble à part entière. Ainsi, il se peut que d’une orthophoniste à l’autre, vous voyiez la même conclusion en ce sens, mais rédigée différemment. Il est donc important de lui poser vos questions si jamais cela n’est pas clair pour vous.

Dans le cas d’une autre condition médicale, ça change aussi…

Il arrive très fréquemment qu’un trouble du langage s’inscrive dans un contexte X comme un trouble du spectre de l’autisme, une déficience intellectuelle, une paralysie cérébrale, etc.

Dans ces cas, vous ne devriez pas retrouver la nomenclature TDL dans la conclusion du rapport orthophonique de votre enfant, mais plutôt « trouble du langage associé à X ».

Pourquoi on ne parle pas de TDL ? Tout simplement car les difficultés développementales ne sont pas spécifiques au langage, mais sont globales et touchent également d’autres sphères du développement comme l’aspect moteur ou affectif en plus d’affecter le langage.

ATTENTION !!! Il est TRÈS FRÉQUENT qu’un individu présente un autre trouble en plus d’un TDL. Autrement dit, certains troubles concomitants comme le TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité), le trouble de traitement auditif et autres troubles n’empêchent pas de conclure à un TDL.

Pourquoi avoir changé de terme si c’est la même chose ?

Auparavant, il était possible de voir une même conclusion rendue différemment selon l’orthophoniste et, surtout dans le cas de demandes précises pour des subventions et des allocations par exemple, si nous n’employions pas la terminologie exigée, cela n’était pas valide même si, en bout de ligne, la conclusion voulait dire la même chose.

Ainsi, un panel de 59 experts se sont consultés pour en arriver avec cette nouvelle nomenclature qui s’applique aussi bien au milieu clinique qu’en recherche.

Par contre, il faut noter qu’en tant qu’orthophoniste, notre ordre nous a demandé, durant la période de transition, d’utiliser les anciens termes entre parenthèses afin de s’assurer de la compréhension de tous.

 

 

J’espère qu’avec tout cela, vous comprendrez un peu mieux les fameux termes orthophoniques. Et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à m’écrire directement et ça me fera plaisir d’en discuter avec vous!

Découvrez comment l'orthophoniste peut avoir un impact sur les difficultés scolaires de votre enfant

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Certains (surtout les jeunes) comptent les jours et attendent avec impatience la fin de l’année scolaire. Même si ça paraît loin, ça approche à grands pas.

Plusieurs élèves aux prises avec des difficultés scolaires (et leurs parents) doivent alors mettre les bouchées doubles pour améliorer leurs résultats scolaires ou encore les maintenir.

C’est d’ailleurs une période de l’année particulièrement chargée pour moi parce que je reçois souvent des demandes de parents, à la suite d’une référence de l’école, pour un suivi en orthophonie.

Mais comment est-ce que je peux, en tant qu’orthophoniste, aider votre enfant à mieux réussir à l’école?

Langage et apprentissages : deux termes indissociables

Dans le système scolaire actuel, tout apprentissage passe par le langage. Quand on y pense, la matière est enseignée verbalement par le prof ou on la lit dans les livres. C’en est de même pour les évaluations des jeunes.

On évalue le niveau d’un jeune et l’étendue de ses apprentissages à partir du langage. Il n’y a qu’à penser aux fameuses présentations orales, aux travaux d’équipe ou aux examens où les élèves doivent écrire leurs réponses (même en mathématique).

(D’ailleurs si vous voulez en apprendre un peu plus sur le lien entre les deux, vous pouvez également consulter cet autre billet.)

Vous comprenez que parfois, quand les apprentissages semblent plus difficiles pour un jeune, il peut y avoir une difficulté langagière sous-jacente. C’est donc mon rôle, en tant qu’orthophoniste, de trouver où se situent les forces et les difficultés langagières de l’élève pour pouvoir mieux l’outiller et l’accompagner plus efficacement dans ses apprentissages.
Parfois, le simple fait de comprendre les difficultés de son enfant, de mieux connaitre les types de textes et de phrases qu’il maîtrise (ou pas) fait toute une différence dans l’accompagnement qu’on lui offre.

