Le temps ou l'argent ? Ces parents qui consultent au privé

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Depuis que j’ai commencé ma pratique au privé, j’ai entendu une foule de différents commentaires de personnes, qui connaissent ou non l’orthophonie, concernant les parents qui viennent nous voir au privé pour nos services.

Certains m’ont carrément fait friser le poil des bras et d’autres m’ont touchée droit au cœur par leur beauté et leur vérité.

J’ai donc décidé de faire le point sur la réalité que vivent la grande majorité des parents de mes clients et, d’une certaine façon, de leur lever mon chapeau et de les féliciter pour toutes ces belles démarches qu’ils font pour leurs enfants, alors que ce n’est pas toujours facile.

Ils sont riches

« C’est le fun toi ! Les parents qui viennent te voir ont de l’argent donc au moins tu sais qu’ils sont motivés. »

Cette phrase, je l’ai entendue un peu trop souvent à mon goût. D’un côté, c’est vrai que je suis chanceuse parce que les parents qui viennent me voir pour leur enfant, le font de leur plein gré. De plus, on aura beau dire ce qu’on veut, il n’en reste pas moins que lorsqu’on paye pour un service, on est plus porté à s’impliquer davantage pour accompagner notre enfant dans sa progression. J’aime appeler ça un « retour sur investissement ».

Malgré cela, 90% de mes clients n’ont pas les moyens de débourser de tels montants. Certains me demandent de prélever le montant le jeudi seulement, soit lors du jour de paie. D’autres doivent limiter les services au montant qui est couvert par leurs assurances. D’autres encore déboursent tout de leur poche à 100% et doivent faire des sacrifices et couper ailleurs. Vous comprendrez que le plus souvent, les parents coupent dans leurs propres luxes à eux.

Conséquemment, non les parents qui viennent me voir ne sont pas riches. Ils sont seulement sensibles au développement de leur enfant et pour eux, les accompagner et les aider à cheminer pour les voir progresser est la plus grande richesse.

Ils ont le temps de venir te voir

Correction : les parents de mes clients PRENNENT le temps de venir me voir. Certains coupent leur heure de dîner, prennent un congé sans solde, amène le petit frère à la clinique pour faire les devoirs pendant que je suis en thérapie avec l’autre, etc. Bref, ils tentent tous de maximiser leur temps en orthophonie à leur façon.

Une chose est sûre, aucun d’entre eux n’a réellement le temps de venir me voir. Entre le travail, les devoirs et leçons, les repas à préparer, la journée du lendemain à planifier, toutes les commissions à faire, glisser une rencontre d’une heure en orthophonie relève d’un travail de moine dans l’horaire.

Ce n’est pas toujours évident pour les parents qui travaillent généralement sur les heures d’école de leurs enfants de se libérer. De plus, ce n’est pas parce que le jeune est en journée pédagogique que le parent l’est forcément. Le plus souvent, les orthophonistes au privé offrent des plages de soir et parfois même de fin de semaine. Toutefois, ces plages sont souvent bien rapidement remplies, étant les plus convoitées.

Évidemment, certains parents ont des horaires qui leur permettent de se libérer en journée. Par contre, ils coupent généralement ailleurs. Par exemple, une mère qui travaille de nuit pour pouvoir être présente pour ses enfants en journée pénalisera nécessairement son sommeil. Il y a aussi des parents qui décident que l’un des deux ne travaillera pas à temps plein ou restera à la maison pour gérer la vie familiale. Eh bien, si vous calculez bien, c’est peut-être du temps de plus, mais ça reste un salaire de moins…

Bref, les parents qui viennent consulter au privé n’ont pour la plupart ni temps ni argent contrairement à la croyance populaire.

C’est d’ailleurs deux des raisons pour lesquelles il est si important pour moi d’adapter mes services et c’est pourquoi je mets de l’avant la téléorthophonie et je travaille à développer diverses façons de répondre aux besoins de mes clients selon les moyens (en temps et en argent) de leurs parents.

D’ailleurs si vous vous demandez en quoi la téléorthophonie représente une solution, je vous invite à consulter cet article.

Et avant de terminer, je veux prendre un moment pour féliciter tous mes parents de clients qui font un travail incroyable et qui sont une source d’inspiration constante pour moi quand je vois leur dévouement à leurs enfants.

P.S. Si vous êtes un orthophoniste et que la téléorthophonie ça vous intéresse (ou ça vous intrigue), je peux vous donner un coup de main afin de l’intégrer à votre pratique. Personnellement, je ne m’en passerais plus !

Mon opinion sur les dépistages gratuits en orthophonie

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Pour différentes raisons, les cliniques et services privés d’orthophonie se font de plus en plus nombreux au Québec. L’une de ces raisons est d’ailleurs le peu de postes et d’emplois offerts dans le secteur public… même si les besoins sont criants…

Dans les dernières années, devant le peu de possibilités dans le secteur public, plusieurs orthophonistes graduées (moi compris), se sont tournées vers le privé. Pour ma part, j’ai toujours envisagé le secteur privé comme le lieu où je pourrais m’épanouir, mais ce n’est pas le cas de certaines orthophonistes qui y travaillent « en attendant » de trouver un emploi qui leur convient au public.

C’est ainsi qu’on a vu l’offre de services au privé en orthophonie augmenter. Les listes d’attentes auxquelles on s’inscrivait autrefois pour avoir accès à des services au privé sont maintenant chose du passé. Les clients ont dorénavant l’embarras du choix pour trouver le service et surtout l’orthophoniste qui leur convient. D’une part, c’est un beau problème de savoir que, dans un certain sens, nos services sont maintenant plus accessibles.

D’autre part, parce qu'il y a toujours deux côtés à une médaille, on voit de plus en plus d'offres de gratuités et de baisses de prix associé à cette offre grandissante de services au privé. C'est le cas notamment des dépistages gratuits

Pourquoi un dépistage?

En gros, un dépistage, c’est une procédure dite préliminaire où l’orthophoniste vous rencontre vous et votre enfant pendant une période de temps limitée (souvent entre 15 et 30 minutes) soit à domicile ou dans ses locaux et au terme de laquelle elle pourra vous dire si oui ou non votre enfant a besoin de services en orthophonie.

Plusieurs cliniques offrent des rencontres à des moments précis où vous pouvez prendre rendez-vous et vous rendre directement en clinique afin que l’orthophoniste puisse « évaluer » très sommairement votre enfant et vous donner son avis.

Le dépistage vous permet donc d’avoir l’heure juste et de vous guider quant aux mesures à mettre en place si besoin est.

Ça devrait faire partie de l'offre de services...

Je vois souvent des cliniques mettre de l’avant ces fameux dépistages sur leurs réseaux sociaux en les présentant comme un extra et une offre super intéressante. Pourtant, cela ne devrait être ni un extra ni une offre à ne pas manquer…

Quand vous appelez une orthophoniste*, vous devriez pouvoir discuter avec elle et poser vos questions. D’ailleurs, lors du premier contact téléphonique, les questions que vous pose l’orthophoniste sur votre enfant et votre situation ainsi que les explications qu’elle vous fournit constituent une forme de dépistage… et c’est gratuit! D’autant plus qu’il est rare que ce premier appel dure moins de 10 minutes. Vous venez donc de passer ce fameux dépistage sans même avoir eu besoin de vous déplacer!

Généralement, au terme d’une discussion téléphonique, à moins d’un cas EXTRÊMEMENT complexe, l’orthophoniste devrait être en mesure de vous orienter vers les ressources nécessaires selon les besoins ou de vous recommander une évaluation et un suivi en orthophonie.

Alors voilà! Vous venez de passer un dépistage par téléphone, totalement gratuit, qui vous a même évité un déplacement pour 15 minutes de rencontre et qui vous a mis en confiance avec une professionnelle qualifiée.

À vous mes collègues orthophonistes :

Une bonne stratégie marketing... vraiment?

D’un point de vue marketing, offrir un dépistage gratuit est une façon d’attirer de la clientèle à sa clinique et peut-être de « closer » une vente dans le cas où un enfant aurait besoin de services en orthophonie.

L’affaire, c’est que le dépistage n'oblige pas nécessairement les parents à faire affaire avec vous. Ainsi, ils pourraient trouver une clinique qui est plus proche de leur maison et amorcer un suivi là-bas plutôt qu’avec vous, l’orthophoniste qui a mené le dépistage.