Composantes évaluées

Lorsqu’on fait une évaluation au scolaire en orthophonie, on évalue quatre grandes sphères : la compréhension à l’oral, l’expression à l’oral, la lecture et l’écriture. Cela permet de dresser un portrait plus complet des habiletés perçues et cachées de l’enfant.

En effet, il arrive souvent que des parents demandent une évaluation en orthophonie parce que leur enfant présente des difficultés de lecture et/ou d’écriture. Toutefois, quand on pousse notre analyse, on constate que ces difficultés ne sont en fait que les manifestations d’autres difficultés langagières sous-jacentes qui passent souvent inaperçues au quotidien.

J’aime comparer cela à une blessure physique. Prenons par exemple quelqu’un qui se blesse et qui fait une infection. Si on ne fait que donner des antibiotiques sans prendre la peine de chercher le foyer de l’infection, il est fort possible que l’infection revienne une fois l’antibiotique retiré.

Il en est de même pour les difficultés langagières. Si on ne travaille que sur l’orthographe et la lecture sans savoir ce qui est la cause de cette difficulté, les moyens pris ne seront probablement pas efficaces et il sera difficile pour le jeune de les appliquer au quotidien.

Une évaluation approfondie de toutes les composantes langagières permet d’aller travailler plus aisément à la source des difficultés de l’enfant et ainsi, d’avoir des répercussions parfois sur plusieurs sphères en même temps.

Mon rôle auprès de l'équipe-école en tant qu'orthophoniste

Souvent, les intervenants à l’école veulent aider l’enfant, mais ne savent pas précisément ce qu’ils devraient faire, car ils n’ont pas un portrait juste de ses difficultés. Un rapport d’orthophonie peut les aides à mieux structurer les mesures d’adaptation à mettre en place et à mieux outiller l’enfant.

Par conséquent, je peux, en tant qu’orthophoniste, jouer un rôle conseil auprès de l’équipe-école en leur expliquant pourquoi une exigence X ou Y par exemple ne correspond pas au niveau actuel d’un élève. Ils peuvent donc, par la suite, trouver des mesures d’adaptation qui supportent l’élève tout en respectant son cursus scolaire.

L'enseignement de stratégies complémentaires à celles de l'orthopédagogue

Les orthopédagogues et les enseignants sont ceux qui connaissent le mieux les exigences scolaires et ce qui est attendu selon le niveau, ce qui n’est pas mon cas en tant qu’orthophoniste. Pour ma part, j’ai une connaissance davantage tournée vers les habiletés langagières.

Ainsi, nous travaillons toujours en équipe. L’orthopédagogue et l’enseignant enseignant à l’enfant des stratégies pour qu’il puisse être plus efficace dans ses apprentissages en lien avec le cursus scolaire et moi, travaillant des notions langagières qui favorisent l’application de ces stratégies.

En orthophonie, nous enseignons des stratégies plus spécifiques au langage. Par exemple, l’orthopédagogue pourrait enseigner à l’élève de surligner d’une couleur la question d’un problème mathématique pour se rappeler des éléments à trouver dans le problème. Pour ma part, je pourrais davantage demander au jeune de me dire dans ses mots ce qu’il doit trouver après avoir souligné la question.

En orthophonie, on reprend donc les stratégies vues à l’école en lien avec la matière présentée à l’école, mais on y ajoute des précisions pour soutenir le jeune dans sa compréhension. Il arrive également qu’on utilise des activités qui ne correspondent pas forcément au niveau scolaire de l’élève parce qu’on privilégie les stratégies langagières.

 

De son côté, l’enseignant (et l’orthopédagogue), peut reprendre les stratégies qu’on travaille dans notre bureau avec l’élève dans le cadre d’exercices et de travaux faits en classe pour favoriser la généralisation.

 

Tout cela permet de comprendre qu’une orthophoniste peut jouer un rôle non négligeable voire important auprès des jeunes d’âge scolaire qui éprouvent des difficultés à l’école.

Si jamais cet article vous a interpellé et que vous vous demandez si votre jeune pourrait bénéficier de l’orthophonie, n’hésitez pas à me contacter. Dans certains cas, l’orthophonie est toute indiquée et dans d’autres cas, on privilégiera une autre source d’aide.