Outre cela, d’un point de vue extérieur, comment pensez-vous être perçue par vos compétiteurs lorsque vous offrez des dépistages gratuits? Pour plusieurs, pas pour la majorité on s’entend, le fait de voir que vous offrez des dépistages gratuits (à moins que votre offre soit vraiment révolutionnaire et que votre but soit autre que de peut-être avoir plus de clients), ça donne l’impression que vous n’arrivez pas à avoir assez de clients par vous-mêmes donc vous vous tournez vers la gratuité.

Les grands entrepreneurs et marketing masters de ce monde vous diront d’ailleurs que la baisse des prix et la gratuité ne sont JAMAIS la solution (mais ça c’est un autre sujet). Offrir la gratuité ainsi dévalue vos services et votre compétence dans un certain sens.

Pensez à votre profession

En tant qu’orthophoniste au privé, une des choses qui me tient le plus à cœur est l’innovation. C’est important pour moi de voir comment je peux sortir des sentiers battus et offrir un service professionnel et éthique qui répond à des besoins changeants. Le tout en demeurant accessible certes, mais pas à n'importe quel prix...

Bien que je ne sois pas contre la gratuité à certains égards, je peux vous confirmer que les dépistages gratuits ne font pas partis de ces options que je considère, et ce, pour diverses raisons :

  • Ça arrive souvent qu’en tant qu’orthophoniste, on rassure des parents inquiets pour le développement de leur enfant qui suit très bien la courbe normale. C’est d’autant plus agréable pour le parent de savoir qu’on a pu répondre rapidement à ses questions sans qu’il ait eu à se déplacer pour se faire dire qu’il n’a pas besoin de nos services…

 

  • On est dans une ère où l’être est très fort et où notre personnalité compte pour beaucoup. Personnellement, je préfère offrir un premier contact un peu plus long au téléphone où j’ai pris le temps de bien répondre au parent que de tout de suite lui proposer un rendez-vous (peut-être même pas nécessaire) pour dépistage. D’ailleurs, je vous paris que le parent appréciera d’autant plus cette approche et sera plus enclin à vous recommander chaudement à quelqu’un qui aurait réellement besoin de vos services ou à vous rappeler plus tard s’il s’avère qu’il en aura besoin. Et si vous me dites que vous offrez ce contact plus long au téléphone, en plus du dépistage gratuit, alors je vous répondrai que vous perdez au change.

 

  • L’autre problème que l’on constate parfois avec ces fameux dépistages c’est qu’en 15 minutes, il peut être très difficile d’avoir l’heure juste quant aux réelles habiletés langagières de l’enfant si celui-ci ne collabore pas. Cela peut parfois biaiser notre impression clinique donc donner l'impression qu'on est moins professionnelle qu'on ne l'est réellement… Pour ma part, je préfère de loin, si j'en ai besoin, demander au parent de filmer son enfant durant une période de routine (repas, bain, etc.) et de m’envoyer cette petite vidéo qui sera plus représentative du quotidien. D’autant plus qu’avec l’omniprésence de la technologie de nos jours, les enfants ne sont plus du tout impressionnés par les photos et les vidéos que l’on prend avec nos téléphones intelligents.

Voilà pourquoi vous ne me verrez pas annoncer des dépistages gratuits sur aucune de mes pages professionnels. Si je n’ai qu’un seul conseil à vous donner chères collègues orthophonistes du privé, c’est le suivant :

Plutôt que faire comme tout le monde et d’offrir des dépistages gratuits tout simplement, offrez quelque chose de plus dans cette gratuité. Ou encore, misez sur une autre gratuité plus cohérente avec vos services qui vous permettra d’agir avec professionnalisme tout en augmentant votre clientèle. Je vous promets que les possibilités ne manquent pas. Il ne vous suffit que de les réfléchir et de les mettre en place…

Avec tout mon respect.

Votre orthophoniste nouveau genre

 

P.S. Pour une version vidéo de ce même billet, vous pouvez cliquer tout simplement sur l'image ci-dessous.

 

*Pour alléger le texte, j'utilise ici le féminin du fait de l'omniprésence des femmes dans ma profession, mais je n'ai pas moins de respect pour mes collègues masculins.

Selon moi, les handicaps invisibles sont un problème de société

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J’aime écouter des podcasts de tout genre pour m’inspirer, m’éduquer, me faire réfléchir, etc. Les podcasts en lien avec l’orthophonie ne font pas exception. J’aime particulièrement ceux de la chaîne ADDitude Magazine. L’autre jour, en route pour la maison, j’en ai écouté un particulièrement intéressant sur la dyslexie et les difficultés de lecture. Les propos de la Dre Robin McEvoy (neuropsychologue américaine) m’ont particulièrement fait réfléchir non pas aux difficultés de lecture, mais aux handicaps invisibles en général.

Dans le podcast, Dre McEvoy présentait une statistique et un constat percutants. Elle disait que 20% de la population américaine présenterait des difficultés de lecture de quelconque nature que ce soit. C’est ÉNORME comme statistique. Et c’est justement pour ça que c’est aussi… étrange… « Ce n’est pas possible que 20% de la population soit handicapée sur le plan de la lecture. À ce stade, on devrait plutôt considérer ce groupe comme étant un type de normalité » disait McEvoy. Ces mots m’ont fait l’effet d’un coup de poing. Pas parce que 20% c’est beaucoup, mais parce qu’elle mettait le doigt sur un sentiment que je vis depuis un moment en tant que professionnelle du langage : ce ne sont pas les difficultés qui définissent les jeunes, mais le moule dans lequel nous les faisons évoluer qui définit ces difficultés.

***ATTENTION! Je ne dis pas ici que les jeunes n’ont pas de difficultés et qu’il ne faut rien faire, mais parfois, il peut s’avérer pertinent de considérer le portrait du jeune de façon plus globale pour nuancer notre interprétation et surtout moduler nos interventions afin d’être encore plus efficace.

Les difficultés, ça existe

En fait, on considère un comportement (ou absence de comportement) comme étant une difficulté si cela empêche l’individu de fonctionner adéquatement dans la société dans laquelle il évolue. C’est le cas notamment des troubles d’apprentissage. Dans une société comme la nôtre, un jeune présentant p.ex. un TDAH est considéré comme ayant un handicap invisible puisqu’il ne peut apprendre selon le cursus habituel. Avec cette vision, on peut donc émettre l’hypothèse que certaines difficultés sont propres à la culture. Je crois toutefois que ce n’est pas le lot de toutes les difficultés.

Prenons par exemple le trouble développemental du langage (anciennement appelé trouble primaire du langage). Toutes les cultures ont un dialecte ou une langue propre qui permet à leurs membres d’échanger entre eux et de communiquer. Ainsi, un individu qui présente des difficultés sur le plan du langage oral et de la communication sera, d’une certaine façon, handicapé, car il ne pourra communiquer efficacement avec les gens qu’il côtoie. On s’entend que le type d’atteinte et le degré de sévérité varient selon le « style » langagier de chacune des cultures. N’en reste pas moins que l’atteinte demeure.

À l’inverse, un trouble spécifique du langage écrit (la dyslexie) est propre à une culture. Un individu ne peut pas présenter des difficultés en lecture et en écriture dans une société où on n’a ni à lire ni à écrire pour apprendre ou communiquer. Ici, c’est un handicap puisque, dans notre société nord-américaine, il faut posséder et développer des habiletés de lecture et d’écriture efficaces pour connaitre une certaine réussite. Cela est notamment associé au fait que la base des apprentissages et des évaluations scolaires repose principalement sur la lecture et l’écriture. Conséquemment, si le jeune éprouve déjà des difficultés de lecture et d’écriture, il part avec une prise, ce qui n’aurait pas été le cas dans une société où il n’y ni lecture ni écriture.

Dans le podcast que j’ai écouté, Dre McEvoy a fait une comparaison avec le chant que j’ai beaucoup appréciée. Elle disait que si les bases de l’apprentissage reposaient sur le chant, s’il fallait être un bon chanteur pour bien réussir en société, nous ferions alors face à une toute autre situation. Plusieurs d’entre nous seraient considérés comme ayant un trouble du chant…

Ces « handicapés » qui ont accompli de grandes choses

Tous les jours, je côtoie des jeunes qui bûchent à l’école, qui mettent les bouchées doubles et qui ne voient pas toujours le résultat de leurs nombreux efforts. Je suis témoin de leurs nombreux moments de découragements et leurs doutes lorsqu’ils escaladent un pas à la fois la montagne d’obstacles qui se présentent à eux durant leur cheminement scolaire.

Toutefois, je vois aussi dans ces jeunes d’incroyables forces et des talents insoupçonnés. Des forces que moi, la fille qui fittait parfaitement dans le moule du programme de l’école québécoise et qui y a évolué comme un petit poisson dans l’eau, n’aurai jamais.

Je côtoie aussi personnellement un de ces jeunes pour qui l’école était tout sauf amusante et qui est maintenant un grand homme. Mon conjoint a un TDAH (tsé le stéréotype de l’hyperactif, et bien c’est lui). Il a toujours eu à travailler plus fort que les autres à l’école et a terminé une technique au CÉGEP parce qu’il savait que c’était important. Pourtant, je l’accompagnais durant ses études et je l’ai souvent vu découragé et travailler plus fort que je ne l’aurai jamais fait même durant mes études universitaires pour obtenir son diplôme. Aujourd’hui, il ne travaille plus dans son domaine d’études, mais il est un homme d’affaires accompli qui réalise de grandes choses et qui est reconnu dans son milieu.

J’ai toujours bien réussi à l’école. J’étais parmi ces personnes qu’on appelle les « bollées ». Plusieurs m’ont demandé durant mes études pourquoi je ne voulais pas aller en médecine. C’est simple : j’aurais été le plus mauvais médecin de l’histoire de l’humanité. Mes notes me le permettaient certes, mais mes capacités : ABSOLUMENT PAS (genre que je ne dois pas regarder quand on me fait une prise de sang). À l’inverse, mon conjoint n’avait pas du tout les notes pour être médecin, mais il aurait été EXCELLENT dans ce domaine.

C’est un peu tout ça qui vient tant me chercher avec les jeunes avec lesquels je travaille. Je les vois bûcher à l’école et parfois ne pas y arriver parce qu’ils n’ont pas les capacités adéquates pour « fitter dans le moule ». D’un autre côté, je vois aussi toutes leurs forces dans d’autres domaines, mais qui ne sont tout simplement pas considérés comme des éléments qui peuvent mener vers la réussite. Parmi mes petits clients, il y a ce petit garçon qui excelle au hockey et dans tous les sports d’équipe. Il y a cette cocotte qui pourrait gagner des Oscars tant elle est bonne actrice. Il y a aussi ce petit TSA qui a un talent époustouflant pour le dessin. Le seul hic, c’est que ces talents ne sont pas évalués à l’école et pourtant, sans ces belles forces mises de l’avant, ils auraient plus souvent qu’autrement abandonné bien plus que l’école…

Je trouve dommage que ce ne soit qu’à l’âge adulte qu’on puisse faire ressortir ces talents. Quand je pense à tous ces gens célèbres qu’on voit passer sur Internet et qui nous disent avoir eu des difficultés majeures à l’école par le passé, je me dis que ce ne sont pas les difficultés qui définissent l’individu. C’est le système qui définit les difficultés. Je ne dis pas qu’il faille revoir tout le système d’éducation, mais parfois adapter les enseignements pour permettre aux jeunes de faire ressortir leurs forces et leurs talents peuvent aider. Après tout, même si la lecture et l’écriture sont primordiaux dans le succès, ils sont loin d’être les seuls facteurs garants de réussite…

5 avantages à faire un suivi en orthophonie à distance

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Plusieurs parents sont surpris lorsque je leur parle de la téléorthophonie et des services à distance. La plupart d’entre eux n’ont même jamais entendu parler qu’ils pouvaient bénéficier de ce type de services en orthophonie. 

Il faut dire que peu d’orthophonistes pratiquent à distance. Certaines ne sont tout simplement pas à l’aise avec ce type d’intervention (et c’est bien correct comme ça) et d’autres n'aiment pas ça ou ne connaissent pas ça.

Pour ma part, je suis une adepte de l’orthophonie à distance dans ma pratique et j’y vois plusieurs avantages que je vous ai listés et expliqués juste ici. 

1) On sauve beaucoup de temps!

Je pense que je ne vous apprends rien en vous disant que de nos jours, arriver à tout caser dans son horaire relève de l’exploit. Les séances d’orthophonie ne font pas exception. Si on fait un calcul rapide, on constate bien vite que pour 1 heure d’orthophonie en clinique, il faut compter au moins 2 heures (voire 3) de notre temps pour les déplacements. Souvent, ces rencontres se font sur les heures de bureau et de classe, ce qui complique encore plus les choses.

Bon j’ai l’air de ne pas prêcher pour ma paroisse en écrivant ces mots, mais au contraire! C’est justement parce que je sais à quel point l’orthophonie est importante pour plusieurs et parce que j’ai trop souvent vu des parents laisser ces services de côté pour des raisons logistiques (que je comprends totalement) que je me suis tournée vers le service à distance. 

En optant pour un service à distance, on permet de rentabiliser vraiment son temps et pour 1 heure d’orthophonie, et bien on a seulement 1 heure... d'orthophonie. En effet, avec un suivi à distance, il est possible de faire tout ça en direct de la maison ou même de son lieu de travail (si on est un client adulte). Ainsi, pendant que l’enfant est en séance d’orthophonie à l’ordinateur, le parent peut vaquer à ses occupations (p.ex. faire le souper ou le lavage) tout en jetant un coup d’oeil de temps en temps à ce que fait l’enfant. 

Évidemment, il est possible d’avoir à quitter le bureau un peu plus tôt pour être présent lors de la rencontre, mais plusieurs parents profitent de la séance de l’enfant pour faire du télétravail à partir de la maison. Aussi, c’est vraiment pratique quand on a plusieurs enfants, car en étant à la maison, on n'a plus à se demander qui va s’occuper des autres pendant que papa ou maman est à la rencontre d’orthophonie.

2) Comme temps = argent, on sauve aussi de l’argent!

Parce que le temps c’est de l’argent, il ne faut pas non plus sous-estimer l’argent que vous sauvez avec un suivi à distance, que ce soit en faisant du télétravail (comme je l’ai mentionné ci-dessus) ou encore en limitant les heures de travail perdues en déplacement. Si vous prenez un moment pour faire le calcul, vous constaterez bien vite que le 100$ que vous mettez pour une rencontre en clinique vous coûte bien plus cher que cela en vérité. 

À ma clinique, nous offrons la possibilité de faire un suivi à domicile, ce qui facilite bien souvent la vie des parents. Toutefois, vous comprendrez que ce suivi implique des coûts supplémentaires pour nos déplacements à nous en tant que professionnel. Ainsi, quand on analyse le tout, le parent a le choix entre payer 100$ pour une rencontre d’une heure en clinique, mais de passer du temps à se déplacer (sans compter le trafic) ou encore d’avoir la tranquillité d’esprit de voir l’orthophoniste intervenir à son domicile, mais devoir payer des frais supplémentaires pour le déplacement de celle-ci.

Avec un suivi à distance, on a le meilleur des deux mondes. On paye 100$ pour 1 heure, mais on n’a pas à se taper tous ces déplacements dont on se passerait volontiers ET on n’a pas à défrayer des coûts supplémentaires pour un suivi à domicile. 

3) C’est accessible peu importe où vous êtes!

En orthophonie, comme dans plusieurs professions, on apprend bien rapidement que l’une des clés du succès d’un suivi est l’alliance thérapeutique. Autrement dit, le lien que l’on crée avec notre client avec le temps et les rencontres. 

Pour diverses raisons, il arrive que des parents doivent déménager, ce qui fait en sorte que l’enfant se retrouve à devoir recommencer à 0 avec une nouvelle orthophoniste. Pour certains enfants, cela ne pose pas réellement problème. Pour d’autres, c’est tout un défi. 

Avoir un suivi à distance permet notamment de conserver le lien de confiance qui a été établi avec le client. C’est rassurant pour l’enfant (et pour le parent) de savoir que cet élément demeurera stable dans son quotidien et qu’il sera encore avec la même orthophoniste, pratiquement peu importe où il se trouve.

À ça s’ajoutent les personnes qui vivent dans des régions éloignées où l’accès aux services et beaucoup plus restreint. La téléorthophonie leur permet d’avoir accès à des services pour leurs enfants qu’ils n’auraient probablement jamais pu envisager autrement.

Évidemment, il y a des endroits où il est difficile de pratiquer la téléorthophonie (p.ex. pour faire un suivi aux États-Unis, il faut être membre de l’ordre aux États-Unis, ce qui implique des frais supplémentaires qui parfois n’en valent pas la peine pour l’orthophoniste). Il est donc important d’informer votre orthophoniste de l’endroit où vous êtes pour qu’elle puisse vous dire si elle peut intervenir à distance ou vous référer à une collègue si ce n’est pas possible.

4) Ça fait changement!

On ne se le cachera pas, pour les enfants, c’est cool de travailler devant l’ordinateur. Ça fait changement que d’écrire sur un papier ou encore de lire sur des feuilles. Ils trouvent souvent amusant de voir toutes les possibilités qui s’offrent à eux (p.ex. avec le partage d’écran). Ils sont curieux et aiment comprendre comment ça marche. Pour la plupart, ils s’amusent même à raconter à leurs parents (si le parent n’est pas à côté) ce qu’ils ont fait quand c’est nouveau et différent (ce qui est excellent pour travailler le discours). 

En plus, ils ont souvent accès à l’ordinateur de maman ou papa auquel ils n’ont pas droit d’habitude, ce qui constitue une sorte de privilège. 

Et on va se le dire, qui refuse de passer 1 heure devant son ordinateur? Bref, je n’ai pas connu un seul enfant jusqu’à présent qui refusait un suivi en ligne.

5) Ça permet de s’évader sans sortir de chez soi!

La beauté de l’orthophonie à distance, c’est que ça se fait dans le CONFORT de votre foyer. J’ai insisté sur le mot « confort », car il fait selon moi toute la différence. Il y a quelque chose de rassurant et d’apaisant de savoir que même si on travaille, on est à la maison. 

Pour certains enfants pour qui la nouveauté et le changement peuvent être stressant, le fait de travailler de la maison, dans un environnement qu’ils connaissent et adapté spécifiquement à leurs besoins leur permet de se concentrer à 100% sur leur rencontre. Bien sûr, il faut quand même s’assurer de contrôler un minimum l’environnement pour limiter les distracteurs, mais ça fera l’objet d’une autre chronique. 

Et pourquoi ne pas en profiter pour vous installer confortablement durant votre rencontre? Mettez vos culottes de pyjama et vos pantoufles (de toute façon, je ne le verrai pas). Permettez à l’enfant de prendre sa collation en même temps si ça ne le dérange pas trop. Installez-le sur le divan si l’environnement le permet, etc. 

C’est la beauté de l’orthophonie à distance. Vous pouvez vous installer confortablement et vous verrez que l’enfant aura d’autant plus hâte de participer à sa rencontre, car il n’aura pas l’impression que sa journée ne finit plus de finir.

À vous parler de tous ces avantages, on pourrait croire que je ne jure que par les services à distance, mais non. Il reste néanmoins que l’orthophonie classique a encore sa place. D’ailleurs, ce ne sont pas TOUS les clients qui sont des potentiels candidats pour ce genre de suivi, mais c’est assez impressionnant tout ce qu’on peut faire en ligne. 

Mon article vous a charmé et vous songez de plus en plus à opter pour un suivi à distance? Vous aimeriez savoir si un suivi à distance pourrait vous convenir? Contactez-moi et nous pourrons en discuter ensemble sans frais.

Une séance d'orthophonie à distance... ça se peut ?

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L’heure d’orthophonie en clinique, bien que nécessaire pour l’enfant, est souvent perçue par le parent comme épuisante pour tout ce qu’elle demande. Ajoutez à ça ces parents dont l’enfant rencontre régulièrement plusieurs spécialistes ou cet autre parent dont plusieurs enfants ont des besoins particuliers et vous vous retrouvez avec un horaire digne d’un premier ministre et un parent qui brûle la chandelle par les deux bouts. 

De manière générale, les parents trouvent compliqué de faire « fitter » dans leur horaire une rencontre typique en orthophonie. Je les comprends d’ailleurs. Souvent, pour 1 heure de rencontre, ils doivent manquer un bon 2 heures de travail (si pas plus) en plus de faire manquer de l’école à l’enfant ou de devoir réorganiser leur horaire familial au complet alors que celui-ci a déjà l’air d’un jeu de Tétris…

C’est devant cette constatation que j’ai décidé de me tourner vers la téléorthophonie.

Télé…quoi?

La téléorthophonie c’est simplement le fait de faire de l’orthophonie à distance en direct de votre chez vous, et ce, où que vous vous trouviez dans le monde. 

Eh oui! Maintenant, avec la technologie, tout (ou presque) nous est accessible. L’orthophonie n’y échappe pas au contraire! Elle en bénéficie selon moi. 

Et ça fonctionne comment?

En fait, ça fonctionne sensiblement comme un rendez-vous classique en orthophonie sauf qu’au lieu de vous déplacer, vous pouvez le faire de la maison (wow!!!). Une heure de rendez-vous est déterminée à l’avance avec le client/parent, puis chacun se connecte sur la plateforme d’intervention à distance qui peut varier selon le professionnel (il existe plusieurs plateformes possibles : Skype, Zoom, Webex, etc). 

Comme pour un rendez-vous standard, il est toujours bon d’arriver un peu d’avance dans la salle d’attente virtuelle (p.ex. si vous fonctionnez avec Skype, connectez-vous à votre compte 5-10 minutes d’avance pour vous assurer que tout fonctionne). Aussi, si l’orthophoniste vous a envoyé du matériel à avoir en main, préparez-le d’avance pour ne pas perdre de temps en rencontre. Ensuite, l’orthophoniste « vient vous chercher » en démarrant la conversation. 

Ce qui est bien maintenant, c’est qu’avec toutes les fonctions de partage d’écran et les logiciels disponibles (et gratuits), il est possible de faire une panoplie d’activités en ligne sans pénaliser les apprentissages du jeune (d’ailleurs, les études démontrent que c’est tout aussi efficace qu’une thérapie classique pour certains types de clientèles). 

Est-ce que mon enfant est un bon candidat?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, plusieurs clientèles peuvent profiter des avantages d’une thérapie à distance. Pour ma part, comme je travaille principalement avec les jeunes d’âge scolaire, je considère que c’est même un plus de leur offrir cela à distance, car les jeunes de la génération de mes clients sont pratiquement nés avec un ordinateur dans les mains, ce qui ne complique pas du tout leur tâche. Au contraire, ils sont même encore plus à l’aise qu’en personne pour la plupart. 

Personnellement, je propose rarement une rencontre à l’ordinateur pour les enfants de moins de 8 ans à moins que le parent ne puisse être à côté durant la rencontre. Pour les plus vieux, il arrive souvent que le parent laisse le portable sur la table de la cuisine par exemple et pendant ce temps, il prépare le repas. Ainsi, sans être assis directement à côté de l’enfant, il peut être tenu au courant de ce qui se fait tout en vaquant aux tâches ménagères. 

Comme il n’y a rien de mieux qu’un exemple pour comprendre, j’ai pensé vous dresser une liste des types de clients avec lesquels je travaille pour convaincre même les plus sceptiques 

  • Jeunes d’âge scolaire à partir de 8 ans qui présentent des difficultés en langage oral ou en langage écrit (autant évaluation qu’intervention).
  • Jeunes à partir de 10 ans et adultes qui présentent un bégaiement ou un bredouillement (autant évaluation qu’intervention).
  • Jeunes et adultes qui présentent une déglutition atypique (par contre, pour cette clientèle, je dois procéder à une évaluation en personne puisque je dois prendre des mesures physiques).

Pour ce qui est d’un client qui aurait des difficultés sur le plan de l’écriture, les parents me demandent souvent comment je vais faire pour le faire écrire… Eh bien j’ai tout plein de petits trucs dans mon sac (vive le partage d’écran) qui me donnent pratiquement l’air d’une magicienne aux yeux de mes clients. 

Hum… c’est pour moi ça!

Évidemment, ce que je vous ai écrit ci-dessus, ce ne sont que les grandes lignes pour vous expliquer un peu comment je travaille à distance. Par contre, il va de soi que j’adapte chacun de mes suivis selon les besoins et la réalité du client et de ses parents.  Ainsi, il est fort probable que d’un client à l’autre, le déroulement d’une séance à distance ne soit pas le même (ce qui est également le cas pour une séance d’orthophonie classique).

Si, après avoir lu ces lignes, vous envisagez un suivi à distance pour vous ou votre enfant et que vous êtes curieux d’en apprendre davantage, surtout, n’hésitez pas à m’écrire ou même à m’appeler pour qu’on discute plus précisément de votre situation, et ce, sans frais. Ce sera plus facile pour moi de vous expliquer comment on pourrait procéder et ainsi m’assurer que le suivi à distance correspond à 100% à vos besoins et à vos attentes. Et si ça ne vous convient pas, eh bien dites vous que dans le pire des cas, vous n’aurez que perdu quelques minutes de votre temps… et encore, car vous saurez maintenant beaucoup mieux de quoi la téléorthophonie retourne.